26 février au 9 décembre 2026 « Obsèques » d’Elon Musk 8519

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Publié par (l.peltier) le 16 août 2008 En savoir plus

26 02 2026

Quand les pulsions de violence rendent sourds et aveugles le président de la première puissance mondiale et le premier ministre israelien :

L’Europe fut tenue à l’écart des ultimes rounds de négociations sur le nucléaire iranien. Mais, le 26 février, quarante-huit heures avant que les premières frappes américano-israéliennes ne s’abattent sur l’Iran, Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale auprès du premier ministre britannique, est parvenu à assister aux tout derniers pourparlers entre les États Unis et l’Iran sur le nucléaire iranien, rapporte, mardi 17 mars le Guardian. Témoin de l’échec de la diplomatie face à la logique de guerre, l’ancien chef de cabinet de Tony Blair avait estimé à ce moment-là que des progrès significatifs avaient été accomplis. La partie iranienne avait proposé un accord surprenant, indique une source proche du dossier, cité par le quotidien britannique.

L’Iran aurait accepté une suspension de trois à cinq ans du programme d’enrichissement de l’uranium. Mais les émissaires américains, Jared Kushner et Steve Witkoff, après des consultations avec Donald Trump, exigeaient une suspension de dix ans. L’Iran aurait également proposé aux Américains de participer à un futur programme nucléaire civil.

Le témoignage du diplomate britannique de haut rang vient appuyer les déclarations du ministre omanais des affaires étrangères, Badr Al-Boussaïdi, datées du 27 février. Si l’objectif ultime est de garantir pour toujours que l’Iran ne puisse pas avoir une bombe nucléaire, je pense que nous avons résolu ce problème (…), obtenant une avancée très importante qui n’a jamais été réalisée auparavant (…). Je crois qu’un accord est à notre portée, avait commenté, sur CBS, le ministre chargé de la médiation des pourparlers.

La presse américaine s’est fait l’écho d’un document de sept pages que les négociateurs iraniens avaient alors soumis aux Américains. Cette offre n’était pas exceptionnelle. C’était un point de départ. Mais les Américains voulaient que l’Iran s’excuse et se soumette, analyse Jeffrey Lewis, expert à l’Institut d’études internationales de Middlebury, à Monterey (Californie).

Donald Trump justifiera l’opération Fureur épique du 28 février par l’échec des négociations. Nous avons essayé. Ils voulaient le faire. Ils ne voulaient pas le faire. À nouveau, ils voulaient le faire. Ils ne voulaient pas le faire. Ils ne savaient pas ce qui se passait. Ils voulaient juste faire le mal, avait expliqué le président américain lors d’une allocution, justifiant l’offensive menée conjointement avec Israël, comme le moyen de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes posées par le régime iranien. Mercredi 18 mars, Tulsi Gabard, directrice du Rensignement américain, fera part dans un document écrit, remis lors d’une audition parlementaire, qu’après la guerre de douze jours, en juin 2025, le programme nucléaire iranien avait été anéanti. Depuis lors, l’Iran n’avait pas essayé de relancer ses activités d’enrichissement nucléaire, écrit-elle.

Invité dans l’enceinte de la résidence de l’ambassadeur d’Oman, à Cologny, dans le canton de Genève, en Suisse, où les discussions se sont tenues afin de mettre fin aux velléités du régime de se doter de l’arme nucléaire, M. Powell apparaît comme un observateur avisé des failles de la diplomatie américaine. Sa présence à Genève s’expliquerait par les liens que le diplomate a noué au fil des ans avec l’administration américaine, notamment lorsqu’il travaillait pour Tony Blair, indique le Guardian.

Son rôle, lors de cette journée cruciale, est décrit comme celui d’un conseiller permettant de combler, en partie, le manque d’expertise des médiateurs américains, Jared Kushner et Steve Witkoff, deux spécialistes de l’immobilier, respectivement gendre de Donald Trump et partenaire du golf du président des États Unis. Witkoff a donné plusieurs interviews où il était assez clair qu’il avait peu ou pas de compréhension technique des enjeux nucléaires iraniens, appuie M. Lewis.

La France, qui n’a pas pris part directement aux pourparlers, avait émis le souhait de suivre ces négociations au plus près possible, afin de s’assurer qu’elles aboutissent à un résultat correct. Lors de la Conférence sur la Sécurité à Munich mi février, les diplomates européens avaient été soulagés d’apprendre que Jared Kushner serait finalement présent au côté de Steve Witkoff pour ces négociations. Mais le gendre de Donald Trump n’a pas la profondeur historique des diplomates européens chevronnés qui suivent le dossier depuis plusieurs décennies. Depuis la Suisse, MM. Kushner et Witkoff n’auraient pas saisi les nuances de la position iranienne, déduisant un peu vite que Téhéran, en refusant de se plier aux vues américaines, ne prenait pas les négociations au sérieux.

La présence de M. Powell comme consultant n’aura rien changé au cours de l’histoire. Pas plus que celle de Rafael Grossi, patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique – AIEA -, invité lors de ces derniers pourparlers. L’Iran était suspecté, y compris par les Européens, d’user du canal diplomatique pour gagner du temps afin d’étoffer clandestinement son arsenal balistique avant une offensive américano-israélienne pressentie. Mais le récit de la journée de discussion genevoise, fait par l’entourage du Britannique, renforce l’idée que les négociations aient pu n’être qu’une mise en scène de la part des Américains.

MM. Witkoff et Kushner sont décrits comme proches du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui ne fait guère mystère de son souhait de voir le régime s’effondrer grâce à l’appui de la force militaire. Dès la fin janvier, Donald Trump avait positionné le porte-avions américain USS Abraham-Lincoln aux abords de l’Iran, se disant prêt à frapper si Téhéran ne se montrait pas assez coopératif à son goût.

Claire Gâtinois. Le Monde du 20 03 2026

Jared Kushner et Steve Witkoff, envoyés spéciaux de la Maison Blanche, avec Badr Al-Boussaïdi, ministre des affaires étrangères et médiateur omanais, à Genève, le 26 février 2026 (photo fournie par le ministère des affaires étrangères du sultanat d’Oman).

Jared Kushner et Steve Witkoff, envoyés spéciaux de la Maison Blanche, avec Badr Al-Boussaïdi, ministre des affaires étrangères et médiateur omanais, à Genève, le 26 février 2026 (photo fournie par le ministère des affaires étrangères du sultanat d’Oman). Ministère des Affaires étrangères d’Oman Via AP

28 02 2026, 7 heure (française)

Exit Ali Khamenei, l’ayatollah d’Iran. L’accompagnent en enfer à peu près 40 hauts responsables de son gouvernement, dont Amir Nasirzadeh, ministre de la Défense, Mohammed Pakpour, chef des Gardiens de la Révolution, Ali Shamkhani, patron du Conseil de Défense, Abdolrahim Moussavi, chef d’état-major de l’armée, et encore sept membres de sa famille  dont son épouse, celle de son fils Mojtaba, son petit-fils… À la base de cette très redoutable efficacité : les renseignements fournis par la CIA à Israël, qui a manifestement une taupe au plus haut : Jamais nous n’aurons à porté de nos armes un tel pannel de haut responsables. C’est maintenant ou jamais, et vite ! 

C’était une condition nécessaire à un changement de régime, mais certainement pas suffisante : d’abord il n’est pas du tout certain que cette décapitation soit suffisante pour faire tomber le régime et ils sont encore nombreux à vouloir rester au pouvoir, ne serait-ce que pour conserver leurs immenses fortunes constituées sur le pillage des ressources du pays et ces gens-là ont encore de nombreux partisans : le fils du shah Réza Pahlavi ne pourra jamais faire l’unanimité, et l’opposition n’a aucune personnalité à mettre en avant. Bien compliqué, tout ça. Et, si Trump finalement prenait langue avec un nouveau Guide suprême pour en fin de compte trouver un modus vivendi, il se heurterait à la volonté farouche de Netanyahou de mettre  fin au régime des mollahs. En attendant, le pays se noie sous un déluge de missiles tous azimuts.

Et si au moins les frappes étaient vraiment chirurgicales, on pourrait dire bon OK ! Mais quand on apprend qu’un Tomahawk, un missile américain a tué 153 personnes dont au moins 108 filles  en explosant leur école à Minab, comté de Hormozgan, en plein détroit d’Ormuz, il ne s’agit plus d’une frappe chirurgicale, mais d’une boucherie. En fait, jusqu’en 2016, cette école était mitoyenne du bâtiment des Pasdarans et ce n’est qu’à partir de cette date qu’elle en avait été séparée, changement que n’avait pas intégré la base de données qui donne les informations aux missiles. De façon générale se pose un problème de droit : Si tout le monde est responsable, personne ne l’est. Dans ce flou, la responsabilité se fragmente jusqu’à l’invisibilité.. Or, ce qui fonde nos démocraties, c’est une vision de la responsabilité, individuelle ou collective, qui puisse être identifiée. Il faut, en cas  de crime, que des individus puissent être poursuivis et condamnés.

Adrien Tallent

À Téhéran, on parle de plus de 1 900 civils tués, après un mois de guerre, et 1 100 au Liban.

Le 5 mars, après un tir de missile iranien sur la base anglaise d’Akrotiri, sur l’île de Chypre, la France, l’Italie, la Grèce et l’Espagne déploient des forces en Méditerranée orientale pour la protéger. 800 000 Libanais fuient les frappes israéliennes au sud Liban qui en trois semaines, ont déjà tué 1 250 personnes et blessés plus de 1 000. Dramatiquement absente de ces affrontements au Liban, l’armée libanaise est aux abonnés absents : la seule force armée efficace au Liban est bien le Hezbollah iranien : on aura mis des années à réaliser que le Liban n’est plus qu’une colonie de l’Iran.

Qu’Ormuz ferme la bouche et l’Occident étouffera, dit un vieux proverbe iranien 

En termes de trafic maritime dans les monde, le détroit d’Ormuz, sur la période 2023 – 2025, représente :

  • Pétrole : un tiers du commerce mondial  : 12 à 13 millions de barils/jour. La raffinerie de pétrole de Ras Tanura, en Arabie Saoudite, a été arrêtée du fait des tirs iraniens
  • Gaz naturel liquéfié – GNL – avec pour premiers clients, L’Inde et la Chine. La plus grande raffinerie de gaz du monde, Ras Laffan, au Qatar, a été arrêtés du fait des tirs iraniens du 3 mars. Et, suite aux attaques israéliennes sur le gisement iranien de South Pars, l’Iran attaquera encore le 18 mars Ras Laffan, et cette fois-ci très sérieusement. Sa remise en service demandera des mois.
  • Gaz de pétrole liquéfié : 30 %
  • Produits de pétrole raffinés : 15 %
  • Engrais azotés : 30 %. La moitié de la production mondiale en dépend

En temps ordinaire, le tarif du fret tourne autour de 50 000 $/jour. En ces temps de guerre, il va de 400 000 à 500 000 $/jour. Les primes d’assurance passent de 0.2 % de la valeur du navire à plus de 1 %. Au bout de la chaîne, c’est le consommateur qui paie l’addition. En barrils, la perte quotidienne se monte à 1 million/jour

Les Iraniens ne bloquent pas le détroit d’Ormuz, ils laissant passer les pays amis moyennant le péage de Téhéran  qui peut se monter à 2 millions $. Xi Jingping dit aux mollahs : Je voudrais bien ne pas payer en dollars, est ce que je peux vous payer en Yuans ? Pas de souci, répondent les mollahs. Première sérieuse écorniflure dans le règne du tout puissant dollar dans toutes les transactions internationales.

Le 13 mars, les Américains exploseront les défenses militaires de l’île de Kharg,  épargnant les infrastructures pétrolières d’exportation du brut par où passent 90 % des exportations, – 12 millions de barils/jour – presqu’en totalité pour la Chine. Les membres de l’AIE – Association Internationale de l’Énergie – décident de débloquer 400 millions de barrils des stocks stratégiques.

Île de Kharg

Les pipes permettant de contourner le Détroit d’Ormuz avoisinent au total 9 millions de barrils par jour. Un barril représente 0.159 tonne. 9 millions de barrils représentent 1. 431 000 tonnes

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Le détroit d’Ormuz est une étroite voie navigable reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. C’est ...

Photographie de J Marshall – Tribaleye Images, Alamy Stock Photo

Le détroit d’Ormuz est une étroite voie navigable reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. C’est également une merveille géologique, site de la collision de deux continents, explique Mike Searle, professeur en sciences de la terre au Worcester College de l’université d’Oxford.

Environ un quart du commerce mondial du pétrole par voie maritime passe par le détroit d’Ormuz, une voie navigable d’environ 50 km de large reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Ce passage étroit est l’un des goulets d’étranglement maritimes les plus importants au monde. En raison du volume élevé de pétrole qui transite par cette voie de navigation, l’économie mondiale peut fortement pâtir de toute perturbation sur le détroit, comme c’est le cas depuis fin février 2026 en raison du conflit au Moyen Orient.

C’est également une merveille géologique, l’un des rares lieux sur Terre où il est possible d’observer la collision de deux continents.

Ce phénomène est visible dans la géologie de toute la région, des monts Zagros dans le sud de l’Iran au point le plus étroit du détroit d’Ormuz, où la péninsule du Musandam d’Oman s’avance au nord sur l’Iran tel un poignard.

Avec ses spectaculaires falaises abruptes de roche noire et sa côte dentelée jalonnée d’abers, un type d’estuaire qui se forme lorsque la vallée d’un fleuve est envahie  par la mer, la péninsule du Musandam est également l’un des rares lieux sur Terre où les ophiolites, des roches habituellement enfouies profondément dans la croûte océanique, sont incroyablement bien exposées, précise Mike Searle. Il s’agit, de loin, du plus grand et le plus beau complexe ophiolitique au monde.

Ce processus géologique, qui donne sa singularité au détroit d’Ormuz, l’a néanmoins rendu vulnérable.

La plupart des goulets d’étranglement maritimes mondiaux sont des détroits, d’étroites étendues d’eau reliant deux plans d’eau plus grands. Ceux-ci se sont formés naturellement sur des millions d’années par le ballet des plaques tectoniques et l’élévation du niveau de la mer causée par la fonte des calottes glaciaires. Pendant des siècles, les marins ont tiré parti de ces raccourcis géographiques qui permettent de se déplacer plus rapidement qu’en contournant les continents en haute mer.

En ce qui concerne le détroit d’Ormuz, ce processus a commencé il y a environ 35 millions d’années, lorsque deux plaques continentales sont entrées en collision : la plaque arabique au sud et la plaque eurasienne au nord.

À l’époque, les deux continents étaient séparés par la Téthys, un paléo océan qui tient son nom de la Titanide de la mythologie grecque. Lorsque la plaque arabique a commencé à remonter sous la plaque eurasienne, un processus appelé subduction, les deux plaques et leurs masses terrestres n’ont fait plus qu’une et la Téthys a fini par disparaître, explique Mark Allen, directeur du département des sciences de la Terre à l’université de Durham, au Royaume-Uni.

Et ce qui est génial avec les collisions continentales, c’est qu’elles ne se produisent pas en un claquement de doigts, poursuit-il. Les forces profondes qui font bouger ces plaques peuvent encore être en action après avoir fait se rejoindre les continents pendant des dizaines de millions d’années.

À mesure que la plaque arabique a continué à se frayer un chemin sous l’Eurasie, les deux plaques ont fini par commencer à rétrécir et à s’épaissir, un peu comme si deux voitures se rentraient dedans, décrit Mark Allen. Elles ont alors formé les monts Zagros en Iran.

Ce mouvement tectonique a également créé les conditions propices à la formation du détroit d’Ormuz. La plaque arabique ressemble à une règle flexible. Lorsque vous placez quelque chose de lourd sur l’une de ses extrémités, comme une chaîne montagneuse, la règle commence à s’abaisser et à former une dépression. Dans le cas de la plaque arabique, cette dépression a formé le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.

Entre ensuite en jeu la montée du niveau de la mer. Il y a environ 20 000 ans, lors du dernier maximum glaciaire, le niveau de l’eau dans le golfe Persique était si bas qu’il aurait été possible de le traverser à certains endroits. Mais avec la fonte des calottes glaciaires, le niveau de la mer à l’échelle mondiale a augmenté de façon substantielle (environ 100 mètres en 15 000 ans). C’est plutôt rapide en géologie. Avec le temps, de l’eau a envahi la côte est du territoire actuel de l’Irak et a submergé le golfe Persique. Enfin, de l’eau provenant des fleuves du Tigre et de l’Euphrate a rempli le détroit d’Ormuz.

Si vous observez le détroit d’Ormuz ou que vous vous baladez d’un côté ou l’autre de cette étendue d’eau, vous apercevrez des traces incroyables de la collision continentale. Au nord, les forces tectoniques qui ont provoqué le raccourcissement et l’épaississement des croûtes des plaques en collision ont créé l’un des plus beaux paysages au monde dans les monts Zagros, dans le sud de l’Iran. Cette chaîne montagneuse est constituée de plusieurs couches de roche sédimentaire, notamment du grès, du schiste et de la roche calcaire. Cette dernière est d’ailleurs particulièrement dure et résistante à l’érosion. Il est donc possible de marcher sur une seule couche de roche calcaire pendant des kilomètres.

Les monts Zagros sont considérés depuis longtemps comme le paradis des géologues structuralistes, lesquels s’intéressent à la manière et aux raisons pour lesquelles les roches se forment, car il est possible de marcher sur ces immenses structures et de les étudier à partir d’images satellites, explique Mark Allen avant d’ajouter : C’est l’un des paysages géologiques les plus incroyables sur Terre.

La région est également connue pour ses glaciers et dômes de sel, qui se sont formés lorsque le sel enfoui dans les profondeurs de la Terre est remonté dans les plis créés par la collision continentale. À certains endroits, il s’écoule le long des collines comme un glacier rocheux.

Au sud, la péninsule du Musandam fait partie des monts Hajar à Oman, lesquels bordent toute la côte nord est de la péninsule arabique. Comme le précise Mike Searle, ces montagnes sont principalement constituées d’ophiolites, des blocs de la croûte et du manteau océaniques de la Téthys qui s’est enfoncé dans la péninsule arabique lors d’une collision continentale survenue entre 95 et 60 millions d’années, lors du Crétacé supérieur. Les mêmes forces géologiques qui ont formé le détroit d’Ormuz sont également responsables de l’inclinaison de la péninsule du Musandam vers l’est, là où le détroit se rétrécit.

Étonnamment, cette collision continentale est aussi derrière les immenses réserves en pétrole de la région.

La plaque arabique s’est située juste en dessous du niveau de la mer pendant des centaines de millions d’années avant qu’elle n’entre en collision avec la plaque eurasiatique. Ceci a permis l’accumulation de toutes sortes de roches nécessaires pour constituer des réserves de pétrole et de gaz. Avec le temps, la collision des plaques a emprisonné ces poches de pétrole et de gaz sous les roches situées à l’extrémité nord de la plaque arabique (les territoires actuels de l’Iran et de l’Irak et de certaines régions de la Syrie).

Ce qui rend le Moyen-Orient si unique, c’est l’ampleur du phénomène. Tout ceci s’est produit sur une vaste région, sur une longue période. Les trapps sont immenses, si bien que d’un point de vue économique, vous ne dépensez pas tout votre argent pour forer dans un réservoir qui s’épuisera au bout de quelques années. Les gisements sont exploitables pendant plusieurs décennies.

L’acheminement de tout ce pétrole et tout ce gaz au reste du monde nécessite toutefois de passer par le détroit d’Ormuz, et notamment la saillie de la péninsule du Musandam.

Cette dernière se déplace par ailleurs activement, quoiqu’à un rythme géologique. Dans une étude parue en 2014 et réalisée par Mike Searle et ses collègues, il est ainsi démontré que la péninsule avance en direction du nord, vers les monts Zagros.

Le détroit d’Ormuz finira à terme par se refermer, observe Mike Searle. Mais ceci ne devrait vraisemblablement pas se produire avant au moins 10 millions d’années.

Amy McKeever. National Geographic Magazine. 9 avril 2026

Indirectement l »industrie du tourisme – 11 700 milliards $ de PIB en 2025 soit 10.3 % du PIB mondial – est elle aussi très ralentie

Cette guerre ne concerne même pas réellement les armes de destructions massives […] Non, cette guerre est menée uniquement parce qu’Israël voulait qu’elle le soit.

Tucker Carlson, ex journaliste américain de Fox News

Un journaliste demande à une réfugiée iranienne en France son impression sur la guerre : la guerre… la guerre… que voulez-vous ? cela fait quarante sept ans que nous sommes en guerre !

Le 12 mars, Arnaud Frion, adjudant chef au 7°BCA – Bataillon de Chasseurs Alpins – basé à Varces, près de Grenoble, est tué par un drone Shahed, tiré par Ashab al-Kahf, une milice pro-iranienne, sur la base kurde de Mala Qara, à peu près à 40 km au sud est d’Erbil, dans le Kurdistan irakien. Le 7° BCA y est engagé pour former les kurdes irakiens à la lutte contre le terrorisme.

La France mène actuellement une négociation avec l’Iran pour qu’elle laisse passer le détroit d’Ormuz aux quelques 50 navires français (sur 2 500 au total) actuellement coincés dans le Golfe Persique. Il est donc très improbable qu’elle se livre à des représailles significatives suite à cette attaque mortelle pour Arnaud Frion.

À la mi mars, les Américains exploseront les défenses militaires de l’île de Kharg, et le 17 mars, les Israéliens élimineront Ali Narijani  le nouvel homme fort du pays et nombre d’autres personnages importants. L’occident, Israël inclus commencera alors à prendre conscience que, contrairement à ce qu’ils pensaient, l’Iran n’est pas à bout : après une ènième décapitation de hauts responsables, ils enverront deux missiles sur la base américaine de Diego Garcia, à 4 000 km de leur pays : l’important n’est pas que l’un ait été neutralisé et l’autre perdu en mer, l’important c’est que l’Iran montre qu’il peut envoyer des missiles à 4 000 km c’est à dire atteindre facilement l’Europe, quand on pensait jusqu’alors que leur rayon maximum était de 2 000 km. Le 3 avril, les Iraniens abattront dans l’ouest du pays un chasseur-bombardier biplace F-15E dont les deux pilotes s’étaient éjectés : un pilote sera rapidement récupéré par des hélicoptères américains, l’autre – un colonel –  sera récupéré le 4 avril. L’ensemble des médias occidentaux commenteront l’affaire sans parvenir à prendre la distance nécessaire pour signifier que la vie d’un pilote américain ne vaut pas plus que celle d’un iranien lambda. Et donc ils en parleront en laissant croire que selon eux, la vie d’un Américain est infiniment plus précieuse que celle d’un Iranien, se rangeant ainsi dans le sillage de Donald Trump !

Un nouveau guide suprême sera nommé le 8 mars 2026, et ce sera les débuts d’une nouvelle mollahrchie. En fait ce n’est qu’un bon mot de journaliste, car il ne correspond plus à la réalité qui est tout simplement une prise de pouvoir des pasdaran qui se sont dits : on doit élire une guide suprême ? très bien , on va faire en sorte qu’il soit inopérant… tiens justement, le fils de Khamenei est éligible et hors course pour un bon moment vu les blessures qu’il a reçu lors de l’attaque qui a tué son père et ses proches. On va l’élire et ainsi on aura tout le pouvoir.

Le deuil de Khamenei à Téhéran a commencé.

mais ils sont nombreux à le pleurer

219 Cette image, extraite d'une vidéo diffusée par la télévision d'État iranienne, montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien assassiné.

Mojtaba Khamenei, né en 1969, fils de l’ayatollah Ali Khamenei désigné comme son successeur le 8 mars 2026. Il est le champion des Gardiens de la Révolution, les Pasdarans -. Mais il va lui falloir avant tout  déjouer le jeu préféré des Marseillais : Plus brève la vie. ll est veuf depuis une semaine, son épouse étant morte dans la même frappe que son père. Il n’y a pas que les mauvaises langues pour dire qu’il est déjà milliardaire, pour 3 milliard $, entend-t-on à droite à gauche, un vrai mafieu. Mais son absence sur les écrans dans les jours suivant son élection mettront en question sa vie elle-même. Il est à peu près sûr qu’il a été gravement blessé lors de l’attaque qui a tué son père, amputé d’une jambe, le visage défiguré ?

Disons-le d’emblée : la dérive militariste des États Unis à laquelle nous assistons avec la guerre en Iran résonne avant tout comme un terrible aveu de faiblesse. Les élites états uniennes sont de plus en plus conscientes de la fragilité financière, commerciale et politique de leur pays. Les plus nationalistes d’entre elles en ont tiré la conclusion que la seule solution était de mettre les armes sur la table. L’objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s’agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde.

Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l’Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d’Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé

Il faut aussi prendre garde à ne pas surestimer les facteurs individuels. Ce qui se passe depuis début 2025 outre Atlantique montre certes les limites du modèle démocratique états unien et les risques extrêmes liés à la personnalisation du pouvoir. Personne n’avait prévu à quel point il serait possible de gouverner le pays en signant en cascade des décrets présidentiels, sans véritable contrepoids, ni au Congrès ni à la Cour suprême (ou alors très tardivement, et très partiellement comme récemment sur les droits de douane)

Cela montre à quel point la démocratie doit en permanence être réinventée et repensée dans ses fondements institutionnels (constitutions, procédures électorales, organisation du travail parlementaire, fonctionnement des partis, financement et gouvernance des médias, etc.). Rien ne doit être tenu pour acquis. Mais il ne faut pas se faire d’illusions : au-delà du facteur Trump et des failles institutionnelles à corriger au plus vite, la dérive idéologique nationaliste extractiviste du Parti républicain est sans doute là pour durer.

D’abord parce que l’appétence des républicains pour la canonnière n’est pas nouvelle : souvenons-nous de George W. Bush et de l’invasion de l’Irak en 2003. Ensuite car la situation financière et commerciale du pays s’est fortement dégradée au cours des vingt dernières années. Faute d’avoir suffisamment investi dans la formation et les infrastructures, faute également de régulation collective adéquate, les États Unis ont perdu du terrain et ont accumulé les déficits commerciaux, avec une dette extérieure nette qui atteint 70 % du produit intérieur brut. Même si les taux restent bas, ce qui n’est pas certain, les intérêts à verser au reste du monde vont très vite atteindre des niveaux inconnus dans l’histoire pour une puissance militairement dominante. D’où la tentation irrépressible de sortir les armes pour se renflouer : c’est aussi simple que cela.

Cette stratégie brutale et nationaliste est vouée à l’échec, d’abord car elle n’est pas à la hauteur des masses économiques en jeu, ensuite car l’opinion états unienne ne l’acceptera pas longtemps. Le problème est qu’elle peut faire illusion un certain temps, et revenir régulièrement en haut de l’affiche. Elle permet en outre aux républicains de se démarquer des démocrates libres échangistes et de se présenter à peu de frais comme les meilleurs défenseurs de la classe ouvrière. En réalité, tout cela s’apparente à un jeu de rôles entre élites nationalistes et élites libérales, qui, au fond, sont d’accord pour maintenir leur domination sur les plus pauvres et le reste du monde, avec au passage des dégâts considérables un peu partout.

Le plus grave est que la fragilité des États Unis n’est pas seulement commerciale et financière : elle est aussi civilisationnelle et politique. C’est l’éléphant dans la pièce : chacun sait bien que la question des dommages planétaires va dominer le XXI° siècle, et que les États Unis devront faire face un jour ou l’autre à leurs responsabilités historiques et aux demandes de justice économique et de réparations climatiques venues du Sud. Les trumpistes peuvent s’enfoncer dans le déni et la hargne militariste autant qu’ils veulent. Cela ne changera rien au fait que le poids des États Unis dans l’économie mondiale ne va faire que décliner et que le pays devra tôt ou tard accepter ces réalités.

Face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l’Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. Soyons clairs : le fait d’utiliser la force contre un régime massacrant les manifestants et opprimant sa population peut parfaitement se justifier. À condition de commencer par rassembler des coalitions aussi larges que possible, et surtout de proposer un modèle de développement et une méthode démocratique pour un processus de transition, en Iran et ailleurs. Faute de plan pour la suite, faute d’attention pour ce qui passe sur le terrain une fois les bombes larguées, l’intervention franco-britannique en Libye [en 2011] a été aussi peu réussie que celle des États Unis en Irak.

Pour sortir des impasses du passé, la solution n’est pas d’augmenter encore et toujours les budgets des armées, qui mis bout à bout atteignent déjà des niveaux considérables en Europe. L’urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l’Iran comme sur l’Ukraine. Le plus triste dans la séquence actuelle est l’incapacité de la France et de l’Allemagne à s’entendre sur quoi que ce soit. Même quand le chancelier allemand défend la saisie des actifs russes (posture peu commune pour un ordolibéral), le président français choisit de façon incompréhensible de s’y opposer. Face à la dérive militariste des États Unis, il est temps que les dirigeants européens se montrent à la hauteur.

Thomas Piketty. Le Monde du 8 mars 2026

Dieu n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre. {…]  Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Il est temps de faire la paix ! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières ! […]  Même le nom saint de Dieu, le Dieu de la vie, est entraîné dans les discours de mort. 

J’invite chacun à prier, mais aussi à chercher des moyens de communiquer – peut-être avec les parlementaires, avec les autorités – pour dire que nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la paix ! 

Léon XIV, pape

Le 11 avril,  dans une homélie applaudie, le cardinal Joseph McElroy, archevêque de Washington, a demandé aux fidèles d’agir : En tant que citoyens et croyants en cette démocratie, nous devons plaider en faveur de la paix auprès de nos représentants et de nos dirigeants, a-t-il fait valoir. Il ne suffit pas de dire que nous avons prié, nous devons aussi agir. Car il est tout à fait possible que les négociations échouent à cause de l’intransigeance des deux camps et que notre président décide de replonger notre pays dans cette guerre immorale. Non, pas en notre nom, pas maintenant, pas avec notre pays.

Ce n’est pas parce qu’on a le meilleur marteau qu’on doit voir chaque problème comme un clou.

Barack Obama

1 03 2026

Pour lutter contre l’invasion de petits paquets chinois Shein, Temu, AliExpress, la France a créé une taxe de 2€/paquet avec entrée en application ce jour. Les Chinois se disent alors, nous allons éviter cette taxe en envoyant désormais nos paquets en Belgique, aux Pays bas, voire en Hongrie. La transport par route est encore suffisamment bon marché pour que l’on reste gagnants. Quinze jours plus tard, Roissy aura perdu un tiers de son fret. Bravo, la France. Mais, comme cette taxe ne va pas tarder à être appliquée dans tous les pays européens, les Chinois préparent une nouvelle manœuvre de contournement en construisant en Pologne un hangar de 740 000 m² ! 74 hectares !

19 03 2026

Source : Lockheed Martin

2° vol pour le X 59, de Lockheed Martin (le premier s’est tenu fin octobre 2025). Il devrait franchir le mur du son, lors de vols ultérieurs sans faire de bruit … ou presque

28 03 2026

Dernier vol Air France à partir d’Orly. Le premier avait eu lieu 80 ans plus tôt.

2 04 2026

Les Américains échappent de peu au poisson d’avril.

La mission Artemis 2 doit décoller dans la nuit du mercredi 1° avril au jeudi 2, à partir de 00 h 24, heure de Paris, depuis le Kennedy Space Center en Floride. Pour le second volet de cet ambitieux programme spatial. trois astronautes américains et un autre canadien vont partir pour une mission de dix jours en orbite autour de la Lune avant de revenir sur Terre. Franceinfo résume ce que l’on sait de cette mission qualifiée d’historique par Jared Isaacman, le patron de la Nasa nommé par l’administration Trump.
En 2022, la mission Artemis  était partie sans équipage. Après avoir survolé la Lune à seulement 130 km de sa surface et s’être éloignée à quelque 430 000 km de notre planète, la capsule Orion était revenue sans encombre sur Terre. Il s’agissait de la tester : observer si elle avait tenu le choc lors des 25 jours de mission et surtout mettre à l’épreuve son bouclier thermique lors de la traversée de l’atmosphère terrestre, quand la vitesse atteint 40 000 km/h et la température grimpe à 2 800°C.

Image d'illustration fournie par la Nasa de la capsule Orion avec ses quatre ailes recouvertes de panneaux solaires déployées. (NEMES LASZLO/SCIENCE PHOTO LIBRA / NLA / AFP)

Image d’illustration fournie par la Nasa de la capsule Orion avec ses quatre ailes recouvertes de panneaux solaires déployées. (Nemes Laszlo/Science Photo Libra / NLA / AFP)

Aucun problème n’avait été signalé lors de l’analyse des données récoltées pendant la mission Artemis, notamment par les capteurs truffant le mannequin installé à l’intérieur d’Orion. Le succès de cette première phase a ouvert la voie à la mission Artemis 2, qui consiste à placer quatre astronautes dans la capsule pour les envoyer faire le tour de la Lune avant de revenir sur Terre.

Infographie de la Nasa, l'agence spatiale américaine, présentant les principales étapes de la mission Artemis II, du décollage à l'amerrissage de la capsule Orion, en passant par le passage autour de la Lune. (NASA)

Infographie de la Nasa, l’agence spatiale américaine, présentant les principales étapes de la mission Artemis II, du décollage à l’amerrissage de la capsule Orion, en passant par le passage autour de la Lune. (NASA)

Artemis 2 : des astronautes à nouveau autour de la Lune avec, toujours, un  regard vers la Terre - Un autre regard sur la Terre

clair de terre

Cette mission de dix jours constitue la deuxième étape d’un long processus visant le retour d’humains sur la Lune, ce qui n’a pas été réalisé depuis la mission américaine Apollo 17 en 1972. À terme, le projet de la Nasa ambitionne l’installation durable d’une base lunaire. Elle permettrait de préparer des missions habitées encore plus longues vers Mars (un aller entre la Terre et la planète rouge dure environ six mois) et l’exploitation de ressources disponibles sur la Lune.

Pour Washington, le programme Artémis s’inscrit dans un vaste plan de domination de l’économie lunaire que certains États et entreprises souhaitent voir émerger. J’espère qu’un jour mes enfants pourront regarder, peut-être dans des décennies, la mission Artemis 100, a déclaré Jared Isaacman lors de la sortie de la fusée SLS depuis la base de Cap Canaveral, vantant la vision du président Trump pour le leadership des États Unis dans l’espace.

S’ils vont tourner autour de la Lune sans s’y poser, les quatre astronautes vont pouvoir l’observer sous un angle encore inédit pour un être humain. À travers les quatre fenêtres qui équipent la capsule Orion, ils vont notamment apercevoir la face cachée du satellite naturel de la Terre, ce qui n’a été réalisé jusqu’à maintenant que par des sondes notamment un appareil chinois qui a acheminé sur Terre des échantillons de cette face encore mystérieuse.

Les astronautes vont réaliser un survol de la Lune à altitude plus élevée que lors des missions Apollo. Ils vont être en mesure de voir toute la Lune comme un disque lunaire du côté de la face cachée. C’est une perspective inédite et unique que les humains n’avaient jamais pu envisager auparavant, a expliqué Mary Henderson, responsable scientifique de la mission Artemis 2.

Ce sera le deuxième lancement seulement de la gigantesque fusée SLS de la Nasa, qui mesure 98 m de haut. Pour la Nasa, SLS est la seule fusée capable d’envoyer le vaisseau spatial Orion, quatre astronautes et une importante cargaison directement sur la Lune en un seul lancement lors des futures missions.

La fusée SLS de la Nasa coiffée à son sommet de la capsule Orion, sur la base de Cap Canaveral, en Floride (Etats-Unis), le 17 janvier 2026. (JOE RAEDLE / AFP)

La fusée SLS de la Nasa coiffée à son sommet de la capsule Orion, sur la base de Cap Canaveral, en Floride (Etats-Unis), le 17 janvier 2026. (Joe Raedle / AFP)

Bien qu’ultra-moderne, la fusée SLS se place dans le sillon de Saturn V, utilisée lors des missions Apollo, avait expliqué Kathy Schubert, directrice adjointe des systèmes de vol au Nasa Glenn Center, à France Télévisions, lors du lancement d’Artemis I. Le poste de pilotage et les commandes sont de dernière génération et les matériaux plus modernes. Mais si vous regardez attentivement le bouclier thermique, c’est juste une version modernisée de celui utilisé à l’époque pour Apollo, avait-elle pointé.

Les quatre astronautes de la mission sont les Américains Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen. Le premier endossera le rôle de commandant, le second celui de pilote et les deux derniers de spécialistes de mission.

Les 4 astronautes de la mission Artemis 2, de gauche à droite : Jeremy Hansen, Victor Glover, Reid Wiseman et Christina Koch. (KIM SHIFLETT / NASA)

Les 4 astronautes de la mission Artemis 2, de gauche à droite : Jeremy Hansen, Victor Glover, Reid Wiseman et Christina Koch. (Kim  Shiflett / NASA)

Reid Wiseman et Victor Glover, deux anciens de l’US Navy, ont passé chacun six mois dans l’espace, mais le second compte quatre sorties spatiales. Christina Koch, ingénieure de formation, détient le record du plus long vol dans l’espace pour une femme avec 328 jours. Elle a également participé, en 2019, à la première sortie spatiale 100% féminine. Le Canadien Jeremy Hansen, lui, va réaliser sa première mission.

Soulignant la diversité de l’équipage, qui compte une femme et un astronaute noir, Bill Nelson, alors administrateur de la Nasa, avait estimé en 2023 qu’il représentait des milliers de personnes qui travaillent sans relâche pour nous emmener vers les étoiles. C’est l’équipage de l’humanité.

Au total, les 4 astronautes vont parcourir plus d’un million de kilomètres dans un habitacle d’environ 9 m³, soit la taille d’un camping car, illustre Jeremy Hansen. L’Agence spatiale canadienne a aussi consacré une vidéo aux toilettes qui équipent la capsule propulsée par un module européenne. Nous avons beaucoup de chance, en tant qu’équipage, d’avoir des toilettes avec porte sur ce minuscule vaisseau spatial. C’est le seul endroit pendant la mission où nous pouvons enfin nous sentir seuls, ne serait-ce qu’un instant, commente Jeremy Hansen.

Les astronautes ont surtout confié qu’ils s’inquiétaient pour leur famille et leurs proches, anxieux quant à leur sécurité. Sur un ton plus léger, Christina Koch a relaté qu’elle avait insisté auprès de son mari sur une différence majeure entre sa mission à bord de l’ISS et celle ci. J’ai voulu m’assurer qu’il sache que ce n’est pas comme sur la Station spatiale internationale où on peut facilement s’appeler. Il ne pourra pas m’appeler pour demander où est tel objet dans la maison. Il devra le trouver. C’est un gros sujet pour nous, a-t-elle lâché.

Louis San France Télévision. 1° avril 2026

7 04 2026

Trump annonce un cessez le feu de deux semaines en échange d’une ouverture complète du détroit d’Ormuz. Les négociations débutées à Islamabad échoueront au bout de 24 heures.

L’Iran libère les Français Cécile Kohler, 41ans,  et Jacques Paris, 72 ans, après trois ans et demi de détention. Ils avaient été condamnés pour espionnage au profit d’Israël avant d’être assignés à résidence à l’ambassade de France début novembre 2025. Reste prisonnier de l’Iran le Français Olivier Grondeau, 34 ans, arrêté en octobre 2022. A été aussi libérée  la journaliste italienne Cecilia Sala, arrêtée le 19 décembre 2025.

12 04 2026

En Hongrie, Viktor Orban prend une bonne veste et c’est Peter Magyar qui arrive à la tête de l’État, remettant le pays dans le fonctionnement démocratique et libéral de l’Europe.

9 12 2026

ET SI

Épilogue du roman de Philippe Claudel : Wanted Stock 2025, publié bien sûr avant le 28 février 2026, quand les États Unis décapitèrent l’Iran. Donc Philippe Claudel ne pouvait pas alors avoir connaissance de ces événements.

Ayant été désigné pour le prix Nobel de la Paix pour avoir commandité les meurtres de Dimitri Peskov, porte parole du gouvernement russe, tué le 12 juin 2026 pour 0.5 million $, de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, tué le 14 juin 2026 pour 1 million $, et de Vladimir Poutine, président de la Russie, tué le 2 juin 2026 pour un milliard $, par ses gardes du corps qui n’en pouvaient plus de le voir les considérer comme un rouleau de papier hygiénique, Elon Musk atterrit à Oslo pour recevoir son prix, le lendemain, à l’Hôtel de ville d’Oslo.

On attendait des invités du monde entier. Le président Trump s’était fait excuser en raison de sa participation à un tournoi de golf essentiel comme l’avait écrit la Maison Blanche, mais son vice président, J.D.Vance avait confirmé sa présence, tout comme le roi Charles III d’Angleterre, Volodymyr Zelensky, Ioula Navalnaïa [veuve d’Alexei Navalny], Emmanuel Macron, le président français, le premier ministre britannique, Keir Starmer, la présidente du Conseil italien, Georgia Meloni, Donald Tusk, le Premier ministre polonais, Pedro Sánchez, son homologue espagnol, Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, le roi du Maroc, Javier Milei, président de l’Argentine, et quelques dizaines d’autres dignitaires des cinq continents.

Jamais remise de prix Nobel n’avait connu un public aussi prestigieux, et jamais discours de Nobel n’avait été à ce point attendu, tant on savait que Musk serait capable de prononcer des mots originaux, sans doute disruptifs, propres à peser que les grands équilibres financiers et géopolitiques.

Et tout à coup, patatras, Elon Musk meurt d’un infarctus coronaire massif.

[…] Donald Trump  décida d’un deuil national de cinq jours. Les drapeaux furent mis en berne dans tout le pays. Les obsèques nationales eurent lieu le 22 décembre à Washington. 

Le cercueil végétal d’Elon Musk, placé dans la Tesla Cybertruck qu’il aurait dû emprunter à Oslo, et qui avait été réaménagé pour l’occasion, quitta à quinze heures le Capitole où il avait été exposé pendant un jour et une nuit, recevant les hommages de dizaines de milliers de personnes qui avaient patienté souvent pendant des heures au dehors dans le froid glacial avant de pouvoir pénétrer dans l’édifice.

Salué tout le long du parcours par une foule considérable massée sur les côtés de la chaussée, le convoi funéraire se dirigea lentement vers la cathédrale Saint Matthieu où fut célébré un office en la mémoire de celui qui s’était toujours présenté non comme un pratiquant , mais comme un chrétien culturel. Y assistaient plus de 90 dirigeants et chefs d’État  du monde entier, ce qui n’était jamais arrivé depuis les obsèques de John Fitzgerald Kennedy.

Devant l’assemblé dans laquelle au premier rang se trouvaient quatre anciens présidents des États Unis d’Amérique, Bill Clinton, G W Bush, Barack Obama et Joe Biden, le président Donald Trump prononça l’oraison funèbre dont on retint surtout les dernières envolées, qui plongèrent l’assistance dans l’expectative, tant personne ne fut capable de dire si Donald Trump parlait sérieusement ou s’il exprimait de façon métaphorique un atroce chagrin qu’il avait éprouvé, comme s’il avait dit un peu plus tôt, à l’occasion de la perte incommensurable que lui même, l’Amérique et l’humanité venait de subir.

Vous savez, on dit souvent que personne n’est irremplaçable. On le dit. On le dit souvent. Vous avez dû entendre ce genre de choses. Je ne sais pas d’où vient cette affirmation. Peut être est ce encore un de ces trucs que l’on trouve dans les ouvrages de philosophes européens à la noix, je ne sais pas, je ne lis jamais de livre. Je n’ai pas de temps à perdre, j’ai mieux à faire. Et vous aurez remarqué au passage que chez nous en Amérique, on n’a jamais eu de philosophes, et c’est tant mieux ! Les grandes nations n’ont pas de philosophes, elles ont autre chose à faire, elles ont les mains dans le moteur, elle n’ont pas le temps de rêvasser et de produire du jus de cerveau ! Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

Pour en revenir à cette phrase eh bien, je peux vous le dire, elle est nulle. Nulle ! Elle est débile. Complètement débile ! Car il y a des êtres humains qui sont irremplaçables, oh oui ! Et Elon fait partie de ceux là. Il en fait partie. Personne ne peut et ne pourra remplacer Elon. Personne ! Jamais ! Vous vous rendez compte de ce que nous avons réussi à faire avec Elon en quelques mois ? On a tordu le cours des choses ! On a apprivoisé l’Histoire, cette bête sauvage, ce fauve, pour la rendre docile et qu’elle vienne nous manger dans la main ! On a mis fin à une guerre ! À une guerre ! Ce n’est pas rien, tout cela ! On a fait liquider de grandes crapules et fait en sorte qu’ils arrêtent de nuire à l’humanité et de foutre le bordel ! Et nous avons fait cela non pas avec une armée de trois millions de soldats, mais à deux, à deux seulement ! Moi et Elon ! Moi et Elon ! Deux mecs nourris de burgers et de Coca ! C’est ça l’Amérique ! Ce sont deux types qui montent sur leur canasson, qui rejettent leur chapeau en arrière, qui vérifient leur flingue à la ceinture et qui foncent dans l’inconnu ! Voilà ! Oui, c’est ça notre  grandeur à nous autres Américains ! Tu vas me manquer Elon ! Tu vas nous manquer, terriblement !

Trump s’arrêta quelques secondes. On vit ses lèvres bouger sas qu’aucun son n’en sorte. Il passa le revers de sa main droite devant ses yeux, inspira longuement.

Pardon… l’émotion … On a beau être président, quand on enterre un ami, on est juste un homme avec sa peine. Elon, Elon… je l’aimais… Oui, je t’aimais, Elon, je ne te l’ai peut être pas assez dit…. Je t’aimais… Vous savez, je déteste les homosexuels. Vous le savez, que je les déteste. Ils font des trucs contre nature. Des trucs dégueulasses. Des trucs que je ne parviens même pas à imaginer, à visualiser ! C’est immonde même de penser que des êtres humains puissent faire ce genre de truc ! Abject ! On devrai les punir ! On devrait les soigner ! Les enfermer ! Les rééduquer ! Je dis cela, parce que, moi qui déteste les homosexuels, qui les déteste mais alors plus que tout, eh bien, si moi même j’avais dû être homosexuel, ce qui n’aurait pas pu arriver, je vous assure, mais imaginons, imaginons, eh bien moi, j’aurais choisi de l’être avec Elon. Sur une île, vous savez, le truc de l’île, du bateau qui fait naufrage, des deux seuls survivants et qui finissent par … Bon, vous m’avez compris. Voilà. Voilà, c’est dit.

Dites, est ce qu’on pourrait me donner un Coca ? Normal, pas Light. J’ai soif. Les émotions me donnent soif. Allez me  chercher un Coca, bordel !

Ah, je voulais tout de même ajouter encore une chose, Elon. Oui, une autre chose, très importante, et qui n’a rien à voir avec les homosexuels ni avec le Coca Cola : Elon, ta mort m’a fait réfléchir. Elle a eu au moins pour moi cet avantage. elle m’a fait vraiment réfléchir, à m’en faire mal aux méninges. Et j’ai eu une révélation. Oui, appelons un chat un chat, une révélation, le mot n’est pas trop fort. C’était avant hier : ma balle s’était un peu trop enfoncée dans le sol, la faute au terrain trop gras, aux fortes pluies, et je ne savais pas trop comment la frapper pour qu’elle revienne sur le green. Voyez vous, je l’ai déjà dit souvent mais on ne me croit jamais, je ne suis jamais aussi performant pour avoir des idées claires et prendre des décisions majeures que lorsque je joue au golf. Si tout le monde se mettait au golf, je vous assure que l’humanité s’en porterait mieux. Et une fois encore, cela s’est avéré. Le golf.  Une révélation. Soudain. Et que j’ai tournée et retournée dans mon cerveau.

Aujourd’hui, je peux vous l’annoncer, j’ai signé, juste avant de venir dans cette magnifique cathédrale, un décret. Un décret qui rentre immédiatement en application. Un décret que j’ai baptisé « décret Elon », en souvenir de mon ami. J’ai pensé, mûri le décret Elon pendant mes parcours de golf en ces jours de deuil national, c’était le moins que je pouvais faire pour la mémoire de mon cher ami, et je l’ai signé, ce putain de décret, il n’y pas pas une heure.

Que dit ce décret ? C’est simple. C’est une évidence. C’est d’une force et d’une clarté biblique, vous en conviendrez, et je ne vous pas qui pourrait le contester ou trouver à y redire: le décret dit que moi Donald Trump, quarante septième président des États Unis d’Amérique, j’interdis à la mort de s’en prendre à une liste de personnes dont l’identité sera annoncée dans les jours prochains. Des personnes, vous l’avez compris, qui ne sont pas remplaçables. Des personnes aussi précieuses qu’Elon. Et mon grand regret, mon immense regret, c’est de ne pas avoir imaginé et pris ce décret plus tôt, car Elon, Elon Musk, notre grand Elon Musk serait encore parmi nous, si j’avais eu l’idée de ce décret et s’il était entré en application.

L’objet de ce décret, efficient dès maintenant, est de dire à la Mort : Non, non, bats en retraite, salope ! Tu n’as pas le droit de te saisir de cette personne ! Tu n’as pas le droit de t’en prendre à cette personne ! Cette personne est protégée par le décret Elon! Fais marche arrière, retire toi, va t’occuper d’autres types. Des minables, des inutiles, des merdes, des remplaçables, ça ne manque pas, mais laisse tranquille cette personne sinon les sanctions seront terribles ! 

Vous me connaissez, tous ici, quand je dis quelque chose, ce ne sont pas des mots en l’air ! Si je promets la foudre, c’est que la foudre est dans ma poche. Voilà. Voilà. La Mort est prévenue. Qu’elle se tienne à carreau et fasse attention ! Je n’en dirai pas plus.

Repose en paix, Elon !

Et ce Coca, bordel ! Je vais l’attendre combien de temps ? Il y a deux mille ans un type était capable de marcher sur l’eau, et aujourd’hui, dans sa maison, personne ne peut me trouver un Coca ! ! !

Si on parvient aisément à déceler la folie chez un simple mortel, elle est plus difficile à reconnaître chez un homme d’État [1] , qui plus est président de la première puissance mondiale. D’autant que depuis des années, Donald Trump avait habitué l’opinion à gommer les frontières entre vérité et mensonge, histoire et fiction, affirmation et dénégation, fait et souhait, réduisant le domaine de la raison à un champ circonscrit et minime de la pensée, préférant donner à l’hybris les habits de la décence et s’adresser au penchant pour la passion de son auditoire plutôt qu’à sa capacité de bon sens.

Depuis qu’il était apparu sur la scène internationale le 20 janvier 2017, il avait favorisé et encouragé l’expansion sans borne de la stupidité et de l’arrogance. Avec son aval, ses encouragements, ses décisions, les positions les plus absurdes et les plus rétrogrades sur le plan scientifique avaient été favorisées.

Dès le début de son second mandat, durant lequel d’ailleurs il voulait changer la loi afin qu’il devient son deuxième mandat, il n’avait eu de cesse de museler les penseurs, les intellectuels, les scientifiques de toute nature, en supprimant des lignes budgétaires, des crédits, en fermant des laboratoires, en entravant le travail des chercheurs et des universitaires. Peu ou prou, avec des méthodes en apparence moins violentes mais tout aussi terribles, il s’inscrivait dans la lignée de prédécesseurs de fétide mémoire qu’avaient été les nazis, qui n’avaient eu de cesse de soutenir les brutes au détriment des poètes , des clairvoyants et des philosophes.

Sous Trump I et sous Trump 2, la progression de la bêtise avait été telle que plus de quinze pour cent des étudiants en première année dans les universités les plus prestigieuses du pays étaient persuadés que la terre était plate, que le monde avait été créé il y a six mille ans, et que l’homme et le singe n’avaient radicalement rien en commun. Ce pourcentage dans la population globale montait à des hauteurs indécentes. Le reste du monde n’était pas épargné tant les idées et les attitudes de Trump avaient de quoi séduire les plus crétins et les conforter dans le fait qu’une opinion pouvait équivaloir à un savoir.

[…] La stupidité progressant plus vite que l’intelligence, et l’explosion démographique accentuant le phénomène, il devenait clair que le pourcentage d’idiots était significativement plus important au début du XXI° siècle qu’il ne l’avait été sous l’empereur Auguste.

Philippe Claudel. Wanted Stock 2025

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[1] Il est certes bien difficile de trouver des âneries valant celles de Donald Trump dans notre vieille Europe, mais, à part Hitler chez qui l’hybris était probablement plus puissant que la folie, dans notre France, plusieurs crans en dessous, on peut se remémorer notre impayable Bernard Tapie qui avait proféré un jour qu’il fallait mettre le chômage hors la loi ! c’était en juin 1994 quand il était ministre de la Ville, et encore Olivier Faure avec son Engager la rupture avec la tyrannie du mérite, voilà ce qui nous porte ! le 30 janvier 2023