Lexique à l’usage des terriens qui veulent comprendre ce que disent les marins. 38063
Publié par (l.peltier) le 30 avril 2008 En savoir plus

CONRAD ou le mot juste

Avant même qu’une ancre puisse être levée, il faut la mouiller, et ce truisme parfaitement évident me conduit immédiatement à mon sujet qui est la dégradation du langage maritime dans la presse quotidienne de ce pays. Votre journaliste, qu’il prenne la responsabilité d’un navire ou d’une flotte, presque infailliblement jette l’ancre. Or on ne jette jamais une ancre, et une liberté prise avec un langage technique est un crime contre la clarté, la précision et la beauté d’un parler porté à la perfection. (…)

Cette insistance à employer ce mot détestable provient de ce qu’un terrien à l’esprit particulièrement embrumé doit se représenter l’acte de mouiller l’ancre comme une opération consistant à envoyer quelque chose par-dessus bord, alors que l’ancre prête à être employée est déjà au-delà du bordé, et qu’au lieu de l’envoyer par-dessus bord on la laisse simplement tomber. Elle est suspendue au flanc du navire à partir de l’extrémité d’une lourde pièce de bois en saillie appelée bossoir, par une boucle de grosse chaîne à maillons courts dont le dernier est soudain libéré par un coup de masse ou par un levier qu’on tire, quand l’ordre en retentit. Et cet ordre n’est pas : Envoyez par-dessus bord ! comme semble l’imaginer le gratte-papier, mais Mouillez ! En fait, rien n’est jamais jeté, dans ce sens, à bord d’un navire, à l’exception du plomb de sonde, dont le jet sert à reconnaître la profondeur de l’eau sous la flottaison. Une chaloupe saisie, un espar de rechange, un tonneau ou tout objet de ce genre assuré quelque part sur le pont est jeté à la mer quand il se détache. De même, le navire lui-même est envoyé bâbord amures ou tribord amures quand on met en route. Jamais, cependant, il ne jette son ancre.

Pour utiliser le vocabulaire technique le plus strict, un navire ou une flotte mouille, les mots complémentaires, que l’on ne dit ni n’écrit, étant bien entendu sur ancre. De manière moins technique, mais tout aussi correctement, le mot ancrer, avec son aspect caractéristique et sa sonorité résolue, devrait être acceptable pour les journaux du plus grand pays maritime du monde. La flotte ancra à Spithead : peut-on désirer une meilleure phrase pour sa brièveté et sa sonorité marine? Mais le coup de l’ancre jetée, avec son faux air d’expression nautique – car pourquoi ne pas écrire tout aussi bien envoya l’ancre, projeta l’ancre, ou lança l’ancre ? – est insupportablement odieux à l’oreille d’un marin.

Joseph Conrad, le Miroir de la mer. 1906.

 

 

GLOSSAIRES MARINS

Extraits de plusieurs ouvrages, ils n’ont pas été reclassés et donc, nombreux sont les mots à être définis deux voire trois fois.

Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer.

Platon

Cette admirable langue de la mer, si complète et si pittoresque, qu’ont parlé Jean Bart, Duquesne, Suffren et Duperré, qui se mêle au sifflement des agrès, au bruit des porte-voix, au choc des haches d’abordage, au roulis, au vent, à la rafale, au canon […], cet argot héroïque et éclatant, qui est au farouche argot de la pègre ce que le lion est au chacal.

Victor Hugo

J’ai passé tout mon temps à chercher l’homme de la marine, sans avoir jamais rien pu rencontrer. Il y a dans ce métier une spécialité, une technicité, qui arrêtaient toutes mes conceptions. Proposais-je une idée nouvelle, aussitôt j’avais Ganteaume sur les épaules et la section de Marine. – Sire, cela ne se peut pas. – Et pourquoi ? – J’étais arrêté tout court. Comment continuer la discus­sion avec ceux dont on ne parle pas le langage? Combien de fois au Conseil d’Etat, leur ai-je reproché d’abuser de cette circonstance ! A les entendre, il eût fallu naître dans la marine pour y connaître quelque chose. J’eus beau me débattre, il me fallut céder à leur una­nimité, en les prévenant toutefois que j’en chargeais leur conscience.

Napoléon, à Sainte Hélène, novembre 1816

Ce glossaire, qui fait de nombreux et libres emprunts à Robert Gruss : Petit dictionnaire de marine (Éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris 1952), ne cherche nullement à proposer un survol général du langage nautique ; il se contente de définir les principaux termes techniques rencontrés dans les pages de cette anthologie.

Simon Leys. La mer dans la littérature française. Plon 2007

ABATTRE : ou faire une abatée (ou abattée), arriver, laisser porter; faire tourner un voilier du côté opposé à celui d’où vient le vent ; pour un navire qui marchait au près, c’est l’écarter du lit du vent.

ABORDAGE : 1° collision, choc involontaire de deux navires qui se heurtent ; 2° dans la guerre navale à l’époque de la voile, manœuvre de combat consistant à s’amarrer bord à bord avec un vaisseau ennemi au moyen de grappins d’abordage, afin de le prendre d’assaut.

AFFALER : faire descendre ; donner du mou à une manœuvre. (Contraire : embraquer, haler.)

AFFOURCHER : assurer à un navire une meilleure tenue au mouillage en mouillant successivement deux ancres opposées l’une à l’autre dans une direction perpendiculaire au vent ou au courant dominant.

AIGUILLETTE : bout de corde (notez en passant que le mot « corde» est banni du vocabulaire nautique : à bord d’un voilier, il n’y a qu’une seule corde, celle de la cloche) qui sert à ligaturer deux objets ensemble – aiguilleter.

AIGUILLOT : aiguillot de gui (appelé aussi cou de cygne, vit de mulet), ferrure articulée qui relie le gui (la bôme) au mât; – aiguillots de gouvernail : pivots fixés sur la mèche du gouvernail et tournant dans les fémelots, pitons fixés sur l’étambot.

AIRE voir erre. AIRE-DE-VENT voir rhumb.

ALLURE : direction que suit un navire par rapport à celle du vent. Les allures du près sont : le plus près, ou près serré, le bon plein ou petit largue, le travers, ou largue. Les allures portantes sont : le grand largue et le vent arrière.

AMARINER: au sens général et courant, amariner un équipage ou des passagers : les conduire au large pour les habituer à la mer. Au sens ancien et particulier, utilisé principalement dans la guerre navale et la guerre de course : pourvoir d’un équipage et utiliser contre l’ennemi un navire qu’on lui a pris.

AMARRER : attacher un cordage (ou une chaîne) en lui faisant faire plusieurs tours sur une bitte, un taquet ou un cabillot.

AMENER : abaisser, faire descendre. (Contraire : hisser.)

AMURE : manœuvre qui retient le coin inférieur d’une voile, du côté d’où vient le vent. (contraire: écoute.) Changer d’amures est synonyme de virer de bord. Un navire est tribord amures quand il reçoit le vent du côté droit, et bâbord amures quand il le reçoit du côté gauche.

ANCRE : tige de fer (verge) se terminant par deux pattes, ou bras, armés de becs. La verge est surmontée par une boucle mobile appelée cigale ou organeau ; le câble (ou la chaîne) de l’ancre est fixé à la cigale. À son sommet, sous la cigale, la verge est munie d’une barre transversale formant croix avec la verge ; cette barre qui s’appelle le jas, est  aussi long que la verge et plus long que l’ouverture des pattes; le plan qu’il forme avec la verge est perpendiculaire à celui formé par les pattes. Les grandes ancres sont manœuvrées du bossoir et sont donc appelées ancres de bossoir, tandis que l’ancre à jet, plus petite et plus légère, peut être transportée dans un canot à une certaine distance du bord pour embosser le navire. (Embosser : tenir à l’ancre dans une direction déterminée, malgré le vent et le courant.)

Notez qu’on ne «jette» pas l’ancre, on la mouille. Pour appareiller, un bateau commence par virer l’ancre à pic, c’est-à-dire que l’on embraque la chaîne ou le câble au moyen du cabestan ou du guindeau, jusqu’à ce que le bateau se trouve juste à la verticale (à pic) de son ancre ; dans cette position, l’ancre peut alors être dérapée, c’est-à-dire arrachée du fond. Au mouillage, sous l’action du vent et du courant, si l’ancre a mal mordu ou que la nature du fond ne permette pas une bonne tenue, il peut arriver que le navire se mette à chasser sur son ancre, c’est-à-dire qu’il part à la dérive en traînant son ancre sur le fond. Pour prévenir pareil accident et assurer une meilleure tenue au mouillage, on peut mouiller une seconde ancre, dite ancre d’affourche. (Voir affourcher.)

ANSPECT : ou barre d’anspect (Victor Hugo l’orthographie « anspec ») ; levier en bois, démontable, dont on se sert pour virer au cabestan ou au guindeau.

APPAREILLER : 1 ° quitter un mouillage ou un port ; dans le premier cas, on vire la chaîne et on hisse l’ancre, dans le second, on largue les amarres et on s’écarte du quai ; 2° établir ou larguer une voile (emploi plus rare; on le rencontre chez Duguay-Trouin).

ARAIGNÉE : assemblage de plusieurs bouts de .ligne tendus en éventail à partir d’un même point: araignée d’une tente, d’un hamac, etc.

ARCASSE : pièce de la charpente arrière du navire, au-dessus de l’étambot. Transversalement à la quille, l’arcasse soutient la voûte (partie arrière de la coque, surplombant le gouvernail). Sabord d’arcasse : sabord pratiqué autrefois dans l’arcasse pour les pièces (canons) de retraite.

ARRIMER : répartir la cargaison dans la cale (ou sur le pont) d’un navire d’une façon qui assure et la stabilité du navire et la bonne conservation des marchandises. L’arrimeur est le spécialiste chargé de l’arrimage. (Attention, ne pas confondre avec amarrer: erreur fréquente, et qui se rencontre même chez des écrivains par ailleurs très soucieux de langage correct ! )

ARRIVER voir abattre.

ARTIMON : mât d’arrière d’un navire à trois mâts (ou plus). Sur un bateau à deux mâts, le second ne s’appelle artimon que s’il est le plus court des deux (c’est-à-dire, sur un ketch – ou dundee – ou sur un yawl; tandis que sur un brick, un brigantin ou une goélette, le second mât est en fait le grand mât). Artimon désigne aussi la voile aurique gréée sur un mât d’artimon.

AULOFÉE, AULOFFÉE : mouvement d’un bateau qui quitte sa route pour se rapprocher du lit du vent. (Contraire: abattée.)

AUSSIÈRE, HAUSSIÈRE : gros cordage employé pour l’amarrage des navires et les manœuvres de force (trois aussières commises en grelin forment un câble ) .

BÂBORD : côté gauche d’un navire en regardant vers l’avant.

BARRE : 1 ° levier actionnant le gouvernail, soit de façon directe – barre franche des petites embarcations -, soit par l’intermédiaire d’une roue; 2° barres traversières: près du sommet d’un bas-mât, elles supportent la hune et assurent l’écartement des haubans des mâts supérieurs; 3° banc de sable le long d’une plage ou à l’embouchure d’un fleuve, sur lequel la mer se brise.

BAU : traverse qui maintient l’écartement des murailles (de la coque) et soutient les bordages. La longueur du maître-bau, la plus grande de ces traverses, correspond à la plus grande largeur du bateau.

BEAUPRÉ : mât placé obliquement sur l’avant; se prolonge parfois d’un bout-dehors. C’est sur le beaupré que sont gréés les focs, et, anciennement, la civadière. (On ne compte jamais le beaupré lorsque l’on indique le nombre des mâts d’un navire.)

BITTE : pièce de bois ou d’acier fixée verticalement sur un pont ou sur un quai, et servant à tourner les aussières et amarrer.

BONNEITE : voile carrée supplémentaire, en toile légère, que l’on établit par beau temps dans le prolongement latéral des voiles principales – bon nettes basses à côté de la grand-voile et de la misaine, bonnettes de hune         à côté des huniers, et bonnettes de perroquet à côté des perroquets.

BORDAGE : planches épaisses ou tôles qui recouvrent la membrure, les baux, les barrots, en les croisant et les fortifiant.

BORDÉ : ensemble des tôles ou des planches formant l’enveloppe extérieure d’un navire.

BORDÉE : 1° tirer une bordée (ou un bord ) : au louvoyage, parcourir une certaine distance sous la même allure et les mêmes amures. Tirer des bords: louvoyer; 2° les matelots sont normalement répartis en deux bordées ou équipes, comprenant chacune la moitié de l’effectif total de l’équipage – bordée de tribord et bordée de bâbord – qui se relaient pour assurer les quarts.

BORDER : peser sur les écoutes pour raidir une voile. Border à contre : orienter la voile de façon qu’elle reçoive le vent à revers ; on dit également: masquer.

Bosco, BOSSEMAN : maître d’équipage sur les grands voiliers (terme familier et ancien).

BOSSE : bout de filin épissé sur une boucle à l’avant d’un canot et au moyen duquel on remorque ou amarre celui-ci.

BOSSOIR : grosse pièce de bois faisant saillie de part et d’autre du beaupré et servant à la manœuvre de l’ancre.

BOULINE : manœuvre qui sert à porter plus au vent la ralingue du vent d’une voile.

BOUT (prononcer « boute») : morceau de cordage.

BOUT AU VENT : debout au vent, contre le vent.

BOUT-DEHORS : vergue ou mât que l’on pousse en dehors d’un navire et qui sert à établir une voile supplémentaire. Le bout-dehors de bonnette prolonge une vergue, le bout-dehors de clinfoc prolonge le beaupré.

BRAS : manœuvres servant à orienter les vergues suivant la direction du vent.

BRASSER : orienter les vergues au moyen des bras pour profiter du vent. Brasser carré: brasser les vergues d’un navire à angle droit avec la quille (allure du vent arrière). Brasser en pointe: les vergues forment un angle aigu avec la quille (allure du près).

BRICK : navire à deux mâts – mât de misaine et grand mât – gréés tous deux de voiles carrées.

BRIDURE : amarrage servant à brider. Brider: étrangler, rapprocher plusieurs cordages tendus parallèlement par plusieurs tours d’un autre cordage qui les serre en leur milieu et augmente ainsi leur tension.

BRIGANTIN : navire à deux mâts – misaine et grand mât -, le premier seul étant gréé de voiles carrées.

BRIGANTINE : voile quadrangulaire de l’arrière enverguée sur la corne d’artimon.

CABANER : renverser une embarcation (quille en l’air) sur le pont ou sur une cale.

CABESTAN : treuil vertical pour virer les amarres, câbles et chaînes d’ancre.

CABILLOTS : chevilles en bois ou en métal, plantées au travers des râteliers, et auxquelles on amarre les manœuvres courantes au pied des mâts ou en abord (sur le côté du navire).

CACATOIS : petite voile carrée au-dessus du perroquet.

CADÈNES : chaînes à très longues mailles fixées sur la muraille, sur lesquelles viennent se rider (raidir, tendre) les haubans et les galhaubans, soit au moyen de caps-de-mouton avec rides en chanvre, soit au moyen de ridoirs métalliques.

CALE : supplice de la cale: la victime était suspendue sous les bras à bout de vergue, et on la faisait plonger plusieurs fois dans la mer, l’amenant ainsi à la limite de la suffocation. Dans une variante du supplice, elle était immergée le long des flancs du navire, de façon à l’écorcher au contact coupant des coquillages incrustés sur la coque.

CALEBAS voir hale-bas.

CALER : 1° caler un mât (supérieur), c’est le faire descendre le long du mât inférieur qui le soutient; manœuvre de mauvais temps, ou que l’on effectue pour réparer ou remplacer le mât en question; 2° un bateau cale un certain tirant d’eau; «le bateau cale trois mètres» : le bateau a trois mètres de tirant d’eau.

CALIORNE : gros palan formé de deux poulies triples, ou d’une poulie double et d’une poulie triple. CAMBUSE : magasin du bord où sont entreposées les vivres.

CAP-DE-MOUTON : bloc de bois plat et circulaire percé de trois ou quatre trous dans lesquels passent des rides (bouts de filin) pour raidir les haubans et galhaubans.

CAPE : un navire est à la cape quand, par gros temps, il réduit sa voilure de manière à diminuer sa vitesse. Dans cette position, il dérive en faisant le moins de route possible.

CAPELAGE : ensemble des boucles des manœuvres dormantes qui embrassent la tête d’un mât ou l’extrémité d’une vergue.

CAPELER : faire une boucle avec un cordage, et en entourer un objet.

CAPON : palan qui sert à hisser l’ancre à poste.

CAPONNER : crocher le capon dans la cigale (anneau) de l’ancre pour la hisser jusqu’au bossoir.

CARDAN : suspension composée de deux cercles concentriques dont les pivots sont à angles droits, au milieu desquels on pose en équilibre un compas, un chronomètre, une lampe, etc., afin de les soustraire aux mouvements du navire.

CARÈNE : partie de la coque qui est immergée lorsque le navire est chargé.

CARÉNER : tirer un bateau au sec pour nettoyer et repeindre sa carène.

CARGUE : manœuvre qui sert à retrousser une voile sur elle-même pour la soustraire à l’action du vent. Suivant l’endroit de la voile sur laquelle s’exerce son action – ralingue de chute, fond, points d’amure et d’écoute -, on l’appelle cargue-bouline, cargue-fond et cargue-point.

CARGUER : agir sur les cargues d’une voile pour la retrousser et la soustraire ainsi à l’action du vent.

CHASSE-MARÉE : petit navire français à trois mâts, misaine, grand mât et mât de tapecul, portant chacun une voile au tiers amurée près du mât. Le lougre est très semblable au chasse-marée, mais il a un arrière carré, tandis que le second a l’ arrière rond. (Voir également voile au tiers.)

CHASSER voir ancre.

CHOUQUE, CHOUQUET : pièce de bois servant à assembler un mât supérieur avec la tête du mât inférieur.

CIGALE voir ancre.

CIVADIÈRE : autrefois, voile carrée qui se gréait sous le beaupré. (Disparut vers le milieu du XIXe siècle.)

COQUERON : compartiment ménagé à l’extrémité avant ou arrière d’un bateau.

CORNE : vergue supérieure d’une voile aurique; son extrémité inférieure s’appuie sur le mât par le moyen d’une mâchoire.

COTRE : bateau à un mât, avec mât de flèche et beaupré, et gréant grand voile, flèche, trinquette et focs. Cotre à tapecul: autre nom du yawl.

COURONNEMENT : extrémité supérieure arrière d’un navire.

COURSIVE : couloir des aménagements intérieurs d’un navire.

CULER : aller en arrière, reculer.

DALOTS : trous pratiqués dans les gouttières de pont pour permettre l’écoulement de l’eau.

DÉBORDER : pousser ou repousser une embarcation pour l’écarter du quai ou du navire auquel elle était accostée.

DÉCAPELER : dépouiller les mâts ou les vergues de leur gréement.

DÉHALER : déplacer un navire au moyen de ses amarres.

DÉRALINGUER : enlever les ralingues d’une voile. Le voilier déralingue les voiles pour les réparer. Le vent déralingue lorsqu’il déchire la toile et la sépare de la ralingue.

DÉRAPER : arracher une ancre du fond, la faire décrocher.

DESSOUS : mettre la barre dessous, c’est la mettre sous le vent de façon à faire         lofer le bateau.

DESSUS : mettre la barre dessus, c’est la mettre au vent de façon à faire arriver          le bateau.

DOGUE D’AMURE : sorte de bitte placée verticalement sur le pont à mi-longueur du navire et à proximité du pavois pour y amarrer l’amure de grand-voile. (Usage ancien.)

DRISSE : cordage servant à hisser une vergue, une corne, une voile, un pavillon, etc.

DROME : assemblage de pièces de rechange, mâts, vergues, avirons, etc., disposés au-dessus des chantiers (supports verticaux en bois) sur le pont.

DROSSE : filin, câble ou chaîne qui sert à transmettre à la barre du gouvernail les mouvements imprimés par la roue.

DROSSER : être entraîné hors de sa route par le courant ou par le vent.

DUNETTE : superstructure sur le pont arrière d’un navire, qui s’étend en largeur d’un bord à l’autre.

ÈBE, EBBE (de l’anglais ebb) : marée descendante, jusant.

ÉCOUTE : manœuvre servant à orienter une voile et à l’amarrer à son coin inférieur sous le vent, qui est le point d’écoute. (L’amure remplit la même fonction du côté opposé, c’est-à-dire au vent.)

ÉCOUTILLE : ouverture pratiquée dans le pont, donnant accès aux entreponts et aux cales.

ÉCUBIER : ouvertures ménagées de chaque côté de l’étrave pour le passage des chaînes d’ancre.

ÉLINGUE : bout de filin dont on entoure les objets pesants, et que l’on accroche au palan ou à la chaîne d’un mât de charge pour les embarquer ou les débarquer.

ÉLONGER (une amarre) : envoyer une embarcation frapper une amarre sur un autre navire ou sur un corps mort pour déhaler le navire.

EMBOSSER : voir ancre.

EMBOUDINURE : entourage d’une pièce métallique par un cordage.

EMBRAQUER : raidir un cordage.

EMPANNAGE : situation d’un navire dont les voiles masquent accidentellement par le côté de l’écoute, à la suite d’une saute de vent ou d’une erreur de l’homme de barre. Sur un grand voilier l’empannage constitue un accident très dangereux; sur un petit voilier, par contre, quand la brise est maniable, l’empannage peut être délibéré et contrôlé : c’est une manière rapide de virer de bord lof pour lof.

EMPOINTURE : extrémité supérieure d’une voile carrée. Empointure de ris : extrémité d’une bande de ris.

ENCABLURE : mesure employée pour estimer la distance approximative d’un           objet peu éloigné ; une encablure équivaut à 120 brasses – c’est-à-dire environ deux cents mètres.

ENFLÉCHURES : petits filins horizontaux qui croisent les haubans des bas-mâts et des mâts de hune pour former une échelle qui sert à monter dans la mâture.

ENGAGÉ : un navire est engagé lorsque, sous l’action du vent et de la mer, ou du fait que sa cargaison a ripé, il a pris un angle de gîte tel qu’il ne peut plus se redresser.

ÉPISSER : réunir deux cordages ou deux bouts d’un même cordage en décommettant les torons et en les entrelaçant les uns dans les autres sur une longueur suffisante pour assurer la liaison. Épissoir : poinçon qui sert à desserrer les torons d’un cordage qu’on veut épisser. Épissure: procédé pour joindre deux cordages, ou pour former un. œil à l’extrémité d’un cordage par entrelacement des torons, sans modifier sensiblement l’épaisseur du cordage à l’endroit de la greffe.

ÉPONTILLE : support vertical soutenant un barrot (lequel est lui-même une poutre transversale soutenant le pont).

ERRE : vitesse conservée par un bateau après que son moyen de propulsion (voile, moteur, ou aviron) a cessé d’opérer.

ESPAR : longue pièce de bois employée comme mât, vergue, corne, etc.

ESTROPE : ceinture de cordage ou bande de fer ajustée dans la rainure d’une            poulie. Morceau de cordage épissé aux deux bouts et servant à divers usages.

ÉTAI : cordage destiné à consolider un mât contre les efforts de l’avant à l’arrière.

ÉTALINGUER (une chaîne, une ancre) : joindre une chaîne à la manille d’une ancre, ou fixer un câble sur l’organeau de l’ancre,

ÉTAMBOT : arrière du navire.

ÉTARQUER : hisser une voile ou raidir une drisse en leur donnant le maximum de tension.

ÉTOUFFER (une voile, la toile) : la serrer avec les mains et les bras contre la vergue pour l’empêcher de battre.

ÉTRAVE : avant du navire.

ÉVITER : changements de position effectués par navire à l’ancre sous l’action du vent et du courant.

FASÉYER : battre au vent, en parlant d’une voile que le vent n’emplit pas. (On écrit également faseyer, faséier, fasseyer et asciller ; anciennement : fasier. )

FAUX-PONT : («  faux» signifie supplémentaire) pont constituant la limite supérieure de la cale. L’espace entre le faux-pont et le pont est l’entrepont.

FERLER : relever une voile pli par pli tout le long et un peu au-dessus d’une vergue, puis l’attacher dans cette position au moyen de rabans. (Ferler s’emploie uniquement en parlant d’une voile carrée; le terme général qui s’applique à toutes les voiles est serrer.)

FIL DE CARET : petit cordage constitué par des fils de chanvre tordus ensemble. Plusieurs fils de caret tordus ensemble forment un toron. (Victor Hugo orthographie « carret ».)

FILIN : terme générique désignant les cordages en chanvre.

FLÈCHE : petite voile supérieure, hissée le long du mât de flèche.

FOC : voile triangulaire d’avant, hissée entre le beaupré et le mât (mât de misaine dans le cas d’une goélette ou d’un trois-mâts, grand mât dans le cas d’un ketch, d’un cotre ou d’un sloop). En ordre décroissant de taille : grand foc, petit foc, clin foc.

FORTUNE : voile carrée, souvent volante (c’est-à-dire, gréée en supplément, de façon provisoire) qu’on établit sur une vergue barrée (c’est-à-dire, qui ne porte pas de toile enverguée), ou sur la vergue de misaine des goé­lettes, ou la grand-vergue des cotres et autres petits bâtiments à voiles auriques.

FOSSE-AUX-LIONS : soute ou magasin où sont entreposés agrès et apparaux de rechange. (Terme ancien.)

FRANC-BORD : distance entre le niveau de l’eau à l’extérieur du bateau et la partie supérieure du pont à la demi-longueur.            .

FRAPPER : attacher, amarrer, fixer.

FUNIN (également funain) : cordage non goudronné.

GABURON voir jumelle.

GAILLARD : partie extrême avant et extrême arrière du pont supérieur.

GALGALE : composition de chaux, d’huile et de goudron. (Victor Hugo écrit « gall e-gall e ».)

GALHAUBAN : cordage fixe servant à assujettir les mâts supérieurs par le travers et l’arrière.

GALIOTE : navire à voiles hollandais généralement gréé en goélette, très arrondi tant à l’avant qu’à l’arrière. Dans les ports français du Nord, ce nom est communément donné à tous les caboteurs et voiliers de pêche hollandais.

GALOCHE : poulie longue et plate dont la caisse est ouverte sur l’une de ses joues, de façon que l’on puisse y introduire librement le double d’un cordage.

GAMBES (de hune, de revers, haubans de revers) : manœuvres dormantes destinées à fournir aux haubans de hune le point d’appui nécessaire pour                                         permettre leur ridage.

GARANT : nom que prend un cordage quelconque quand il est employé pour former un palan.

GARCETTE : petit bout de filin.

GARNITURE : protection dont on munit un élément du gréement en l’entourant de bitord, de limande ou de fil de caret formant natte, pour le préserver du frottement.

GOÉLETTE : navire à voiles rapide, gréé de deux mâts – misaine et grand-mât.          Les goélettes de commerce ou de pêche (terreneuviers) ont en outre un hunier et quelquefois un perroquet carrés au mât de misaine.

GOURNABLE : longue cheville cylindrique en bois employée pour fixer les bordages de la carène. (Navires en bois.)

GRAND-VOILE : voile principale (et voile la plus basse) du grand-mât.

GRAIN : vent violent qui s’élève soudainement, généralement de peu de durée. Les grains sont parfois accompagnés de pluie, de grêle ou de neige. Grains noirs : ils entraînent avec eux un nuage épais. Grains blancs : ils n’ont pas de nuages avec eux; on ne peut donc les prévoir que par l’aspect de la mer qui moutonne au fur et à mesure qu’ils se rapprochent.

GRELIN : fort cordage utilisé (par exemple) pour l’amarrage ou le remorquage des navires.

GUI : espar sur lequel vient se border une voile à corne, ainsi que les voiles auriques (ou marconi) des goélettes, ketch, cotres, sloops, etc. Synonyme : bôme (ou baume).

GUIBRE : pièce de bois établie sur l’étrave où elle sert de point d’appui au beaupré.

GUINDEAU : petit cabestan horizontal pour lever l’ancre.

GUINDER : hisser un mât au moyen d’un palan.

GUINDERESSE : cordage ou fil d’acier servant à manœuvrer un mât de charge.

HABITACLE : sorte d’armoire de forme circulaire, recouvert d’une glace et placé près de la barre ; contient le compas de route et les lampes.

HALE-BAS : petit cordage frappé au point de drisse d’une voile enverguée sur draille (focs, voiles d’étai) et qui, lorsqu’on a largué la drisse, sert à faire descendre la voile pour pouvoir la serrer.

HALER (vent) : tourner vers. « Le vent hale le nord» : le vent tourne au nord.

HAUBAN : fortes manœuvres dormantes qui servent à soutenir et assujettir les mâts par le travers et par l’arrière (comme les étais le font par l’avant). Les haubans maintiennent un étage de mâture, les galhaubans plusieurs étages.

HILOIRE : 1° bordure verticale d’un panneau, servant à empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur; 2° poutre longitudinale disposée en vue d’accroître la résistance du pont.

HOURQUE : bâtiment hollandais que ses formes renflées et arrondies rendent très propre au transport des marchandises, tout en faisant de lui un mauvais marcheur. (Victor Hugo l’orthographie « ourque ».)

HUNE : plate-forme arrondie sur son avant qui repose sur les barres traversières des bas-mâts.

HUNIER : voile carrée située immédiatement au-dessus des basses voiles. Au mât de misaine, cette voile s’appelle petit hunier, au grand-mât, grand hunier, et au mât d’artimon, perroquet de fougue. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les huniers étaient d’une pièce, avec un très long guindant (hauteur) ; depuis, ils sont généralement composés de deux voiles, le hunier fixe et le hunier volant.

ITAGUE : manœuvre souvent en chaîne ou en fil d’acier, fixée par son extrémité à une vergue, qu’elle est destinée à hisser. .

JARRETIÈRE : tresse cousue sur l’arrière d’une voile et terminée à une extré­mité par une boucle, et à l’autre par une garcette. Quand la voile est serrée, on l’amarre sur elle-même en passant la garcette dans la boucle.

JOTTEREAUX (d’un mât) : pièces de bois dur appliquées et chevillées de chaque côté d’un bas-mât pour supporter les élongis (sur lesquels reposent les barres traversières). (Victor Hugo orthographie «joutereau ».)

JOUAIL : autre nom du jas de l’ancre. (Voir ancre.)

JUMELLE DE RACAGE, GABURON : pièce de bois dur que l’on applique sur la face avant d’un bas-mât. Cette pièce consolide le mât et le préserve du frottement.

KETCH : cotre muni d’un second mât (artimon), placé en avant de la barre (à la différence du yawl, dont l’artimon, plus petit et appelé tape-cul, est en arrière de la barre). Le nom de ketch est réservé aux yachts ; un voilier de même gréement, employé pour la pêche, s’appelle un dundee.

LAN : abattée involontaire, par l’effet du vent ou d’un faux mouvement de l’homme de barre. « Lan» est un terme vieilli – on dit plus couramment « embardée» – mais c’est celui que Victor Hugo emploie.

LARGUER (un cordage) : le laisser aller, le lâcher, le détacher. Larguer en bande: larguer d’urgence, filer sans précaution ni retenue. Larguer une voile: la déferler.

LISSE : assemblage de pièces plates, en bois, servant de garde-fou sur le pourtour des ponts.

LIT du vent : direction de laquelle souffle le vent.

LIURE : dispositif qui assujettit le beaupré contre la guibre.

LOCH : appareil servant à mesurer la vitesse d’un navire.

LOFER (également loffer) : venir plus près du vent. Virer lof pour lof : virer vent arrière.

LOUVOYER : progresser en zigzag en tirant des bords tantôt sous une armure, tantôt sous l’autre, pour atteindre un objectif situé dans la direction d’où vient le vent.

LOVER : ramasser un cordage en glène, c’est-à-dire le ployer en rond. On love toujours de gauche à droite.

MALINE (reverdie, grande marée, marée de vive-eau) : hauteur extraordinaire qu’atteignent les marées aux moments de nouvelle ou de pleine lune, et pendant deux ou trois jours après, lorsque les influences du soleil et de la lune agissent conjointement.

MANŒUVRES : filins composant l’ensemble du gréement. Les manœuvres dor­mantes sont fixes et servent à soutenir les mâts ; les manœuvres courantes sont mobiles et servent à manœuvrer les voiles et orienter les vergues.

MANTELET : volet plein, en bois ou en fer, qui servait à fermer les sabords.

MARCHEPIED : cordage suspendu sous une vergue par des étriers; les matelots se tiennent dessus lorsqu’ils travaillent sur la vergue.

MARGOUILLET : petit morceau de bois dur en forme d’anneau, ayant dans l’épaisseur de sa circonférence une cannelure pour recevoir une estrope, et qui sort de conduit soit à une bouline, soit à un autre cordage.

MASQUER : un navire masque lorsque le vent, au lieu d’emplir ses voiles par derrière, les frappe par-devant. On dit aussi « faire chapelle ».

MIDSHIP (MAN) : désigne familièrement en France un enseigne de vaisseau de 2e classe.

MINOT (d’amure) : arc-boutant qui fait saillie à chaque épaule d’un navire et sur lequel s’amure la misaine.

MISAINE : voile basse du mât de misaine. Mât de misaine: le premier mât à l’avant d’un bateau comptant deux ou plusieurs mâts (sauf s’il s’agit d’un ketch ou d’un yawl – auquel cas ce premier mât est le grand mât).

MOQUE : sorte de cap-de-mouton à un seul trou, dont on se sert pour rider (raidir) la sous-barbe.

MOU : donner du mou à un cordage, c’est le détendre, le relâcher. Le gréement (haubans, étais) a du mou lorsqu’il n’est pas assez tendu. Un voilier est mou lorsqu’il a tendance à abattre, à tomber sous le vent – par opposition à un bateau ardent qui tend spontanément à venir au vent.

MOUFLE : assemblage de poulies servant à lever de lourdes charges.

NAGER : mouvement imprimé aux avirons d’une embarcation pour la faire avancer. Les marins n’emploient jamais le mot ramer.

OREILLE D’ÂNE : fort taquet auquel on amarre un gros cordage.

ORGANEAU voir ancre.

ORIN : filin dont une extrémité est frappée sur un objet immergé (ancre, par exemple) et l’autre sur une bouée qui signale l’emplacement de cet objet.

PALAN : appareil composé de deux poulies et d’un cordage appelé garant, qui permet de multiplier la force exercée sur le garant. Le palan sert à raidir sans secousse, et à retenir, un cordage ou une manœuvre qui a déjà reçu une certaine tension (palan d’étai, par exemple), ou à embarquer du matériel (palan de charge).

PALANQUIN : petit palan.

PANNE : manœuvre qui a pour but d’arrêter la marche d’un navire en brassant les vergues, de façon que les actions contraires des voiles s’équilibrent et se neutralisent. On met en panne pour embarquer un pilote, pour communiquer avec un autre navire, pour mettre un canot à la mer, etc.

PANTENNE : « en pantenne » signifie en désordre: après un échouage ou un coup de vent, état d’un navire qui a perdu des voiles, rompu des manœuvres et dont les vergues se retrouvent brassées en différents sens. D’autre part, on met aussi en pantenne en signe de deuil : on apique les vergues, c’est-à-dire qu’on les hisse de guingois, une extrémité plus haute que l’autre.

PANTOIRE : fort bout de cordage capelé à un mât et terminé par un œillet garni d’une boucle en fer pour recevoir les crocs de caliornes et de palans.

PASSAVANT : passerelle légère permettant de passer de l’arrière à l’avant, ou d’un rouf sur l’autre. Désigne également la partie du pont en abord, entre le grand mât et l’avant du navire.

PASSERELLE : superstructure la plus élevée d’un navire sur laquelle se tiennent l’officier de quart et les timoniers. Elle comprend la chambre de veille, l’abri de navigation avec les appareils de conduite du navire et parfois l’appartement du commandant.

PATARAS : hauban supplémentaire destiné à soulager temporairement un hauban soumis à un effort exceptionnel. (Également: faux-hauban.)

PAVOIS : partie de la coque dépassant le niveau du pont.

PENON : petite girouette ou banderole en étamine attachée à quelque hauteur au-dessus du pont, à une vergue ou à un galhauban au vent, pour                               indiquer la direction du vent.

PERROQUET : voile carrée au-dessus du hunier. Au mât de misaine: petit perroquet; au grand mât : grand perroquet; au mât d’artimon : perruche.

PERRUCHE : voile carrée du mât d’artimon, au-dessus du perroquet de fougue (le perroquet de fougue est, pour le mât d’artimon, l’équivalent d’un hunier) .

PIC : extrémité d’une corne ; par extension, la corne tout entière.

PISTOLET (d’amure) voir minot d’amure. Pistolet d’embarcation : grand porte-manteau en fer. On dit aussi bossoir d’embarcation.

PLAT-BORD : ceinture en bois entourant les ponts et limitant le bordage en bois.

POINTS (d’une voile) : angles inférieurs d’une voile. (Les angles supérieurs s’appellent empointures.)

PORQUE : forte pièce en forme de couple, renforçant la membrure de la carène.

PORTE-HAUBANS : pièce de bois en saillie sur la muraille, destinée à donner de l’épatement (angle d’écartement) aux haubans et galhaubans.

PORTEMANTEAU : arcs-boutants servant à hisser les embarcations le long du bord.

PORTER (laisser porter) : arriver, abattre, c’est-à-dire écarter le navire du lit du vent, le rapprocher de l’allure du vent arrière.

POULAINE : extrême avant du navire (où se trouvaient les cabinets de l’équipage, d’où l’expression gabier de poulaine pour qualifier un matelot maladroit) .

POUPE : arrière du navire.

PRÉCEINTES : la partie la plus épaisse de la muraille d’un navire, située un peu plus haut que la ligne de flottaison lège.

PRÉLART : laizes (bandes) de toile à voile souple, cousues ensemble puis gou­dronnées, destinées à couvrir les panneaux et empêcher l’accès de l’eau dans les entreponts ou la cale.

PRÈS : allure sous laquelle la marche du navire se rapproche le plus possible du lit du vent. (Un voilier à gréement carré }le peut guère remonter que jusqu’à un angle de 60° ; les voiliers modernes vont jusqu’à 30°.)

PROLONGER : dans l’ancienne guerre navale, se ranger le long d’un navire ennemi en vue de s’en emparer par abordage.

PROUE : avant du navire.

QUART : 1 ° un certain angle de l’horizon. (Synonymes : rhumb ou aire-de-vent.) Il y a trente-deux quarts dans un tour complet d’horizon ; chacun vaut Il° 15′ ; 2° période de quatre heures durant laquelle les hommes sont de service ou au repos. Les quarts vont de midi à 4 heures, de 4 à 8, de 8 à minuit, de minuit à 4, de 4 à 8 et de 8 à midi.

RABAN : tresse ou sangle servant à serrer une voile sur une vergue, un gui, etc.

RACAGE (d’une vergue) : sorte de collier qui lie une vergue à un mât, en lui conservant sa mobilité, c’est-à-dire la possibilité de glisser verticalement le long du mât, de s’orienter et de s’apiquer.

RAGUER : un cordage rague lorsqu’il s’use et se détériore par frottement continuel contre un objet dur, ou présentant des aspérités.

RALINGUE : bordure d’une voile ; elle est faite d’un cordage cousu le long de ses côtés. Sur une voile carrée, la ralingue horizontale supérieure est appelée ralingue d’envergure ; l’horizontale inférieure, ralingue de fond ; les deux verticales sont les ralingues de chute. La voile est dite « en ralingue» lorsqu’elle bat, le vent soufflant parallèlement à ses ralingues.

RAME : à la mer, il n’y a pas de rames (sauf, anciennement, sur les galères), il n’y a que des avirons ; et l’on ne rame pas, on nage. Le mot rame est toutefois employé dans le commandement « lève-rames ! » adressé par un patron de canot à ses canotiers pour retirer de l’eau leurs avirons et les maintenir horizontalement sur le bord.

RANGER (la terre) : passer à petite distance.

REFUSER : se dit du vent lorsqu’il tourne dans une direction défavorable à la progression du navire. (Contraire : adonner.)

REMONTER (au vent, dans le vent) : naviguer au près, louvoyer.

RHUMB voir quart. (Victor Hugo écrit « rumb ».)

RIDOIR : tout appareil à poulie, crémaillère, ou vis permettant de tendre (raidir, rider) une manœuvre dormante (haubans, étais).

RIPER : glisser, déraper. Se dit de deux pièces du gréement qui, soumises à un effort, glissent ou frottent l’une contre l’autre. Également: déplacement accidentel de la cargaison.

RIS : bandes horizontales dans les voiles, que l’on replie et noue au moyen de garcettes pour réduire la surface de la toile quand le vent est trop fort. Une voile est au bas ris quand on y a pris tous les ris de façon à n’exposer au vent que la plus petite surface possible. Ris de chasse : première bande de ris à prendre quand le vent fraîchit, ou par précaution pour la nuit.

RISÉE : brise subite et passagère.

ROUET : sorte de grosse poulie.

ROUF, ROUFLE : superstructure établie sur le pont d’un navire, mais sans en occuper toute la largeur (à la différence de la dunette).

SABORD : ouverture quadrangulaire pouvant être fermée, pratiquée dans la muraille d’un navire, pour laisser passer la bouche d’un canon. Sabord d’arcasse : sabord de poupe.

SAISIR : amarrer, fixer.

SERRE-BOSSE (d’une ancre) : chaîne au moyen de laquelle une ancre est sus­pendue en travers par une de ses pattes. Sert aussi à affaler l’ancre au-dessous du bossoir.

SERRER (une voile) : plier et raban ter une voile sur une vergue, une bôme, un mât. Serrer le vent : gouverner le plus près possible du lit du vent.

SLOOP : petit bateau à un mât et deux voiles – grand-voile et foc.

SOUQUER : nager avec énergie dans une embarcation. Serrer ferme un nœud, une surliure, un amarrage. Border à bloc une écoute.      .

SOUS-BARBE : ensemble des cordages métalliques ou chaînes qui maintiennent le beaupré en place et résistent à la traction que les étais de misaine exercent vers le haut. La martingale sert de sous-barbe pour le bout-dehors.

SURJALER (surjouailler) : une ancre est surjalée (surjouaillée) quand sa chaîne fait un tour sur le jas (jouail).

SURPATTER : une ancre est surpattée quand sa chaîne fait un tour sur une des pattes.

TAILLE-MER : partie avant de la guibre ou de l’étrave, qui fend l’eau quand le navire avance.

TAPECUL : petite voile, aurique ou bermudienne, et son mât établis tout à l’arrière de certains voiliers, en particulier les yawls – appelés aussi cotres à tapecul.

TAQUET : pièce de bois dur ou de métal, munie de deux cornes et fixée en divers points du bateau pour y tourner des cordages.

TIERS : voile au tiers (appelée aussi bourcet ou misaine bretonne), voile quadrangulaire soutenue par une vergue sur laquelle le point de drisse est placé au tiers : gréement typique des voiliers de pêche côtière bretons et normands (lougres ou chasse-marée).

TILLAC : vieux mot signifiant pont supérieur (entre les gaillards).

TIMONIER : homme de barre. (Littéralement, celui qui tient le timon, ou barre du gouvernail).

TIRE-VEILLES : filins fixés à chaque bout d’une traverse capelée sur la tête du gouvernail d’une embarcation pour gouverner sans barre. Bouts de filin qui pendent le long de l’échelle de côté d’un navire, et auxquels on se tient pour monter à bord ou pour en descendre.

TONTURE : courbure que l’on donne aux ponts des navires, en en relevant légèrement les deux extrémités. Ceci facilite l’écoulement des eaux vers le milieu, d’où elles s’échappent par les dalots.

TORON (les Bretons – et Victor Hugo – disent « touron») : plusieurs fils de caret réunis forment un toron ; trois torons commis ensemble font un cordage.

TOUER : déplacer un navire en tirant à bord sur une ancre de touée ou sur une amarre fixée à terre. Touée : longueur de remorque servant au halage ; longueur de chaîne filée en mouillant l’ancre.

TOURMENTIN : petit foc ou trinquette en toile très résistante que l’on utilise par gros temps.

TOURNER UNE MANŒUVRE : c’est lui faire faire plusieurs tours sur un taquet, une bitte, un cabillot, etc., pour l’empêcher de filer.

TRÉLINGAGE : araignée ou bridure en filin employée pour rapprocher les haubans de bas-mât afin d’en éliminer le mou.

TRIBORD : côté droit du navire en regardant vers l’avant.

TRINQUETTE : voile triangulaire d’avant – foc le plus rapproché du mât, souvent hissé sur l’étai en guise de draille.

VAIGRAGE : bordages qui recouvrent le côté intérieur des membrures.

VENIR (au vent) : lofer.

VENT : «au vent », côté d’où vient le vent; «sous le vent », côté opposé à celui d’où vient le vent.

VERGUE : espar placé en croix sur l’avant du mât. On désigne chaque vergue par le nom de la voile qui y est enverguée.

VERGUE BARRÉE : vergue qui ne porte pas de voile, ainsi par exemple, la vergue la plus basse du mât d’artimon.

VIRER : embraquer un cordage, une amarre ou une chaîne par enroulement sur un treuil ou un guindeau. Virer l’ancre: virer sur la chaîne pour rentrer l’ancre quand on appareille. Virer à pic: virer suffisamment de chaîne à bord pour que l’étrave vienne se placer directement à la verticale de l’ancre.

VIRER DE BORD : modifier la direction du navire de telle sorte que les voiles reçoivent le vent du bord opposé – changer d’amures. Cette manœuvre s’effectue soit en passant par la position vent debout, et c’est le virement de bord vent devant ; soit en passant par la position vent arrière, et c’est le virement de bord vent arrière, ou lof pour lof.

VOÛTE : partie arrière de la coque d’un navire, située au-dessus du gouvernail.

YAWL (cotre à tapecul) : voilier gréé en cotre, mais avec l’addition d’un court mât et d’une petite voile (tapecul) à son extrême arrière.

YOLE : canot léger et élégant, ordinairement à clins.

YOUYOU: très petite embarcation à tableau arrière, armant une ou deux paires d’avirons.

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Glossaire établi par  Nicolas GRONDIN,

En annexe de L’énigme de la Diane. Les Nouveaux auteurs 2010.

a

À contre. Loc. Se dit d’une voile qui reçoit le vent du mauvais côté. Cela peut-être volontaire, pour tenir une cape* courante, par exemple. Venir à contre : Manœuvre consistant à faire venir deux bâtiments bord à bord.

A contre-bord. Loc. Se dit de deux navires aux amures* strictement opposées, face à face ils vont se croiser, ou dos à dos ils s’éloignent l’un de l’autre.

A Dieu vat. Loc. À la grâce de Dieu. La formule s’employait dans la marine française au moment de déferler les voiles à l’appareillage, ou pour donner le signal d’une manœuvre particulièrement délicate (virer de bord vent debout, par exemple)

À pic. Loc. Quand on vire* (tire) les chaînes d’ancre au cabestan*, le moment où elles sont à la verticale et que l’ancre va s’arracher du fond. Une fois l’ancre arrachée et parvenue au flanc du navire, on la dit « Haute et claire ». Une fois rangée dans son logement de route, on dit qu’elle est « caponnée ».

Abaca. Subst. f. Musacée (famille du bananier) des Philippines, au fruit non comestible, mais dont les pétioles foliaires fournissent des fibres textiles. Par extension, la fibre elle-même, appelée aussi chanvre de Manille.

Abattée. Subst. f. Descente dans le lit du vent (i.e. de la ligne fictive qu’il trace dans l’espace). Le contraire d’une auloffée*.

Abattis (ou Abatis). Subst. m. Massacre, hécatombe, ce sens n’a pas de caractère proprement maritime, mais, dans l’argot des marins du XVIII° siècle, le mot désignait la partie centrale de la batterie* basse, celle que les canons ennemis touchaient le plus souvent, Abatis ayant en effet à cette époque le sens d’abattoir (Sabre* d’abatis, par exemple).

Abattre. Verbe t. Descendre dans le lit du vent (i.e. de la ligne fictive qu’il trace dans l’espace). Syn : Arriver. Cont : lofer*.

Abordage. Subst. m. À l’origine, c’est l’action de venir bord à bord avec un autre navire. Ce n’est que par extension que le mot a désigné l’opération consistant à sauter sur le pont supérieur d’un navire ennemi pour y porter l’assaut.

Aboutage. Subst m Réunir les extrémités de deux cordages par un nœud.

Aboutement. Subst. m. Manière de faire tenir ensemble deux pièces de bois bout à bout.

Acabit. Subst. m. État d’une denrée.

Accastillage. Subst. m. Au XVIII° siècle, c’est la partie du bâtiment au-dessus des plats-bords, et ses équipements : mâts, voiles et cordages. Dans le langage des forbans et Frères* de la cote du XVI° siècle, on dit la gabie*. Ce n’est qu’au XIX° siècle que le mot prendra le sens d’équipement maritime que l’on connaît aujourd’hui.

Accore. adj. Qui plonge verticalement dans une mer profonde, en parlant d’une côte, d’un écueil.

Adonner. Verbe t. Utilisé pour un vent qui devient favorable. Ant : Refuser*.

Affaler. Verbe t. Déhaler* ou détacher, laisser des­cendre le long d’un cordage, qu’il s’agisse d’un objet (un canot, un baril…) pour le mettre à la mer, ou d’une voile.

Affût. Subst. m. Lourd coffre de bois, muni de roues, sur lequel repose le fût du canon.

Agrès. Subst. m. p. Ensemble des éléments composant le gréement courant.

Aiguade. Subst. f. 1. Avitaillement* en eau. 2. Site (port, point de la côte (anse, île…) où refaire les réserves d’eau est possible.

Aiguillot. Subst. m. Crochet de gouverne. Pièce métallique qui termine chacune des drosses* de gouverne qui traversent l’étambot*. Cette pièce vient s’accrocher à l’un des deux fémelots*. Quand la roue* tire sur la drosse, elle entraîne l’aiguillot qui tire sur le fémelot et oriente donc le safran*.

Alarguer. Verbe, t. Se détacher des amarres, ou des cordages retenant un navire qui n’est pas à l’ancre mais retenu à un quai, à un autre navire.

Alizé. Subst. m. Vent régulier soufflant de chaque côté de l’équateur entre les parallèles 30° sud et 30° nord. Du Nord-Est dans l’hémisphère Nord et du Sud-est dans l’hémisphère Sud.

Allège. Subst. f. Toute embarcation, quels que soient sa taille et son gréement, servant au chargement ou au déchargement d’un navire qui n’est pas mouillé à quai. En général, des bailles* qui ne sont faites que pour les opérations portuaires.

Allure. Subst. f. Direction de laquelle le navire reçoit le vent par rapport à l’axe de sa route. On distingue quatre types d’allure : portante ou vent arrière, tribord amures*, louvoyage* ou vent debout, et bâbord amures*. Bâbord et tribord amures sont divisés en cinq positions au fur et à mesure que l’on passe de vent debout à vent arrière : Près* serré. Près* bon plein, Petit largue, Largue*, Grand largue.

Allure portante. Loc. Position du navire par vent arrière, occupant environ sept quarts de la rose* des vents (45° d’arc, soit 22,5° de chaque côté du lit du vent). Même si Allure portante est le terme juste, on dit plus aisément Vent portant, ou Vent arrière.

Amariner. Verbe t. Habituer à la mer, aux manœuvres et à la vie à bord. Avoir de l’expérience à la mer.

Amarrer. Verbe t. Retenir par un câble ou une chaîne, « attacher » de façon à ce que l’objet amarré ne bouge plus, ou le moins possible, qu’il s’agisse du navire lui-même, d’une vergue*, d’une pièce d’artillerie ou d’un simple baril.

Amarrer à trois tours morts Loc Familier pour « Mettre un terme définitif à une chose ». Amener. Verbe t. Abaisser, faire descendre. Se dit spécialement d’une vergue et de sa voile. Cette opération s’effectue principalement en larguant et filant les drisses. On dit ainsi Amenez la corne; Amenez les perroquets. Amener se dit aussi d’un canot, de fardeaux, d’objets pesants soulevés à l’aide d’un palan, et qui sont suffisamment hissés pour être reçus à bord, ou débarqués. Amener se dit aussi de signaux de jour ou de nuit, ainsi que de marques distinctives de bâtiments, quand il y a lieu de les rentrer. Amener son pavillon est la locution consacrée pour indiquer qu’un bâtiment est contraint à se rendre par des forces ennemies.

Amer. Subst. m. Objet fixe et visible du large (un clocher, un phare, un pic rocheux, etc.) servant de point de repère sur une côte. À l’aide d’un sextant, on peut « faire le point à la côte » en s’appuyant sur deux amers.

Ampoulette. Subst. f. Sablier* de l’habitacle* à durée variable (de 30 secondes à 30 minutes) servant à minuter telle ou telle opération.

Amure. Subst. f. 1. Au singulier, cordage qui assujettit une voile carrée au vent par son point inférieur. Par extension, le point de fixation latérale d’une voile le plus bas et le plus au vent. 2. Au pluriel, côté d’où souffle le vent. On est donc tribord amures* ou bâbord amures*. Amurer. Verbe, t. Action d’orienter une voile selon le vent. Amure ! est un commandement qui vient après Largue ! (on fixe les écoutes après avoir déferlé les voiles). Le verbe est courant ment détourné dans l’argot maritime : fin mal amure : mal parti ; amurer un poing flanquer un coup ; etc.

Amures (bâbord amures). Loc Position du navire par rapport au vent, occupant 112,5° d’arc à gauche des allures* portantes, arc séparé en trois zones de 37,5° soit (dans le sens des aiguilles d’une montre) grand largue, largue, au plus près.

Amures (tribord amures). Loc Position du navire par rapport au vent, occupant 112,5° d’arc, à droite des allures* portantes séparés, arc sépare en trois zones de 37,5° soit (dans le sens des aiguilles d’une montre) plus près, largue et grand largue.

Ancre. Subst. f. Le principal outil d’amarrage du navire au mouillage, et l’ancrage est une science qui fait l’objet de manuels complets. Mais elle a d’autres usages : elle peut servir à déhaler* Il navire, à le tirer d’un échouement, etc. Deux types au moins : l’ancre de bossoir, la plus usitée, fixée à demeure à l’avant ; et l’ancre à jet, plus légère, qui peut être lancée de n’importe quel point du navire. L’ancre de touée* est l’un* ou l’autre, mais souvent une troisième, et sa fonction est de déhaler le navire.

Ancre à jet. Loc. Ancre de moindres dimension» (- de 1 200 kg). Elles sont destinées à procurer des points fixes au fond pour faciliter des opérations de halage, touage ou évitage. Elles sont en général portées en chaloupe au point précis où elles doivent faire leur office.

Ancre flottante. Loc. Pièce de toile, une voile en général, que l’on mouille* pour que le navire la traîne, soit pour le ralentir, soit le forcer à tenir une position par rapport au vent, pour limiter la dérive* que lui impose le vent. Lors d’un combat, lorsque voiles et esp tombent à l’eau, ils forment une ancre flottante handicapante. D’où la nécessité de couper les câbles qui les retiennent. Syn Traînard.

Anglais. Nom pr. L’ennemi par excellence de Royale. Rosbifs est attesté dès 1750, mais on dit plus aisément Goddems ou Ingliches. Voir aussi John Bull*

Anspect. Subst. m. Forte pièce de bois, renforcée de métal, utilisée pour régler le pointage vertical des canons. Par extension, levier.

Antiscorbutique. Subst. m. La nécessité pour les amirautés et les armateurs des compagnies coloniales de ralentir, sinon vaincre, le scorbut devint impérieuse dès la fin du XVI° siècle. La guerre sur mer, le commerce avec les Indes impliquaient des séjours à la mer de plus en plus longs. C’est la Navy qui, vers 1750, commença à employer du jus de lime pour couper l’eau et le rhum servis aux matelots pendant les repas. Voir Scorbut*.

Appareillage. Subst. m. Toutes les manœuvres nécessaires à la sortie du port.

Arack (ou Arak). Subst. m. Liqueur fortement alcoolisée tirée… de ce qu’on trouve sur place : riz, palmier, cactus, canne à sucre (sans le raffinage du rhum), etc. Pas un navire, en effet, n’appareille sans son alambic.

Arbre. Subst. m. Nom familier pour mât, dans l’argot de matelot : l’arbre de mitan (misaine*), le grand arbre (grand mât) et l’arbre de maître (artimon*).

Arc-boutant. Subst. m. Espar servant de bout-dehors à une vergue lorsque l’on veut y fixer des bonnettes. De martingale : espar placé verticalement au-dessous du beaupré et destiné à maintenir les martingales.

Arcasse. Subst. f. Charpente en arc de la poupe, reposant sur les estains*, assemblée perpendiculairement à la quille, sur l’étambot*. Son tracé est souvent particulier à chaque navire.

Ariser. Verbe t. Prendre un ris* dans une voile, c’est-à-dire diminuer la toile prenant le vent.

Armement. Subst. m. Ensemble des matériels non solidaires de la coque et de la mâture elles-mêmes, mais indispensables à la bonne marche du navire, des denrées alimentaires aux armes, en passant par la drome*, les manœuvres*, etc. Le terme inclus les hommes nécessaires à la marche du navire.

Armer. Verbe t. 1. Doter un navire, une embarcation, un outil des hommes nécessaires à son emploi. 2. Assujettir une pièce fixe au navire : Armer les fémelots* au safran* : les souder. Gréer* au contraire implique une fixation temporaire.

Arrimage. Subst. m. L’art et la manière de ranger avitaillement* et réserves (ou cargaison pour un commerce) est la responsabilité du maître d’équipage, mais nombreux sont ceux qui regardent par-dessus son épaule, du commissaire au capitaine, tant la chose est d’importance. La sécurité d’abord, mais aussi la marche harmonieuse du navire en dépendent.

Arrimer. Verbe t. Ranger la cargaison dans la cale d’un navire, et donc la répartir de façon à préserver son équilibre et son assiette* sur l’eau.

Arriver (laisser). Verbe t. Tourner la barre pour diriger le navire dans le sens du vent. On dit aussi Laisser porter Le contraire d’Amener*.

Arrondir. Verbe l. Passer au large d’un obstacle, en le contournant pour retrouver ensuite son cap. (Voir aussi Doubler*.)

Artimon. Subst. m. Mât placé devant le gouvernail et en arrière du grand mât. On dit aussi familièrement arbre* de dunette, ou de maître.

Assiette. Subst. f. Position d’équilibre du navire « assis » sur l’eau. Elle dépend de son architecture, évidemment, mais aussi de la répartition de sa cargaison. C’est ce sens qu’utilise l’expression « Ne pas être dans son assiette ».

Atterrage. Subst. m. Mouillage où l’on peut toucher terre, y prendre pied.

Atterrissage. Subst. m. Être en vue de la terre, si possible à l’endroit où on l’avait souhaité. Apercevoir son atterrage*. Le verbe Atterrir est aussi employé dans le sens de venir en vue de la terre.

Au vent. Loc. Désigne le côté d’où souffle le vent. Opposé à Sous* le vent.

Aurique. Adj. Gréement dont les voiles ont quatre côtés non égaux et reçoivent le vent toujours sur le même bord d’attaque : le guindant*. Ces voiles sont portées en haut par une corne*, en bas par une bôme*. Par distinction avec le gréement carré*.

Aussière (ou Haussière). Subst. f. 1. Gros cordage servant au haleur à touer* ou amarrer* à partir du pont. Son diamètre est d’environ 12 cm. 2. Manière de toronner un cordage, plus solide que la manière ordinaire.

Aviron. Subst. m. Composé d’une poignée, d’un manche passé dans un tolet*, une dame* de nage ou une simple estrope*, et enfin de la pelle, dite aussi pale ou plat. Il peut être manipulé par un seul homme agissant avec deux avirons des deux bords, ou par plusieurs agissant seul ou à plusieurs sur chaque aviron. L’emploi d’un seul aviron pour une propulsion arrière (par un mouvement hélicoïdal) s’appelle la godille*.

Aviso. Subst. m. Petit bâtiment servant de lien entre les navires d’une escadre, généralement un cotre* ou une goélette*. En langage courant, familier, on dit une mouche.

Avitailler. Verbe, t. Accomplir lors d’une escale les opérations d’approvisionnement en vivres et eau surtout, mais aussi en divers matériels nécessaires â la vie à bord. L’opération s’appelle ravitaillement.

b

Bâbord. Subst. m. Le côté gauche du navire quand on regarde vers l’avant, dos au gouvernail. Opposé à Tribord*.

Bâbordais. Subst. m. Matelot ayant son hamac à bâbord, faisant partie du quart bâbord, servant une pièce de bâbord.

Bachot. Subst. m. Canot grossier et rudimentaire. Mauvais navire.

Baguette. Subst. f. Accessoire de fusilier destiné à tasser au fond de l’âme charge, bourre et balle (voir cartouche*). Pour le canonnier, on parle de Refouloir.

Baille. Subst. f. 1. Baquet de bois servant à divers usages. La baille de combat est le baquet d’eau près des canons qui, pendant la bataille, remplit plusieurs usages : tenir les boutefeux* hors d’état d’incendier le navire, mouiller l’éponge qui refroidit la gueule des pièces, éteindre un départ de feu. Voir Caque*.             2. Terme dépréciatif pour désigner un mauvais navire.

Bande. Subst. f. Inclinaison transversale que prend un navire sous l’effet du vent ou de la houle, ou lorsque la cargaison est mal arrimée*. Donner de la bande, c’est s’incliner sur un bord.

Banian. Subst. m. Culotte large à mi-mollets cousue par les marins pour un usage quotidien, en général dans de la toile à voile, du drap grossier ou du droguet*, retenue aux hanches par des cordons, voire des cordages, plutôt que par boutons ou des crochets.

Bannette. Subst. f. Cadre plat garni d’un matelas, elle est suspendue à un barrot et permet de garder le couchage horizontal quand le navire tangue ou roule. Un hamac* plat en bois, en somme, réservé aux officiers supérieurs, sinon au seul capitaine.

Barbette. Subst. f. Batterie* découverte du pont supérieur.

Bargue. Subst. f. Espar* monté en mât de charge, ou en flèche de charge, destiné à haler les charges lourdes à bord. Syn : Bigue* (plus puissante)

Baromètre. Subst. m. Instrument de mesure de la pression atmosphérique. Son principe découle de l’expérience de Torricelli (physicien italien 1608-1647) en 1643. Il consiste en deux tubes de verre dont l’un est gradué. Ils sont enchâssés l’un dans l’autre, contenant du mercure dont le volume varie selon la pression atmosphérique.

Barque. Subst. f. 1. Bateau non ponté (ou à demi-pont) comptant un ou deux mâts, et réservé aux activités non militaires (pêche, cabotage-). 2. Définit un navire à gréement carré* dont le mât d’artimon* porte une voilure aurique* : un trois-mâts barque.

Barre (1). Subst. f. Partie visible de l’appareil à gouverner. La barre franche est, sur les petites embarcations, un simple espar* qui prolonge le safran*. Sur les navires, la barre à roue* actionne les drosses* qui actionnent le safran. Syn : Timon*.

Barre (2). Subst. f. Vague qui déferle sur les hauts-fonds devant une côte. Elle constitue l’une des principales difficultés quand on veut quitter certains rivages à bord d’un canot, d’où l’expression passer la barre.

Barrot. Subst. m. 1. Poutrelle transversale qui se fixe sur les membrures* et soutient le bordage*. Par extension, toute poutre horizontale.

Basse-cour. Subst. f. Si l’amirauté fournit aux navires de guerre le « sec », les budgets de nourriture fraîche sont particulièrement drastiques, et les conditions de conservations difficiles. Le plus simple est donc de l’emporter sur pied… Les officiers supérieurs, le carré, l’équipage même ont le droit de payer de leurs deniers les extras de bouche. C’est donc quelquefois une véritable ferme qui embarque sur un navire en partance, du bœuf au poussin en passant par toute la variété de la basse-cour : cochons, moutons, oies, canards… Certains animaux « fabricant » de produits consommables sauvent leur tête plus longtemps (poules pour les œufs, chèvres pour le lait…). Une exception notable : le lapin, rigoureusement interdit à bord. Le rongeur invétéré risquant de créer… des voies d’eau.

Bastingage. Subst. m. Coffre, caissons ou simples sacs de grosse toile, renforcés et disposés autour du pont supérieur, et destinés à ranger les hamacs. Pendant un combat, ils servent de protection sous le feu de l’ennemi (voir Branle-bas*).

Batayole. Subst. f. Sorte de balustre, montant vertical soutenant la lisse* des superstructures de poupe (dunette*) et de proue (gaillard*). Syn : Chandelier.

Batterie. Subst. f. Ensemble des pièces à feu d’un navire de guerre, que l’on peut diviser en batterie bâbord ou tribord, barbette (découverte sur le pont supérieur), couverte (dans les entreponts), ou basse (la plus basse, donc). Quelquefois l’état de la mer peut empêcher d’ouvrir les bas sabords de peur d’embarquer de l’eau.

Bau. Subst. m. Poutre traversière principale, au-dessus de chaque couple*, qui maintient l’écartement des murailles* et soutient les bordages*. Le maître-bau est le plus large, celui qui donne donc la largeur hors bordages du navire. Syn. Barrot* (moins épais, servant à l’aménagement des entreponts mais contribuant aussi à la solidité).

Beaupré. Subst. m. Mât incliné vers l’avant quasiment à l’horizontale, au-dessus de la proue et la prolongeant. Il est soutenu par ses guibres* au-dessus (le plus souvent) de la figure de proue. Quand on parle d’un bâtiment à un, deux ou trois mâts, on ne fait pas mention du beaupré.

Béjaune. Subst. m. Naïf, débutant, blanc-bec, bleu…

Ber. Subst. m. Support de bois et de cordages bâti en forme de berceau, sur lequel repose un navire en construction ou en réparation, et qui glisse avec lui, lors du lancement à la mer.

Bernacle. Subst. m. Nom populaire de l’anatife, un coquillage qui s’accroche aux objets flottants en mer. L’anatife n’est pas le seul, il n’est que le plus fréquent. Toutefois, Bernacle désigne tous les coquillages adoptant ce comportement. Des algues s’y prennent, y poussent, le tout étant extrêmement préjudiciable à la marche du navire.

Biffin. Subst. m. À l’origine, le mot désigne un chiffonnier. Mais il prend dans l’armée le sens de « fantassin », et donc dans la marine, c’est l’insulte suprême. Un biffin ou un marche-à-terre est la lie des équipages.

Bigue. Subst. f. Ensemble de palans, gréés entre deux mâts, formant une grue capable de soutenir de lourdes charges. Syn : Bargue* (moins puissante)

Biscaïen. Subst. m. 1. Petit boulet d’une livre ou moins, dont l’on charge les caronades ou les mousquets, à partir du début du XVIII° siècle. C’est à partir du XIX° que l’on parle de chevrotine. 2. Basque, c’est alors Biscayen.

Bishop. Subst. m. Rhum mélangé à de l’eau bouillante où macèrent des piments. Costaud…

Bitord. Subst. m. Cordage fin composé de deux ou trois fils simples retordus ensemble. Plus fin qu’un toron*, il n’est donc pas tressé, au contraire d’une garcette*. Un terrien dirait ficelle.

Bitte. Subst. f. Grosse cheville de bois sur laquelle sont enroulées les câbles d’amarrage du navire. L’extension du mot à la borne d’amarrage du quai ne s’est faite que dans la deuxième moitié du XIX° siècle.

Bitton. Subst. m. Cheville de bois amovible fichée dans des trous ménagés dans le plat-bord, la base des mâts ou des enfléchures. Il sert à arrimer les cordages de la voilure.

Bitture (biture). Subst. f. Longueur de câble (ou de chaîne) élongée sur le pont et qui file avec l’ancre lors du mouillage. Le mot s’est répandu à terre dans la deuxième moitié du XIX* pour parler d’une cuite alcoolisée et systématique. Mais l’expression de marine Prendre une biture existait auparavant dans ce sens chez les marins, faisant probablement référence à une longueur définie de flacons allongée sur un comptoir et réputée nécessaire au marin pour le mettre en état de tirer sa bordée.

Bôme Subst. f. Espar maintenant la bordure inférieure d’une voile aurique à corne*. On dit plutôt le gui* pour les navires.

Bonnette. Subst. f. 1. Voile carrée, légère, que l’on ajoute en saillie de la voilure, à l’aide des bouts-dehors*, pour améliorer la marche quand le vent le permet. 2. La plus fine des toiles à voile.

Bord. Subst. m. Le mot désigne d’abord l’extrémité supérieure de chaque planche de la coque (bordage*), puis par métonymie chaque côté du navire, se spécialisant en bâbord et tribord. Puis le mot désigne l’ensemble du navire, comme dans monter à bord. Les divers emplois coexistant dans le langage maritime, avec des dérivés et des sens argotiques, il s’ensuit quelquefois des confusions.

Bordage. Subst. m. Planche épaisse de construction navale, servant à la fois : 1) à former le revêtement extérieur de la coque d’un navire. Ils sont alors divisé en virures* et doublés par un vaigrage*. 2) À former le revêtement supérieur des ponts d’un navire, recouvrant alors la rangée de barrots* d’une membrure*.

Bordé. Subst. m. Chacune des planches épaisses du bordage*.

Bordée (1). Subst. f. 1. À la manœuvre : part de l’équipage suffisante pour prendre le quart (bordée du bas : au repos ; bordée du haut : à la manœuvre). 2. Au combat : partie de l’équipage chargée du maniement de l’artillerie, répartie par bord (bordée de tribord ou tribordais, bordée de bâbord ou bâbordais).

Bordée (2). Subst. f. La salve des canons de l’un des côtés du navire. On dit aussi la volée.

Bordées (tirer des). Loc 1. Louvoyer, faire passer l’étrave d’un côté et de l’autre d’un vent debout, pour remonter au vent. 2. Familièrement, le parcours chaotique et alcoolisé des marins en goguette à l’escale, d’un bord à l’autre de la rue de la Soif. On dit aussi « virer* une biture* ».

Border. Verbe t. Mettre une voile au vent. Haler sur l’écoute* d’une voile, pour la rider*. Border à joindre signifie que le bas de la voile supérieure touche la vergue de la voile du dessous. Border à plat, c’est rider la ralingue* vers l’arrière du bâtiment lorsque le navire est au plus près.

Bornage. Subst. m. Navigation côtière faite par des navires de moins de 25 tonnes dans un rayon de 15 lieues autour de leur port d’attache.

Bosco. Subst. m. Familier pour major, premier officier marinier qui commande la manœuvre des voiles depuis le pont.

Bosse. Subst. f. Cordage présentant un nœud. La bosse libre est un cordage de faible dimension, dont l’une des extrémités présente un nœud libre. On la passe autour d’un objet pour avoir une prise plus sûre. La bosse d’amarrage est fixée sur l’avant d’un canot. La bosse de ris* est une garcette* nouée, point de saisie cousu dans la couture de chaque laize* pour relever la voile. On dit aussi Bosser pour « fixer par un nœud », et Embosser* pour « amarrer solidement ».

Bossoir. Subst. m. Pièce de bois fixe, saillante (on dit qu’elle « déborde ») et couplée le plus souvent, constituant un point d’appui pour affaler*, mouiller* depuis le pont. Les bossoirs d’ancre ont une forme particulière permettant de caponner* l’ancre. Les bossoirs de poupe permettent de maintenir un gros canot hors d’eau pendant que le navire fait route, etc. En argot, si la dame a de jolis bossoirs, c’est qu’elle a une poitrine avantageuse.

Bouchain. Subst. m. Partie arrondie de la coque comprise entre les fonds (courbes) et la muraille* (droite), au-dessous de la ligne de flottaison.

Boucon. Subst. m. Mets ou breuvage empoisonné. Souvent employé au sens imagé pour qualifier un mauvais mets ou breuvage.

Boudin. Subst. m. Protection oblongue, faite de toile à voile, emplie d’étoupe et de charpie compressées qui est gréée aux hunes pour la protection des fusiliers perchés là pendant les combats.

Boujaron. Subst. m. Ustensile à boire muni d’une anse. D’une contenance de 25 cl, il sert aussi de mesure. Syn : Moque*.

Boulet. Subst. m. Leur poids varie d’une demi-livre (le biscalen*) à trente-six livres, soit de 225 grammes à plus de seize kilos. Le boulet ramé est sciée en deux puis chaque moitié est soudée à une traverse de fer, on l’utilise pour accroître les dégâts, humains et matériels, lorsque l’on tire sur les ponts. Le boulet chaîné est scié de même mais ses moitiés sont soudées à une chaîne, utilisé pour briser les gréements et désemparer le navire ennemi. Les bombes sont des boulets creux de gros calibres, porteurs d’une charge à retardement qui explose une fois sur l’objectif (voir Galiote*). Les boulets rouges sont chauffés au rouge avant d’être projetés et mettent le feu au navire touché (uniquement utilisés par les défenses côtières).

Bouline. Subst. f. Cordage (cargue*) amarré par le milieu de chaque côté d’une voile carrée pour lui faire prendre le vent venu par le travers*. Par métonymie d’usage courant, la voile ainsi placée. On utilise aussi les boulines (voiles et/ ou cordage) par gros temps, d’où le mot de boulinier* qualifiant un navire pour son bon comportement par temps difficile.

Bouliner. Verbe, t. Jouer sur les boulines* c’est-à-dire ouvrir, par un vent du travers*, une voile carrée pour qu’elle le prenne le plus possible.

Boulinier. Subst. m. Se dit d’un navire qui se comporte bien dans des circonstances difficiles. Il remonte bien au vent, il est aisé à manœuvrer par gros temps, etc.

Boutefeu. Subst. m. Bâton de bois garni d’une mèche à combustion lente (une étoupille*) à l’une de ses extrémités, que l’on enflamme pendant la bataille et qui permet de mettre le feu à la lumière* du canon.

Boute-hors. Subst. m. Espar ajouté pour prolonger une vergue* afin d’établir des voiles en saillie (les bonnettes*) à l’extérieur de la voilure ordinaire. Sur certains navires, le boute-hors de foc est posé à demeure en prolongement du beaupré*, et permet d’établir les focs. Par altération orthographique, on écrit plutôt bout-dehors à partir du milieu du XVIII°.

Bouteilles. Subst. f. p. Retranchement en saillie à la poupe de certains vaisseaux du XVII pour servir de latrines aux officiers supérieurs, le mot est resté pour désigner les bonbonnes de terre cuite placées dans un réduit à l’arrière des navires du XVIII° pour le même usage. Il est curieux de constater que l’emploi de ce mot pour désigner les lieux d’aisances reste d’actualité dans la marine de guerre moderne du XXI°. Syn : latrines*, souillarde*, poulaine*.

Bragues. Subst. f. p. Elles vont par deux. Forts cordages, ou chaînes, qui maintiennent le canon au bordage au moment du tir, pour en borner le recul. Elles servent aussi au pointage (visée) horizontal de la pièce.

Brai. Subst. m. Mélange pâteux et noirâtre de suif* animal, de résidus de distillation du goudron et d’autres matières organiques. Il sert au nettoyage de la carène du navire, de liant au calfat et à certaines peintures. On dit aussi Suif noir.

Branle. Subst. m. Sac de toile suspendu aux barrots de l’entrepont par ses deux extrémités et servant au couchage des matelots (Hamac*). Ils sont remisés dans des filets, ou des bastingages, pendant le combat (Voir Branle-bas*). Syn : Hamac*, havresac.

Branle-bas. Subst. m. Manœuvre consistant à plier ou déplier les branles (hamacs*) au moment du coucher et du lever des quarts d’équipage. Le branle-bas de combat consiste à transformer le navire pour en faire, d’un lieu de vie bondé, une batterie flottante et manœuvrante aussi efficace que possible. Parmi les actions pour ce faire, deux sont essentielles : abattre toutes les cloisons amovibles des ponts, et mettre les hamacs dans les bastingages* où ils servent de protection pendant le combat, comme les sacs de sable de l’infanterie.

Bras. Subst. m. Manœuvre* (cordage) servant à orienter un espar, et notamment à faire se mouvoir les vergues autour du mât qui les porte. Voir écoute*.

Brasse. Subst. f. Mesure de profondeur surtout, équivalente à cinq pieds, soit 1 mètre 60.

Brasser. Verbe, t. Orienter un espar* en agissant sur son (ou ses) bras*. Brasser carré signifie positionner cet espar à angle droit avec la quille, brasser en pointe, parallèle à cette quille. Syn : Brasseyer.

Brasseyage. Subst. m. Opération consistant à orienter les vergues. On écrit aussi Brassiage

Brigantin. Subst. m. Bâtiment à deux mâts, au grand mât incliné vers l’arrière, gréant des huniers carrés, généralement bas sur l’eau. Armé en guerre, c’est un vaisseau de cinquième rang, portant huit à vingt canons, 50 à 100 hommes. Syn : Brick.

Brigantine. Subst. f. Voile trapézoïdale gréée en arrière du mât d’artimon* sur une corne* (en haut) et une bôme* (en bas). C’est la voile la plus à l’arrière du navire. C’est souvent sur la corne de brigantine que sont hissées les couleurs*.

Brimbale. Subst. f. Levier sur lequel on pèse pour actionner le piston d’une pompe à eau. Par métonymie, on parle des brimbales pour désigner les pompes. En argot, Brimbaler signifie « copuler ».

Brion. Subst. m. Pièce de bois doublée de métal faisant la jonction entre l’étrave et la quille, sous la proue du navire. Dans les calculs d’assiette* au moment de l’arrimage, on oppose le cul au brion.

Brique. Subst. f. Pierre de grès fin servant à récurer (briquer*) les ponts, plats-bords et mâts.

Briquer. Verbe, t. Passer la brique*, nettoyer.

Brise. Subst. f. Vent maniable, permettant de manœuvrer le navire. Les écarts de température entre terre et mer font qu’un vent maniable s’établit le soir du large vers la côte (brise de mer) et le matin de la côte vers le large (brise de terre).

Brûlot. Subst. m. Bâtiment enflammé pour brûler les navires ennemis en se dépalant* vers eux. La tactique française de combat naval, autour de 1750, fit grand cas de ces bâtiments « kamikazes », au point de créer un grade de lieutenant, puis de capitaine de brûlot. Mais l’évolution de l’artillerie embarquée les rendra obsolètes.

Bugalet. Subst. m. Navire de servitude à deux mâts, généralement employé au transport et au cabotage. Dans les ports d’avitaillement, ces barques solides et manœuvrières sont idéales pour le transport d’eau douce.

But-en-blanc. Loc. Artil. Les deux points où la trajectoire du boulet croise la ligne de mire. L’un est très près de la bouche du canon et l’autre est au point où la courbe de la trajectoire retombe. Évidemment, si la cible est à l’un ou l’autre des buts-en-blanc, le tir fait mouche pile sur le point visé.

c

Caban. Subst. m. Capote courte de marine en toile goudronnée pourvue d’un large col rabattable pour parer les embruns. S’il est pourvu d’un capuchon, on parle de magellan*. Syn : Tourmentin*.

Cabestan. Subst. m. Treuil lourd à tambour horizontal, placé en général sur le pont supérieur, et muni de barres amovibles. Remonter la chaîne d’ancre est sa fonction la plus courante, mais pas la seule. Dans quasiment toutes les marines, virer au cabestan est une activité qui se fait en musique, un air entraînant qui rythme l’effort. Voir aussi Guindeau*.

Cabillot. Subst. m. Cheville de bois amovible fichée dans les râteliers de plat-bord ou de pied de mât. Elles servent à tourner* les manœu­vres courantes (drisses*, écoutes*…). Toucher le cabillot, comme toucher du bois, porte chance.

Cable. Subst. m. Gros cordage. Il est à noter que c’est le vocabulaire de marine qui lui donne définitivement ce sens. Quant à savoir à partir de quel diamètre la ligne* devient câblot et le câblot* accède au rang de câble, la notion varie selon les régions et les époques et probablement au sein d’un même équipage.

Câblot. Subst. m. Petit câble ou grosse ligne, va savoir…

Cabotage. Subst. m. Navigation à petite distance des côtes, passant d’un port à un autre. On l’oppose à la navigation hauturière* et au bornage*.

Cacatois. Subst. m. Voile au-dessus du perroquet. Le grand cacatois sur le grand mât, et le petit cacatois sur le mât de misaine. Ils sont bordés, comme les bonnettes*, par vent maniable.

Cadène. Subst. f. Chaîne fixée au porte-hauban* et destinée à rider* les haubans*.

Caillebotis. Subst. m. Treillis de bois recouvrant une ouverture dans le pont (l’écoutille*). Le plus large d’entre eux, près du grand mât sur le pont supérieur, sert souvent au supplice du fouet administré aux matelots fautifs que l’on lie face contre lui. Syn : Claire-voie.

Calque. Subst. f. Bateau léger à gréement latin dont la poupe et la proue sont également pointues. En usage dans les eaux turques et grecques.

Cale. Subst. f. Espace situé sous le pont inférieur, sous la ligne de flottaison. Elle est divisée verticalement et horizontalement pour ménager des espaces spécifiques : soutes diverses (aux câbles, à poudre, aux biscuits, à eau…) coqueron*, sentine*, etc. On y entrepose, soigneusement arrimée*, la majeure partie des équipements nécessaires à la vie à bord. Le supplice de la cale : Navire à la cape, la victime est liée par les pieds à une basse vergue. On la laisse choir brutalement dans la mer, elle est laissée « un certain temps » sous la surface, puis remontée pour recommencer l’opération un nombre de fois plus ou moins grand, fonction de la gravité de la faute. Plus de dix « plongées » peut être mortel.

Caler. Verbe t. Estimer, mesurer, donner la profondeur du tirant* d’eau d’un navire.

Calfat. Subst. m. L’homme qui fait le travail de rendre étanches les pont et la coque (qu’il soit marin à bord ou ouvrier de radoub à terre) à l’aide d’un mélange d’étoupe* et de goudron servant à calfater*, mélange appelé aussi Calfat.

Calfatage. Subst. m. Mélange d’étoupe et de goudron chauffé puis coulé entre les bordages du pont ou de la coque pour rendre étanches les jointures. Ce n’est qu’à partir de 1832 qu’il a pris la valeur d’un substantif d’action et que l’on commence à dire « calfatage » au lieu de « réfection du calfatage ».

Calfater. Verbe t. Garnir les interstices et les joints entre les bordages* de calfatage* pour assurer l’étanchéité de la coque ou du pont.

Calibre. Subst. m. Celui des canons de marine, de six à quarante-deux, est défini non pas par le diamètre des boulets mais par leur poids exprimé en livres. Une pièce de dix-huit projette donc des boulets de dix-huit livres, soit un peu moins de neuf kilos.

Calier. Subst. m. Assumant l’une de nombreuses fonctions accessoires de matelot, le calier assiste le commissaire ou le maître d’équipage pour l’arrimage* des cales, soit qu’il soit plus fort que d’autres, soit qu’il ait un sens plus sûr du rangement.

Caliorne. Subst. f. Grosse poulie*. Opposé à Pouliot*.

Cambuse. Subst. f. Magasin dans lequel sont arrimés les provisions de bouche. Le sens en français de « cuisine du bord », malgré l’histoire du mot, est plus tardif et ne s’impose que vers 1815. Emprunté au néerlandais Kombuis, qui désignait sur les premières nefs (vers 1350-1400) l’endroit sur le pont supérieur où l’on pouvait faire du feu. Au XVIII°, on dit encore la Coquerie*.

Canon. Subst. m. Plusieurs types et calibres, ils pointent leur gueule par les sabords* sur un, deux, trois voire quatre ponts. Lourds, extrêmement bruyants et produisant une fumée acre et dense, ils ne bénéficient d’aucun système de visée sinon le savoir-faire du maître de pièce (anspects* pour la hauteur, bragues* pour le balayage latéral). Le chargement par la gueule impose un déplacement de deux tonnes et demi d’acier (pour les plus lourds embarques) entre chaque tir. On compte un homme pont 250 kg, soit dix par pièces de vingt-quatre. Le canon de chasse est la pièce pointée vers l’avant, mise en batterie barbette au gaillard d’avant sur la plupart des navires en dehors de ceux de premier et deuxième rang, où des sabords sont ménagés dans l’étrave haute. Le canon de retraite est la pièce pointée vers l’arrière, mise en batterie dans les sabords de poupe (dits sabords d’arcasse).

Canot. Subst. m. Toute embarcation légère non pontée (ou semi-pontée) pourvue d’un gouvernail. Plusieurs types de canot sont embarqués à bord d’un navire de guerre. Leur nombre et leur type dépendent évidemment de la taille du navire : canot major ou d’apparat, chaloupe, gigue (ou guigue), yole, cotre, etc. Le canot major, ou d’apparat, est destiné au service du capitaine, et quelquefois des officiers. Pouvant porter huit à dix nageurs et pourvu d’une chambre à la poupe, il est plus ou moins décoré selon la bourse du capitaine.

Cape (mettre à la). Loc. Donner au navire un cap et une orientation des voiles tels qu’il n’avance pas. La cape courante signifie qu’il avance à vitesse extrêmement réduite. C’est aussi l’allure adoptée par gros temps, travers à la lame pour éviter de prendre un coup de mer dangereux.

Capeler. Verbe t. Entourer d’une boucle de cordage, ou d’une estrope*, l’extrémité d’un espar*.

Capeyer. Verbe t. Être à la cape*, faire du sur place ou avancer à très faible erre. Allure adoptée notamment par gros temps. On dit aussi Capéer.

Capon. Subst. m. Dernier câble amarré à l’organeau* d’ancre, et lové* dans le logement de route de cette dernière, la gatte*. On dit Caponner l’ancre pour « ranger l’ancre ».

Capot. Subst. m. Pièce de bois fermant une écoutille.

Caprerie. Subst. f. Familièrement, pratique de la course* en corsaire*.

Caque. Subst. f. Baril de harengs salés. Tous les emplois péjoratifs possibles pour un vil contenant, voir Baille*. Donne aussi le proverbe : La caque sent toujours le hareng : quel que soit le rang atteint, l’origine transparaît toujours (Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre).

Caraque. Subst. f. Navire portugais du XV° siècle, assurant le commerce avec le Brésil et les Indes Orientales. Le terme reste longtemps en usage pour désigner un lourd navire au commerce.

Cardan. Subst. m. Système de suspension à axe longitudinal et latéral, permettant à une lampe, un foyer de coquerie, un compas de route, une bannette… de rester à l’horizontale malgré les mouvements du navire.

Carène. Subst. f. Partie immergée de la coque, située sous la ligne de flottaison, souvent opposée à la muraille* (voir aussi âuvres*). Rarement dans la Royale, plus souvent dans la Navy, la carène est doublée de cuivre. Le supplice de la carène : particulièrement cruel, il consiste à lier la victime aux bras et aux jambes et à la faire passer sous le navire, de la proue à la poupe. On hale le supplicié de la poupe en veillant à la tension des cordages de manière à le maintenir contre la carène tout au long du bâtiment. Soit l’homme se noie, soit il est irrémédiablement estropié par les coquillages tranchants.

Caret. Subst. m. Dévidoir permettant aux cordiers de produire un fil brut à partir de chanvre, ou d’autres fibres naturelles (abaca*, lin…). Après filature, c’est le fil de caret qui sert de matière première à la fabrication des cordages de tous types.

Cargue. Subst. f. Cordage courant du haut en bas des voiles trop grandes pour carguer* la voile à bras, et servant à l’étouffer, limiter sa prise au vent. Le Cargue-fond sert à remonter la bordure d’une voile carrée contre sa vergue. Le Cargue-point sert à remonter le point* d’écoute ou d’amure d’une voile carrée contre sa vergue.

Carguer. Verbe t. Replier une voile pour la ferler* sur sa vergue*. On peut carguer à bras, pour les voiles dont la taille le permet, ou à l’aide des cargues*. Syn : Étouffer. Ne pas confondre avec Ariser*.

Carlingue. Subst. f. Poutre longitudinale servant à renforcer la quille à l’intérieur de la coque. Elle est placée au-dessus des varangues*, parallèlement à la quille. Dessus prennent appui les épontilles*.

Caronade. Subst. f. Canon court, trapu, généralement de batterie barbette*. Si sa portée est moitié moindre que celle d’une pièce longue ordinaire, elle projette des boulets plus lourds et de plus fort calibre et elle est à la fois plus facile à manipuler, plus rapide et plus précise, ayant moins de recul et étant pourvue à partir de 1780 d’une molette de visée. Particulièrement meurtrière à courte portée, elle peut être redoutable, chargée à mitraille, contre les ponts d’abordage. On parle de flasque, plutôt que de cul, pour l’arrière d’une caronade.

Carotte. Subst. f. Cylindre de cuivre, pourvu à son extrémité d’un gros boulon. Elles traversent les membrures* de part en part et servent à assembler la coque.

Carré (1). Adj. Se dit d’un gréement dont les voiles sont trapézoïdales et établies sur des vergues, par distinction avec le gréement aurique*.

Carré (2). Subst. m. Salon, pièce à vivre d’un navire. Par métonymie, le « carré » utilisé sans autre précision désigne les officiers (du lieutenant en second au commis) et leur lieu de vie. Sur les gros vaisseaux, il y a le carré des officiers, celui des cadets, celui de la maistrance*.

Carrée. Subst. f. Familier pour désigner le lieu de vie d’une bordée* de matelots.

Cartahu. Subst. m. Fort cordage libre, gréé en bout de vergue, terminé par un œillet à boucle, une estrope* ou une demi poulie qui sert à haler (hisser), ou affaler (descendre) une charge ou un objet du quai au pont, ou du pont à la hune*. La pantoire*, cordage du même type, sert elle à la manoeuvre.

Cartouche. Subst. f. Comme le canonnier à sa gargousse*, le fusilier a sa cartouche, petite poche de papier dans laquelle la poudre d’un tir est pré-pesée. Il la mord pour la déchirer, fait couler son contenu dans le canon. Puis il ajoute la bourre, puis la balle (en la crachant souvent, puisqu’il l’a dans la bouche pour libérer ses mains) et tasse le tout de sa baguette.

Casernet. Subst. m. Ou livre de bord. Le capitaine, ou son secrétaire, y porte jour après jour la position du navire, la distance parcourue depuis la veille, les conditions météorologiques, les rencontres et/ou combats éventuels, les denrées et passagers embarqués ou débarqués à l’escale, l’heure des événements notables, l’état des vivres, et tout ce qui a une influence sur la marche du navire.

Casse-tête (filet de). Loc. Grand filet tendu horizontalement au-dessus du gaillard d’arrière pour garantir la dunette et la timonerie des pièces de gréement qui tomberaient des mâts, pendant la bataille.

Chaînes (de revers). Loc. Gréées au bout des vergues avant un combat, elles restreignent la chute sur le pont (et la tête des matelots) des espars principaux, et elles limitent le passage par-dessus bord d’un matériel précieux dans une longue croisière.

Chaise de gabier. Loc. Siège de corde (quelquefois simplement un gros nœud) gréé au bossoir pour faire monter (ou descendre) un homme le long de la muraille, de façon à le faire passer du canot à bord (ou l’inverse). En général des terriens, les marins mettant un point d’honneur à monter sans cette aide honteuse.

Chaloupe. Subst. f. Canot assez grand pour embarquer une trentaine d’hommes (elle peut atteindre un dizaine de mètres). Elle est mue le plus souvent à la voile (un mât, un beaupré) mais elle peut l’être aussi aux avirons. Elle est utilisée pour les raids à terre, comme allège* ou canot de sauvetage.

Chambre. Subst. f. Pièce ménagée dans les entreponts La grand-chambre est réservée au capitaine. Ici navires de premier et deuxième rang en possèdent plusieurs, dont une chambre de réception où l’amiral réunit ses capitaines. Celles des navires de sixième rang possèdent des parois amovibles pour dégager les ponts inférieurs pendant le combat. La chambre de veille se trouve généralement derrière la timonerie, sous la dunette et contient cartes et matériel de traçage, compas répétiteur, horloges, baromètres et autres matériels de navigation. À sa porte, le banc de quart sur lequel l’officier veille pendant son quart.

Chape. Subst. f. Deux pièces de bois réunies par un (des) axe(s) autour duquel (desquels) tournent le(s) réa(s). Un seul axe et un seul réa forment une poulie, deux (ou plus) axes et deux (ou plus) réas forment une moufle*.

Chapelle (faire). Loc. Le moment où la vague venue de l’arrière rattrape le navire et submerge le gaillard d’arrière. Elle peut dépaler* le navire d’un coté ou de l’autre, qui présente alors son travers à la lame suivante, position très dangereuse, qui peut le faire chavirer.

Charançon. Subst. m. Désigne à la fois le coléoptère nuisible parasite des céréales (épeautre, blé, riz…) de la famille des curculionidés ; et sa larve, compagne fidèle du matelot, hôtesse des biscuits de marin dès le dixième jour de mer, au point qu’il est considéré comme un apport protidique bienvenu.

Charge. Subst. f. Quantité de poudre tassée dans l’âme du canon (ou du mousquet). La charge détermine la puissance et la portée du tir. Elle est pré-mesurée dans les gargousses* pour le canon, dans des cartouches* pour les mousquets* ou les pistolets*.

Charpie. Subst. f. Amas de fils permettant de faire des pansements. Au XVIII°, le mot est réservé à la médecine.

Chasse. Subst. f. Situation dans laquelle deux navires (au moins) se poursuivent l’un l’autre. Le mot désigne tant la position du chassé que celle du chasseur : tous deux sont en chasse.

Chasse-marée. Subst. m. Navire hauturier de Bretagne, rapide et très manœuvrant, à deux mâts sans hunier* gréant deux voiles au tiers et un ou plusieurs foc(s) sur un court beaupré. Ils servaient le plus souvent à la pêche (Manche, Terre-Neuve, Golfe de Gascogne), mais aussi à la contrebande et… aux douanes.

Château. Subst. f. Superstructure au-dessus du pont supérieur, sur toute la largeur du navire. Cette notion de noblesse, et de bastion, fait que le château désigne souvent la superstructure arrière, appuyée ou traversée par le mât d’artimon* car c’est le domaine réservé des officiers et il abrite, fonction de la taille du bâtiment, les chambres* du capitaine et des officiers supérieurs, celles de navigation ou de réception. Il est ceint du couronnement * et ses fenêtres ouvrent sur le tableau*. Ant : Gaillard*.

Chebek. Subst. m. Ou. Bâtiment maure en usage en Méditerranée, un mât à voilure latine et un bout-dehors sur lequel est gréée un clinfoc. Il peut aussi être mu par une trentaine de rameurs. Pourvu d’une espingole* ou d’une pièce de six, c’est l’une des embarcations préférées des pirates d’Afrique du nord.

Choquer. Verbe t. Ramener, contrarier ou inverser la position naturelle d’une voile, d’un espar, d’une manœuvre. Il s’agit de modifier la voilure et la manière dont elle porte au vent, pour s’arrêter, virer de bord, libérer la tension trop forte sur une voile ou un mât.

Chouquet. Subst. m. Pièce de bois femelle fixée à la tête d’un mât* inférieur dans laquelle vient s’engager l’élongis* du mât supérieur, de manière à en assurer l’axe. Le chouquet de grand-hune maintient le grand mât de hune solidaire du grand mât. (Voir mât*) On utilise aussi Chouque, au féminin.

Chronomètre. Subst.m. Le mot désigne au XVIII° une horloge de marine, ou garde-temps*, essentielle pour la détermination de la longitude par la méthode dite « par la méridienne », qui combine son emploi avec celui du sextant*.

Civadière. Subst. f. 1. Grand vergue de beaupré*. 2. Les voiles carrées qui se gréent au dessous de cet espar : civadière et – sur un vaisseau de bonne taille – contre-civadière.

Claire-voie. Subst. f. Claie de bois croisé recouvrant les ouvertures dans le pont, qui donnent lumière et aération aux chambres. Cernée d’un hiloire*, les claires-voies sont recouvertes d’un capot* par grosse mer. Syn : Caillebotis.

Clavesin. Subst. m. Sur une frégate (ou un navire de taille supérieure) grande pièce ménagée entre la grand-chambre* et les cabines qui donne sur le pont. Elle peut servir au capitaine d’antichambre, de chambre ou encore voir ses cloisons disparaître (pour augmenter la surface de la grand- chambre) ou se multiplier (pour ménager des cabines supplémentaires).

Clin. Subst. m. Disposition dans laquelle les bordages d’une embarcation se chevauchent l’un l’autre, plutôt que d’être bord à bord. La yole* est une embarcation à clins.

Corne. Subst. f. Vergue* oblique destinée à porter une voile aurique, et notamment celle dite ourse d’artimon, pour les vents arrière ou sous le travers*.

Commissaire. Subst. m. Officier marinier chargé de ravitaillement, de la gestion des stocks et de la tenue des comptes d’un navire. Sur les vaisseaux modestes, on parle d’écrivain du bord. Dans la Royale, il rendait ses comptes au commissaire de port, un peu comme un subrécargue* à son armateur.

Compas (1). Subst. m. Boussole de marine, assujettie au pont dans l’habitacle* de timonerie* et montée sur cardans* (on dit ici compas de route). Il comporte une plaque ronde avec la rose* des vents, une flèche non aimantée indiquant le cap et un trait symbolisant la ligne* de foi. Il y a en général au moins deux autres compas (dit répétiteurs), l’un dans la chambre des cartes, l’autre dans la grand-chambre*.

Compas (2). Subst. m. Instrument composé de deux pointes sèches jointes par une charnière, il sert à reporter angles et longueurs sur une carte pour tracer la route* d’un navire.

Connaissement. Subst. m. Liste de ce qui est embarqué à bord, établie par le commissaire* ou l’écrivain du bord et remise au capitaine et/ou à l’armateur. Il y a un connaissement par type de matériel (denrées, armes, outils…) et tous sont réunis dans le manifeste*.

Conserve. Subst. f. Navire dont la route est commune à celui depuis lequel on le désigne.

Coq. Subst. m. Le cuisinier du bord. Même si ce n’est pas une règle stricte, il a en général grade de quartier-maître (maître-coq), voire plus s’il n’y a pas de commissaire* de bord et qu’il sait lire, écrire et compter.

Coquerie. Subst. f. Cuisine du bord. Un lieu très surveillé tant l’utilisation du feu à bord de navires construits de bois, de corde et de goudron est dangereuse.

Coqueron. Subst. m. Compartiment extrême de la cale, à la proue ou à la poupe, que sa disposition rend peu propice au stockage de produits encombrants ou de nécessité quotidienne. Dans certains navires, ils servent de réserves d’eau supplémentaires. Inconfortable mais faciles à aérer par une manche posée sur la gatte d’écubier, le coqueron avant est également utilisé pour mettre aux fers les prisonniers ou les matelots mis aux fers.

Corne. Subst. f. Espar placé en oblique sur un mât et soutenant la partie supérieure d’une voile aurique* dont la partie inférieure est bordée sur la bôme* ou gui*. Les couleurs* sont hissées sur la corne d’artimon, et flottent donc derrière la brigantine*.

Corne à poudre. Subst. f. Flasque de cuir à bec métallique, emplie de poudre. Elle permet d’amorcer les lumières* d’un canon* ou de charger un mousquet en l’absence de cartouche*.

Corsaire. Subst. m. 1. Navire armé en course* pour le compte d’un armateur privé et bénéficiant de lettres de marque (ou de course) délivrées par les autorités maritimes lui donnant le droit d’arraisonner les navires ennemis (de commerce ou de guerre) au bénéfice de l’armateur et pour le bien de la patrie reconnaissante, qui n’omet pas cependant de prendre sa part du butin.                 2. Membre de l’équipage d’un corsaire.

Corvette. Subst. f. Navire armé de sixième classe, entre la frégate* et le brigantin*. trois-mâts portant beaucoup de toile. Syn : Schooner

Cotre. Subst. m. Embarcation à barre franche qui peut être mue à bras, même si elle est pourvue d’un mât pour une grand-voile, quelquefois d’un beaupré pour un foc et une trinquette voire d’une cabine sommaire, il est couramment employé au XVIII° pour la pêche côtière ou la contrebande. Pourvu d’une pièce légère, il sert aux douanes, à la surveillance des côtes.

Cotriade. Subst. f. (ou Chaudrée en Normandie) Soupe de pêcheur bretonne, faite de poissons peu nobles et de pommes de terre, c’est le quotidien sur les côtes de France au XVIII°, de Luçon à Dunkerque.

Couchette. Subst. f. Lit aménagé dans une cabine et solidaire du bordage. C’est-à-dire que, contrairement à une branle* ou à une bannette*, elle est solidaire du navire, et suit donc roulis et tangage. Elles garnissent en général la cabine commune des sous-officiers.

Couleuvrine. Subst. f. À mi-chemin entre un gros fusil et un petit canon, elle est montée sur un axe, sur la dunette*, le gaillard* ou l’avant d’un canot (voire la hune* de grand mât), chargée à mitraille ou à biscaïen* et pointée sur l’ennemi en cas d’abordage. Syn : Espingole, Mousqueton.

Coup de vent. Loc. Mauvais temps soutenu, pas encore tempête, mais qui peut le devenir. La Risée*, elle, ne dure pas.

Coupée. Subst. f. Ouverture pratiquée dans un bord pour y placer une descente, une échelle. L’échelle de coupée (la plus citée mais non la seule) désigne l’ouverture pratiquée dans les lisses et pavois sur les flancs du navire et qui permet de monter â bord par le pont supérieur. Sur les navires de premier rang, à trois ponts et plus, cette ouverture donne sur un pont inférieur, le pont découvert étant trop haut sur l’eau pour permettre un accès aisé.

Couple. Subst. m. Pièce de bois courbe, montant de la quille au plat-bord sur les deux côtés du navire, et sur laquelle sont fixés les bordages*. C’est la série des couples, montée perpendiculairement à l’étrave*, qui définit la ligne des œuvres* vives du navire, donc sa stabilité, sa tenue au vent et à la mer, etc. À couple signifie « Bord à bord ».

Couronnement. Subst. m. Le haut de la poupe à l’arrière de la dunette* ou du gaillard* d’arrière, surmontant le château* de poupe. Par extension, la décoration qui l’agrémente.

Course. Subst. f. Situation d’un navire investi d’une mission de poursuite et de destruction (ou prise) de navires ennemis à sa portée. C’est généralement la mission des navires corsaires*, qui disposent alors de lettres de marque délivrées par les autorités maritimes. On dit aussi Caprerie*. La course accordée aux navires de guerre en récompense s’appelle plus facilement dans ce cas la croisière*.

Coursive. Subst. f. Galerie horizontale de circulation ménagée dans les parties séparées en pièces (cabines ou soutes*) des ponts inférieurs ou des entreponts. Les parois qui la forment sont amovibles sur un bâtiment de guerre.

Couteau. Subst. m. Pas de matelot sans couteau. Il sert à tout à bord : aux épissures, au dîner, aux disputes… Une sorte de griffe rétractile qu’un marin sort à toutes occasion.

Coutelas. Subst. m. Grand couteau de combat à lame droite et garde courte ou inexistante. Tout marin au long cours, commerce ou Royale, en possède un, pour parer à tout aux escales sauvages, même s’il préfère porter au quotidien un simple couteau de travail. On parle aussi de sabre d’abattis (ou d’abattage).

Coutil. Subst. m. Toile croisée et serrée en fil de lin plus ou moins grossier, et plus tard en coton, qui sert à la confection des voiles, mais aussi à celle de la plupart des culottes et pantalons de marin.

Croisière. Subst. f. Activité de recherche d’ennemis ou de proies dans un secteur déterminé de l’espace maritime, et dans le cadre d’une mission précise. Comme on le voit, elle n’a nullement le sens d’aujourd’hui et on ne s’y amuse pas beaucoup.

Cueille. Subst. f. Largeur d’une pièce de toile à voile. Syn. Laize*.

Culée. Subst. f. Recul, s’agissant d’un navire, pas d’un canon.

Culer. Verbe, t. Faire marche arrière, reculer sous l’action du vent, du courant, d’une vague…

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Dalot. Subst. m. Ouverture pratiquée dans le bas du pavois*. Il permet l’évacuation de l’eau (lames, embruns, pluie ou simplement lavage à grande eau). Il en existe sur les ponts inférieurs, calfatés en dehors des corvées de nettoyage, et d’autres encore dont les dalots de la gatte*.

Dame de nage. Subst. f. Creux ménagé dans le plat-bord d’une embarcation et destiné à recevoir les avirons.

Déborder. Verbe t. 1. Littéralement, « dépasser du bord », i.e. en saillie par rapport au corps principal du navire. 2. Quitter, s’éloigner du bordage, pour une embarcation par rapport à une autre.

Déferler. Verbe t. 1. Déployer une ou des voile(s), la (les) libérer de sa vergue. Ant : Ferler*. 2. Se dit d’une vague qui se brise en écumant.

Dégorgeoir. Subst. m. Instrument servant à gratter les résidus de poudre et de bourre dans l’âme du canon. Syn : Tire-bourre.

Dépaler. Verbe t. Être soumis à la dérive, quand le navire est encalminé*, par exemple. S’il y a danger, on dit Drosser*.

Déraper. Verbe t. Dernière manœuvre pour lever l’ancre avant l’appareillage. On dit aussi d’une ancre qu’elle dérape lorsqu’elle « gratte » les fonds sans pouvoir s’y accrocher.

Dérive. Subst. f. Mouvement du navire non désiré, sous l’influence de vents ou de courant gênant la marche qu’il s’est fixée. La dérive existe toujours, plus ou moins importante selon les conditions météorologiques et le navire concerné.

Descente. Subst. f. Escalier sans contremarche pour passer d’un niveau à un autre. En principe, au contraire de l’échelle*, droite, la descente est légèrement penchée pour permettre d’y monter ou d’en descendre sans utiliser les mains… à condition d’être marin évidemment.

Deshaler. Verbe t. Déplacer le navire au moyen de ses amarres ou de cordages (pour le sortir d’un goulet, d’un échouement, etc.). Par extension, progresser avec effort. On n’écrit Déhaler que plus tardivement, vers 1850.

Dévente. Subst. f. Partie de la mer, proche d’une côte, et que cette côte préserve du vent.

Doris. Subst. m. Canot annexe de bateau de pêche, fond plat, non ponté, manœuvré à la godille, que les terre-neuvas utilisaient pour mouiller les lignes de fond.

Doubler. Verbe t. Franchir un point précis repérable, sur la côte. (Voir aussi Arrondir*)

Drague. Subst. f. Gros cordage qu’on laisse traîner derrière le navire. Généralement terminée par un grappin (pour récupérer une ancre), quelquefois d’une manche conique en toile à voile, pour pêcher, si elle est garnie d’un filet, ou faire un prélèvement des fonds. Elle est aussi utilisée comme ancre flottante* pour limiter la dérive ou encore corriger temporairement un défaut de voilure qui le déporte d’un côté ou d’un autre ; ou encore comme traînard* pour ralentir le navire.

Draille. Subst. f. Cordage ridé* en biais entre deux mâts et qui sert de support sur lequel on peut gréer une voile (draille de foc), ou poser une toile en guise de taud* pour abriter la dunette, par exemple.

Drisse. Subst. f. Cordage (voire palan pour les voiles les plus grandes) qui sert à hisser à sa place la vergue gréée de sa voilure, ou la voile elle-même s’il s’agit d’une voile d’étai, ou encore les pavillons ou les signaux. De façon générale, la drisse monte dans le gréement et la drosse* descend vers les œuvres vives.

Droguet. Subst. m. Toile grossière servant à confectionner des vêtements de travail. C’est en général la toile des pauvres.

Drome. Subst. f. Ensemble des pièces de rechange en bois (mâts, espars, avirons…) disposées et/ ou stockées en général sur le pont supérieur.

Drosse. Subst. f. Type de cordage. De façon générale, la drisse* agit en montant dans le gréement et la drosse en descendant vers les œuvres vives. Les drosses de safran sont les cordages (ou chaînes, filins, câbles…) qui relient la roue* de gouvernail au safran, en passant par les palans* de retenue.

Drosser. Verbe t. Être détourné de son cap (par un courant, le vent, l’impossibilité de manœuvrer…) vers un danger : la côte, un récif, un autre navire, le quai, etc. Être drossé à la côte est l’un des périls les plus fréquents qui menacent un bâtiment. Le navire, pris par la brise* de mer, un vent contraire ou un courant sous-marin, est irrémédiablement entraîné vers le rivage… et le naufrage. (Voir aussi Dépaler*)

Dunette. Subst. f. Le pont au-dessus du château*, à l’arrière. C’est aussi quelquefois, sur les vaisseaux imposants à trois ponts, une superstructure venant encore s’ajouter au-dessus du château lui-même.

e

Eau (douce). Subst. f. Elle est évidemment cruciale à bord. Elle sert à boire, on s’en doute, mais aussi à dessaler la viande pour la rendre consommable et c’est là la moitié au moins de son emploi. De plus, malgré les précautions, l’eau se corrompt, devenant en quelques semaines un vrai bouillon de culture. On compte, dans le meilleur des cas, quatre litres par homme et par jour. Autant dire que se laver, soi-même ou ses vêtements, à l’eau douce n’est envisageable que pour quelques privilégiés, lorsque le navire est à pleine réserve et ne doit faire qu’une courte croisière. D’où l’importance des aiguades* pour des navires qui partent pour six mois, voire trois ans pour les baleiniers, par exemple.

Échelle. Subst. f. Escalier droit sans contremarche pour passer d’un niveau à un autre. En principe, au contraire de la descente*, légèrement penchée, l’échelle est droite et ne permet pas d’y monter ou d’en descendre sans utiliser les mains.

Échouage. Subst. m. Mise au sec volontaire (pour radoub, réparations, etc.). La plupart des terriens utilisent ce mot à la place de Échouement.

Échouement. Subst. m. Mise au sec accidentelle. Situation extrêmement dangereuse, même si la coque ou la mâture (un choc sur la quille désolidarise les mâts) n’ont pas subi de dégâts importants, le navire peut être engagé*, coincé sur un récif, un banc de sable, et le ressac ne tarde pas alors à le couler.

Éclisse. Subst. f. Gros éclat de bois, acéré. Les éclisses sont particulièrement dangereuses au cours d’un combat, quand les boulets adverses font voler en éclats la drome*, les mâts, les superstructures ou la muraille*.

Écoute. Subst. f. Cordage servant à orienter une voile et à l’amarrer à ses coins (ou points). Les écoutes des points supérieurs sont fixées aux vergues, celle au vent s’appelle « bras* ».

Écoutille. Subst. f. Ouverture dans un pont, dotée d’une descente* (ou d’une échelle*) fixe, et permettant de passer d’un pont à l’autre. Elle est fermée par un capot* (plein) ou un caillebotis* (ajouré) et bordée d’un hiloire* empêchant le plus gros de l’eau de s’y engouffrer. La plus large est au pied du grand mât, et sert au chargement. La plus fréquentée est celle du gaillard d’avant par laquelle passe l’équipage au changement de quart.

Écoutillon. Subst. m. Petite écoutille permettant le passage d’un homme dans certaines partie» peu accessibles de la cale ou des entreponts.

Écouvillon. Subst. m. Brosse cylindrique garnie de peau de mouton, fixée au bout d’un long manche, et utilisée pour nettoyer ou graisser l’âme des canons (ou de n’importe quelle arme à feu de l’époque). Il est utilisé entre chaque tir (écouvillonner) pour ôter les restes de poudre et de bourre qui pourraient gêner le tir suivant.

Écubier. Subst. m. Chacune des ouvertures ménagées à l’avant du navire, de chaque coté de l’étrave, pour le passage des chaînes d’ancre principalement, mais aussi de câbles d’amarrage ou de touage*.

Élingue. Subst. f. Cordage dont on entoure les fardeaux pour avoir prise sur eux et les soulever. On utilise aussi le verbe Élinguer pour « Entourer un fardeau de cordage pour le soulever », mais aussi pour « Faire courir une élingue d’un point à un autre, en faisant un nœud à chacun des points ». Ainsi les haubans* élingués servent d’échelle vers les haut mâts. Par ex. Cordage, gros filin dont les deux extrémités sont garnies d’une épissure ou de griffes, qui entoure ou agrippe, par en dessous, un corps lourd pour permettre de le charger ou de le décharger à l’aide d’un palan.

Élonger. Verbe t. 1. Longer une côte, un autre navire, approcher par le flanc. 2. (plus récent) Allonger un câble, l’étendre, l’étirer dans le sens de la longueur.

Élongis. Subst. m. 1. Entremise, raidisseur transversal servant à renforcer localement des bordés, sur les ponts ou la coque. 2. Pièce de bois mâle fixée au talon* d’un mât* supérieur venant s’engager dans le chouquet* du mât inférieur, de manière à en assurer l’axe.

Embelle. Subst. f. 1. Partie du pont supérieur comprise entre les gaillards d’avant et d’arrière. On dit plus facilement tillac* pour un commerce. 2. Amarre tirant par le travers du navire.

Embosser. Verbe t. Amarrer fortement, avec l’idée de contraindre. Voir Bosse*.

Embosser (s’). Verbe int. Amarrer ensemble deux navires par des embossures*.

Embossure. Subst. f. Solide nœud fait sur une amarre.

Embouquer. Verbe t. S’engager dans une passe étroite : un chenal, un goulet, un estuaire, etc. Débouquer signifiant bien sur « sortir d’une passe étroite ».

Embraquer. Verbe t. Tirer avec force. Haler une manœuvre* dans le but de la rider*. On haie* (tire), on embraque (souque) puis on ride (tend et fixe) une manœuvre*. Syn : Étarquer*.

Empanner. Verbe t. Stopper le navire en gardant la toile haute. Le principe est de disposer les voiles de telle sorte que leurs poussées se contrarient. Voir Virer* lof pour lof.

Emplanture. Subst. f. 1. Position des mâts par rapport aux baux*, la façon dont ils sont plantés dans le navire, et donc la façon qu’ils ont de distribuer la force des voiles. On ne parle pas ici de leur inclinaison, cela, c’est la Quête*. 2. Encaissement destiné à recevoir le pied d’un bas-mât.

Empointure. Subst. f. Angle supérieur d’une voile carrée où de rejoignent les coutures de ralingues. Chaque ris a aussi son empointure, l’endroit où se rejoignent la couture de ralingue et la couture de ris.

Encablure. Subst. f. Mesure, équivalant à 195 mètres, utilisée pour les câbles d’ancre, puis par extension pour estimer d’autres longueurs.

Encalminé(e). Adj Se dit d’un navire contraint à l’inertie par l’absence totale de vent.

Enfléchures. Subst. f. Élingues frappées perpendiculairement aux haubans, formant ainsi des échelons qui permettent de grimper dans la mâture.

Enfourner. Verbe t. Plonger la proue dans la vague suivante quand, au tangage*, la poupe se soulève.

Engager. Verbe t. Un navire est dit « engagé » quand, à la suite d’un événement quelconque (risée, grain, échouement…) il reste sur un bord, perpendiculairement à sa position normale, mâts et quille affleurant l’eau. Une position délicate, voire irrémédiable si les conditions ne se prêtent pas aux mesures immédiates qui peuvent empêcher le naufrage.

Enverguer. Verbe t. Fixer une voile par son bord supérieur à une vergue encore nue.

Envoyer. Verbe t. 1. Hisser, s’agissant de pavillons ou de couleurs. 2. Effectuer la manœuvre des voiles pour virer de bord.

Épave. Subst. f. À la fois la coque échouée d’un navire perdu, et les objets qui s’en détachent et s’échouent sur la grève.

Épisser. Verbe t. Entrelacer les torons* de deux cordages pour les assembler l’un à l’autre.

Épissoir. Subst. m. Outil en forme de poinçon permettant d’écarter les torons* d’un cordage pour l’épisser.

Épissure. Subst. f. Entrelacement assemblant les torons* de deux cordages.

Épontille. Subst. f. 1.) Pièce de bois ou de fer verticale servant d’étai interne aux baux. Ils soutiennent les différents ponts. 2. Étai de bois maintenant un navire sur sa quille à sec.

Équipage. Subst. m. Ensemble des hommes ins­crits au rôle*, du mousse au capitaine.

Équipet. Subst. m. Placard de rangement pourvu de dispositifs empêchant les objets qui y sont rangés de tomber au tangage ou au roulis.

Erre. Subst. f. La vitesse acquise du navire quand il cesse d’être propulsé, indispensable pour que l’appareil à gouverner joue son rôle, notamment au changement d’amures.

Erseaux. Subst. m. p. Anneaux de cordage (ou de fort cuir) servant à faire coulisser les voiles d’étais sur les étais.

Escarbit. Subst. m. Petit récipient de bois à deux bacs utilisé par les calfats qui y humectent ou y graissent leurs ciseaux à bois. L’un des bacs contient du suif et l’autre de l’étoupe mouillée.

Espar. Subst. m. Longue pièce de bois travaillé. Selon son diamètre et sa longueur, il peut servir de mât*, de beaupré*, de vergue*. Les espars en général désignent l’ensemble du bois du gréement. Les espars de rechange font partie de l’équipement indispensable pour un navire en croisière, car la casse est, sinon fréquente, au moins habituelle, notamment sur un navire de guerre amené à surtoiler pour une chasse, à s’exposer aux tirs ennemis. Une voile mal gréée fendant son mât, un coup de vent brisant les vergues, des boulets chaînés pointés à démâter, tout concourt à mettre en danger le « moteur » du navire.

Essarder. Verbe t. Nettoyer, éponger.

Estains. Subst. m. p. Derniers couples* à l’arrière d’un navire soutenant la charpente arrière, l’arcasse*, laquelle soutient le château*.

Estime. Subst. f. Position approximative déduite des informations portées sur le livre de loch (cap et vitesse) corrigées autant que possible de l’éventuelle dérive. Cette position à l’estime est faite quand les observations ne sont pas possibles du fait de la météorologie (brouillard cachant les astres, forte mer empêchant les mesures…) ou quand un instrument (sextant, chronomètre) manque.

Estrope. Subst. f. 1. Anneau formé par une bande de fer ou par un cordage aux deux extrémités épissées l’une sur l’autre, que l’on ajuste dans la rainure d’une poulie, d’une moque* ou dont on capelle* un espar*. L’estrope de gouverne est le cordage qui retient les avirons d’un canot (ou tout autre embarcation mue à bras et sans dame de nage) dans les tolets*. 2. La dragonne assurant à la main le manche d’une arme blanche, hache d’abordage, sabre ou coutelas.

Étai. Subst. m. Fort cordage ridé* vers l’avant à la tête d’un mât destiné à le consolider contre les efforts qui s’exercent sur lui. Par vent de travers, pour améliorer la marche, Pétai sert aussi de draille* sur laquelle on peut gréer des voiles triangulaires (comme les focs) dites voiles d’étai. Les étais ridés vers l’arrière sont appelés Galhaubans*.

Étale. Subst. f. Marée basse. Opposé à Plain*. Voir Marée.

Étaler. Verbe t. Faire face à, résister à.

Étambot. Subst. m. Pièce de bois qui, prolongeant la quille du navire jusqu’au tableau* de poupe, est destinée à porter le safran*. On mesure un navire de l’étrave* à l’étambot.

Étançon. Subst. m. Contrefort de bois, fixé en biais entre les bordages et les barrots*, destiné à renforcer la rigidité. En charpente de bâtiment, on dirait un « corbeau ».

Étarquer. Verbe t. Tendre (rider*) le plus possible l’un des côtés d’une voile. Syn : Embraquer*.

Étouffer. Verbe t. Replier une voile pour l’empêcher de prendre le vent. Syn : Carguer*.

Étoupe. Subst. f. Partie la plus grossière de la filasse, résidu du chanvre employé en corderie.

Étoupille. Subst. f. Tresse (d’étoupe à l’origine) serrée qui brûle lentement et sert à allumer la lumière d’un canon chargé. On dit aussi Mèche lente.

Étrave. Subst. f. Parue en saillie, sur la proue, où se rejoignent les bordages de la coque. Souvent renforcée d’un bois plus dur et/ou doublée de cuivre, car c’est elle qui fend l’eau au niveau de la guibre*. On mesure un navire de l’étrave à l’étambot*.

Éviter. Verbe t. Dériver par rapport à un (des) point(s) d’amarrage fixe, ancre ou bitte. Sur un mouillage inconnu, la zone d’évitement doit être soigneusement estimée pour éviter l’échouage (ou pire).

f

Failli. Adj. Péjoratif asséné à un individu peu digne de confiance, selon son étymologie. Mais il est utilisé sans arrêt, un peu comme « foutu », disons.

Falo. Subst. m. Lanterne sourde.

Fanandel. Subst. m. (Arg.) Quidam digne d’intérêt. Dans l’argot des années cinquante, on dirait peut-être un « affranchi ».

Faseyer. Verbe t. Battre au vent, pour uni- v.il, que le vent ne gonfle pas.

Faubert. Subst. m. Balai de fils de caret*, servant à sécher les ponts après le passage des pierre à briquer*.

Faux étai. Subst. m. Sur les navires de guerre, les étais* sont doublés, voire triplés, par de faux étais (ou sous étais) de moindre section, nu cas où un boulet sectionnerait l’étai principal, mais aussi lorsque les manœuvres violente» (ou le vent) risquent de solliciter trop les haut mâts, qui pourraient rompre.

Faux-pont. Subst. m. Niveau intermédiaire entre deux ponts qui ne couvre pas toute la longueur du navire, mais toute sa largeur. Il peul être mobile. Il sert à l’aménagement des cabines des officiers subalternes ou d’espaces de stockage.

Fémelot. Subst. m. Cette charnière de gouverne est double, une de chaque côté du safran*. C’est une longue ferrure plate fixée à l’étambot* d’une part, au l’un des bords intérieurs (droit ou gauche) du safran d’autre part. Dotée d’un œil dans lequel passe l’aiguillot*, elle agit pour orienter le safran quand les drosses* tirent sur l’aiguillot droit pour aller à tribord, ou sur l’aiguillot gauche pour aller à bâbord.

Ferler. Verbe t. Replier et arrimer la voile par l’avant de la vergue, après l’avoir carguée*. Replier un pavillon* sur lui-même. On dit aussi Déventer (rare).

Feu (de bordée). Subst. m. Les canons tirent ensemble, par bordée*. Opposé à Feu de file*.

Feu (de file). Subst. m. Les canons tirent l’un après l’autre, au fur et à mesure que leur cible passe devant leur sabord. On dit aussi Feu roulant. Opposé à Feu de bordée*.

Figure de proue. Subst. f. La sculpture, représentation humaine le plus souvent, qui est placée au-dessus de l’étrave et sous la liure de beaupré est bien plus qu’un ornement. Elle personnifie le navire, lui donne un visage et une personnalité. Son importance est grande dans le tissu de superstitions qui hante le marin.

Filer. Verbe t. Laisser courir un cordage au flot, le dérouler de façon continue : filer le loch*. Filer l’amarre revient à détacher le cordage qui retient le navire en le laissant sur la bitte ou sur l’ancre, pour pouvoir partir plus vite par exemple.

Filer son câble. Loc. Déserter, partir en douce, filer à l’anglaise, fuir sans demander son reste. L’expression fait référence à filer le loch*, d’où la notion de vitesse et de discrétion. Couper ses câbles, dans le même langage familier, signifie rompre une relation amoureuse.

Filets d’abordage. Subst. m. p. Tissage de cordes tendu entre les haubans* et destinés à empêcher, ou à gêner, la montée à bord d’un abordage ennemi.

Flamme. Subst. f. Étendard de forme allongée, terminé en pointe ou double pointe. Seuls les navires de guerre en portent une, différente selon le grade, l’escadre et la fonction de leur commandant. Voir Guidon*.

Flèche. Subst. f. Dans un gréement aurique, désigne le mât, ou la voile, établi au dessus de la corne*.

Flibot. Subst. m. Flûte* légère, souvent utilisée par la Compagnie des Indes hollandaise (VOC).

Flot. Subst. m. Marée montante. Opposé à Jusant*. Les marées montantes entraînent, dans certaines mers, de forts mouvements d’eau près des côtes appelés courant de flot.

Flûte. Subst. f. Bâtiments faits pour la charge, ayant, par conséquent, les varangues plates et les façons très arrondies et renflées. Les flûtes marchent peu, mais se comportent bien à la mer, résistent à la lame, et ont l’avantage de naviguer avec peu de monde ; elles portent de 300 à 900 tonneaux ; leur mâture et leur gréement sont les mêmes que ceux d’une frégate ; arrondies par l’arrière, elles n’ont ni tableau ni bouteille ; le gouvernail porte sa barre au ras du couronnement. Lourde et lente, elle est surtout utilisée au commerce en raison de sa grande capacité de transport.

Foc. Subst. m. Voile triangulaire gréée sur une draille* reliant le beaupré* aux mâts* supérieurs de la misaine* (mât de hune de misaine et petit mât de perroquet de misaine). Sur un vaisseau, on en compte généralement quatre, de l’étrave au bout du beaupré : trinquette*. petit foc, grand foc, clinfoc (ou faux foc) ; mais d’autres existent, sorte de bonnettes d’avant, ancêtres du spinnaker : foc en l’air, foc vedette et haha.

Fraîchir. Verbe t. Augmenter en puissance, s’agissant du vent.

Franc-bord. Subst. m. Partie émergée de la coque, entre la surface de l’eau et le plat-bord*.

Frapper. Verbe t. Fixer un cordage à l’aide d’une pièce métallique (manille, mousqueton, poulie à crans). Sans métal, on dit « amarrer ».

Frégate. Subst. f. Navire de guerre à trois mâts, deux ponts et comptant de vingt à quarante bouches à feu, sur au moins une batterie* couverte et une barbette. Entre 200 et 250 hommes à servir. Fines, portant beaucoup de toile, très manœuvrantes, elles sont taillées pour la vitesse sans sacrifier à la puissance de feu. Elles constituent des unités indépendan­tes. Dans une escadre, elles jouent le rôle de 1a cavalerie légère et de l’estafette. Elles servent aussi de courrier et de transport de personnalités. Le navire roi des guerres d’Amérique.

Frères de la côte. Loc. Confrérie des pirates écumant les Caraïbes à la fin du XVII°. Elle a ses règlements (la Charte), son argot et sa base de repli (Île de la Tortue). L’expression elle-même et le langage qui lui est associé se sont étendus bien au-delà de l’âge d’or de la confrérie et de ses frontières géographiques. S’ils s’appellent entre eux « Gentilshommes de fortune », à cause de la charte, de la pseudo élection du capitaine, etc. ils sont pas de tendres romantiques se battant au fleuret sur un pont propre en attendant qu’on détache la belle du mât… Alexandre.

Fronteau. Subst. m. Prolongement des bordés du gaillard d’arrière au-dessus de la timonerie, et du pont principal.

Fusée. Subst. f. Extrémité effilée d’un mât, ou dun espar, quelquefois dotée d’une poulie. Notons que les fusées, projectiles de feu d’artifice, s’utilisent aussi sur un navire. Notamment comme signal de nuit.

Fusil. Subst. m. Pièce métallique d’un mousquet* (ou d’un pistolet*) portant au-dessus le chien* et la lumière*, et au-dessous le pontet et la détente.

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Gabier. Subst. m. Matelot spécialisé dans les manœuvres du beaupré, des hautes voiles, et du gréement des hauts. C’est un peu l’aristocratie de l’équipage (opposé au Mataf*), car ce sont les hommes les mieux amarinés* d’un bâtiment.

Gaffe. Subst. f. Longue pique dont le bout ferré est assorti d’un crochet. Elle sert d’allonge pour crocher (gaffer) un canot, un cordage, une épave…

Gaillard. Subst. m. Superstructure au-dessus du pont supérieur, couvrant toute la largeur du navire. Si sa position n’est pas spécifiée (arrière ou avant), c’est le gaillard d’avant. Opposé au château* ou à la dunette*, il est traversé par (ou appuyé sur) le mât de misaine* et abrite en général la cambuse* et la coquerie*. C’est le domaine de l’équipage où les hommes de repos peuvent s’occuper du moment qu’ils ne gênent pas la manoeuvre.

Galerne (vent de). Subst. f. Vent soufflant de l’ouest-nord-ouest.

Galhauban. Subst. m. Étai longitudinal soutenant les mâts vers l’arrière. Comme ils ne portent pas de voiles, contrairement aux étais d’avant, les gabiers les utilisent souvent pour se laisser glisser vers le pont sans descendre par les haubans et enfléchures.

Galipot. Subst. m. Mastic, mélange de résine et de matières grasses, que l’on étale à chaud sur les surfaces â protéger de l’eau de mer (carène, pièces métalliques, etc.)

Gambes de revers. Subst. f. p. Haubanage inférieur de la hune*. Il part du mât, sous la hune, et rejoint les bords extérieurs de la plate-forme. Leur ascension est particulièrement acrobatique puisque alors le gabier* se trouve à l’envers, la tête en bas, avant de faire son redressement sur la hune.

Garcette. Subst. f. Cordage court tressé cousu aux laizes* de la voile au niveau du ris* pour augmenter ou diminuer la surface de toile au vent (prendre ou larguer un ris). Voir aussi Raban*. Elle sert aussi à « appuyer » un ordre sur le dos du matelot récalcitrant, le fustiger. Le coup de garcette (1835) a survécu à la garcette elle-même.

Garde-feu. Subst. m. Étuis cylindriques de cuir fort, fixés dans une caisse de bois et destinés à préserver les gargousses* des étincelles.

Garde-temps. Subst. m. Nom plus couramment utilisé par les marins pour Chronomètre* ou horloge de marine. Voir Longitude*.

Gargousse. Subst. f. Sac de toile cousu contenant la charge de poudre à canon, mesurée à l’avance, nécessaire à un seul chargement. Pour le mousquet, on parle de cartouche.

Gatte. Subst. f. Réceptacle des eaux embarquées par les êcubiers au moment de la remontée des ancres ou des câbles d’amarrage.

Gigue (ou Guigue). Subst. f. Canot caractérisé par un étambot* vertical et un plat-bord* bas sur l’eau, c’est fréquemment le canot-major pour le transport du capitaine au mouillage.

Gisement. Subst. m. La provenance et la force du vent qui fait avancer un navire, l’orientation du lit du vent. Il est déductible, pour un marin, â partir des voiles déferlées, de leur orientation, de leur emplissage.

Gisole. Subst. f. Compartiment pratiqué dans l’habitacles où l’on plaçait une lampe pour éclairer le compas de route. Partie abritée de timonerie.

Glène. Subst. f. Rouleau de cordage fermé par un nœud.

Goélette. Subst. f. Bâtiment léger â deux mâts fins inclinés vers l’arrière, gréé à l’aurique. Six a dix canons, 60 hommes. Vitesse et maniabilité sont ses principales qualités. Syn : Schooner. Utilisé par toutes les marines comme aviso, c’est aussi le navire corsaire (ou pirate) par excellence, surarmé (100 à 120 hommes) il peut rattraper et prendre â l’abordage n’importe quel commerce.

Goudron. Subst. m. Obtenu par distillation et/ou carbonisation de bois ou de matières organiques, le goudron dégage une odeur forte et acre caractéristique, indissociable de la marine bois et voiles. Sous forme de pâte plus ou moins liquide, brunâtre ou noirâtre, on en enduit les manœuvres et cordages du gréement pour améliorer leur raideur et leur solidité (en les rendant plus imperméables et en empêchant les fils de caret de se dissocier).

Gouge. Subst. f. Ciseau â bois en demi-lune. Le terme n’est pas propre aux charpentiers de marine, évidemment, ni même à l’époque, mais le verbe gouger, en revanche, n’est employé qu’en marine.

Gourgane. Subst. f. Haricot, dans l’argot des marins, des galériens, des forçats. Les gobeux de gourganes : les mangeurs de fayots.

Gouvernail. Subst. m. L’ensemble de l’appareillage, de la roue au safran, commandé depuis la timonerie et qui compose le principal système directionnel du navire, dit aussi Appareil à gouverner.

Grain. Subst. m. Vent violent et de peu de durée  » qui s’élève soudainement, généralement accompagné de violentes précipitations. Si personne ne « veille au grain », ses effets en mer sont dévastateurs : voiles, espars et mâts peuvent être emportés.

Grand Collège. Nom pr. Nom familier donné au bagne de Brest. Les bagnards les plus dangereux étaient employés â toronner des cordages pour la Royale. Les moins susceptibles de s’évader (ou les plus malins, c’est ainsi que Vidocq s’en échappa) étaient utilisés par la ville pour les travaux de nettoyage et de voirie. La marine pouvait aussi en disposer comme dockers.

Grand largue. Loc. Allure* d’un navire, la plus proche du vent arrière.

Grand-chambre. Subst. f. Cabine du capitaine, qui lui sert également de bureau le plus souvent et, sur les navires les plus petits, de salle de réception.

Grande bordée. Subst. f. Le roulement à deux quarts, soit six périodes de quatre heures alternées entre les deux parties de l’équipage. C’est le plus dur des rythmes, morcelant les périodes de sommeil, faisant éclater les périodes diurnes-nocturnes. On utilise l’expression courir la grande bordée.

Gréement. Subst. m. Ensemble des équipements et apparaux qui servent à la propulsion du navire : de la plus petite poulie à la grand voile, en passant par les cordages et les espars qui soutiennent et/ou orientent le tout. Il y a deux sortes de gréement : le gréement dormant comprenant toutes les pièces non manœuvrables (mâts, étais, haubans…) et le gréement courant, désignant toutes les pièces qui doivent bouger pour servir la manœuvre (vergues, écoutes, drisses…). Syn. vieilli : Gabie, d’où Gabier*.

Gréer. Verbe t. Attacher, lier un élément à un autre, ou à d’autres, de façon temporaire, le plus souvent à l’aide de cordage. Pour introduire la notion de fixation définitive, on dit Armer*.

Grégale. Subst. m. Vent d’est soufflant près de Malte et en mer Ionienne.

Grègues. Subst. f. p. Culotte, serrés aux mollets par un bouton ou un fil, en usage chez les marins du XV°* au XVIII° siècles. Tirer ses grègues : prendre les jambes à son cou, fuir.

Grelin. Subst. m. 1. Cordage dont la section et le diamètre sont entre le câble et l’aussière*. Syn : Câblot. 2. Manière de toronner un cordage : en grelin.

Grenasse. Subst. f. Petit grain de pluie ou de vent peu violent.

Gui. Subst. m. Espar maintenant la bordure inférieure d’une voile aurique à corne*. On dit plutôt la bôme* pour les embarcations à un ou deux mâts. Vergue sortant du navire et qui s’appuie horizontalement par une mâchoire ou une ferrure métallique contre le pied du mât d’artimon. Gui à rouleau : Gui qui peut tourner sur lui-même de manière à enrouler la voile au lieu de prendre des ris.

Guibre. Subst. f. Longue pièce demi-circulaire rapportée en saillie se terminant sur l’étrave pour soutenir la figure de proue et le beaupré*. Souvent ajourée, elle forme quelquefois une plate-forme praticable, la poulaine*, qui sert par beau temps de latrines en plein air à l’équipage, et qui a donné ensuite son nom a des équipements plus confortables. On dit aussi taille-mer.

Guidon. Subst. m. Très long pavillon fin et triangulaire (ou à double pointe) en tête du grand mât. S’il donne des informations aux autres navires (rang du capitaine, escadre dont dépend le porteur), il est aussi, au quotidien, un indicateur de la direction et la force du vent pour les hommes du bord. On dit également Flamme, et Cornette quand il s’agit d’un guidon d’amiral.

Guignette. Subst. f. Petite herminette permettant d’ôter les coulures de calfat.

Guindant. Subst. m. Hauteur utile d’un mât, ou d’une voile. Le mât de perroquet a un guindant plus faible que le mât de hune, lequel a un guindant plus faible que le bas mât. Une voile à faible guindant est beaucoup plus large que haute.

Guindeau. Subst. m. Treuil dont l’axe est vertical, placé à la proue, en arrière des écubiers, ou fixé quelquefois aux mâts. La manœuvre pour tirer avec ce treuil est dite virer* au guindeau. Voir aussi Virevau*.

Guinder. Verbe 1.1. Tendre un cordage entre deux points. 2. Hisser au moyen d’un treuil.

Guinderesse. Subst. f. Câble du guindeau.

Guipon. Subst. m. Balai à fils raides servant à étaler le goudron ou le galipot* sur les carènes. Syn : Faubert*.

Habitacle. Subst. m. Coffre-armoire de bois, plus haut que large, sur la timonerie. Placé devant la barre (et quelquefois solidaire d’elle) il contient, et protège du feu ennemi, le compas, le baromètre, les sabliers et la lampe pour les éclairer.

Hache. Subst. f. Autant outil qu’arme, elle reste toujours à portée de la main d’un marin, pour trancher un câble dont il faut se défaire au plus vite. Certains la préfèrent pour l’abordage au coutelas* ou au sabre*.

Hamac. Subst. m. En dehors du capitaine (qui dort dans une bannette*) et des officiers subalternes (qui dorment dans des couchettes*), tous les hommes du bord dorment par quart dans un hamac suspendu dans les ponts inférieurs. Le plus souvent chacun a le sien, mais sur certains navires bondés, c’est un hamac pour deux hommes. Voir aussi Branle*. Syn : Havresac.

Hanche. Subst. f. Familièrement, la partie en arrière des haubans de grand mât, du milieu de l’embelle* (ou travers*) à l’étambot*, bâbord ou tribord, du navire : Opposé à la Joue*.

Hauban. Subst. m. C’est d’abord un étai* latéral gréé des porte-haubans* à la tête du mât. Ce sont donc avant tout des câbles assujettissant le mât auquel ils sont gréés et à ce titre ils participent, avec les étais longitudinaux (ou galhaubans*) à la résistance des mâts. Ensuite, élingués* de cordages horizontaux (les enfléchures*) ils servent de montants verticaux à ces «échelles» par lesquelles les gabiers* grimpent dans le gréement.

Hauturier (ère). Adj. De la haute mer, par opposition à Côtier. Marins et navires peuvent être qualifiés de hauturiers.

Héliographe. Subst. m. Appareil à signaux utilisant le soleil, le plus souvent utilisé de la côte vers le navire.

Herminette. Subst. f. Outil de menuisier ou de charpentier composé d’un manche dans lequel est plantée perpendiculairement une lame plate et légèrement incurvée. Elle sert à donner une forme à une pièce de bois. Il en existe de plusieurs formes et tailles, selon la finesse du travail envisagé.

Hiérarchie (à la mer). Subst. f. Marins, Officiers mariniers, Officiers auxiliaires, Officiers subalternes, Officiers supérieurs, Officiers généraux.

Hiérarchie (à terre). Subst. f. Élève écrivain, écrivain de marine, sous-commissaire, commissaire de port, commissaire général, intendant de marine, ordonnateur de marine, ministre de la marine.

Hiloire. Subst. f. 1) Bordure verticale protégeant toute ouverture dans le pont (le pied du mât, une écoutille…). Elle limite l’entrée dans les ponts inférieurs de l’eau qui balaye le pont supérieur (embruns, vagues, pluie…). 2) Raidisseur primaire longitudinal d’un pont, sur lequel reposent les barrots.

Horloge. Subst. f. Dans la marine du XVIII°, le terme ne dit rien de la taille de l’objet, qui a beaucoup évolué au cours du siècle, mais indique plutôt sa précision par rapport à une banale montre à gousset. Une précision qui est en effet déterminante pour la navigation et fera l’objet de nombreuses recherches, richement dotées, au cours du siècle des Lumières. Voir Chronomètre*, Garde-temps*. Houache. Subst. f. Cordage fin (ligne) détouré* placée entre le bateau de loch* et la ligne de loch. Elle est destinée à la fois à éloigner le système du sillage proprement dit (ce qui fausserait la mesure) et à compenser le frottement de la ligne de loch sur le touret qui la déroule. Par métonymie, la trace que laisse le passage du navire à la surface.

Houle. Subst. f. Mouvement ondulatoire qui « la mer sans faire déferler les vagues. Plus la dénivellation entre le creux et la crête est important, plus la houle est forte.

Hune. Subst. f. Plate-forme établie sous la chouque* entre les bas mâts* et les huniers. Il y en a trois sur un trois-mâts : la hune d’artimon, la grand-hune et la hune de misaine. Généralement bordée*, mais pas toujours, c’est le poste de la vigie, mais aussi celui des tireurs d’élite pendant un assaut. Elle peut être dotée de protections, ou d’une couleuvrine*, et elle est reliée au pont par un cartahu*.

Hunier. Subst. m. Pour un gréement carré*, voile établie sur les vergues de mâts de hunier, au-dessus de la basse voile. On distingue le petit hunier sur le mât de misaine*, le grand hunier sur le grand mât. Ce qui devrait se nommer le «hunier d’artimon» s’appelle le perroquet* de fougue.

Hydrographie. Subst. f. Topographie maritime considérée du point de vue de la navigation, elle s’étend donc à l’étude des côtes, des fond, des marées, des courants…

i j k l

Itague. Subst. f. Cordage fixé à une vergue permettant de hisser des objets du pont, ou de déplacer dans les hauts.

Jeux. Subst. m. Les dominos, les dés, le lansquenet (jeu de carte ?) pour les hommes d’équipage. Dans le carré des officiers, le piquet est un jeu de cartes prisé. Quatre joueurs, une couleur d’atout, on y joue de l’argent aux points, whist, chez les Anglais, plutôt. Le boston, variante du whist adapté par les assiégeants de Boston en 1781, pendant la guerre d’indépendance américaine.

John Bull. Nom pr. Personnage symbolisant 1’Angleterre ou encore l’Anglais typique. Ce « Jean le Taureau » est un bourgeois grassouillet portant un chapeau haut-de-forme et dont le gilet est taillé dans un Union Jack. Il est fréquemment accompagné d’un bouledogue.

Joue. Subst. f. Familièrement, la partie avant, du milieu de l’embelle* à l’étrave, bâbord ou bord. Opposé à la Hanche*.

Jusant. Subst. m. Marée descendante. Opposé Flot*. Les marées descendantes entraînent dans certaines mers, de forts mouvements d’eau près des côtes appelés courants de jusant. Voir Marée*.

Laize. Subst. f. Bande de toile cousue à une autre pour former la voile. Dans la marine du XVIII°, les laizes sont, pour les voiles carrées, parallèles aux vergues*. Sa largeur entre chaque couture constitue un ris*. Les marins parlent aussi de Cueille*.

Lanterne. Subst. f. Outre ses fonctions d’éclairage (lanterne de compas, de carré, etc.) elle constitue également un mode d’identification de nuit par la disposition et la couleur particulières des lanternes de proue et/ou de poupe.

Largue. Subst. m. Allure* d’un navire, entre petit largue et grand largue.

Larguer. Verbe t. Desserrer, lâcher une (ou des) manoeuvre(s).

Latin(e). Adj. Gréement dont la voile principale, triangulaire, est établie sur une antenne (longue «vergue» oblique et souple). C’est le gréement des chébecs* ou des felouques nilotiques, et celui de la plupart des bateaux de pêche atlantiques.

Latitude. Subst. f. Position par rapport à l’équateur exprimée en degrés sud ou nord. Elle est déterminée à l’aide d’un sextant*.

Latrines. Subst. f. p. Elles consistent en des sièges plus ou moins ménagés dans la saillie demi-circulaire au-dessus de l’étrave, sous le beaupré et la figure de proue : la poulaine*. Utilisées par tous les temps par les équipages de navires trop petits pour des aménagements intérieurs, plus confortables. Si l’accès à cet équipement est impossible (météo, etc.), des bailles* sont disposées dans l’entrepont pour cet usage.

Lattes. Subst. f. p. Lourdes planches qui couvrent une partie du pont supérieur, le(s) panneau(x)* de tillac*. Elles sont amovibles pour faciliter le chargement au port, et améliorer l’aération des ponts inférieurs en mer quand le temps le permet. Elles sont quelquefois remplacées provisoirement par un prélart*. Le seul moyen de passer d’un gaillard à l’autre quand les lattes sont ôtées, ce sont les passavants*.

Lège. Adj. Sans cargaison, à vide.

Levanter. Subst. m. Fort vent d’est gênant, voire empêchant l’entrée dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar.

Ligne (1). Subst. f. Cordage moyen entre la haussière* et le grelin*.

Ligne (2). Nom pr. Avec une majuscule, c’est l’équateur, ligne invisible et pourtant presque palpable à bord d’un navire. Son passage donne lieu à des festivités pendant lesquelles ceux qui la franchissent pour la première fois sont… initiés, disons.

Ligne de bataille. Subst. f. Position stratégique de bataille pour une escadre de vaisseaux dits « de ligne » (soixante canons au moins sur deux ponts au minimum). Ces vaisseaux sont en effet de véritables batteries flottantes. Pour que les canons puissent porter, il faut que les vaisseaux présentent leur bord à l’ennemi. Ils sont donc à la queue leu leu et canonnent la « ligne » adverse en espérant que leurs coups porteront mieux et causeront des dommages qui permettront de limiter les manœuvres et de « briser la ligne » pour pouvoir passer entre deux ennemis et canonner des deux bords proue et poupe (plus fragiles) de l’adversaire.

Ligne de foi. Subst. f. Axe du navire. Son repérage est fondamental pour la lecture d’un compas de route, aussi est-il souvent matérialisé sur la partie fixe de la boussole de timonerie.

Ligne de sonde. Subst. f. Élingue graduée par des nœuds (dont l’espacement tient compte de l’erré*), terminé par un plomb* de sonde, et qui sert à sonder* la profondeur.

Ligne de vie. Subst. f. Cordage gréé par gros temps entre les deux gaillards, tournée aux mâts. Elle permet aux marins sur le pont de s’accrocher pour résister au vent, aux lames. Syn : Main courante.

Lingue. Subst. f. Morceau de cordage moyen, libre (c’est souvent une chute) et relativement court, servant à tous les usages. Les marins modernes diraient un bout (prononcer boute).

Lisse. Subst. f. Pièce de charpente plate et longitudinale fixée à plat sur les garde-corps de pavois* ou les batayoles*, comme la balustrade d’un balcon.

Lisse de hourdi. Subst. f. Lisse surmontant l’arrière de la dunette. On dit aussi Lisse de couronnement.

Lit (du vent). Subst. m. Ligne fictive symbolisant l’axe directionnel du vent « traversant » au navire.

Liure. Subst. f. Amarrage de cordage ou de chaîne reliant entre elles deux espars, deux parties du navire. La liure de beaupré assujettit le beaupré à la guibre*.

Livarde. Subst. f. Espar servant à pousser, sous le vent du mât et vers l’arrière, le point supérieur d’une voile aurique. En Méditerranée, on l’appelle Baleston*.

Livre. Subst. m. Le mot désigne en général la quantité pléthorique de lourds cahiers reliés nécessaires à la tenue des rapports de bord, de la compatibilité, des stocks, de la route… Le livre de rôle concerne l’équipage, l’affectation des hommes, leurs punitions, leur décès ; le livre de loch est une longue série de chiffres indiquant à chaque méridienne* la position du navire et sa vitesse ; le livre des signaux indique les codes en usage, il est lesté et doit être jeté à l’eau en cas de prise. Le livre des connaissements*, ou manifeste*, etc.

Loch. Subst. m. Dispositif permettant de mesurer la vitesse du navire, composé d’une planchette (appelé « bateau ») liée à une ligne* (lovée autour d’un touret*) graduée par des nœuds* espacés de 15,43 mètres. On mouille le loch et le passage du premier repère définit l’instant « t ». On laisse filer jusqu’à l’instant du relèvement, quand le sablier de trente secondes O’ampoulette*) achève son tour. Le matelot stoppe alors le loch pour en relever la mesure.

Lof. Subst. m. Côté du navire au vent* c’est-à-dire celui d’où vient le vent. Voir Virer* lof pour lof, et Lofer*.

Lofer. Verbe t. Se diriger dans la direction du vent, s’appuyer sur le vent, faire venir le navire, en se servant de la barre uniquement, à l’allure* dite au plus près pour obtenir le meilleur cap sans avoir à changer d’amures*.

Longitude. Subst. f. Position par rapport au méridien de référence 0 (Greenwich ou Paris) exprimée en degrés est ou ouest. Elle est déterminée à l’aide du sextant* et du chronomètre*.

Lougre. Subst. m. Le plus petit des bâtiments pontés à trois mâts, ayant quelquefois un grand mât de hune, mais sans mâts de perroquet.

Louvoyage. Subst. m. Position du navire par vent debout (de face) occupant 90° d’arc, entre tribord et bâbord amures*. Pour progresser, l’équipage fait remonter le navire, tire des bordées, ou des bords, passant successivement de plus près tribord amures* à plus près bâbord amures*.

Louvoyer. Verbe t. Remonter contre le vent en tirant des bords* au plus près.

Lover. Verbe t. Ramasser un cordage en rond. On love toujours de la gauche vers la droite, dans le sens des aiguilles d’une montre, pour éviter que le cordage à la longue ne se défasse, puisque ses fils de carets* sont toronnés* en corderie dans ce sens-là.

Lumière. Subst. f. Tube épais ménageant un trou à l’arrière du fût du canon (le cul) permettant de percer la gargousse* mise en place dans l’âme. On enflamme ensuite cette poudre pour faire partir le coup. Sur un mousquet*, elle traverse le fusil* et elle est enflammée par la pierre du chien.

Lunette. Subst. f. Instrument d’optique compila d’une ou plusieurs lentilles montées à l’intérieur d’un tube de cuivre, et destiné à l’observation des objets éloignés. Les lunettes de cette époque peuvent grossir jusqu’à trois cents fois. Il existe les lunettes de bord, d’une seule pièce ; les lunettes de nuit, achromatiques, qui amplifient la lumière faible ; les lunettes de poche aux performances moindres, mais dont les éléments s’emboîtent le uns dans les autres ; les lunettes rapprochantes dont les lentilles rendent compte du mouvement. Syn : lorgnette, longue-vue, voire télescope pour les plus puissantes.

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Main dessus (mettre, donner…). Loc. Aider a la manœuvre, donner un coup de main. Maistrance. Subst. f. Ensemble des officiers* mariniers.

Maître-bau. Subst. m. Largeur maximum du navire, soit l’épaisseur du bordage ajoutée au couple le plus large. On considère en effet que la vergue basse de grand mât (la plus longue) est amovible.

Manche. Subst. f. Composée de grosse toile à voile cousue en forme de tube, elle permet d’amener de l’air frais aux parties du navire qui se trouvent sous la ligne de flottaison : infirmerie, coqueron, geôles de cale, etc.

Manifeste. Subst. m. Récapitulatif des connaissements*, en somme tout le stock embarqué sur le navire.

Manoeuvre. Subst. f. 1. Tout cordage servant au gréement* courant. 2. Ce n’est que par extension que le mot a désigné l’opération complète de manipulation de ces cordages pour virer*, affaler*, carguer*, border*, mettre à la cape* et autres blagues consistant à tirer sur le bon bout au bon moment…

Manquer à virer. Loc. Rater la manœuvre consistant à virer* de bord. Outre le fait que cela peut être dangereux (en escadre, le navire peut heurter sa conserve ; lors d’une bataille, restant non manœuvrant pendant un certain temps, il est soumis au feu ennemi), c’est la honte du marin.

Mantelet. Subst. m. Volet d’un sabord, ou d’une fenêtre de gaillard, il s’ouvre verticalement, les charnières étant fixées en haut de l’ouverture.

Marchepied. Subst. m. Câblot* tendu sous la vergue, au vent de celle-ci, pour permettre a gabiers* d’y manœuvrer en calant ses pieds dessus.

Murée. Subst. f. Oscillation quotidienne de la mer qui monte et descend alternativement, que les marins séparent en Flot*, Plain*, Renverse*, Jusant*, Étale*, Renverse* puis à nouveau Flot*, etc. Le phénomène est dû aux attractions différentielles des astres du système solaire, principalement de la lune et du soleil. Les actions combinées des deux astres forment des marées de vive-eau (à fort coefficient), se contrariant l’une l’autre des marées de morte-eau. Les mers fermées (Méditerranée, mer Rouge…) sont peu soumises au phénomène, au contraire des océans qui connaissent des amplitudes importantes (jusqu’à 19 m d’amplitude). Combiné au mouvement de rotation de la Terre, le phénomène voit sa fréquence différer selon les latitudes : marées diurnes (une basse mer et une haute mer toutes les 24 h 50′) semi-diurnes (deux toutes les 24 h 50′) ou mixtes (variables).

Marin. Subst. m. Par ordre croissant : Mousse ; matelot ; matelot breveté ; Quartier-maître ( Ire et 2e classe). Le mousse n’est considéré comme « marin » seulement quand il est nommé matelot.

Marinier. Subst. m. Autre larve de coléoptère vorace de la famille des curculionidés qui, avec le charançon*, peuple les réserves de nourriture du bord. Préférant les pois à la farine, on le retrouve souvent à baigner dans la soupe, d’où ce nom familier.

Maroquin. Subst. m. Fort cordage amarré autour du grand mât et du mât de misaine, pour recevoir les palans qui servent à embarquer et à débarquer les marchandises.

Martingale. Subst. f. Cordage qui sert de sous-barbe pour le bout-dehors de beaupré : lorsqu’on a un bout-dehors de clinfoc, on y installe aussi une martingale, dite de bout-dehors de clinfoc.

Masquer. Verbe t. Pour une voile, prendre le vent du mauvais côté. Cela peut être volontaire : « Masquez partout » est un ordre qui a pour conséquence de freiner brutalement le navire, toutes les voiles venant soudain à l’inverse de leur destination de propulsion. C’est une opération nécessaire à l’arrêt le plus rapide possible du navire, soit qu’un danger se présente devant son étrave, soit pour atténuer le choc d’un abordage.

Mât. Subst. m. Un trois-mâts en comportent au moins huit, sans compter le beaupré*. En effet, chaque espar* vertical distinct (i.e. séparé par une chouque*) porte un nom. De la proue vers la poupe : le mât de misaine et le grand mât sont composés de trois espars, et le mât d’artimon de deux seulement. Au-dessus des bas mâts viennent les mâts de hune : mât de hune de misaine, grand mât de hune et mât de hune d’artimon ; et au-dessus des deux premiers viennent les mâts de perroquet, petit mât de perroquet et mât de perroquet. Mataf. Subst. m. Mot argotique pour matelot. En général, le mot désigne un marin de servitude (pêche, commerce…) et non de guerre, par opposition à matelot, qui est un grade de la Royale.

Matelot. Subst. m. C’est le premier grade accordé à un homme du rang dans la marine de guerre, mais plus généralement un titre porté par les hommes servant ou ayant servi dans la Royale (on ne dit pas, ou alors par mauvais usage, « matelot » de pêche). Le mot a aussi le sens de « mentor » dans le cas d’une sorte de parrainage pour un terrien nouvellement embarqué. Un matelot premier brin est l’expression qui désigne la fine fleur du métier.

Matelotage. Subst. m. Ensemble des connaissances nécessaires à l’obtention du brevet de matelot à savoir : bosser, épisser, larguer, ferler, ariser et barrer. Toucher son matelotage signifie « toucher sa solde ».

Matelote. Subst. f. Danse au rythme vif propre aux marins. Ce n’est qu’au XIX°* siècle que le mot désignera aussi une préparation culinaire.

Mater. Verbe t. Mettre en position verticale. Une gaffe, un aviron, une pique mâté(e) est tenu(e) verticalement prêt(e) à s’abattre.

Membrure. Subst. f. Pièces maîtresses de la structure du navire, ce sont des poutres transversales solidaires des couples* et qui soutiennent les bordages* et sur lesquelles sont fixés les barrots* des ponts.

Méridienne. Subst. f. Méthode de navigation astronomique consistant, pour connaître sa latitude, à mesurer à l’aide d’un sextant* la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon à midi. La longitude étant déterminée par l’écart entre l’heure du bord et celle du méridien de Paris (ou de Greenwich) au moment précis où le soleil est au zénith.

Métier. Subst. m. En plus de la manœuvre proprement dite, de nombreux matelots sont intégrés selon leurs aptitudes aux équipes des maîtres de nombreux métiers représentés à bord pour la tenue quotidienne du navire : charpentier et menuisier, couturier et voilier, artificier et canonnier, coq et cuisinier, chirurgien et infirmier, aumônier et précepteur, commissaire et commis, calier et docker, etc.

Meunier. Subst. m. Nom familier du rat, compagnon de bord qui trouve à loger dans le vaigrage, la sentine, le coqueron… et lance de véritables expéditions contre les réserves du bord. Il n’est pas rare qu’au cours d’une croisière qui s’étire dans le temps, la basse-cour* épuisée, les meuniers soient les seules nourritures fraîches à bord (en dehors des mousses, bien sûr).

Mille nautique. Subst. m. Mesure de longueur propre à la marine, il correspondant à l’arc d’un méridien, ou une minute, soit 1 852 mètres. On exprime quelquefois une distance en nautiques, faisant l’économie du mot mille.

Misaine. Subst. f. 1. Voile principale sur le mât de l’avant, entre le beaupré* et le grand mât. 2. Par métonymie, le mât qui porte cette voile, à l’avant sur un trois-mâts, est appelé mât de misaine.

Mitraille. Subst. f. Conglomérat de balles de plomb et/ou de pièces métalliques diverses (clous, chutes, etc.) chargée dans l’âme du canon devant le boulet qui les propulse et les écarte. Le tir à mitraille vise à faire le plus de victimes possible et il est dirigé sur le pont adverse, au moment de l’abordage par exemple.

Moque. Subst. f. 1- Gobelet à anse en faïence, en bois, en cuir ou en métal. 2- Bloc de bois lenticulaire, cannelé sur son pourtour destiné à recevoir une estrope*.

Morfier. Verbe t. (Argot) Manger goulûment, bâfrer.

Moufle. Subst. f. Assemblage de deux poulies au moins sur une même chape*. Elle démultiplie la force exercée sur le cordage.

Mouillage. Subst. m. Action de mettre à l’eau, de « mouiller » l’ancre notamment, et donc par extension l’endroit où l’on peut mouiller cette ancre.

Mouiller. Verbe t. Mettre à l’eau.

Mousquet. Subst. m. Dans la deuxième moitié du XVIII°, ce n’est plus la lourde arme à feu des conquistadores, mais pas encore le fusil moderne (1886). Il est composé d’une crosse, d’un chien qui vient se rabattre sur la lumière* du fusil*, et d’un canon par lequel on le charge avec la cartouche*, la bourre puis la balle, tassées avant le tir par la baguette.

Mousquetade. Subst. f. Rafale de coups de mousquet.

Mousqueton. Subst. m. Lourd mousquet* de gros calibre à canon court, il est en général supporté par une fourche métallique. On le charge à mitraille* ou à biscaîens*. Monté sur les lisses de gaillard (pour repousser un abordage) ou sur la proue des canots. Syn : Espingole (canon long)

Mousse. Subst. m. Jeune garçon faisant l’apprentissage du métier de matelot. Sur un navire de guerre, pendant le combat, il y en faut un pour deux canons, le mousse-poudrier, qui fait la navette entre la sainte-barbe et sa pièce pour porter gargousses* et boulets. Ils servent également d’estafettes aux officiers.

Mousson. Subst. f. Vent tropical régulier qui souffle alternativement pendant six mois de la mer vers la terre (mousson d’été) puis de la terre vers la mer (mousson d’hiver) soufflant dans l’océan Indien, le nord de l’Australie et l’archipel des Philippines. Le renversement d’une mousson à l’autre provoque deux fois l’an des phénomènes météorologiques violents (orages, tempêtes, cyclones)

Muraille. Subst. f. Tout ce qui constitue la partie plus ou moins verticale de la coque d’un navire, depuis la flottaison jusqu’au plat-bord*. De façon plus générale, la partie émergée du navire, souvent opposée à la carêne* (voir aussi âuvres*).

Nager. Verbe t. Tirer sur les avirons, les rame»,  La plupart des marins du XVIII° ne savent pas « nager » au sens terrien, par peur de prolonger leur agonie s’ils tombent à la mer. Ant : Scier*,

Nankin. Subst. m. Fine toile de coton unie et confortable, fabriquée dans cette ville chinoise, généralement de couleur jaune pâle, utilisée entre autres pour les uniformes dès 1766.

Natte. Subst. f. Fierté du matelot, il la soigne avec amour, la peigne et la graisse le dimanche, la pare de barrettes et de rubans pour l’escale,

Navire. Subst m Pour mériter ce nom, il doit avoir trois mâts et un beaupré. Ses mâts doivent être en trois parties : bas mât, mât de hune et mât de perroquet.

Nœud. Subst. m. Unité de vitesse correspondant à un mille* nautique à l’heure. Filer neuf nœuds correspond à une erre de près de 17 km/h, vitesse de pointe pour des gros vaisseaux de guerre du XVIII°, lourds et faits pour encaisser les boulets et porter des canons. Les avisos et courriers, goélettes et schooners les plus finis et les mieux gréés n’atteignaient les quatorze nœuds que dans le meilleur des cas.

Nordet. Subst. m. Vent soufflant du nord-est.

Noroît. Subst. m. Vent soufflant du nord-ouest.

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Œil-de-mouton. Subst. m. Crochet fixé aux haubans de hune, on y suspend les menus objets susceptibles de choir. Il sert d’appui pour les mousquets, les lunettes…

Oeuvres. Subst. f. p. L’ensemble de la coque, séparé en œuvres vives (sous la ligne de flottaison) et œuvres mortes (au-dessus de la ligne de flottaison).

Officier marinier. Subst. m. Par grade croissant : second maître ; maître ; maître principal ; premier maître ; major (bosco). Le pilote* à rang de major. Ils composent la maistrance*.

Officier subalterne. Subst. m. Par grade croissant : enseigne de vaisseau ; sous-lieutenant de marine ; lieutenant de vaisseau.

Officier auxiliaire. Subst. m. Par grade croissant : Capitaine de flûte ; capitaine de brûlot. Sont considérés à bord comme officiers auxiliaires le chirurgien, l’aumônier et le commissaire.

Officier supérieur. Subst. m. Par grade croissant : capitaine de frégate ; capitaine de vaisseau, contre-amiral.

Officier général. Subst. m. Par grade croissant : chef d’escadre ; lieutenant général des armées navales ; vice-amiral de France ; amiral de France.

Oreille d’âne. Subst. f. Bosse* servant à s’agripper dans les endroits peu praticables, où les cordages peuvent servir à assurer la main. Sur les guibres*, par exemple, ou dans les cales.

Organeau. Subst. m. L’anneau à l’extrémité supérieure de la verge d’ancre*, auquel on amarre le capon*.

Ours. Subst. m. Pierre entourée d’un chiffon que l’on passe après la brique* pour peaufiner le nettoyage des ponts.

Paillet. Subst. m. 1. Voile sur laquelle on coud de la filasse goudronnée, avant de la passer sous l’étrave pour la plaquer contre la coque. Le paillet limite ainsi les voies d’eau quand les tapes* ne suffisent pas. 2. Siège de paille artisanal, sans dossier. 3. Natte que l’on grée sur certaines partie de la muraille pour éviter les frottements, (sens tardif)

Palan. Subst. m. Appareil de levage à mécanisme multiplicateur (poulies*, moufles*), utilisé pour soulever de lourdes charges ou pour effectuer certaines manœuvres impossible à force de bras. Les palans de roulis sont gréés aux mâts par forte houle pour compenser le balancement qui démultiplie le poids des mâts et fait « surtravailler » haubans et étais à chaque vague. Les palans de retenue constituent l’une des pièces maîtresses de l’appareil à gouverner. Les poulies qui les composent démultiplient la force exercée par la roue* sur les drosses*, puis le safran*. Ces palans de retenue sont accessibles, un système de leviers et de graduations permet de gouverner le navire en cas de défection de la barre à roue (extérieure et soumise au feu de l’ennemi). Un porte-voix (déjà) relie ce local sans visibilité au pont supérieur.

Palanquer. Verbe t. Tracter, tirer, soulever, etc. à l’aide d’un palan*.

Panne. Subst. f. État du navire qui n’offre plus de prise au vent. Mettre en panne (ou Empanner*) c’est arrêter un navire en orientant les vergues* de façon à ce que la poussée des voiles se contrarient. On peut aussi être en panne faute de vent (voir Encalminé*).

Panneau. Subst. m. Ouverture dans un pont, non dotée d’une descente fixe (contrairement à l’écoutille*) permettant de découvrir le pont au-dessous, pour le chargement ou l’aération. Les panneaux sont hermétiquement fermés par des lattes* amovibles, ou provisoirement par un prélart*.

Pantoire. Subst. f. Fort cordage capelé* à un mât ou un espar tombant vers le pont et terminé par un œillet à boucle ou une estrope*. Elle sert à la manœuvre, contrairement au cartahu* qui, lui, ne sert qu’à la haie de chargement ou déchargement.

Paquet. Subst. m. Le Paquet, avec sa majuscule, contient les ordres de l’amirauté au commandant du navire, ainsi que les éventuels lettres et documents officiels à transmettre. Il est scellé dans de la toile goudronnée, et lesté pour couler au cas où le navire serait pris.

Parc. Subst. m. Partie dégagée du pont inférieur, une fois ôtés les bordage du tillac*, il sert d’atelier par temps calme. On y dresse par exemple la forge de l’armurier. Par extension, les hommes du parc sont les ouvriers de bord qui ont des fonctions autre que la manœuvre : charpentiers, voiliers, armuriers, forgerons, etc.

Parer (1). Verbe t. Passer au large de (d’une côte, d’un écueil…)

Parer (2). Verbe t. Prendre garde, s’apprêter à. Paré à la manœuvre est la question que pose le bosco avant une opération difficile.

Passavant. Subst. m. Partie fixe du tillac* le long du pavois, le plus souvent étroite, formant une sorte de passerelle qui est le seul passage entre la dunette et le gaillard d’avant, lorsque sont ouverts les panneaux qui découvrent sur le pont inférieur.

Pataras. Subst. m. 1. Étai de haut mât, qui court d’une tête de mât à l’autre. 2. Sur un navire à mât unique, l’étai qui va de la tête de mât à l’étambot.

Patarasse. Subst. f. Coin de métal servant à enfoncer de l’étoupe, du calfat, dans les joints d’un navire.

Paumelle. Subst. f. Pièce de cuir épais que le voilier place au creux de la main pour pousser les grosses aiguilles. Un dé y est quelquefois cousu.

Pavillon. Subst. m. Petits drapeaux amovibles, hissés ou ôtés à la demande à partir de la dunette* sur la pomme* d’artimon ou de grand mât. Ils portent des signaux codés qui permettent de communiquer des informations et des ordres simples d’un navire à un autre. Voir aussi : Couleurs* et Signaler*. Les pavillons fixes portent des informations durables, à commencer par la nationalité du navire.

Pavois. Subst. m. Prolongation du bordage* de coque qui dépasse au-dessus du pont supérieur, pour le protéger des paquets de mer et servir de garde-corps. Il est percé à sa base de dalots* et surmonté d’une lisse*.

Pelle. Subst. f. Nom familier de la rame ordinaire de canot.

Perroquet. Subst. m. Sur les gréements carrés*, voile établie sur les vergues des mâts de perroquet, au-dessus des huniers*. On distingue le grand perroquet (au grand mât), le petit perroquet (au mât de misaine) et la perruche (au mât d’artimon).

Perruche. Subst. f. Perroquet* d’artimon. La voile la plus haute sur le mât d’artimon.

Petit largue. Subst. m. Allure* d’un navire, la plus proche du près, juste avant largue. Le navire est pratiquement perpendiculaire au lit* du vent.

Pétun. Subst. m. Argot pour tabac, et il s’agit en général de mauvais tabac.

Pilote. Subst. m. Officier marinier compétent pour assister les officiers supérieurs dans les décisions de cap et de trajectoires, pour le calcul des routes et des atterrissages. En grade, il est considéré comme major, au-dessus ou au-dessous (c’est selon !) du maître-timonier (chef de timonerie). C’est en général un excellent marin, expérimenté, ayant des aptitudes certaines aux mathématiques appliquées.

Pilotin. Subst. m. Dans la Marchande, homme d’équipage habilité à tenir la barre. Attention à ne pas appeler un pilote de la Royale « pilotin », on s’exposerait alors à des représailles.

Pinquet. Subst. m. Navire de commerce franc-tillac, deux mâts gréés au carré et un beaupré, bon marcheur.

Pique. Subst. f. Épieu, bâton ferré et pointu, quelquefois garni d’un crochet à l’une de ses extrémités (comme une gaffe*) et qui sert d’arme d’hast lors d’un abordage, soit pour le repousser, soit pour le favoriser.

Piquetage. Subst. m. La mer est un puissant corrosif pour les objets ferreux. Les boulets sont en fer, Donc les boulets, même protégés par de la graisse, rouillent au cours de longues croisières passées à fond de cale. Le piquetage consiste, à l’aide d’un petit marteau (le piquois) dont l’une des têtes est pointue et l’autre plate, à oter les points de rouille et rendre à l’objet son meilleur polissage.

Pistolet. Subst. m. Même principe de mise à feu que pour un mousquet*, il n’est précis que dans une limite d’une trentaine de mètres contre cinquante à soixante pour un mousquet. Le duel se pratique donc à « vingt pas », histoire de ne pas se rater. Vers 1805, des armuriers français commencent à rayer l’âme des canons de pistolet !, améliorant la précision au-delà de trente mètres.

Plage. Subst. f. Pont uni, à l’avant ou à l’arrière des navires de guerre, et sur lequel débouchent lei gueules des pièces dites de chasse, permettant de tirer de la proue ou de la poupe. On dit aussi « plage arrière » pour les navires franc-tillac* qui n’ont par définition pas de dunette*.

Plain. Subst. m. Marée haute. Opposé à Étale* Voir Marée.

Plat-bord. Subst. m. Ceinture de bois entourant le pont* supérieur et limitant le bordage*.

Plomb de sonde. Subst. m. Extrémité de la ligne de sonde, en plomb donc, et conique. La base est enduite de suif pour déterminer la nature du fond, sable (auquel cas le suif en remonte quelques grains et on en connaît la nature) ou rocher (la ligne* en répercute le choc).

Point. Subst. m. 1. Angle d’une voile où un œillet permet de passer une drisse : point d’écoute, point d’amure… 2. Une des 32 divisions de la Rose* des vents, voir Quart*. 3. Position du navire en mer, définie par rapport au soleil au zénith et à l’heure de référence, mais le mot ne prend ce sens que vers 1810. On lui préfère Méridienne* au XVIII°.

Pomme. Subst. f. Bloc de bois, généralement lenticulaire, formant chapeau au sommet d’un mat* et éventuellement doté de réas*, pour les drisses* de pavillon* par exemple.

Pompe. Subst. f. Aucun navire de bois n’est parfaitement étanche, les pressions qui s’exercent sur les bordages par grosse mer ou mer contraire compromettent un peu plus à chaque lame cette étanchéité théorique, sans parler des boulets sous la ligne de flottaison. Aussi les pompes sont-elles des outils de survie Indispensables. Au XVIII°, elles sont d’au moins deux types : la pompe â chaîne (ou chapelet) et celle à étoupe. La pompe à godets, plus efficace, est hélas trop encombrante sur un navire.

Ponisse. Subst. f. Femme de petite vertu, qui offre ses charmes dans les ports. Les marins, fils d’Ulysse, ont une vision assez étriqué de la gent féminine : elles sont soit mères, soit épouses, soit ponisses…

Pont. Subst. m. Niveau horizontal d’un navire, formé des bordages* recouvrant entièrement une rangée de barrots*, lesquels s’appuient sur les membrures*. Le pont couvre la majeure partie de la surface du navire au niveau où il se trouve. Il y a, hors dunette et gaillard, des navires â un, deux, trois ou (rarement) quatre ponts. Le pont principal est le niveau horizontal découvert d’un navire, à l’air libre. On parle aussi de pont supérieur.

Ponton. Subst. m. Navire de ligne démâté et désarmé, à deux ou trois ponts, auquel ses bordages trop vieux interdisent de reprendre la mer. Stationnant, c’est-à-dire échoué ou mouillé à quelques encablures d’une côte, il sert souvent de prison.

Porte-haubans. Subst. m. Pièce de bois en saillie sur la muraille* du navire, sur laquelle sont fixées les cadènes* destinées à la tension et l’écartement des haubans* plus loin que ne le permettrait la largeur du navire. Il y en a deux par mât, à chaque bord.

Pot-au-noir. Loc. Familièrement, l’état du navire encalminé*. L’expression a finit par désigner une zone changeante autour de l’équateur, réputée pour ses calmes. L’absence totale de vent y est aussi fréquente que les brumes, plus ou moins épaisses. Situation d’autant plus angoissante que la méridienne* est souvent impossible à faire et que les réserves diminuent sans recours possible, l’expression imagée fait référence au tonnelet contenant le brai*, ou suif noir, composé huileux et noirâtre très utile à bord. Les mouvements de surface de ce baril doivent rappeler l’état d’une mer… d’huile. Tournant sur lui-même au gré des courants changeants (quelquefois même des dos de cétacés curieux) dans une mer hostile, on dit que le navire broie du noir, et le moral de l’équipage, impuissant et inactif, descend avec le niveau des réserves d’eau douce. Cette dernière expression a fait son chemin.

Pouillouse. Subst. f. Voile d’étai*, établie entre le grand mât et la misaine.

Poulaine. Subst. f. Un « sabord horizontal » qui fait office de toilettes. Sur les navires de 5 ou 6e rang (frégate, corvette), elle est installée en général au plus près de la coquerie, car elle sert aussi à évacuer la souillarde* du coq, et seuls les officiers (subalternes et mariniers) qui n’ont pas droit aux bouteilles* de l’arrière peuvent s’en servir. L’équipage se débrouille avec les poulaines à l’air libre (et à l’eau de même) aménagées de par et d’autre de la proue, sur les guibres*.

Poulie. Subst. f. Formée d’un réa enserré par une chape* fixée à la cage* retenant l’axe ou aiguille*. Une poulie double (deux réas sur une seule chape) est appelée moufle*.

Pouliot. Subst. m. Petite poulie. Opposé à Caliome*.

Poupe. Subst. f. Arrière, où se trouvent, sur les navires, la dunette* et le mât d’artimon. Mais le mot vaut pour tout bateau de toute espèce.

Préceinte. Subst. f. Principale ceinture de bordages épais qui entoure la coque du navire. Il y a des sous-préceintes et des sur-préceintes (les unes et les autres dites Virures*) à hauteurs régulières, pour renforcer les ponts.

Prélart. Subst. m. Grosse toile goudronnée. Elle sert à protéger les objets entreposés sur le pont supérieur (sur les commerces, souvent) ou à garantir le pont inférieur des éléments lorsque les lattes* du pont supérieur ont été ôtées. Syn : Taud*, Tendelet*.

Près bon plein. Loc. Allure* d’un navire entre près serre et petit largue. Le vent est donc légèrement à contre.

Près serré. Loc. Allure* d’un navire, la plus proche du lit du vent. Le vent est donc presque à contre*.

Près, plus près. Loc. Allure* d’un navire. Proche et plus proche du vent debout, i.e. de face. Allures utilisées pour remonter au vent, louvoyer*.

Presse. Subst. f. Particularité anglaise. La Royal Navy étant en permanence à cours de marins, elle enrôle de force par tous les moyens : en écumant les bars et tavernes, en vidant les bagnes, en battant la campagne, en arraisonnant des navires de commerce, en faisant prêter serment aux équipages des navires pris, etc. Tous les moyens sont bons pour garnir les ponts de sa Majesté. Les Français sont plus chanceux : le statut de marin est protégé, dès le XVI°, pour attirer les hommes vers un métier qui va même bénéficier des premières « retraites », qui ne portent pas ce nom-là encore.

Prise. Subst. f. Quand le navire A est arraisonné par le navire B, A est la prise de B. Et ce quelle que soit la manière d’y parvenir, avec ou sans combat. La prise peut être légale (les navires appartiennent à deux nations en guerre l’une contre l’autre) ou illégale (un pirate s’est emparé d’un commerce, ou un navire de la Royale, du bâtiment d’une nation amie ou neutre). La législation sur le partage du butin, les parts de prise, est trop complexe pour être détaillée ici, mais en principe toute la chaîne hiérarchique, depuis commandant de l’escadre (même s’il est très loin au moment de la prise) au mousse, touche une partie du butin, une fois celui-ci vendu.

Proue. Subst. f. Avant, où se trouvent sur les navires le gaillard* et le mât de misaine*. Mais le mot vaut pour tout bateau de toute espèce.

Puisard. Subst. m. Trou ménagé dans le point le plus bas de la cale (la sentine*) et muni d’un tube de cuir ou de toile goudronnée. Il permet de mesurer les infiltrations d’eau à travers les bordés de coque, de surveiller en somme à quel point le navire prend l’eau.

q r

Quarantièmes rugissants. Loc. Zone des quarante degrés de latitude sud, où le vent est souvent particulièrement violent.

Quart (1). Subst. m. 1. Période de quatre heures pendant laquelle une partie de l’équipage est de service. Dans certaines circonstances, on établit de petits quarts (deux heures) ou de grands quarts (six heures). 2. Les hommes qui compose l’équipage actif pendant cette durée : pour abréger l’expression les hommes de quart, on dit « le quart ».

Quart (2). Subst. m. Une des trente-deux divisions de la Rose* des vents, utilisées pour donner des indications au barreur, ou pour que la vigie puisse indiquer l’endroit où elle voit quelque chose. On dit aussi Point : deux points tribord au vent (i.e. deux quarts à droite du fil du vent), ou trois points sur bâbord (i.e. trois quarts à gauche de la ligne* de foi).

Quête. Subst. f. Angle longitudinal des mâts par rapport à la surface des ponts. On parle d’un mât à quête lorsqu’il est fortement incliné vers l’arrière, comme ceux d’un schooner*.

Quille. Subst. f. Pièce allongée à la partie inférieure d’une coque, sur laquelle s’assemblent les pièces transversales formant l’ossature. La fausse quille est la pièce qui double la quille proprement dite, et constitue la pièce la plus basse d’une coque.

Raban. Subst. m. Tresse ou sangle servant à rabanter (arrimer) la voile. Les rabans de ferlage servent à serrer les voiles à leur vergue. On dit aussi rabaner (plus ancien) ; et sauve raban pour désigner l’anneau de corde en bout de vergue qui sert à les garantir. On utilise le raban pour serrer la voile au mouillage ou dans d’autres circonstances durables. Pour la serrer provisoirement, en suivant les caprices du vent, on utilise la garcette*.

Rabanter. Verbe t. Arrimer durablement par des rabans la voile à sa vergue. Plus largement : arrimer une manœuvre courante. Un navire au raban, ou rabanté, est au repos. On utilise aussi dérabanter pour l’action inverse.

Racage. Subst. m. Dispositif, ancêtre du roulement à billes peut-être, constitué de pommes de racage, sorte de boules (ou de perles), qui permettent à une corne* ou une vergue* de mieux coulisser ou s’orienter sur le mât. De moins s’user également. Le bâtard de racage est la ligne sur laquelle les pommes de racage sont enfilées. Ne pas confondre avec Ragage*.

Radoub. Subst. m. Opération par laquelle on répare et entretient la coque d’un navire, ses œuvres vives (sous la flottaison).

Ragage. Subst. m. Usure prématurée par frottement anormal.

Ralingue. Subst. f. Cordage cousu sur les côtés d’une voile pour accroître sa résistance, l’empêcher de se déchirer. Une voile en ralingue reçoit le vent d’un côté, mais ni dedans, ni dessus.

Rat. Subst. m. Le compagnon toujours présent du matelot. Voir Meunier*

Ratine. Subst. f. Tissu de laine épais, dont le poil est tiré en dehors et frisé.

Réa. Subst. m. Roue à gorge tournant autour de l’axe d’une chape* pour former une poulie.

Refouloir. Subst. m. Accessoire de servant de canon destiné à tasser au fond de l’âme charge, bourre et boulet. Pour le fusilier, on parle de baguette.

Refuser. Verbe t. Utilisé pour un vent qui devient défavorable. Ant : Adonner*. Rémolat. Subst. m. 1. Rame, aviron. 2. Ouvrier qui fabrique des rames.

Remonter. Verbe t. Faire route contre le vent et/ou le courant.

Renard. Subst. m. Ou table de loch. Terme familier pour la planche ou l’ardoise sur laquelle l’officier de quart note les relevés de vitesse (loch) et les changements de route (cap). Ces informations au brouillon sont ensuite reportées sur le livre* de loch (vitesse moyenne, changements de cap significatifs) pour permettre d’établir une position à l’estime*, corrigée par les informations du livre de bord, si la météorologie ne permet pas le relevé des points de méridienne (tempête, brouillard…).

Renverse. Subst. f. Moment du changement de marée, qui provoque dans les rias, les embouchures et dans certains ports un courant contraire à ce qu’il était auparavant, passant de courant de flot* à courant de jusant*, ou inversement. Voir Marée*.

Ridage. Subst. m. Manœuvre consistant à tendre, pour les raidir au mieux, des cordages, étais*, haubans*…

Rider. Verbe t. Tendre fortement un cordage.

Ris. Subst. m. Partie d’une voile renforcée et garni d’oeillets, entre chaque laize*, où passent les garcettes* qui permettent de la serrer sur une vergue pour en diminuer la surface au vent (prendre un ou des ris) ou de la desserrer pour augmenter cette surface (larguer un ou des ris).

Risée. Subst. f. Rafale de vent subite et passagère. Elle peut être dévastatrice, comme le grain*, car au moment où elle fond sur le navire, la toile qu’il porte est pensée pour un vent plus faible. La brusque saute de vent peut briser des espars et des voiles, voire engager* le navire.

Rôle. Subst. m. Liste des hommes d’équipage, et listes de leur répartition par équipe de quart*, l’ensemble constituant les rôles.

Rose des vents. Subst. f. Cercle séparé en trente-deux divisions (appelés quarts) correspondant chacune à une direction du vent et mesurant sur les roses modernes 11° 15′. Ces quarts portent chacun un nom. Par exemple, du nord vers l’est se succèdent : Nord, Nord-quart-Nord-Est, Nord-Nord-Est, Nord-Est-quart-Nord et Nord-Est. Puis de l’est au sud : Est-quart-Sud-Est et ainsi de suite.

Roue. Subst. f. Pièce circulaire, simple ou double, montée sur un axe. Située à la timonerie, elle commande aux palans* de retenue qui démultiplient le mouvement vers le safran* pour diriger le navire. C’est le premier maillon du gouvernail.

Rouf. Subst. m. Petite construction élevée sur le pont supérieur, ne s’étendant pas sur toute sa largeur et autour de laquelle on peut circuler. On en trouve le plus souvent sur les navires de commerce où ils servent de cabine aux éventuels passagers.

Roufle. Subst. m. Sur les vaisseaux de premier et deuxième rang, petite chambre de poupe qui sert de fumoir, de salon de réunion, pour le carré des officiers. Sur les vaisseaux plus modestes, l’une des chambres du capitaine. Ne pas confondre avec Rouf*.

Roulis. Subst. m. Mouvement alternatif d’un navire dont un bord puis l’autre se lèvent successivement sous l’effet de la houle. Mouvement transversal opposé au tangage*, mouvement longitudinal.

Rousture. Subst. f. Liure* grossière, enchevêtrement de cordages destiné à solidariser deux pièces de bois longues, à consolider dans l’urgence un espar fendu.

Route. Subst. f. Ligne que suit un navire dans la direction prescrite par son commandant et sur laquelle gouverne le timonier. Elle se trace sur une carte, ligne idéale entre deux points qui doit tenir compte des fonds et des courants, pour définir les caps et leurs changements éventuels.

Rovaux. Subst. m. p. Argot. Précisément les archers du guet de Brest, mais plus généralement la maréchaussée, les cognes, les flics, les pou­lets, etc.

s

Sable. Subst. m. Les navires de guerre emportent une impressionnante quantité de sable. S’il sert de lest, d’émeri pour briquer les ponts ou d’extincteur pour un feu de coquerie, ce n’est pas son rôle le plus terrible : on s’en sert pour sabler les ponts et les abords des canons au moment du branle-bas de combat pour empêcher les vivants de glisser sur le sang des morts et des blessés pendant la bataille.

Sablier. Subst. m. Cet instrument de mesure du temps est encore très important sur un navire du XVIII°. Son écoulement rythme inexorablement la vie du bord, chaque retournement de sablier est marqué par un coup sur la cloche jusqu’aux coups du changement de quart. Au milieu du siècle, la mesure du temps nécessaire au calcul de la position s’appuie sur des montres de marine de plus en plus précises, mais le sablier continue d’être employé pour les rythmes du bord, ou la mesure de la vitesse (voir Loch*). Syn : Ampoulette.

Sabord. Subst. m. Ouverture rectangulaire ménagée dans le flanc de la coque, généralement pour permettre aux canons de sortir la gueule. Il est fermé par un mantelet*. Les sabords d’arcasse* sont ménagés dans l’arrière du navire pour les canons* de retraite,

Sabot. Subst. m. Mauvais navire.

Sabre. Subst. m. Épée de taille à lame recourbée d’un seul tranchant, le sabre d’abordage est assez différent du sabre de cavalerie. Sa lame, plus large et lourde, amplifie les coups de taille. Il est également plus court pour faciliter les mouvements dans le corps à corps désordonné d’une bataille de pont. Sa garde, couvrant toute la main ou presque, sert de coup de poing dans la mêlée. Pour sabre d’abattis, voir Coutelas*.

Safran. Subst. m. Pièce de bois plate placée verticalement à la poupe du navire, Sous sa ligne de flottaison, dont les mouvements commandés par les fémelots* orientent sa direction dans le sens voulu par la roue*. C’est le dernier maillon du gouvernail.

Sainte-barbe. Subst. f. Soute des matériels d’artillerie, dont la poudre à canon. Le maître poudrier, en chaussons de feutre pour ne pas faire d’étincelles, y fabrique les gargousses* qui y sont stockées.

Saisine. Subst. f. Solide cordage (bout, raban, brosse) servant à saisir, à fixer fermement un objet.

Schooner. Subst. m. Corvette à deux mâts, inclinés vers l’arrière, et un beaupré. Fortement toile, c’est un navire racé, rapide et très manœuvrable.

Scier. Verbe t. Jouer des avirons pour contrecarrer la progression de l’embarcation, freiner en quelque sorte. Ant : Nager*.

Scorbut. Subst. m. Plaie de toutes les marines dès les premières navigations au long cours et jusqu’à la fin du XVIII°, elle est due à une carence d’apport en vitamine C contenue dans les fruits et légumes frais impossibles à conserver à bord. Apparaissant vers le 75° jour de mer, elle provoquait fièvres, anémies, hémorragies, cachexies et gastro-entérites qui décimaient les équipages. Voir Antiscorbutique*.

Seille. Subst. f. Seau de bois ou de toile, muni d’oreilles dans lesquelles on passe une corde en guise d’anse. Utilisé généralement à la place de « seau ».

Senau. Subst. m. Navire ancien (1550-1650) ponté à deux mâts et beaupré. Large et lent, il sert au bordage* à partir de XVI°, particulièrement prisé des Hollandais. Certains commerces du XVIII° portent à l’artimon une voile large dite voile de senau.

Sentine. Subst. f. La partie la plus profonde de la cale, où s’accumulent les eaux de suintement. Le puisard* qui y plonge permet de mesurer la vitesse d’infiltration, ou le niveau en cas de voie d’eau.

Sextant. Subst. m. Instrument à réflexion, composé d’un sixième de cercle gradué, qui permet de mesurer l’angle d’un astre donné au-dessus de l’horizon (ou de deux amers* à la côte, voire deux navires l’un par rapport à l’autre) de manière à faire le point*, calculer sa latitude* (plus le soleil est bas, plus on s’éloigne de l’équateur), puis à l’aide du chronomètre*, sa longitude* (au plus haut du soleil, il est midi au lieu où le point est fait, la différence avec l’heure de Greenwich donne la longitude).

Signaler. Verbe t. Faire des signaux. Ils sont composés par des combinaisons de pavillons* (de jour, la nuit ce sont des combinaisons de lanternes*), hissés au mât d’artimon, ils permettent aux navires de communiquer à vue. Les ordres les plus simples sont codés par un seul pavillon. Pour ne pas être lus par l’ennemi, les codes répertoriés dans un livre des signaux changent régulièrement. On peut aussi envoyer un message lettre par lettre.

Sillage. Subst. m. Trace que laisse derrière lui un navire en marche, particulièrement spectaculaire la nuit dans certaines eaux (équatoriales notamment) dans lesquelles le plancton, phosphorescent, le marque plus encore.

Sloop. Subst. m. Navire franc-tillac* à un ou deux mâts verticaux gréés au moins d’une grand voile carrée, d’un foc et d’une trinquette. Ce sont en général des navires rapides aux bon­nes qualités de mer. C’est le plus petit des vaisseaux de guerre, donc de sixième rang, commandé par un lieutenant.

Sonde. Subst. f. Instrument permettant de sonder* la profondeur de l’eau dans laquelle le navire fait route, de façon à le garantir contre les hauts-fonds. Elle est constitué d’une ligne* de sonde et d’un plomb* de sonde.

Sonder. Verbe t. 1. Plonger dans l’eau. 2. Manier la ligne de sonde, mais on dit plus volontiers donner un coup de sonde.

Souillarde. Subst. f. Tout trou ménagé à des fins d’évacuation de salissures, et aussi la baille* (le baquet de bois) qui est dessous pour recevoir ces ordures, le caisson en bois contenant les épluchures de la coquerie. Cela peut être également des tinettes sur un pont réservé à des prisonniers.

Souille. Subst. f. Enfoncement que crée dans la vase un navire échoué. À la fois le creux dans lequel il gît, et la trace qu’il laisse sur le fond

Souquer. Verbe t. Serrer ferme un nœud, ou une amarre.

Sous le vent. Loc Désigne le côté opposé à celui d’où souffle le vent. Opposé à Au* vent.

Soute. Subst. f. Partie cloisonnée des ponts inférieurs et/ou de la cale, servant à entreposer du matériel ou des provisions. Subrécargue. Subst. m. Agent de l’armateur d’un navire de commerce, chargé de surveiller la cargaison, de la négocier au mieux. S’il n’a pas de responsabilité en mer, il y fait souvent office de commissaire* de bord, et à l’escale, le navire est à sa disposition.

Suif. Subst. m. Graisse animale, composée de divers glycérides. Son emploi est constant en marine : pour graisser les mâts, vergues et autres espars qui sont ainsi plus souples, moins sujets au bris ; pour fabriquer du brai* (dit suif noir. Voir Pot*-au-noir) entrant dans la composition du calfatage* ; pour la fabrication de certains enduits et peintures, etc.

Surdet. Subst. m. Vent soufflant du sud-est. Suroît. Subst. m. Vent soufflant du sud-ouest. Tableau. Subst. m. Partie plate de la poupe; généralement décorée, que percent les fenêtres du château*. On y peint le nom et le port d’attache du navire.

Tafia. Subst. m. Breuvage composé, en proportions variables, d’un méchant alcool de distillation (eau-de-vie, rhum…) d’eau et de sucre. Pour l’aromatiser, on ajoute du jus de fruits ou on en laisse macérer. Notons qu’à l’origine, le « ratafia » désignait le deuxième verre de tafia. Le Bishop consiste en du rhum mélangé à de l’eau bouillante où macèrent des piments. Costaud…

Taille-mer. Subst. m. Partie de l’étrave renforcée d’un bois plus dur et/ou doublée de cuivre, car c’est elle qui fend l’eau.

Talon. Subst. m. Partie mâle au pied du mât, qui s’engage dans la chouque*.

Tampon. Subst. m. Bouche-trou formé d’étoupe et de toile goudronnée. Placés à l’extérieur de la coque pour profiter de la pression, ils servent à limiter les infiltrations en cas de voie d’eau.

Tangage. Subst. m. Mouvement alternatif d’un navire dont la proue et la poupe plongent successivement sous l’effet de la houle. Mouvement longitudinal opposé donc au roulis*, mouvement transversal.

Taquet. Subst. m. Petite cheville de bois amovible fichée dans les plats-bords, ou sur un mât, pour pouvoir tourner* les manœuvres courantes (drisses*, écoutes*…). On parle d’un cabillot* sur un navire, et d’un taquet sur un canot ou une barque.

Taret. Subst. m. Mollusque lamellibranche au corps vermiforme et à coquille très réduite, creusant des galeries dans les bois immergés. Un des plus redoutables ennemis des coques, on s’en doute.

Taud. Subst. m. Abri de toile goudronnée, que l’on établit au-dessus d’un canot, ou d’une portion de pont pour le protéger de la pluie ou du soleil. Syn : Prélart*. Tendelet*.

Tendelet. Subst. m. Toile gréée en dôme au dessus d’une partie du pont. Syn : Taud*, Prélart*. Le mot est utilisé de préférence à Taud quand la notion de confort est présente. Quant au Prélart, sa fonction est purement pratique.

Tillac. Subst. m. Pont supérieur, dans la partie centrale du navire, entre la descente de dunette et celle du gaillard d’avant. Tout ou partie des bordages du tillac (les capots*) peut être retiré pour avoir accès aux ponts inférieurs, pour le chargement. Seuls alors les passavants* permettent de passer de la poupe à la proue. On dit aussi pont principal. Sans dunette ni gaillard, le navire est dit franc-tillac.

Timon. Subst. m. Longue barre de bois solidaire du safran et qui permet de gouverner une embarcation à barre* franche. Par usage, le mot désigne quelquefois l’ensemble de l’appareil à gouverner, même si la barre est à roue et à drosses*.

Timonerie. Subst. f. 1. Partie du navire où se trouvent la roue de gouvernail, le compas, les sabliers (ces deux derniers dans l’habitacle*) la cloche de quart et l’équipet* des lunettes. Généralement à l’arrière du tillac*, adossé à la dunette (qui souvent ouvre juste derrière sur la chambre des cartes), entre le grand mât et celui de misaine. Quelquefois le pont de dunette se prolonge pour lui servir de « toit ». 2. La fonction elle-même (diriger le navire). 3. Le groupe d’hommes affecté à cette tâche.

Timonier. Subst. m. L’homme de barre ; celui qui tient la barre, même si elle est à roue et non à timon*. Le maître-timonier est un homme important parmi la mainstrance. (Voir aussi Pilote*)

Tinettes. Subst. f. p. Dans les navires de 5 et 6° rangs (frégate, corvette) où l’équipage ne dispose pas de poulaine*. ce sont des creux aménagés dans la guibre* de part et d’autre de la proue pour permettre aux hommes de déféquer. La mer se charge du nettoyage.

Tire-bourre. Subst. m. Familier pour dégorgeoir*, instrument servant à gratter les résidus de poudre et de bourre dans l’âme du canon.

Tire-veille. Subst. f. Ligne* gréée en main-courante (le long des échelles, des descentes, dans les cabines, etc.)

Tireau d‘eau. Subst. m. 1. Hauteur entre la quille (ou le point le plus bas) et la flottaison. Il se modifie donc en fonction du chargement. 2-Le volume d’eau que déplace le navire (on dit tirer).

Tolet. Subst. m. Cheville de fer ou de bois enfoncée dans la toletière (pièce de bois horizontale sur le plat bord du canot) et qui sert de point d’appui aux avirons d’une embarcation. Voir aussi Dame* de nage.

Tonneau. Subst. m. Unité internationale de volume adoptée à partir du XVI°, valant 2,873 m3. Elle est employée pour déterminer la capacité des navires. 1 200 tonneaux est la capacité d’un deux-ponts, 800 pour une frégate, 200 pour un brick ou une goélette, 50 pour une corvette ou un chasse-marée, et jusqu’à 3 000 pour les plus grands vaisseaux de première classe.

Toron. Subst. m. Groupe de fils de carets* réunis ensemble par torsion et dont on fait les cordages toronnés. Une corde est donc composée de torons eux-mêmes composés de fils de caret.

Touage. Subst. m. Prise en remorque d’une embarcation par une autre. Le terrien dirait « remorquage ».

Touée. Subst. f. 1. Câble de grosse section servant au touage*. 2. Longueur d’amarre entre deux navires au touage. 3. Longueur mouillée de la chaîne d’ancre.

Touer. Verbe t. Hâler un navire par traction sur un câble, « remorquer ». On peut touer à bras ou touer au cabestan*, ou encore « remorquer » un navire en le prenant à touée. Syn : Se déhaler, s’il s’agit d’un navire agissant seul, au moyen d’une ancre, par exemple.

Touline. Subst. f. Câble destiné à touer* (haler) un navire qui ne peut pas manœuvrer par lui-même (échouement, mouillage encombré, etc.). Le câble pour un remorquage long ou difficile (gros temps) est appelé Touée*, il est évidemment d’une section plus importante

Touret. Subst. m. Dévidoir de ligne dont l’axe, terminé en poignée, est fortement graissé pour éviter le plus possible les frottements. U sert essentiellement à la mesure de la vitesse par le loch*.

Tourmentin. Subst. m. 1. Petit foc renforcé et très solide gréé uniquement par gros temps, sa fonction étant à la fois de maintenir le navire dans le fil du vent et de maintenir sa vitesse légèrement supérieure à la houle, si la mer n’est pas croisée. 2. Il a donné son nom à un caban goudronné de forte toile que porte l’homme de barre quand les éléments le lui imposent. Syn : Magellan*, Caban*. Tourner. Verbe t. Assujettir un cordage sans l’embosser (le nouer).

Traînard. Subst. m. Voile ou pièce de toile qu’on laisse traîner derrière le navire, pour en freiner la course ou corriger un défaut temporaire de l’organisation de sa voilure. Syn : Drague*, ancre flottante.

Travers. Subst. m. Ligne fictive perpendiculaire à l’axe longitudinal du navire, la ligne* de foi. Ces deux axes forment ainsi une croix qui, comme une rose* des vents, est divisée en sept « points » par quart, servant d’indication pour le timonier ou la vigie. Une lame par le travers frappe le navire sur l’un de ses côtés, parallèlement à sa route.

Tribord. Subst. m. Le côté droit du navire quand on regarde vers l’avant, dos au gouvernail. Opposé à Bâbord*.

Tribordais. Subst. m. Matelot ayant son hamac à tribord, faisant partie du quart tribord, servant une pièce de tribord.

Trinquet. Subst. m. Mât de misaine des navire grées en voiles latines.

Trinquette. Subst. f. Voile d’étai avant la plus proche du mât de misaine, gréée sur l’étai qui va du mât de hune de misaine à la hure de beaupré.

Trou du chat. Loc. Vide ménagé dans le plancher de la hune* pour pouvoir y monter, notamment par gros temps, sans emprunter les gambes* de revers, plus dangereuses.

Typhus. Subst. m. Désignant d’abord nombre de maladies infectieuses (fièvre jaune, purpura), .le typhus fut isolé et décrit vers 1760. Maladie infectieuse mortelle, contagieuse et épidémique, elle est causée par une bactérie (la ricket-tesie) transmise par les poux. Après des symptômes spectaculaires, elle conduit à une stupeur généralisée, puis à un coma profond et mortel. Généralement, la maladie survient à bord après les escales prolongées, les poux survivant mal en mer.

v à z

Vaigrage. Subst. m. L’ensemble des planches épaisses, les vaigres*, formant le revêtement intérieur de la coque d’un navire. Il double le bordage*.

Vaigre. Subst. f. Planche épaisse formant le vaigrage*, doublage intérieur de la coque.

Vaisseau. Subst. m. Tout navire à trois mâts, avec au moins deux ponts* couverts et deux batteries* couvertes et 1 500 tonneaux*, comptant entre 80 et 120 canons. Entre 200 et 700 hommes d’équipage.

Vent. Subst. m. Mouvement de l’air se déplaçant d’une zone de hautes pressions à une zone de basses pressions, soumis à de nombreuses variables. L’intimité dans laquelle sont les marins avec le vent et ses différentes manifestations, des premiers temps de la voile jusqu’au XIX°, est difficile à appréhender pour un terrien d’aujourd’hui disposant d’une météorologie de plus en plus précise. Un bon marin à voile « sent » le vent, sa force, sa direction, son maintien possible ou sa disparition probable sans qu’il lui soit réellement nécessaire de réfléchir. Il les connaît aussi au sens où il utilise des vents répertoriés, inventoriés, comme des sources d’énergie fiables, si tant est que cet adjectif soit utilisable en mer.

Vent arrière est dos au navire. C’est l’allure* portante maximale. Cependant certains navires sont meilleurs au grand largue que par vent arrière.

Vent debout est face au navire. C’est une allure* transitoire pendant le changement d’amures*, quand le navire louvoie pour remonter au vent. Y rester le ferait culer*.

Vergue. Subst. f. Espar* disposé en croix à l’avant des mâts* dans un gréement carré et destiné à porter la voile qui y est fixée.

Vibord. Subst. m. La partie de la muraille* qui renferme les gaillards*. Il y en a donc deux : le vibord de proue et le vibord de poupe.

Virer. Verbe t. 1. Tirer, haler : virer au cabestan* (ou au guindeau*), virer la barre*, Virer à pic*, etc. 2. Faire « tourner » le navire d’un côté sur l’autre. Le virage est l’espace nécessaire, estimé, pour que le navire fasse son virement, c’est-à-dire tourne sur lui-même. Virer de bord : « Faire demi-tour » par rapport au vent, manœuvre consistant à inverser les amures, soit recevoir le vent du bord opposé à celui qui le recevait précédemment, soit passer de vent debout à vent arrière (Virer debout) et donc à disposer la voilure sous ses nouvelles amures. La manœuvre est complexe et elle peut rater, on dit alors Manquer à virer. Virer debout : Changer le bord au vent par vent debout (franchir le lit du vent de face pour changer d’amures*) en agissant sur la barre et en établissant en même temps la voilure adéquate : «faire demi-tour» dirait le terrien. La manœuvre sollicite énormément le gréement dormant qui peut alors casser par fort vent. Complexe à exécuter, elle peut rater, on dit alors Manquer à virer. Ant : Virer lof pour lof : changer le bord au vent, « faire demi-tour » dirait le terrien, avec le vent par le travers en agissant sur la barre et en établissant en même temps la voilure adéquate. La manœuvre est complexe et elle peut rater, on dit alors Manquer à virer.

Virure. Subst. f. File de bordages* s’étendant sur toute la longueur d’un bord. La principale, et la plus épaisse, est la Préceinte*. Voir les virures successives d’un navire est un moyen de mesurer la manière dont il donne de la bande* au vent.

Voile. Subst. f. Elle est carrée* (i.e. ayant la forme d’un quadrilatère régulier et gréées à une vergue* droite), aurique* (i.e. ayant la forme d’un quadrilatère irrégulier ou d’un triangle et gréées à un étai*, une draille* ou une corne*) ou latine* (i.e. triangulaire à antennes).

Voûte. Subst. f. Partie des bordages* de la muraille* de poupe, en arc de cercle autour de l’étambot*, qui soutient le château*. Syn : Arcasse*.

Yole. Subst. f. Canot à clins*. Plus légère, étroite et rapide que la majorité des canots, la yole est utilisée pour le courrier ou les messages entre navires au mouillage.

Zizimasser. Verbe t. Embrouiller, rendre confus, pas forcément propre aux marins, mais la seule occurence qui me soit connue se trouve au début de Corsaire de la République de Louis Gameray (voir Bibliographie). De plus, il fallait un « Z » pour finir ce glossaire…

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LEXIQUE TECHNIQUE ET EXPRESSIONS NAUTIQUES

FIGURANT EN ANNEXE DU GRAND METIER de Jean RECHER.

Terre Humaine  Plon 1977

Lexique marin donc,… mais surtout de pêcheur au chalut.

— A —

abattage (en carène) : Manœuvre consistant à coucher lo navire sur un flanc pour effectuer des réparations ou entretenir la coque.

abattée : Rotation du navire autour de son axe l’éloignant du lit du vent.

abattre : Faire une abattée.

abouter : Réunir deux pièces de chalut bout à bout ou deux filins.

accore : Bordure d’un banc plongeant brutalement dans les abysses.

acculage : Choc de l’arrière du navire (le cul) avec la lame, soit dans un gros temps de l’arrière, soit que le bateau ait de l’erré en arrière.

aérien : Antenne rotative du radar.

affaler : Faire descendre le chalut vers le fond. Faire descendre la morue dans la cale.

aiguille (à ramender) : Navette qui permet de refaire les mailles d’un chalut avarié.

aile : Voir plan du chalut.

ajust : Nœud provisoire pour réunir deux filins.

alèse : Morceau de filet permettant de réparer le chalut.

amarrage : Bout de fil à chalut d’environ une brasse permettant de réunir différentes pièces de chalut ensemble.

amer : Point de repère sur une côte.

amontais : Tous ceux qui habitent dans le nord-est de Fécamp. (Saint-Pierre-en-Port, Eletot, Sassetot-le-Mauconduit).

amorce : Première partie du chalut, en mailles doubles, qui précède le gorget.

amure : Bord du navire qui reçoit le vent.

amurer : Pris au sens de la pêche : se diriger. — Par exemple : un navire qui fait route vers un lieu de pêche et qui trouve une quantité abondante de poisson a bien amure.

anon : Nom courant de l’églefin.

apparence : Signes apparents de présence de poisson (mouettes, plancton sur l’eau et évidemment la détection donnée par les sondeurs).

argon : Nom donné aux filets ou filin en polyéthylène.

assurer (un panneau divergent) : Le crocher sur la potence à l’aide d’une chaîne pour le libérer de la fune de remorque.

aussière : Synonyme d’amarre. Gros cordage servant à maintenir un navire à quai. Par mauvais temps on double les amarres.

avaries : Toujours employé au pluriel. Ensemble des dégâts occasionnés au matériel de pêche.

aviron de gueule : Cuillère à soupe ou à café.

— B —

bagnard : Morceau de chaîne fixé sur les diabolos servant de lest.

baguer (une morue) : Lui passer à l’ouïe ou à une nageoire une bague portant la date de l’opération effectuée et ses mensurations. Cette morue est remise à l’eau vivante pour que l’on puisse suivre ses migrations.

baguer (une poulie) : La fixer à l’aide d’une estrope à un mât ou vergue. L’estrope fait le tour du mât comme une bague autour d’un doigt.

baille : Grand récipient où on lave la morue. Nom donné à la mer. (Tomber à la baille.)

bâillon : Filin qui sert à amener la poche du chalut le long du bord du bateau. Synonyme : lâche, bal de nuit : Travail sur le pont de la bordée qui prend le quart à 18 heures jusqu’à 6 heures du matin.

banc : Élévation au-dessus du fond de la mer.

banc (de nage) : Banc pour les rameurs dans un canot.

bande : Inclinaison que prend un navire sur un bord.

bander (une voile) : La consolider en doublant les ralingues.

bannette : Synonyme de couchette.

banquer : Arriver sur les lieux de pêche.

banquier : Navire qui pêche la morue sur le banc de Terre- Neuve et la sale aussitôt. On le distinguait ainsi de ceux qui restaient à la côte et faisaient sécher leur pêche à terre.

banquise : Amas de glaces flottantes laissant entre eux des intervalles nommés clairières.

barachois : Port ou rade abrité par des bancs presque à fleur d’eau laissant  entre eux plusieurs passes.

baraquette : Triangle en acier fixé sur les panneaux divergents et par lequel on les remorque.

barbotin : Couronne en fonte sur laquelle les maillons de la chaîne de mouillage viennent s’engrener.

barder : S’écarter l’un de l’autre en parlant des divergents.

bardis : Cloison provisoire divisant la cale d’un navire en plusieurs compartiments.

bajoues : Joues de la morue. En fécampois : « Bajos ».

barroter : Remplir la cale d’un navire à ras du plafond. (Entre les barrots).

bas-fond : Elévation du sol au-dessus du fond de la mer, mais au-dessus de laquelle il y a toujours assez d’eau pour le passage de tout navire.

batayoles : Montants supportant les rambardes.

batonnée : Quantité d’eau donnée par une pompe à chaque coup de piston.

bau : Poutre transversale qui porte les bordages des ponts, relie les murailles du navire et en maintient l’écartement.

biquette : Petit morceau de bois de 0,15 m à 0,20 m servant aux voiliers à prendre des mesures.

bise : Vent venant du nord, sec et froid.

bistouille : Eau-de-vie.

bitord : Cordage en chanvre goudronné employé pour faire des garnitures.

bitte : Forte pièce de bois ou de métal utilisée pour l’amarrage des navires.

bitture : Portion déterminée d’une chaîne qu’on doit laisser filer à la demande de l’ancre au moment du mouillage.

biture (prendre une) : Attraper une cuite.

bollard : Gros socle d’acier ou de fonte solidement fixé au pont supportant les réas servant de retour aux câbles de remorque du chalut.

bonhomme : Bollard plus léger et plus haut pour des charges moins importantes.

bordée  :  Partie de l’équipage travaillant toujours ensemble sous les ordres d’un maître de manœuvre appelé chef de Bordée.

bosse : Cordage court ou chaîne légère fixé par une de ses extrémités et  qui,  s’enroulant  autour  d’un  autre cordage sur lequel s’exerce un effort plus ou moins considérable, le maintient immobile par le frottement.

bossoir : Pièce en fer rond portant à son extrémité une poulie destinée à suspendre en dehors de la muraille d’un navire les embarcations de sauvetage.

botte : Tuyau de plomb des lieux d’aisance. botte forte : Nom du cordage destiné autrefois à infliger des punitions corporelles. boubouille (faire) : Tremper du pain dans du café au lait en remplacement d’un repas normal, repas qu’on ne prend pas parce qu’on se lève ou qu’on est trop fatigué.

boucaille : Brume légère.

boucle : Anneau en fer fixé sur le pont d’un navire destiné à recevoir des poulies ou des cordages. Les boucles fixées sur les quais ou sur des coffres de mouillage, beaucoup plus fortes, se nomment organeaux.

boudin : Nom donné à un chalut plein de poisson sur un chalutier-usine moderne.

bouée (de pêche) : Corps flottant, en liège, en bois, ou en tôle, mouillé sur un fond poissonneux ou difficile à chaluter en repère de position. bouette ou boitte  : Tout objet servant d’appât et qu’on accroche à l’hain d’une ligne de pêche.

bougon (harengs) : Harengs qui ont perdu la tête ou la queue.

bouillon : Grande quantité de poisson au sondeur-détecteur.

boujaron : Récipient en fer blanc (32″ partie du litre). Ration journalière d’eau-de-vie accordée au marin.

boujette : Petit sac faisant office de musette. Se dit d’une palanquée presque  vide  dans  les  périodes  de mauvaise pêche. (Virer une boujette).

boule : Flotteur d’aluminium, de plastique ou de verre servant à tenir le chalut ouvert dans le sens vertical.

bouler : Mettre des boules sur le chalut. Synonyme de déferler en parlant d’une lame.

boulette : Toute petite tache de détection apparaissant à la loupe à poisson.

bourguignons : Nom donné autrefois par les Terre-Neuvas aux glaçons isolés.

bourlinguer : Fatiguer par suite du mauvais temps, par des manœuvres longues et pénibles ; se dit du matériel et des hommes.

bourrelet : Filin d’acier nu ou plus souvent garni de caoutchouc formant la lèvre inférieure du chalut.

bourricot : Autre nom de l’ânon ou de l’églefin.

bout : Morceau de filin pouvant servir de raban. (Voir ce mot)

bout menteux : Encoignure de l’avant-port de Fécamp où les marins retraités racontent leurs exploits en les exagérant souvent. A  l’occasion en mentant un peu.

bouts (avoir les) : Casser les deux câbles de remorque du chalut et de ce fait tout le matériel est perdu.

brai : Suc résineux qu’on tire du pin et du sapin.

branchon : Synonyme de baraquette.

branle : Ancien nom du hamac.

branlée (attraper une) : Subir un fort coup de vent avec grosse mer.

bras : Fil d’acier qui réunit le panneau divergent au chalut proprement dit.

bras (faux) : Fil d’acier qui sert à rentrer le chalut à bord quand on sépare le bras du divergent.

brasse : Mesure de la longueur de deux bras étendus. Unité de longueur d’environ 1,62 m, en France, qui servait autrefois à mesurer les cordages. Unité de longueur de six pieds, en Angleterre, soit environ 1,828 m utilisée pour mesurer la profondeur de l’eau.

bredindin :  Palan placé au-dessus des écoutilles  servant à descendre dans la cale des objets de poids médiocre.

breton : Un objet ou une couchette est placé en breton lorsque sa longueur est dans le sens des baux.

breuille : Ensemble des viscères de la morue.

brider :  Etrangler , rapprocher plusieurs cordages, tendus parallèlement par plusieurs tours d’un autre cordage qui les serre en leur milieu.

brigadier : Premier matelot d’une embarcation munie d’une gaffe, placé à l’avant, qui reçoit les bosses ou les amarres.

brise-lames : Digue élevée sur le gaillard d’avant pour empêcher les lames de déferler sur le pont.

broque-broquage : Synonyme de maillage. Quantité de poisson pris par les ouïes dans les mailles du chalut.

bruine : Pluie fine semblable à la brume.

bulot : Espèce de gros bigorneau commun sur les lieux de pêche.

burin : Gros épissoir droit, en bois de gaïac.

— C —

cabane : Synonyme de bannette et de couchette.

cabaner : Renverser par dessus dessous. Etre expulsé de sa couchette par un fort coup de roulis.

cabeuiller (se) : Se donner beaucoup de mal.

cabillaud : Morue fraîche ou églefin frais.

cabillot : Cheville en bois ou en métal pour tourner une drisse ou une manœuvre quelconque.

cable : Filin d’acier de 25 à 28 m/m de diamètre servant à remorquer le chalut. (Voir fune).

cailleboutis : Treillis en bois amovible servant à laisser l’eau s’écouler.

caillette (Faire la) : Prolonger le repas qui précède le repos en racontant des histoires. Hirondelle de mer.

caique : Petit canot de pêche yportais.

caisson : Armoire du marin.

caler : Laisser tomber brusquement.

caliorne : Gros palan servant à virer les grosses charges.

campagne de pêche : Temps qui s’écoule entre la revue d’armement et le désarmement d’un chalutier. Dure en général un an et peut être composée de deux ou trois rotations avec livraisons en France.

canoter : Sens propre : Utiliser un canot pour aller d’un chalutier à un autre. Sens figuré : 1″) Aller de l’un à l’autre en jouant la mouche du coche. 2°) Attraper une cuite par petits coups successifs.

caouiner : Somnoler. Avoir les yeux qui clignotent comme le chat-huant dont l’appellation en yportais est « cahouant ».

cape : Allure du navire par gros temps vent debout ou près du lit du vent pour être dans les meilleures conditions de navigation et de sécurité.

capelan : Poisson entre le lançon et la sardine, nourriture de prédilection de la morue.

capeler : Faire une boucle avec un cordage et en entourer une pièce. Se vêtir en passant par-dessus la tête.

capeyer : Tenir la cape.

carapouche : Fort coup de vent.

carène : Partie de la surface d’un navire qui est submergée lorsqu’il est chargé. On la nomme aussi œuvres vives.

caréner : Réparer la partie immergée d’un navire lorsqu’il est en charge.

cargo : Eclairage étanche du pont de travail.

cargue : Manœuvre courante servant à haler le chalut à bord. Synonyme d’étrangloir.

carottes (gratter les carottes) : Laver la morue avec une cuillère à énocter.

carré du chalut : Milieu de l’ouverture du chalut compris entre les deux ailes.

carré : Salle à manger des officiers.

cartahu : Manœuvre courante passant dans une poulie simple et servant à hisser des charges.

casser (l’erre) : Diminuer la vitesse d’un navire.

castor : Mousse débutant à Terre-Neuve.

chaîne (de potence) : Chaîne servant à assurer les panneaux divergents.

chaise : Tresses, sangles, cordages disposés pour recevoir un homme assis.

chalut : Filet ayant la forme d’un grand sac allant en se rétrécissant et qu’on traîne au fond de la mer.

chalut (à poil) : Chalut ayant subi de très gros dommages.

chape : Monture d’une poulie.

chapelet : 1°) Chapelet de détection : Plusieurs boulettes superposées indiquant la présence de poisson au détecteur. 2) Taches de sang sur la chair de la morue salée formant chapelet.

charte-partie : Contrat définissant les conditions d’affrètement et de règlement de l’équipage.

chaumard : Pièce de guidage des amarres.

cheval (petit) : Pompe qui alimente le circuit de lavage du poisson.

chèvre : (Voir facile).

chien : Poulie articulée servant à réunir les deux câbles du chalut à l’arrière du navire pour permettre à ce dernier d’évoluer sur tribord ou bâbord sans risques pour l’hélice. Synonyme : poulie à gaboter.

chiotte : Mauvais bateau.

chique (Avaler sa) : Mourir.

cholle (Etre à la) : Etre stoppé sans erre ou pour travailler le poisson quand le pont est plein ou pour une avarie de machine quelconque.

choquer : Filer ou mollir un cordage soumis à une grande tension. Expression sans doute empruntée au choc que ressent le cordage quand on le lâche.

chouque : Bloc de bois rectangulaire en chêne ou en orme servant à réunir deux mâts. On emploie l’expression dormir comme une chouque. (Dormir profondément.)

cirque (Monter le) : Placer dans les épontilles sur le pont, des planches amovibles pour former les parcs à poisson.

colibet  :  Morceau délicat très recherché des gourmets se trouvant  dans  la  partie  supérieure  de  la  gorge  de la morue.

colin : Lieu noir.

compter : Etre réglé de sa part de pêche.

con de vache : Epissure avec recouvrement des deux bouts du filin.

conduit (à morue) : Glissière en toile par laquelle la morue descend dans la cale.

coqueron : Petite cambuse ou petit magasin pris dans les formes avant ou arrière du navire.

cotillon : Pantalon ciré.

couette : Avarie dans le chalut en forme de V.

couillard : Raie mâle.

couille de breton : Sorte d’oursin sans épines. Violet de l’Atlantique.

couille en bouc : Petit bateau désuet et sans moyen.

courant : Mouvement de l’eau dans une direction déterminée. La partie d’une manœuvre du garant d’un palan qui se trouve soit entre les réas des poulies soit en dehors du côté sur lequel est fait l’effort. La partie fixe est le dormant.

coussin (sel de) : Sel restant entre chaque poisson pendant la livraison.

crasse : Ensemble de tout ce qui est péché et rejeté à la mer parce que non commercialisable.

crever (laisser) : Quand la pêche n’est pas abondante et que la morue est belle, attendre que le poisson soit mort pour le travailler afin qu’il ne soit pas taché de sang.

croc (faire le) : Tenir le filet devant un ramendeur en lui présentant les mailles.

crochard : Petite croche, le chalut se décrochant aussitôt.

croche : Fait de crocher.

crocher : Accrocher le chalut au fond sur une roche ou une épave.

cuillère a énocter : Gouge en acier servant à enlever le sang du poisson. (Gratter les carottes).

cul : Poche du chalut.

cul dans les bottes (Etre le) : Fatigué à l’extrême.

cul de porc : Sorte de nœud servant à grossir l’extrémité d’un filin.

— D —

dadin : Oiseau de mer ressemblant à la mouette. dague : Synonyme de croche.

dalle : Gouttière pour l’écoulement des viscères le long des parcs ébreuilleurs.

dalot : Trou dans la paroi d’un navire pour l’écoulement de l’eau (sabord).

dame : Tolet plat en bois placé sur le plat bord d’un canot et qui reçoit les avirons.

débanquer : Quitter les lieux de pêche.

débardage : Déchargement à quai d’un navire.

déborder :  Pousser au large en parlant d’une embarcation accostée à un navire ou à un quai.

débouquer : Sortir de l’embouchure d’un canal vers la haute mer.

debout (vent) : Vent soufflant en sens contraire de la marche d’un navire.

décapeler : Enlever un capelage, une vareuse, un pull-over.

decca : Système radio de navigation maritime ou aérienne per­mettant de donner la position sur une carte spéciale.

décharger : Livrer sa cargaison.

dèche : Mauvaise période de pêche.

déclaration : Tonnage annoncé à l’armateur chaque semaine.

déclencher (croc à) : Croc pouvant être retenu par l’arrière afin de larguer sa charge.

déclinaison (astronomique) : Distance angulaire d’un astre ou d’un point quelconque du ciel à l’équateur céleste.

déclinaison (magnétique) : Angle formé par le méridien magnétique (indiqué par l’aiguille aimantée) en un point de la surface du globe.

décoller : Couper la tête de la morue.

décolleur : Matelot chargé d’étêter la morue et de la passer au trancheur.

décor (être dans) : Gêné par d’autres bateaux et ne pas pouvoir suivre la sonde voulue.

découronné (chalut) : Chalut dont l’alèse est arrachée de l’armature.

décrasser : Enlever tout ce qui n’est plus combustible dans un foyer de chaudière, avant de recharger de charbon neuf.

décrocher : Manœuvrer afin de pouvoir remonter un chalut accroché au fond.

défense : Ballon en corde ou vieux pneu que l’on suspend en dehors du navire pour empêcher le frottement sur un quai

ou un autre navire.

défoncer : Eclater le cul du chalut par une trop forte charge de poisson.

dégaboter : Enlever l’axe d’une manille. Ouvrir une poulie coupée.

dégréer (un chalut) : Enlever le chalut de service pour le réparer ou le remplacer par un autre d’un autre type.

déjauger : S’élever sur l’eau au-dessus de la ligne de flottaison.

délot : Doigtier de cuir ou de caoutchouc.

démailler : Enlever l’axe d’une manille. Disjoindre deux câbles.

déralinguer : Séparer de la ralingue. Mais toujours employé pour le chalut dans le sens de déchiré.

déraper : Décrocher une ancre ou un chalut du fond.

descendre (l’accore) : Chercher des eaux plus profondes. Faire route vers le sud ; on monte quand on fait du nord.

détaper (un chalut) : Synonyme de déverguer ou couper des amarrages.

diabolos : Ensemble des sphères métalliques ou en caoutchouc encreuillées sur un filin d’acier, roulant sur le fond et servant à lester la partie inférieure du chalut.

dinghy : Canot pneumatique à moteur hors-bord.

divergent ou panneau ou planche : Panneaux qui tiennent écarté et ouvert le chalut dans le sens de la largeur par l’action des filets d’eau provoqués par le remorquage.

doris : Embarcation à fond plat servant sur les voiliers à tendre les lignes et sur les chalutiers à faire des transferts de matériel et de courrier.

dormant : Partie fixe d’un cordage sur lequel s’exerce l’effort.

dos : Dessus du chalut.

doubler : Le lit du vent : Passer de tribord amure à bâbord amure en passant par le vent debout. Un navire : Le doubler de vitesse. Un cap : Le contourner. Les amarres : Les disposer en double en cas de mauvais temps.

draille : Cordage entre deux points de la mâture ou de la mâture au pont sur lequel on peut faire glisser ou courir une voile ou une charge quelconque.

drosse : Organe de transmission de la barre au gouvernail.

drosser : Pousser un navire hors de sa route initiale en parlant du vent ou du courant. Un courant violent peut drosser un navire à la côte.

dundee : Voilier de pêche à deux mâts jadis à Fécamp pour la pêche aux harengs.

— E —

ébreuiller : Eviscérer la morue.

ébreuilleur : Matelot qui ébreuille.

écho : Synonyme de détection.

élingue : Filin pour soulever une charge.

élingueux : Morceau d’acier acéré des deux bouts, dont l’un est piqué dans la planche supérieure des parcs ébreuilleurs et dont l’autre reçoit la tête de la morue pour que le matelot puisse l’ébreuiller.

émerillon : Boucle ou crochet rivé par une tige dans un anneau de façon à pouvoir y tourner librement.

empâter : Fixer le chalut sur la corde de dos.

encalmine : Arrêté par le manque de vent.

encornet : Synonyme de calmar.

encreuiller : Enfiler sur un bout : ou des flotteurs ou des maillons ou des poissons pour en faire un chapelet.

enfouir (s’) : Se laisser recouvrir par plusieurs lames successives.

enverguer (un chalut) : Le mettre en service.

épinglette : Epissoire fine.

équipet : Etagères servant à contenir des objets d’usage courant.

estime : Calcul de la position d’un navire en tablant sur le cap, la vitesse et la dérive.

estrope : Boucle formée d’un filin, fixée sur la corde de dos du chalut et par où passent les parpaillots.

étrangloir : Manœuvre courante qui sert à fermer le corps du chalut en le hissant à bord.

— F —

facile : Cartahu simple passant par le mât de charge avant servant à mettre le cul du chalut à la mer. Synonyme chèvre. La manœuvre qui se faisait dans le temps à la main, était pénible, d’où le nom de facile donné par les marins à ce cartahu qui pouvait remplacer 4 ou 5 hommes.

fatras : Amas de vieux cordage. Insulte donnée à un mauvais matelot comme par exemple : Paysan, pâtissier, biffin.

faubert : Sorte de balai fait avec du vieux filin de chanvre.

fesses : Parties arrondies de chaque côté de l’arrière d’un navire au-dessus de la flottaison.

fient : Poisson non travaillable ou crasse. Mauvais marin.

fienter : Faire mauvaise pêche.

filer : Manœuvre consistant à mettre le chalut à la mer. Dérouler les câbles du treuil d’une longueur égale à trois fois la profondeur, pour mettre le chalut au fond.

filière : Filin d’une longueur déterminée sur lequel sont tapées les empattures ou pattes.

flingure : Longue déchirure du chalut.

fouet : Filin ou tresse d’environ deux mètres terminé en pointe, fixé à des poulies ou à des bosses. On l’entortille autour de l’objet sur lequel on veut fixer la poulie ou la bosse.

fouetter : Fixer une bosse, une poulie au moyen d’un fouet.

fraîchir : Le vent fraîchit lorsqu’il augmente de force.

fraise : Laitance de la morue qui ressemble à de la fraise de veau.

fune : Synonyme de cable de remorque du chalut.

– G –

gabarer : Synonyme de godiller.

gabier : Matelot chargé du gréement de la mâture. gabot : Synonyme de manille.

caboter : Assurer les deux câbles de remorque dans le chien après les avoir virés avec une vérine. Visser l’axe d’une manille.

galette : Biscuit de mer rond ou carré.

galoche : Poulie longue et plate ouverte sur l’une des joues de manière à pouvoir y introduire le double d’un filin.

gameler : S’emplir d’eau dans un coup de vent. (Voir enfouir (s’.) gance : Voir estrope.

garant : Filin qui, après avoir formé un palan en passant dans les réas de deux poulies, s’élonge en partant de la poulie motrice et sur lequel on fait l’effort.

garde-montante : Aussière d’amarrage d’un navire empêchant celui-ci d’aller de l’avant.

gisement : Direction d’une côte, d’un navire, d’un amer.

glène : Pièce de cordage lovée en rond sur elle-même ou sur un touret.

grec : Nom donné à l’habitant d’Yport.

gueulard  :  Autrefois, le plus grand porte-voix du bord.

gueuse : Masse de fer parallélépipédique sur laquelle on coupe les filins à l’aide d’une tranche et d’une masse.

guindineau : Vient du verbe guinder qui veut dire dresser ou hisser ou hausser. Pièce métallique ou en bois placée aux extrémités des ailes du chalut qui guindent la pantoire de corde de dos.

GUiPON : Gros morceau d’étoupe ligaturé sur un manche de bois formant un gros pinceau utilisé autrefois pour le calfat.

gyro : Compas gyroscopique.

gyro (pilote) : Appareil à gouverner automatique commandé par le compas gyroscopique qui actionne par relais les gouvernes de l’appareil.

– H –

habiller (un poisson) : Le préparer pour le consommer.

habilleur : Ancien nom du trancheur à Terre-Neuve.

hérisson : Grappin à quatre becs.

houache : Remous que laisse derrière lui un navire faisant route. Quand un navire est rapide on dit : qu’il fait beaucoup de houache.

houant : Sorte de mouette maladroite et pataude.

houari : Embarcation à fond plat, jadis à voile, actuellement à moteur. — A Saint-Pierre-et-Miquelon : doris à moteur.

— I —

itague : Cordage fixé à un objet et sur lequel on agit au moyen d’un palan.

– J –

jambe de chien  :  Nœud employé pour raccourcir sans le couper un cordage trop long.

jambette : Montant vertical de rembarde.

jas : Pièce d’ancre sur un plan à 90″ des pattes qui oblige l’ancre à tomber sur le fond en position de crochage.

— L —

lacer : Former des mailles sur le chalut.

lâche : Autre appellation du bâillon.

lame : Vague plus ou moins élevée au-dessus de la surface de la mer.

largue (grand) : Un navire est grand largue lorsqu’il reçoit le vent par l’arrière.

lege  : Navire déchargé en partie ou complètement de sa cargaison.

l’vieux. — l’tonton. — l’singe. — l’daron : Appellations par les marins de leur capitaine.

lisse : Bordage d’un navire.

lit (du vent) : Direction suivant laquelle souffle le vent ; point de l’horizon d’où il arrive.

Loffer : Rapprocher l’avant du navire du lit du vent, soit en mettant la barre un peu sous le vent, soit en augmentant la voilure un peu de l’arrière.

loffet : Emmanché ou non, espèce de puchoir à claire-voie utilisé pour pucher le hareng ou les filets de morue dans un bac.

loran (long-rance aid to navigation) : Appareil radioélectrique permettant de déterminer la position du navire par rapport à trois stations émettrices avec une carte spéciale.

loupe (à poisson) : Tube cathodique d’appareil détecteur à ultra-sons.

— M —

maillage : Longueur d’une maille de chalut. — Synonyme de broque ou broquage. maille : Ouverture laissée entre les fils d’un filet de pêche.

maille : Anneau d’une chaîne.

mailler : Visser l’axe d’une manille.

maillon : Maille de chaîne d’ancre d’une longueur de 30 mètres. Selon la profondeur on mouille avec l’ancre un ou plusieurs maillons.

maistrance : Ensemble des gradés du bord.

malplaque : Nom donné par les Fécampois aux habitants du Havre.

manchon (d’écubier) : Conduit en fer dont on garnit un écubier pour préserver la membrure du frottement des chaînes.

manille : Pièce de fer servant à relier entre eux deux filins, deux chaînes.

maroquin : Fort filin partant du mât avant jusqu’à sur l’avant de la passerelle sur lequel sont maillées des poulies servant à soulever des charges.

masquer : Tomber sous le vent. Soit par erreur de l’homme de barre, soit par une saute de vent. Sur un chalutier classique les manœuvres de mise à l’eau et de virage du chalut se font tribord au vent de façon à ce que la dérive écarte le bateau du chalut. Il est donc dangereux pour l’hélice de masquer lors de ces manœuvres.

mate : Une mer mate est une grosse mer houleuse retombant sur elle-même sans se briser.

maugée : Pont plein de poisson quand la pêche est abondante.

mirza : Nom donné aux navires de guerre garde-côtes.

mieuzir : Calmir en parlant du vent et de l’état de la mer.

meulette : Estomac de la morue.

moque : Grosse timbale émaillée.

mouvement (faire) : Aller chercher, à l’aide d’un canot ou d’un dinghy, des vivres, du courrier ou du matériel sur un autre navire.

— N —

nable : Trou percé dans le fond d’une embarcation pour l’écoulement de l’eau. Ce trou se bouche avec un bouchon appelé tampon de nable.

nager : Agir sur les avirons d’une embarcation.

navette : Aiguille à ramender.

nez : Un navire tombe sur le nez lorsqu’il est trop chargé de l’avant.

nuaison : Durée pendant plusieurs semaines d’un vent fixé dans la même direction.

nos : Nom donné à l’arête principale de la morue. Patois de un os.

— O —

observation (faire une) : Prendre la hauteur d’un astre.

œil : Epissure sur le bout d’un filin en forme de boucle.

œuvres vives : Carène d’un navire ou partie immergée.

œuvres mortes : Partie de la coque qui émerge au-dessus de l’eau.

oreille : Partie saillante de chaque patte d’ancre.

orin : Petit filin frappé par une extrémité sur une ancre et par l’autre extrémité sur une bouée qui indique l’emplacement de l’ancre.

ouarot : Déformation de noirot. Oiseau de mer voisin du pingouin. Vrai nom guillemot. Sa présence coïncide souvent avec celle du poisson.

— P —

paille en queue : Oiseau blanc de la grosseur d’un pigeon et dont la queue est formée par une longue plume blanche et très droite.

paillet : Tablier ciré. — Morceau d’alèse double que l’on coud sur le cul du chalut pour le préserver de l’usure.

pain d’épice : Espèce de bloc spongieux, râpeux et lourd que l’on remonte dans le chalut sur certains fonds des côtes de Norvège.

pal : Abréviation de palanquée.

palanquée : Cul du chalut plein de poisson étranglé par la lâche ou bâillon que l’on vire à bord à l’aide du palan ou caliorne.

panneaux : Couvercle des écoutilles. panneaux divergengs : Voir divergents.

pantoire de planche : Bout de fort filin d’acier ou de chaîne maillé en patte d’oie sur l’arrière des divergents.

papillon : Nom donné à la morue salée pesant moins de 400 grammes à la livraison.

paquet : Grosse vague qui embarque par-dessus bord et balaie le pont.

paradis (marée de) : Journées de fort coup de vent, pendant lesquelles il est impossible de chaluter. Les marins, ne travaillant pas, peuvent se reposer et appellent ces journées : marées de Paradis.

parcs : Séparation du pont par des planches amovibles entre les épontilles. Les parcs sur un chalutier classique sont disposés ainsi de tribord à bâbord : Parc à larguer où l’on vide les palanquées. — Parc ébreuilleurs. — Parc décolleurs. — Parc trancheurs. — Devant les trancheurs, tout à fait sur bâbord se trouvent les castors (voir ce mot) installés devant leur baille respective qui « grattent les carottes ». (Voir cette expression).

paré : Etre prêt à effectuer une manœuvre.

parpaillot : Manœuvre courante permettant de hisser les diabolos à bord et de les embarquer en crochant un cartahu dans la chaîne épissée à son extrémité. Il y a deux parpaillots sur le chalut.

pastèque : Nom donné à la galoche ou à la poulie coupée.

pataras : Hauban supplémentaire partant du mât à 45° vers l’avant.

paumelle : Sorte de gants sans doigts (que l’on capèle sur la main), en cuir, garnis d’un disque quadrillé en métal qui sert à pousser les aiguilles pour coudre de la toile épaisse (autrefois les voiles).

paumoyer (les câbles) : Mesurer les câbles en les tenant fortement serrés dans les paumes. Les marins en file indienne halent sur les câbles en restant sur place.

pelle : Partie large et plate d’un aviron.

pellot : Petite pelle légère. Outil du saleur.

picouyer : S’embarrasser les mains en travaillant. Faire du mauvais travail en prenant plusieurs mauvaises décisions de suite.

picouyeux : Marin maladroit.

pinauder : Faire un travail lentement en perdant du temps.

piné (être) : Très fatigué. — Un poisson est piné lorsqu’il n’est plus de première fraîcheur.

piquois : Morceau d’acier acéré ligaturé sur un manche en bois utilisé pour transférer la morue du parc à larguer dans le parc ébreuilleurs.

pistolet : Plaque de guindineau sur laquelle sont maillés les pantoires et les bourrelets du chalut.

piston : Morue toute petite de taille inférieure au papillon.

plume (manger des) : Ne pas se lever pour manger et reprendre le travail l’estomac vide.

plume (le nez dans la) : Faire route avec fort vent debout en formant beaucoup d’embruns.

pointu : Intérieur de la partie avant d’un navire appelé ainsi à cause de sa forme délimitée par l’étrave.

portique : Mâture d’un navire ayant la forme d’un portique.

potence : Epontille en forme de U renversé supportant de très fortes poulies  dans  lesquelles passent  les câbles de remorquage ou funes.

pousser : Avoir le cap au… Pousser sur le nord : avoir le cap au nord.

prélart de pile : Large toile de sac avec laquelle on recouvre les piles de morues dernièrement salées.

prolongateur : Filin d’acier prolongeant les pantoires de planches qui, remontées dans la rampe arrière d’un chalutier-usine, permettent le démaillage des bras.

promener (les Parisiens) : Faire beaucoup de route à la recherche du poisson sans en trouver.

pucher. — pucheux. — puchoir : Puiser un liquide ou du poisson à l’aide d’un loffet, d’un pucheux ou d’un puchoir.

— Q —

queue d’un banc : Extrémité d’un banc.

— R —

raban : Bout de filin servant à fixer ou saisir un objet à son poste pour l’empêcher de se déplacer au mouvement du navire.

radar (radio détection and ranging) : Ensemble émetteur-récepteur permettant de déterminer par réflexion d’ondes hertziennes ultra-courtes la direction et la distance d’objets éloignés.

radoub : Réparation et calfatage de la coque d’un navire.

raflouer :  Remettre à flot un navire en profitant de la marée.

raide (comme une pince) : Se dit d’un cordage tellement tendu qu’on le compare à une barre de fer. Se dit aussi d’un marin complètement ivre.

raidir : Agir avec force sur un cordage pour le tendre.

ralingue : Cordage en filin franc ou en nylon tapé sur les lisières du chalut pour les consolider.

ralinguer : Poser une ralingue. — Avoir froid, grelotter.

ramender : Réparer un filet de pêche.

ramendeur : Marin spécialiste du ramendage.

rapporteur : Voir faux-bras.

rebander : Virer de bord. — Mettre un navire sur l’autre bande.

rebut : Poisson abîmé ou mal salé qui n’a plus de valeur à la livraison.

relâcher : Interrompre la navigation en mouillant dans une rade ou en entrant dans un port.

relèvement : Action de déterminer au moyen d’un compas ou du radar la direction d’un objet quelconque : navire, amer, etc.

relever (un navire, un cap, un objet) : Déterminer l’angle que fait leur direction avec la ligne Nord/Sud. Le quart : Remplacer les hommes de quart d’une bordée par ceux d’une autre bordée.

rembraquer : Tirer à soi en parlant d’un cordage. On rem-braque en paumoyant les câbles.

remonter (les fonds) : Suivre une sonde ou la couper en diminuant sa profondeur. (Le contraire est creuser).

ridain : Plis de terrain qui se trouvent au fond de la mer, parfois difficiles à franchir par le chalut.

ridoir : Appareil permettant de tendre un cordage.

ris : Portion d’une voile dans le sens de sa largeur comprise entre deux renforts de toile nommés bandes de ris.

rogue : Œufs de morues, maquereaux, harengs, etc.

rouge (morue) : Morue tranchée vivante, pas assez salée qui reste rouge de sang à la livraison.

rouge : Sorte de rascasse de l’Atlantique. — Autre nom de la sébaste.

— S —

sabord : Ouverture quadrangulaire pratiquée dans la muraille d’un navire.

safran : Assemblage ajouté sur l’arrière de la mèche du gouvernail pour en augmenter la puissance.

saint-lys radio : Station radio près de Toulouse permettant les  communications  mondiales  soit par  graphie  soit par phonie.

saisine : Filin servant à amarrer et tenir en place les objets divers.

saisir : Amarrer solidement un objet au moyen d’une saisine ou d’un raban.

saleur : Homme chargé de saler la morue ; c’est de son habileté que dépend la conservation de la cargaison. En principe, un bon saleur doit être capable, en jetant deux pellots de sel sur les plateaux d’une balance de les équilibrer.

sauve-garde : Filin d’acier placé en sécurité en cas de rupture d’une poulie.

secouée (prendre une) : Etre pris dans un fort coup de vent.

sondeur (ultra-sons) : Appareil indiquant la profondeur. Dans le cas d’un chalutier en même temps détecteur, révèle la présence des bancs de poissons.

souquer : Raidir, serrer fortement un cordage ou des tours de cordage autour d’un objet.

souris : Nom donné par les marins à un poisson rond épineux et visqueux ressemblant au poisson-lune.

stymbic : Sorte de poisson-chat gris ou tigré, redouté pour ses dents acérées.

surliure : Amarrage sur le bout d’un filin pour l’empêcher de se décorder.

syzigie : Marée correspondant à la Nouvelle ou à la Pleine lune.

— T —

tache : Nom donné à une boule plus ou moins importante sur la loupe à poisson.

tachot (être sur…) : Etre sur un banc abondant de poissons.

tailler : Couper les mailles d’un chalut avarié, d’une certaine façon, afin de le préparer au ramendage.

talon : Extrémité postérieure de la quille sur laquelle repose l’étambot.

talonner : Toucher le fond de la mer avec le talon.

tambour : Grosse bobine du treuil de pêche où s’enroulent les funes.

tanvest : Ballon en caoutchouc ou plastique de couleur vive facilitant le repérage des bouées.

taquet : Morceau de fer fixé en différents points d’un navire et servant à tourner ou amarrer des cordages ou manœuvres.

taud : Grosse toile placée sur le dessus des embarcations pour les protéger des intempéries.

tête (d’un banc) : Partie supérieure du banc.

têtière : Partie extrême avant de l’aile du chalut.

tire-veilles : Bouts de filins garnis de nœuds ou de pommes, fixés au haut des embarcations de sauvetage, permettant de descendre dans ces embarcations lorsque celles-ci sont mises à l’eau.

toile : Autre nom de l’alèse.

toron : Assemblage  d’un certain nombre de fils tortillés ensemble en sens inverse de leur torsion propre. On dit qu’un filin est en trois ou quatre suivant qu’il est formé de trois ou quatre torons tournés ensemble.

tosser : Frapper le long d’un quai à cause de la houle ou frapper contre une lame déferlante.

touiller : Remuer son café, etc.

touline : Petite aussière.

tour (faire un) : Mêler le chalut en l’établissant.

touret : Moulinet sur lequel sont enroulés les filins.

traîne ou trait : Temps pendant lequel le chalut est remorqué au fond. Temps entre le filage et le virage du chalut.

trancheur : Marin spécialiste qui ouvre la morue en deux après avoir extrait l’arête principale. (Voir nos),

transfiler (une manœuvre) : La bobine du treuil toujours en rotation, y laisse le minimum de tours de la manœuvre de façon à ce que la bobine tourne à l’intérieur de la manœuvre qui n’exerce plus de traction.

travailler sous les tables : Ne pas travailler de poisson après une récente remontée du chalut. Preuve de mauvaise pêche.

travers : Flanc central d’un navire.

traversée : Temps de navigation entre le départ de France et l’arrivée sur les bancs. Et vice-versa.

traversier : Aussière installée dans le travers d’un navire et capelée sur une bitte pour l’empêcher de s’écarter du quai.

treuilliste : Marin spécialisé dans la conduite du treuil de pêche.

tripode (Mât) : Mât tenu non par des haubans, mais par deux mâtereaux arc-boutés sous la hune et fixés sur le pont en abord.

trotteuses : Sphères métalliques ou en caoutchouc enfilées sur une partie du bourrelet et qui roulent sur le fond quand le chalut est en drague.

trousse couillon : Morceau de caoutchouc ou de grosse toile que le trancheur place sur son ciré pour en éviter l’usure par le frottement sur la table.

— U —

usine (chalutier) : Chalutier moderne à rampe arrière.

– V –

vadrouille : Faire route sur différents lieux de pêche à la recherche du poisson.

va-et-vient : Filin reliant un navire à la terre ou entre deux navires et dont on se sert pour établir une communication. Lors d’un échouement par exemple.

vaigrage : Assemblage de toutes les planches qui bordent intérieurement un navire. Si ces planches se touchent, le vaigrage est plein, dans le cas contraire, il est à claire-voie.

vaigrer : Mettre en place le vaigrage d’un bâtiment.

valdrague (en) : Précipitamment.

variation (w) : Angle formé entre le nord astronomique et le nord magnétique.

veille (ancre en) : Ancre sortie de l’écubier prête à être mouillée.

veiller : Faire attention. — Surveiller.

vélo : Prendre un vélo : attraper une cuite. Faire un vélo : Faire une erreur.

ventre : Dessous du chalut.

verge : Partie d’une ancre de forme octogonale allant du jas à la croisée de jonction des pattes.

vérine : Filin d’acier terminé par un gros croc, servant à virer les deux câbles de remorque du chalut dans le chien.

v.h.f. (very hight frequency) : Poste émetteur-récepteur de phonie à très hautes fréquences permettant de communiquer à distances courtes et moyennes. Très utilisé en pêcheries.

vierge : Intermédiaire en fonte ou caoutchouc séparant les sphères sur le jeu de diabolos. virage : Ensemble des manœuvres réalisées pour remonter le chalut.

volet : Petit compas portatif employé dans les embarcations.

— W —

w : Lettre d’abréviation de la variation.

—Y —

youyou : Embarcation la plus petite sur un navire de guerre.

—Z —

zobie (virer) : Faire pêche nulle. – Virer nul.


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