Création des Manufactures Nationales qui regroupent le Mobilier national, la Cité de la céramique – Sèvres & Limoges -, et la Manufacture des Gobelins. Ce pôle public unique regroupe plus de 53 métiers d’art.
7 01 2025
De même que la tectonique des plaques a fait oublier la dérive des continents, l’AMOC – Atlantic Meridional Overturning Circulation – va supplanter dans les esprits le Gulf Stream.
Un système de tempêtes colossal qui gèle tout sur son passage, avec des températures chutant à – 101 °C ; d’énormes grêlons qui frappent Tokyo ; de gigantesques tornades qui détruisent Los Angeles ; New York figée dans la glace… En 2004, le film hollywoodien Le Jour d’après, du réalisateur Roland Emmerich, dépeignait les conséquences catastrophiques d’une perturbation de la circulation de l’océan Atlantique, conduisant à une nouvelle ère glaciaire. D’un point de vue scientifique, le scénario est totalement irréaliste, tant sur l’amplitude du refroidissement que sur l’échelle de temps : en quelques jours plutôt que sur des décennies ou des centaines d’années.
Reste que le blockbuster aborde une menace qui inquiète toujours davantage les scientifiques et qui suscite de vifs débats : le risque d’un effondrement de la principale circulation océanique de l’Atlantique. Cette circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (ou AMOC, son acronyme anglais) contribue notamment à maintenir un climat doux en Europe et à réguler la température de l’Amérique du Nord.
Dans une lettre ouverte, publiée fin octobre 2024 et adressée aux dirigeants du Conseil nordique des ministres, 44 scientifiques du climat mettaient en garde contre le risque d’un effondrement de l’AMOC, aux effets irréversibles et dévastateurs, en particulier pour les pays nordiques, mais également pour l’ensemble du monde. Plusieurs études récentes, soulignent-ils, suggèrent que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a grandement sous-estimé cette menace et que le franchissement d’un point de bascule est une possibilité sérieuse dès les prochaines décennies.
Il serait alors très difficile d’empêcher un effondrement complet de l’AMOC, précise l’océanographe et climatologue Stefan Rahmstorf, du Potsdam Institute for Climate Impact Research, et l’un des signataires de la lettre. Cet effondrement ne s’achèvera probablement qu’à la fin du siècle ou plus tard, mais de graves répercussions se feront déjà sentir en cours de route.
Avant d’entrer dans les projections scientifiques, il est nécessaire de plonger dans les méandres de cet ensemble complexe de courants océaniques, souvent confondus avec le Gulf Stream.
L’AMOC transporte de l’eau chaude salée de l’équateur vers les pôles, au large des côtes américaines, puis de l’Europe du Nord et de l’Ouest, jusqu’aux mers arctiques bordant le Groenland et la Scandinavie. Là, ces courants de surface se refroidissent, s’alourdissent et plongent, jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, avant de repartir vers le sud de l’hémisphère Sud plus en profondeur encore, décrit Didier Swingedouw, chercheur (CNRS) au Laboratoire environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux à Bordeaux, et l’un des signataires de la lettre.
Cette circulation constitue l’un des plus grands systèmes de transport de chaleur de la planète : avec un débit de 18 millions de m³ par seconde (environ cent fois l’Amazone), elle transfère de l’énergie à une puissance de 1 pétawatt, soit l’équivalent de la puissance d’un million de réacteurs nucléaires. Au-delà de réguler le climat des hautes latitudes, l’AMOC affecte également le régime des pluies dans les tropiques, contribue à stocker du CO2 en profondeur et transporte des nutriments essentiels à la biodiversité marine.
Mais cette circulation devrait ralentir, voire pourrait s’arrêter, en raison du dérèglement climatique. D’abord, parce que les eaux de surface deviennent plus chaudes, donc moins denses. Ensuite, la fonte du Groenland et la hausse des précipitations augmentent l’apport en eau douce dans l’Atlantique, ce qui réduit la salinité de l’eau, donc sa densité. La convection, c’est-à-dire le mélange des eaux, devient plus compliquée et il pourrait n’être plus possible de former des eaux denses profondes. Donc, tôt ou tard, l’AMOC ralentira, explique Julie Deshayes, directrice de recherche à l’Institut Pierre-Simon Laplace à Paris. Dans ce cercle vicieux, un seuil pourrait être franchi au-delà duquel l’AMOC ne pourrait revenir à son état initial et finirait par s’arrêter.
Ce point de bascule aurait des conséquences désastreuses. Une catastrophe dans la catastrophe du changement climatique, résume Julie Deshayes. Les températures pourraient chuter de plusieurs degrés dans certaines zones de l’Amérique du Nord et de l’Europe du Nord, même si ce refroidissement serait atténué par le réchauffement climatique.
La France se refroidirait d’environ 1°C au cours de la période 2075 – 2100, par rapport à la moyenne 2020 – 2025, dans le cas d’un effondrement de l’AMOC débutant en 2070 et d’une poursuite de la trajectoire actuelle de réchauffement, précise Henk Dijkstra, l’un des auteurs d’une étude récente sur l’AMOC. À l’inverse, la température augmenterait dans l’hémisphère Sud. Le contraste accru entre les températures alimentera davantage de phénomènes extrêmes, comme les pluies diluviennes, les tempêtes ou les sécheresses extrêmes, prévient Stefan Rahmstorf. La viabilité de l’agriculture dans le nord ouest du Vieux Continent serait également menacée.
Une crise alimentaire majeure se profilerait dans les tropiques. Les moussons africaines et sud américaines seraient déplacées vers le sud de 500 à 1 000 kilomètres, provoquant une baisse de 30 % des précipitations au Sahel affectant les cultures vivrières. Plusieurs dizaines de millions de personnes se retrouveraient en situation d’insécurité alimentaire, ce qui pourrait fortement augmenter la pression migratoire, prévient Didier Swingedouw. Les moussons asiatiques pourraient également diminuer. Enfin, un arrêt de l’AMOC réduirait l’absorption du dioxyde de carbone par les océans, ce qui aggraverait le réchauffement climatique, et augmenterait l’élévation du niveau de la mer.
Un tel scénario peut-il se produire, et surtout à quelle échéance et à quelle vitesse ? Dans son dernier rapport, publié en 2021, le GIEC conclut, avec une confiance modérée, qu’un effondrement brutal n’aura pas lieu avant 2100. Il estime en revanche qu’il est très probable que l’AMOC diminuera d’un tiers en moyenne au cours du XXI° siècle, avec une fourchette de – 3 % à – 72 %, selon les modèles et simulations, précise Didier Swingedouw.
Les scientifiques n’ont qu’une confiance faible dans l’ampleur et le rythme du ralentissement à venir, mais également dans le fait que l’AMOC aurait déjà ralenti ces dernières décennies. Cette circulation pourrait être à son niveau le plus bas depuis un millénaire. Mais les observations directes, qui mesurent la force de l’AMOC, sont peu nombreuses et n’existent que depuis 2004, une tendance trop courte pour distinguer la signature du changement climatique de la variabilité naturelle, rappelle Julie Deshayes.
Les modèles climatiques ont sous estimé le risque, avance Stefan Rahmstorf, parce qu’ils n’incluent pas la fonte des glaces du Groenland. De sorte qu’ils ne voient pas la principale preuve, à ses yeux, d’un ralentissement de l’AMOC depuis les années 1950 : le développement d’une zone froide au sud est du Groenland, que les Anglo Saxons appellent cold blob. Cette région est le seul endroit du monde à s’être refroidi depuis la fin du XIXe siècle, alors que tout le reste de la planète se réchauffe, affirme-t-il.
Pour Didier Swingedouw, ce cold blob serait lié à la variabilité naturelle du climat. Et d’autres paramètres, comme le fait que l’Atlantique tropical s’avère de plus en plus salé, pourraient éviter un effondrement de l’AMOC. Stefan Rahmstorf, de son côté, estime que la variabilité interne est plausible sur quelques décennies, mais pas pour expliquer une tendance de plus d’un siècle. Il met en lumière d’autres études concluant que le cold blob est dû à nos émissions.
Les scientifiques se rejoignent, en revanche, sur les limites des modèles de climat pour réaliser des projections sur l’AMOC. La majorité des simulations des modèles s’arrêtent en 2100. On en a une dizaine qui regardent au-delà désormais et qui montrent que l’AMOC peut s’effondrer plus tard, par exemple autour de 2150, affirme le chercheur bordelais.
Face à ce sujet très complexe, Julie Deshayes, elle, préfère s’en tenir au consensus du GIEC. Elle craint également que le sujet n’alimente le climatoscepticisme, avec la perspective d’un refroidissement dans certaines régions du monde. Que l’AMOC ralentisse ou s’effondre, les conséquences seront colossales et la conclusion est toujours la même, rappelle-t-elle : Il faut arrêter d’émettre des gaz à effet de serre et faire une transition écologique urgente.
Audrey Garric Le Monde du 7 01 2025
Tremblement de terre au Tibet (Xizang, en mandarin) de magnitude 6.8, à Dingri sur le versant tibétain de l’Everest à 4 200 mètres d’altitude, avec des températures allant de – 8° le jour à – 18° la nuit. Au moins 126 morts
Échange hallucinant sur X entre Elon Musk et Alice Weidel, cheffe du parti d’extrême droite allemande AfD – Alternative pour l’Allemagne -, candidate au poste de chancelier le 23 février 2025 : Hitler était un communiste, et il se considérait lui-même comme un socialiste… le plus grand échec de l’histoire allemande, après cette terrible période, a été de qualifier Adolf Hitler de conservateur et de droitier. Il était le contraire. Il n’était pas conservateur. Il n’était pas libertaire. C’était un socialiste communiste, et nous sommes l’exact opposé.
1 01 2025
Création des Manufactures Nationales qui regroupent le Mobilier national, la Cité de la céramique – Sèvres & Limoges -, et la Manufacture des Gobelins. Ce pôle public unique regroupe plus de 53 métiers d’art.
8 01 2025
Personne n’y comprend rien sort sur les écrans : le documentaire est de Yannick Kergoat, les deux principaux acteurs sont des journalistes de Médiapart : Fabrice Arfi et Karl Laske. Les protagonistes de l’affaire sont tous présumés innocents jusqu’à la fin du film, et jusqu’à l’issue du procès. En attendant, c’est une charge impitoyable, documentée, sourcée : le mensonge y est mis à nu jusqu’à ce que le spectateur ait froid dans le dos. Dommage qu’il ne soit pas sorti un ou deux ans avant le procès, car il aurait ainsi évité bien du travail aux juges.
9 01 2025
Aux États Unis, les vents de Santa Anna – jusqu’à 160 km/h -, mettent le feu à Los Angeles – Hollywood et ce ne sont pas que des arbres qui brûlent mais aussi les bâtiments, les maisons. On compte 29 morts. Les nombreux foyers ont brûlé près de 20 000 ha, plus que la surface de Paris, détruit 16 250 habitations. 88 000 personnes ont été déplacées.
L’augmentation des températures mondiales due aux émissions de gaz à effet de serre liée à l’activité humaine assèche les régions qui bénéficiaient auparavant d’un climat méditerranéen plus doux, comme la Californie du Sud. À mesure que ce changement se poursuit, les précipitations hivernales dans ces zones deviennent plus irrégulières. Depuis les années 1980, le sud du Golden State connaît de plus en plus d’années humides, avec de la neige et des pluies anormalement élevées, suivies d’années arides, avec des pluies exceptionnellement faibles. Cette variabilité a un nom : le coup de fouet hydroclimatique.
Dans la région de Los Angeles, les deux hivers inhabituellement humides de 2022 – 2023 – 2024 ont favorisé la croissance des broussailles et de l’herbe sur les collines. Les températures extrêmement élevées et l’absence de pluie qui se sont ensuivies, depuis le printemps 2024, ont asséché cette végétation abondante, fournissant ainsi le parfait combustible aux incendies de forêt. Début janvier 2025, le taux d’humidité du sol dans une grande partie de la Californie du Sud était inférieur à 2 %, un record inédit pour cette période.
Toutefois, ce coup de fouet hydroclimatique extrême n’est pas le seul à renforcer le caractère abrasif de l’environnement de la Cité des anges. En effet, il s’est accompagné d’un phénomène naturel typique de l’hiver californien : les vents de Santa Ana. Secs, puissants et souvent chauds, ceux que l’on surnomme vents du diable soufflent pendant les mois les plus froids, de la fin de septembre jusqu’à mai, par séries de quelques jours. Ces vents se forment en raison des différences de température et de la topographie de la région. À l’arrivée de l’automne, le Grand Bassin, un immense plateau désertique coincé entre les montagnes Rocheuses et la Sierra Nevada, se refroidit considérablement par rapport à la côte. Une lourde masse d’air à haute pression se forme donc au-dessus de cette cuvette géante, en se déplaçant dans le sens des aiguilles d’une montre. La différence de pression entre le bassin et la côte propulse cet air du désert vers la zone de basse pression à l’ouest.
Le Monde du 14 02 2025
Vue aérienne des maisons détruites par l’incendie de Palisades, le 13 janvier 2025 à Pacific Palisades, en Californie. Mario Tama / AFP
13 01 2025
L’Inde s’installe dans le Guinness avec le record du monde des pèlerinages : 400 millions, jusqu’au 28 février… excusez du peu
Les bains rituels de masse ont débuté à Prayagraj, ville de l’État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, pour la grande fête hindoue de Kumbh Mela où sont attendues quelque 400 millions de personnes. Avant même les premières lueurs du jour, les premières grappes de pèlerins se sont plongées dans les eaux froides du confluent des fleuves sacrés du Gange, de la Yamuna et de la mythique Sarasvati pour, comme le requiert la tradition hindoue, y laver leurs péchés. Organisé tous les douze ans, ce rendez-vous, qui se déroule jusqu’au 26 février, s’annonce cette année comme celui de tous les records. Les dernières célébrations religieuses qui se sont tenues au même endroit en 2019 avaient réuni 240 millions de fidèles, selon le gouvernement. À titre de comparaison, le grand pèlerinage musulman annuel de La Mecque, en Arabie saoudite, n’a rassemblé en 2024 que 1,8 million de fidèles.
Des pèlerins sortent de l’eau, après un bain sacré à Sangam, à la confluence des fleuves Gange, Yamuna et du mythique Sarasvati, à l’occasion de la grande fête hindoue de Kumbh Mela. Adnan Abidi / Reuters.
15 01 2025
Cinq jours avant la passation de pouvoirs aux États Unis, Joe Biden met en garde ses concitoyens : Je tiens à mette le pays en garde contre certaines choses qui me préoccupent beaucoup. Il s’agit d’une concentration dangereuse du pouvoir entre les mains d’un très petit nombre de personnes très riches et des conséquences dangereuses si leur abus de pouvoir n’est pas contrôlé. Aujourd’hui, une oligarchie d’une richesse, d’un pouvoir et d’une influence extrêmes est en train de prendre forme en Amérique, menaçant littéralement notre démocratie tout entière, nos droits et libertés fondamentaux et une chance équitable pour chacun d’aller de l’avant.
*****
Elon Musk est le prototype et le porte-parole de cette oligarchie. Mais il n’est probablement ni le plus inquiétant ni le plus dangereux, c’est tout dire ! Sam Altman, le patron d’Open AI, est le plus inquiétant : il me fait très peur. […] Les deux fondateurs de Google qu’on ne voit jamais, Larry Page et Sergey Brin. Ces gens planifient le prochain stade de l’humanité et il n’y a aucun pouvoir public pour jeter une coup d’œil sur tout ça. Quand je pense, que, en partant Joe Biden a mis en garde contre l’oligarchie techno industrielle qui se met en place. S’il s’était battu contre cette oligarchie et qu’il avait perdu, il aurait eu le droit de dire cela. Mais il ne s’est pas battu et il n’en a parlé que le dernier jour.
Giuliano Da Empoli L’heure des prédateurs Gallimard 2025. Interview de la Tribune Dimanche du 30 03 2025
16 01 2025
Accord de cessez le feu entre Israël et le Hamas.
L’accord de cessez-le-feu à Gaza, qui a été annoncé mercredi 15 janvier par le président américain, Joe Biden, relève d’une machinerie complexe, dont le bon fonctionnement sera supervisé depuis Le Caire par trois Etats garants, les Etats Unis, le Qatar et l’Égypte. Cet arrangement, censé entrer en vigueur dimanche 19 janvier, implique toute une série de mesures, découpées en trois phases, devant mener à un arrêt définitif de la guerre entre le Hamas et l’Etat hébreu.
L’accord prévoit la libération de 98 otages israéliens (94 capturés le 7 Octobre et 4 kidnappés précédemment), dont certains sont présumés morts, en échange de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens, le retrait progressif des forces israéliennes de l’enclave côtière, l’entrée d’aide humanitaire dans ce territoire et le retour dans leurs foyers des populations palestiniennes déplacées.
Durant la première phase, prévue pour s’échelonner sur 42 jours, il est prévu que le Hamas libère 33 captifs israéliens, dont toutes les femmes, civiles ou militaires, les enfants et les hommes âgés de plus de 50 ans. Selon une source familière du dossier, citée par l’agence Reuters, ces otages seront libérés chaque semaine par groupe de trois au moins. Il est prévu qu’en contrepartie, d’ici la fin de la première phase, Israël relâche toutes les femmes et tous les Palestiniens de moins de 19 ans arrêtés depuis le 7 Octobre. Le nombre total de Palestiniens libérés, qui dépendra du nombre d’otages relâchés, pourrait se situer entre 990 et 1 650, précise la source. Selon la presse israélienne, une partie d’entre eux, notamment les détenus originaires de Cisjordanie condamnés pour des crimes de sang, pourraient être expulsés à l’étranger.
Toujours au cours de la première phase, les troupes israéliennes devraient évacuer les zones densément peuplées de la bande de Gaza et se repositionner le long de la clôture séparant l’enclave du territoire israélien. La mise en œuvre de ce redéploiement, dont les détails ne sont pas intégralement connus, promet de susciter des tensions entre les deux camps.
Selon la presse israélienne, les forces de l’État hébreu conserveront le contrôle d’une zone de sécurité, d’une largeur de 700 mètres à partir de la clôture, à l’exception de quelques endroits spécifiques, où l’envergure de la zone pourra atteindre 1 000 mètres. Le repositionnement israélien est censé rendre aux Palestiniens leur liberté de circulation à l’intérieur de l’enclave et leur permettre de revenir dans la partie nord de la bande de sable, notamment dans la ville de Gaza.
Jusqu’à présent, un no man’s land militarisé, le corridor de Netzarim, empêche les centaines de milliers de Gazaouis originaires du Nord, qui ont été déplacés de force vers le sud, de revenir chez eux. Il est prévu également, durant la première phase, que les soldats israéliens se retirent du corridor de Philadelphie, le couloir frontalier entre la bande de Gaza et le Sinaï égyptien, permettant ainsi la réouverture du point de passage de Rafah. L’accord stipule que 600 camions chargés d’aide humanitaire pénétreront chaque jour dans l’enclave, contre 70, durant le mois de décembre, selon les décomptes de l’ONU.
L’entrée dans la deuxième phase est conditionnée au respect des objectifs de la première. Durant cette période, l’armée israélienne devra parachever son retrait du territoire palestinien, et le Hamas, de son côté, devra libérer les otages restants – à savoir les hommes de moins de 50 ans et les soldats de sexe masculin – et rendre les dépouilles des Israéliens en sa possession. En échange de ces libérations, les Palestiniens s’attendent à ce qu’Israël relâche des détenus condamnés à des peines de prison à perpétuité. Leur nombre et leur identité ne sont pas connus et risquent d’être âprement négociés entre le Hamas et Israël. Le cessez le feu temporaire deviendra alors permanent, a affirmé Joe Biden.
La troisième phase suppose le lancement d’un grand plan de reconstruction de Gaza, dont les modalités n’ont pas été précisées. En cas de non respect ou de rupture de l’accord, il est prévu que les garants américain, qatari et égyptien interviennent rapidement.
Benjamin Barthe. Le Monde du 17 01 2025
20 01 2025
Entouré d’un aréopage de milliardaires – Elon Musk, (Starlink, Space X, Tesla, X, il a apporté 288 millions $ à la campagne de Trump) Jeff Bezos, (Amazon, Blue Origin) Mark Zückerberg, (Meta, qui coiffe Facebook), Tim Cook, (Apple) Peter Thiel, (Pay Pall) Bernard Arnault, (LVMH) Xavier Niel, (Iliad et Infravia, qui chapeautent Free), la barbariecravatée s’installe à la Maison Blanche en toute légalité, et le barbare en chef se nomme Donald Trump : la loi de la force envoie aux oubliettes la force de la loi.
AMERICA FIRST
La contre offensive judiciaire ne va pas tarder : dès le 23 janvier, un juge fédéral déclarera anticonstitutionnelle l’abolition du droit du sol – un homme ou une femme nés en Amérique a de ce fait la nationalité américaine -. Il est fort probable que dans les mois qui viennent les tribunaux fédéraux croulent sous les plaintes… cela pourra-t-il aller jusqu’à déclencher la procédure d’impeachment [destitution] ?
Qui ne dit mot, consent.
Donald Trump ne trouvera quasiment personne sur sa route personne pour lui barrer la route. Cette lâcheté généralisée ne peut que nous rappeler les accords de Munich en septembre 1938, il y a presqu’un siècle, par lesquels Daladier pour la France, Chamberlain pour la Grande Bretagne, Mussolini pour l’Italie ont donné carte blanche à Hitler pour la conquête de son espace vital. Nous rappeler aussi, mais d’un point de vue intérieur : Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner, chez Actes Sud 1994 : les Américains de 2025 reprennent les comportements des Allemands des année 30 :
En septembre 1938, Alexis Léger, – alias Saint John Perse – alors secrétaire général du Quai d’Orsay, pacifiste convaincu, va se charger d’annoncer aux représentants tchèques le contenu de l’accord signé sans eux douze heures plus tôt !
Il est interrogé aux portes de son hôtel à Munich : Mais enfin, Monsieur l’Ambassadeur, cet accord, c’est quand même un soulagement, non ? Ah oui, un soulagement… comme lorsqu’on a fait dans sa culotte !
Tous les dirigeants de l’Europe occidentale ont jugé que les parts de marché à maintenir avec les États Unis, le maintien de notre compétitivité étaient choses plus importantes que les règles fondamentales de la démocratie, la séparation des pouvoirs, exécutif, judiciaire, législatif, la liberté d’expression et que ma foi il fallait bien accepter, bon gré, mal gré, que la loi de la force remplace la force de la loi. Il faut bien que Mercedes continue à vendre ses voitures aux USA, nous dira Ursula Von der Leyen. La similitude avec les accords de Munich est tragique. Le seul choix de cette ville en février 2025 pour tenir une conférence sur la Sécurité, en avait dit long sur la nouvelle nature des rapports de force, telle cette injonction du vice président américain James David Vance à se mêler de ce qui ne le regarde pas. Aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner de la tournure qu’a pris la politique internationale. Donald Trump n’a rencontré sur le ring aucun adversaire un peu sérieux et consistant.
Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui.
Alexandre Soljenitsyne en juin 1978, à Harvard.
Périclès, Louis IX, Vincent de Paul, Montesquieu, Georges Washington, Thomas Jefferson, Olympe de Gouges, Louise Michel, Victor Hugo, Rosa Luxemburg, Pauline Kergomard, Jean Jaurès, Maria Montessori, Folke Bernadotte, Léon Blum, Abbé Pierre (dont les agressions sexuelles n’enlèvent rien à ses entreprises), Franz Fanon, Émilie Carles, Paul Henri Spaak, Winston Churchill, Charles de Gaulle, Konrad Adenauer, Angelo Giuseppe Roncalli, Pierre Mendès France, Maurice Duverger, Gisèle Halimi, Willy Brandt, Michel Rocard, Thomas Sankara, Lech Walesa, Simone Veil, Robert Badinter, Dominique Rousseau, vous tous qui avez œuvré pour que l’homme ne soit plus un loup pour l’homme, pour que le consommateur ne vienne pas tuer le citoyen, enfin pour que le plus fort soit la loi : écartez-vous, s’il vous plaît, vous nous gênez. Nous, ce que nous voulons, c’est que ce soit la force qui fasse la loi. Place, place… place au business, au mercantilisme.
*****
Quand J. D. Vance, (le vice président américain) dit que les juges n’ont pas le droit de contrôler le pouvoir légitime de l’exécutif, il nie l’un des principes fondamentaux de la démocratie. J’aime toujours citer Montesquieu : Quiconque a du pouvoir est porté à abuser du pouvoir. C’est la raison pour laquelle, par la disposition des choses, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Cette disposition des choses, c’est la séparation des pouvoirs. Celui qui fait la loi n’est pas celui qui dirige le gouvernement, et n’est pas celui qui juge de l’application de la loi. C’est absolument fondamental. Il n’y a pas qu’aux États Unis qu’on assiste à une dérive sur ce plan là.
Alain Juppé Le Monde du 7 mars 2025
L’arrière-plan de tout procès et toute procédure est la violence et donc l’horizon de tout acte de juger est de se présenter comme une alternative à la violence sous toutes ses formes et en particulier celle qui est la plus destructrice de l’idée de société, parce qu’elle est simulation de la justice, la vengeance. En termes plus directs le passage de la barbarie à la civilisation se fait par l’abandon du lynchage au bénéfice de la justice. Le juge applique le droit. Oui mais pour l’appliquer, il doit l’interpréter et c’est là, dans l’acte d’interpréter, qu’il prendrait le pouvoir sur le législateur.
Dominique Rousseau. Le Midi Libre du 13 avril 2025
Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.
Bertolt Brecht
En février 2008, Volkswagen avait lancé une campagne de pub française, dont le support était la Cène. Mgr Jean Marie Lustiger, alors archevêque de Paris, pris d’une vertueuse indignation, avait traduit Volkswagen en justice… mais décidément l’époque n’étant plus à produire des âmes fortes, et les coups de fouet du Christ chassant les marchands du temple étant bien oubliés, il avait suffi à Volkswagen de verser 500 000 F au Secours Catholique pour que Mgr Lustiger, aveuglé par l’obsession du consensus et dans un grand élan de ridicule inconséquence retire sa plainte !
Cette fois, la preuve est faite. Les idéologies, les religions sont dissoutes dans la pensée unique, qui est le calcul universel. Il n’existe plus des croyants et des pratiquants, rien que des clients sur le marché mondial… Nous sommes directement menacés de n’être plus que des clients qui achètent à des entreprises qui vendent un produit, de beauté, d’automobile, d’adoration du Dieu unique, peu importe… À deux ans de l’an 2000, tous les enfants du Bon Dieu, selon un mot magnifique, sont structurellement pris pour pire que des canards sauvages ; pour des clients qui ne savent même pas, les ingrats ! que leur chef d’entreprise cosmique appelé Dieu Providence ou la Force des choses, les aime d’un amour infiniment rentable sur le tout marché très mal camouflé en société humaine.
Le voilà bien, le blasphème structurel contre l’Esprit : caricaturer le Créateur donné à tous en cadre supérieur avec gueule de l’emploi divin, capable d’aimer toiser à la tête du client… Le problème apparaît d’une simplicité enfantine, de l’ordre du salut public, théâtral, poétique, symphonique, bref liturgique et non publicitaire. Car la publicité n’est jamais que l’ersatz d’un appétit de liturgie qui ne trouve ni sa nourriture ni la grande boisson correspondant à sa soif. Le monde devient atroce faute d’une cordialisation de la vie publique.
Père Jean Cardonnel. Le Monde 26 02 1998.
Dans cette vertueuse colère du père Jean Cardonnel, il suffit de remplacer l’Esprit par les Valeurs des démocraties pour que la démonstration reste juste en tous points : des hommes et des femmes ont donné leur vie pour que nos démocraties soient autre chose qu’un grand marché, pour que la justice, le droit y aient la place qu’ils doivent avoir, pour que le puissant soit contraint à respecter le démuni. L’absence de courage de nos dirigeants a piétiné ce passé pour céder à la volonté de puissance des marchands, ivres de profit.
Si tu savais la haine qui coule dans mes veines, tu aurais peur, tu aurais peur, chante Clara Ysé.
30 01 2025
En approche pour atterrir sur l’aéroport Ronald Reagan à Washington, un avion Bombardier de lignes intérieures PSA, filiale d’American Airlines, venu de Wichita, entre en collision avec un hélicoptère militaire Sikorski UH 60 Black Hawk : 67 morts sont repêchés dans le Potomac.
01 2025
Remise en service en Angola d’un train dont la ligne avait été construite entre 1902 et 1929, puis endommagée lors de la guerre d’indépendance 1961 – 1975, puis de la guerre civile 1975 – 2001, puis tombée en désuétude ; ce sont des capitaux américains qui ont été injectés dans cette restauration, pour contrer le poids de la Chine – le train lui-même est de construction chinoise -. Il s’agit pour le principal de transporter sur 1 700 km, le cuivre de Kolwezi en République démocratique du Congo, jusqu’au port de Lobito, sur l’Atlantique : une durée de 45 heures, là où il fallait auparavant 45 jours de camion sur des routes défoncées !
6 02 2025
David Pujadas réunit sur le plateau de LCI le ministre de l’intérieur Bruno Retaillau et des invités, soit français de souche, parfois de 2° ou 3° génération, soit des immigrés arabes musulmans naturalisés : et c’est une bronca sans aucune exception contre les juges qui libèrent les délinquants sitôt que ceux-ci passent sous leur compétence. Ce n’est rien d’autre qu’un appel à la création d’une instance qui serait à la justice ce que l’IGPN est à la police : des gens qui ne jugent pas, mais qui ne font qu’appliquer un règlement crée pour l’occasion : Monsieur le juge, à 5 reprises entre telle date et telle autre date, vous avez remis en liberté x délinquants dont nous avons la preuve qu’ils étaient l’auteur de délits graves, voire de crimes ; vous avez commis autant de fautes graves ; vous avez été pyromanes et non pompiers, vous avez jeté de l’essence sur le feu et non de l’eau. Vos êtes révoqué. Cette décision n’est pas susceptible d’un appel. Elle est irrévocable. Et tant pis pour les cris de la vertu outragée émanant des membres du syndicat de la magistrature. Mais il faut bien reconnaître que la création d’une telle instance serait en elle-même une révolution. Quoi, mettre fin à l’infaillibilité des juges, mais vous n’y pensez pas !
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Encenser le rôle du politique pour mieux l’abaisser, quelle éclatante revanche pour le corps judiciaire ! Après avoir oscillé, depuis deux siècles, de l’extrême arrogance à l’extrême soumission, voilà la magistrature en situation de se venger ! Grâce au jeu de miroir qui s’est instauré entre l’opinion et la justice, celle-ci tient dans sa main ces politiques qui l’ont si souvent humiliée. Procès d’intention, rétorquera la corporation judiciaire : seul notre devoir nous guide…. Qui a lu l’arrêt de renvoi des trois ministres devant la Cour de Justice de la République ne peut que s’esclaffer devant tant d’hypocrisie ! Ce texte exsude la haine. Haine des politiques, du pouvoir, des puissants. Qu’il est doux, protégé par l’hermine et le respect dû aux magistrats de pouvoir, de la sorte, prendre une revanche historique ! Au service de cette mission, tous les moyens sont bons : méconnaissance du fonctionnement de l’État, analyses tronquées, sophismes et contre vérités. Si, au nom de la transparence démocratique, les actes de justice étaient soumis à la même critique que les décisions politiques ou les stratégies industrielles, l’arrêt serait mis en charpie, ses rédacteurs déconsidérés et le procès du 9 février (1999 ; le sang contaminé) tomberait en quenouille.
Alain Minc. Le Monde du 22 janvier 1999
Le droit est une matière assez plastique qui peut permettre de régler des comptes politiques.
Gérard Davet, journaliste au Monde, Midi Libre du 23 novembre 2014
12 02 2025, 23 h46′
Dans les eaux de Port-Saïd, en Égypte, le porte-avions américain de classe Nimitz USS Harry S. Truman [CVN 75] entre en collision avec le navire marchand Besiktas. M. L’ USS Harry S. Truman [CVN 75], long de 333 mètres, affiche un déplacement à pleine charge de plus de 100 000 tonnes, et il n’a subi aucun dommage d’importance. Il n’en va pas de même pour le Besiktas M, vraquier de 188 mètres de long pour 32 de large et affichant un port en lourd de 53 000 tonnes, qui aurait des dommages au-dessus de sa ligne de flottaison. Il venait d’Aqaba port jordanien sur la Mer Rouge, et, via le canal de Suez, se dirigeait vers Constanta, en Roumanie. Immatriculé au Panama, il n’en est pas à sa première collision : en 2016, il avait déjà été impliqué dans un incident similaire au large du Bangladesh. Avec la quantité d’instruments divers et variés de surveillance, un tel accident a de quoi interroger. En admettant que la faute vienne du grec, comment le porte-avion peut-il ne pas l’avoir vu venir ? Il y a là une faute dont on n’entendra certainement plus jamais parler. La Grande Muette est un surnom qui ne concerne pas que l’armée française.
26 02 2025
Les pays européens où la houle de l’Atlantique est forte, comme l’Espagne, la France, le Portugal et l’Irlande, présentent le plus grand potentiel en matière d’énergie houlomotrice. Couvrant 71 % de la surface de la Terre, les océans constituent l’une des ressources renouvelables les plus précieuses et pourtant les plus inexploitées au monde.
L’énergie houlomotrice des océans est immense et peut apporter une contribution considérable à la transition vers une énergie propre. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production d’énergie océanique doit augmenter de 33 % par an pour parvenir à un monde sans émissions nettes d’ici à 2050.
L’énergie houlomotrice et marémotrice a le potentiel pour devenir une source d’énergie importante, fiable et durable, déclare José Miguel Rodrigues, chercheur principal à SINTEF, l’un des plus grands instituts de recherche d’Europe. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que l’énergie des vagues pourrait générer jusqu’à 29 500 TWh par an. Cela représente près de dix fois la consommation annuelle totale d’électricité de l’Europe, et plus que la production annuelle mondiale d’électricité en 2018.
L’énergie marémotrice a un potentiel mondial estimé entre 800 et 1 200 TWh, en particulier dans les voies d’eau étroites comme les bras de mer et autour des îles, explique M. Rodrigues. Régie par des cycles gravitationnels prévisibles plutôt que par les conditions météorologiques, [l’énergie marémotrice] assure un approvisionnement régulier en électricité et contribue à l’équilibre du réseau.
Le Dr Stig Lundbäck, cardiologue, s’est inspiré du pompage du cœur humain pour cofonder la société suédoise Cor Power Ocean, spécialisée dans l’énergie houlomotrice, en 2009.
Après des années de recherche hydrodynamique, l’entreprise a mis au point le CorPack, une gigantesque bouée fabriquée à partir de matériaux durables et légers qui convertit le mouvement des vagues en électricité propre et stable.
À l’instar de la pression hydraulique utilisée par le cœur pour pomper le sang dans une direction, CorPack fonctionne en appliquant une tension sur lui-même pour tirer la bouée vers le bas, tandis que les vagues la poussent vers le haut. Le mouvement des vagues est transformé en rotation, qui est ensuite convertie en électricité par des générateurs.
Le mécanisme du convertisseur d’énergie houlomotrice permet de récolter une grande quantité d’énergie à l’aide d’un dispositif relativement petit et peu coûteux, explique un porte-parole de CorPower Ocean. Le convertisseur est capable de fournir plus de cinq fois plus d’électricité par tonne d’équipement que l’énergie houlomotrice de pointe précédente.
Le premier convertisseur d’énergie houlomotrice à grande échelle de Cor Power Ocean déployé au large de la côte nord du Portugal. 19 mètres de haut, 9 mètres de diamètre.
Son approche structurée lui a permis de mettre un dispositif à l’eau, ce qui est une réussite importante compte tenu du peu de fonds disponibles pour l’énergie houlomotrice et marémotrice en Europe.
Le premier convertisseur d’énergie houlomotrice grandeur nature de CorPower Ocean est déployé au large de la côte nord du Portugal, près d’Aguçadora, où il fournit de l’énergie au réseau portugais. De nombreuses autres entreprises et organismes de recherche tentent de surfer sur la vague de l’énergie des océans. Parmi les autres exemples notables, on peut citer l’entreprise énergétique italienne ENI et son convertisseur inertiel d’énergie houlomotrice, le Nanku – un générateur flottant alimenté par les vagues – construit en Chine, et le WaveRoller de l’entreprise finlandaise AW-Energy, composé de grands panneaux sous marins.
Selon l’AIE, l’énergie solaire a généré 7 % de l’énergie mondiale en 2024. Au cours des deux prochaines années, l’énergie solaire devrait répondre à près de la moitié de la demande mondiale d’électricité, tandis que l’énergie éolienne devrait en satisfaire environ un tiers.
Les ondes ont la densité énergétique la plus élevée de toutes les sources renouvelables. Et bien qu’elles soient étroitement liées au vent, elles sont moins variables que l’énergie éolienne. L’énergie marémotrice, quant à elle, est considérée comme la plus prévisible de toutes les sources renouvelables variables.
Malgré ce potentiel, les technologies houlomotrices et marémotrices sont à la traîne dans la course à l’énergie propre.
Le principal défi est la compétitivité, explique M. Rodrigues. Contrairement à l’énergie éolienne et solaire, l’énergie houlomotrice et marémotrice n’a pas encore fait la démonstration de technologies commercialement viables à grande échelle.
L’énergie houlomotrice est confrontée à des exigences élevées en matière de performance et de résistance aux forces océaniques extrêmes. De nombreux prototypes ont échoué ou n’ont pas donné les résultats escomptés, alors que l’énergie éolienne et l’énergie solaire en mer ont fait la preuve de leur fiabilité et de la réduction de leurs coûts.
Pour évaluer le potentiel, il faut tenir compte à la fois de la disponibilité des ressources énergétiques naturelles et de la possibilité de les exploiter.
Les pays exposés aux fortes houles de l’Atlantique – le Portugal, l’Espagne, la France, l’Irlande et le Royaume Uni présentent les conditions les plus favorables à l’exploitation de l’énergie houlomotrice à l’échelle des services publics, explique M. Rodrigues. La Norvège, avec son vaste littoral et ses nombreuses communautés insulaires isolées, représente un marché solide où l’énergie houlomotrice pourrait contribuer à réduire les coûts du réseau et à renforcer l’indépendance énergétique.
Au-delà de la faisabilité technique, le succès dépend de la viabilité économique, de l’acceptation sociale et des politiques de soutien.
Ramsha Zubairi, Euro News,
Dans le bureau ovale de la Maison Blanche, face à Donald Trump à JD Vance et surtout aux cameras du monde entier, Volodymyr Zelensky montre qu’il n’a pas l’habit d’un président : dans de pareilles circonstances, avec un rapport de forces qui lui est autant défavorable, il était capital qu’il fasse taire ses préférences personnelles pour ne se soucier que des intérêts de son pays et des moyens de mettre fin à la guerre. Il n’a pas su le faire, il n’a pas voulu prendre en compte le tropisme de Trump pour Vladimir Poutine et son aversion pour lui-même, il n’a pas voulu reconnaître tout ce qu’il devait aux Etats Unis sans l’aide desquelles l’Ukraine se serait retrouvée satellite de la Russie dès les premières semaines de la guerre, avec un apparatchik de Poutine aux commandes. Contre toute évidence, Poutine a voulu faire croire que l’agresseur était l’Ukraine, et Trump a abondé dans son sens. Face à un tel contexte, c’était quasiment mission impossible, mais Zelensky aurait tout de même pu faire mieux. Et c’est l’affrontement, face aux cameras du monde entier, qui ne sera pas le déclencheur d’une 3° guerre mondiale, comme le dira Trump, mais qui sera certainement l’établissement d’une paix imposée dans laquelle l’Ukraine se retrouvera nettement plus défavorisée que si Volodymyr Zelensky avait fait preuve de clairvoyance et de sang froid.
27 02 2025
La troisième chambre du tribunal administratif de Toulouse ordonne l’arrêt des travaux de l’autoroute A69 , déjà réalisés aux trois-quarts. Les autorisations de début de travaux remontaient au 2 mars 2023. Contrairement au doit pénal, la décision d’un tribunal administratif n’est pas suspensive en cas d’appel : donc l’arrêt des travaux est à effet immédiat.
Il résulte (…) que s’il est établi que le gain de temps généré par la liaison autoroutière permettra une meilleure desserte du bassin de Castres Mazamet ainsi qu’un gain de confort, facilitera l’accès de ce bassin à des équipements régionaux et participera du confortement du développement économique de ce territoire, ces avantages, pris isolément ainsi que dans leur ensemble, qui ont justifié que ce projet soit définitivement reconnu d’utilité publique, ne sauraient, en revanche, eu égard à la situation démographique et économique de ce bassin, qui ne révèle pas de décrochage, ainsi qu’aux apports limités du projet en termes économique, social et de gains de sécurité, suffire à caractériser l’existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur, c’est-à-dire d’un intérêt d’une importance telle qu’il puisse être mis en balance avec l’objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvage. (n°43 ; extrait de la décision n°2303544 du tribunal administratif de Toulouse du 27 février 2025).
Ouvrant tout grand le parapluie, les juges ne font qu’appliquer la loi, qui est faite par le parlement, comme si cela les dispensait d’avoir un comportement responsable. Quel gâchis, mais quel gâchis …. quelles que soient les pertes, et qui que ce soit qui ait à les payer dans un premier temps, au final c’est le contribuable qui va payer les décisions de ces juges irresponsables. En juin, le jugement en appel infirmera le premier, autorisant la reprise des travaux, mais le temps perdu se se rattrape guère…
4 03 2025
L’Alfred-Merlin, le navire du Drassm – Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines – découvre l’épave du Camarat 4 [c’est le cap Camarat qui, à terre, est le plus proche) au large de Ramatuelle, par 2 567 mètres de fond. Il s’agit d’un navire marchand, du XVI° siècle parti d’un port de l’Italie du Nord pour une destination inconnue, de 30 mètres sur 7, chargé d’au moins deux cargaisons : céramique et fer sous la forme de barres. Les images montrent notamment 200 magnifiques pichets globulaires à bec pincé, marqué du monogramme IHS du Christ ou avec des motifs végétaux ou géométriques qui évoquent à ce stade une provenance de la région de Ligurie, indique Marine Sadania, archéologue responsable du Drassm en Provence Alpes Côte d’Azur.
Six canons, deux chaudrons, une ancre à jas en bois, une centaine d’assiettes encore empilées, ainsi que plus de 200 pichets en céramique, probablement en provenance d’Italie du Nord et de Ligurie, ont été recensés. – Marine nationale
On ne savait pas que les marins du XVI° siècle consommaient déjà des yaourts.
6 03 2025
Depuis Kourou en Guyane, lancement réussi d’Ariane 6 qui emporte le satellite militaire d’observation de la Terre CSO 3.
12 03 2025
Claude Malhuret, sénateur Horizons, créateur aux cotés de Bernard Kouchner il y a de cela quelques décennies de Médecins sans frontières, ancien ministre, maire de Vichy élu et réélu à cinq reprises depuis 1989, s’adresse aux sénateurs, mais dès le lendemain et les jours suivants, via les réseaux sociaux, c’est le monde entier qui l’écoutera : 40 millions de vues, tous réseaux sociaux confondus :
L’Europe est à un tournant critique de son histoire. Le bouclier américain se dérobe. Washington est devenu la cour de Néron. Un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine (Elon Musk) chargé de l’épuration de la fonction publique.
[…] Jamais dans l’histoire un président des États Unis n’a capitulé devant l’ennemi. Jamais aucun n’a soutenu un agresseur contre un allié. Jamais aucun n’a piétiné la Constitution américaine. […] Nous étions en guerre contre un dictateur. Nous nous battons désormais contre un dictateur soutenu par un traître.
21 03 2025
En l’absence des trois médaillées olympiques à Paris, l’Australienne Nina Kennedy, l’Américaine Katie Moon et la Canadienne Alysha Newman, Marie Julie Bonnin, 23 ans, devient championne du monde du saut à la perche, à Nankin, en égalant le record de France avec 4,75 m. La Bordelaise de 23 ans devance la Slovène Tina Sutej (4,70 m) et la Suissesse Angelica Moser (4,70 m). Le record du monde est à la Russe Yelena Ysinbayeva en 2009 avec 5.09 m lors du meeting Welklasse de Zürich. Elle le détient depuis depuis le 13 juin 2003 avec un saut à 4.82 m. (avec deux interruptions par sa compatriote Sveltana Feofanova qui franchit 4.85 m à Athènes le 22 février 2004, puis 4.88 m. le 4 juillet 2004 à Heraklion).
quand le geste inverse le sens du corps et que les jambes passent les premières en haut
28 03 2025
La terre tremble en Birmanie avec deux secousses, l’une de magnitude 7.7, l’autre de 6.7. On comptera plus de 3 700 morts, 7 000 blessés, surtout dans la région de Mandalay, la deuxième ville du pays, – plus de 1.5 millions d’habitants – la plus touchée. À 1 000 km de là, on verra des immeubles s’effondrer à Bangkok.
31 03 2025
Marine Le Pen, en tête entre 35 et 37 % dans les sondages pour les présidentielles de 2027, est condamnée à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis et 2 sous bracelet électronique et 5 ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, une amende de 100 000 € etc… Huit autres députés européens et 19 assistants parlementaires du Rassemblement National sont eux aussi condamnés. Marine Le Pen fera appel et le jugement en appel avant 2027 pourrait tout changer.
Scandale dans les milieux politiques peu regardants sur le respect de la loi ; satisfaction dans le camp de ceux qui donnent la priorité à l’État de droit, aux décisions de justice prises par des juges qui ne font qu’appliquer la loi, elle-même étant faite par des députés, démocratiquement élus, qui l’ont voté. Douze ans plus tôt, en 2013, c’est Marine Le Pen elle-même qui demandait des peines d’inéligibilité à vie pour les élus condamnés pour détournement de fonds publics ? Alors !
Video de 2013, sur Public Sénat. Marine Le Pen est interviewée par Guillaume Durand.
Quand les États de droit commencent à devenir une espèce en voie de disparition, on ne peut que se réjouir d’en voir un exercer ses prérogatives.
Le mode opératoire des populistes est le suivant, pour Trump comme pour ses cousins européens : quand l’économie tourne mal, ils blâment la mondialisation. Quand ils perdent un procès, ils contestent la justice. Quand ils perdent les élections, ils contestent la démocratie.
Dominique de Villepin. La tribune Dimanche du 13 avril 2025
8 04 2025
Le toit d’une discothèque de Saint Domingue, en république Dominicaine, la partie est de l’île d’Haïti, s’effondre : 231 morts.
9 04 2025
Après avoir annoncé le matin même une augmentation des droits de douane à 100 % pour tout le monde, Donald Trump, au vu de la menace d’un tsunami sur les places boursières, du mécontentement croissant des acteurs économiques, rétropédale en déclarant un report de 3 mois pour l’ensemble des pays, sauf pour la Chine, visée par une taxe totale de 145 % à l’exception des produits high tech – ordinateurs, smartphones etc …- ! ce délai permettrait l’ouverture de négociations au cas pas cas, et, en attendant n’est maintenue que la taxe de 10%.
21 04 2025
Le pape est mort. Un nouveau pape est appelé à régner. Araignée, quel drôle de nom ! Pourquoi pas libellule ou papillon ?
Jacques Prévert
Ce ne sera ni libellule, ni papillon, mais Léon XIV, et ce, dès le cinquième vote le 8 mai 2025 : il s’agit de Robert Francis Prevost, 69 ans, né américain à Chicago, missionnaire et évêque au Pérou 20 ans durant, puis à la tête du dicastère – ministère – des évêques. À Chiclayo, il lui a fallu corriger un cap très, trop marqué par l’Opus Dei, et l’un de ses enfants, Sodalicio, avec un minimum de grandes déclarations, un maximum d’efficacité, une grande écoute des laïcs. Une grand mère paternelle française, un grand père paternel italien. On peut tout de même s’inquiéter de la présence à ses côtés sur le balcon de Saint Pierre du cardinal Piero Parolin, bien mouillé dans le scandaleux achat par le Vatican d’un immeuble à Londres. Si le succès de l’événement est universel, ce n’est pas le fait d’un partage généralisé d’une foi religieuse, mais seulement de celui de la grande gourmandise des télévisions du monde entier pour ce genre de spectacle : y’a de la liturgie à revendre, des beaux vêtement liturgiques et militaires, (ah, quelle gueule ces gardes Suisses !) une foule droguée au culte de la personnalité, bref y tout ça qu’est ce qui faut.
avant… à Chiclayo, Pérou. En avant
28 05 2025
Une gigantesque avalanche de glace, de boue et d’éboulis engloutit 90 % du village de Blatten, 1 500 m d’altitude, dans le Lötschental valaisan, en amont de Brig, rive droite du Rhône. On compte un disparu. Les Suisses, qui surveillent leurs montagnes comme le lait sur le feu ont fait évacuer préalablement le village, dominé par le glacier du Birch, régulièrement sujet à des avalanches. Cette fois-ci le Petit Nesthorn, 3 341 m., un sommet rocheux sur un versant du glacier s’est partiellement disloqué vers 3 300 m. tombant sur le glacier : la surcharge de poids a provoqué l’avalanche de 5 à 9 millions de m³. 15 jours avant de céder, le glacier progressait de 80 cm/jour, trois jours avant, la vitesse était passée à 10 m/jour ! Les gravats recouvreront le fond de la vallée sur 2 kilomètres de long et 50 à 200 mètres d’épaisseur.
24 heures plus tard
31 05 2025
Le PSG étrille l’Inter de Milan en finale de la ligue des Champions 5 – 0. Cela se passe à Munich où donc la bière va couler. L’homme de cette remontada se nomme Luis Enrique, entraineur espagnol depuis deux ans, après le départ des stars Neymar, Messi et Mbappé. Il a pris pour objectif le jeu collectif, il a recruté des jeunes, parfois moins de vingt ans et cela donne un festival de virtuosité, de rapidité, de précision, des chevaux légers face à des percherons. Un régal. Que du bonheur. La casse des nouveaux barbares dans nombre de villes de France consécutive à ce match n’a rien à voir avec lui.
À Paris, des violences ont éclaté sur les Champs Élysées et aux abords du Parc des Princes, entraînant 559 interpellations selon un dernier bilan. À Grenoble (Isère), une voiture a percuté une famille en pleine célébration, faisant quatre blessés, dont deux graves.
[…] Outre les affrontements avec les forces de l’ordre, la soirée a été marquée par des scènes de vandalisme : vitrines brisées, mobilier urbain détruit, vélos en libre-service incendiés. Une terrasse éphémère a également été ravagée par les flammes. Un magasin de chaussures des Champs Élysées a été pillé, conduisant à une trentaine d’interpellations supplémentaires.
À Grenoble, quatre membres d’une même famille ont été blessés, dont deux grièvement, après qu’un véhicule a heurté la foule réunie pour fêter la victoire parisienne.
Selon les informations de RTL et du Parisien , une jeune femme a été tuée cette nuit après avoir été percutée par une voiture alors qu’elle roulait à scooter, dans le XV° arrondissement de Paris.
À Dax (Landes), BFMTV rapporte ce dimanche matin qu’ un adolescent de 17 ans a été tué à l’arme blanche en marge des festivités suivant la victoire du PSG.
Un policier a été placé en coma artificiel dans la Manche après avoir été blessé par un tir de mortiers d’artifice, a appris l’AFP dimanche de sources policières.
Dans un message posté sur X (ex-Twitter), le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a fustigé des barbares venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre, distinguant ces fauteurs de troubles des vrais supporters du PSG. Il a réaffirmé son soutien au préfet de police et aux 5 400 policiers et gendarmes mobilisés dans la capitale et sa périphérie.
La Dépêche du 1 juin 2025
Le 9 juillet, aux États Unis, il remettra le couvert dans le championnat du monde des clubs de foot en étrillant le Real de Madrid de Kylian Mbappé et Cie 4 – 0 : toute la presse sportive saluera l’exploit. Mais le 13 juillet, en finale contre Chelsea, ce sera la douche froide, à l’opposé de la chaleur et de l’humidité ambiante : 3 – 0, contre une équipe jeune, redoutable, rapide, précise et dotée d’un gardien exceptionnel.
11 06 2025
Les membres du collectif Les Passagers du videfunambulisent sur une sangle de 20 mm de large qu’ils ont eux-mêmes mis en place entre la Dent du Géant et le mont Mallet, dans le massif du Mont-Blanc. Une traversée de 788 mètres à plus de 4 000 mètres d’altitude.
Tout cela pour goûter, un instant, à la beauté de l’inutile.
Antoine Mesnage
Au fond, l’aiguille du Midi, au-dessus de l’autre extrémité du Glacier du Géant, surmontée d’une antenne.
12 06 2025
Le vol 171 d’Air India – un Boeing 747 Dreamliner mis en service en 2011 – s’écrase à 13 h 39 (10 h 09, heure de Paris), moins d’une minute après son décollage à destination de l’aéroport londonien de Gatwick Il avait émis un appel de détresse presque aussitôt après avoir quitté le sol, atteignant une hauteur de 200 mètres avant de percuter une résidence universitaire d’Ahmedabad, proche d’un hôpital situé dans le prolongement de l’aéroport. Bilan : 260 morts, – 241 dans l’avion, 19 dans la zone du crash – le plus lourd depuis 2014. Un miraculé a survécu. Selon les enquêteurs, l’interrupteur d’alimentation des moteurs en carburant aurait été mis en position arrêt – CUTOFF – juste avant le crash, puis remis, mais trop tard, sur la position d’alimentation – RUN -. Après reconnaissance des voix, il n’est pas impossible que ce soit le commandant de bord de 52 ans qui ait coupé volontairement ces commandes ; le pilote, que l’on entend demander : pourquoi as-tu coupé les commandes ? était âgé de 32 ans. Le copilote avait répondu qu’il ne l’a pas fait.
Six mois plus tard, un autre rapport dira qu’une turbine de secours censée fournir de l’énergie à l’avion en cas de coupure des moteurs se déploie alors automatiquement. Moins de 10 secondes plus tard, les deux interrupteurs sont remis en position marche. Dans la foulée un des deux pilotes a le temps de lancer à la radio Mayday, Mayday, Mayday avant que l’avion s’écrase au sol. Le document de 15 pages ne mentionne pas si la coupure des interrupteurs a pu être causée par une manœuvre des pilotes ou par une quelconque défaillance.
Lors de ses apparitions publiques, le PDG d’Air India Campbell Wilson, souligne que le rapport préliminaire n’a décelé aucun problème avec l’avion, aucun problème avec les moteurs et aucun problème avec les opérations conduites par la compagnie. Certains experts semblent toutefois en douter. Des problèmes électriques ont été signalés sur cet avion avant l’accident, affirme à l’AFP l’ex-pilote Amit Singh, de l’association La Sécurité compte. Les sources de nombreuses données du rapport ne sont pas citées, ajoute-t-il, craignant une manipulation. C’est une opération de dissimulation subtilement conçue, assure l’expert Mark Martin, qui juge ridicule le scénario du suicide d’un pilote.
Boeing avait aussi blâmé les pilotes dans l’affaire des accidents de B737 MAX, en Ethiopie et en Indonésie, attribués après enquête à un défaut de conception, insiste-t-il auprès de l’AFP. Boeing ne peut pas se permettre d’être responsable de ce crash. Sinon, c’est la fin de la compagnie. Sollicité par l’AFP, l’avionneur américain s’est refusé à tout commentaire, renvoyant sur l’AAIB et Air India.
Le jour de l’accident, le copilote Clive Kunder, 32 ans, était chargé de piloter le Dreamliner, tandis que le commandant de bord Sumeet Sabharwal, 56 ans, s’occupait des communications avec le contrôle aérien et la surveillance du système. Tous deux étaient expérimentés : Sabharwal totalisait 15 638 heures de vol, dont 8 596 sur le Boeing 787, et Kunder 3 403 heures de vol, dont plus d’un millier sur le Dreamliner. Tous deux avaient passé avec succès tous les tests physiques, psychologiques et toxicologiques obligatoires.
13 06 2025
Un jour après l’expiration de l’ultimatum adressé par Trump au régime iranien sur les négociations sur le nucléaire iranien, Israël lance l’opération Rising Lion, en faisant bombarder par 200 avions les sites nucléaires iraniens de Téhéran, Natanz (150 km au sud de Téhéran), Tabriz (nord-ouest), Qom, Arak (centre) et Ilam (sud-ouest), tuant en 4 jours 224 personnes, dont Hossein Salami, le général chef des Gardiens de la Révolution, Mohammed Bagheri, chef d’état-major de l’armée, Gholam Ali Rashid, commandant de la base Khatam Al Anbiya (branche d’ingénierie des gardiens de la révolution), de Fereydoun Abbasi, ancien directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, et 16 chercheurs très pointus. Parmi les victimes figurent aussi des civils, dont des enfants. Les spécialistes du monde entier restent ébahis de l’extraordinaire qualité des informations qu’Israël parvient à rassembler pour cibler ceux qu’elle veut éliminer. L’Iran ripostera avec ses missiles qui feront dans la même durée 24 morts. Dans les jours suivants, des missiles Skype guidés, mis en place par des commandos infiltrés, continueront à frapper les systèmes de défense antiaériens, équipés d’un système d’automatisation et de contrôle et à distance par internet.
Le plus important site nucléaire uranien est celui de Fordo, 20 km au nord de Qom, 220 km au sud de Téhéran. Les installations se trouveraient enterrées à 90 m de profondeur. Seule à avoir quelques chances de détruire ce site, une bombe américaine que seule l’aviation américaine – le Northrop B 2 Spirit – est à même de lancer : GBU 57 MOP – Massive Ordnance Penetrator – à guidage de précision : elle pèse 13 600 kg, dont 2 700 pour l’ogive, peut s’enfoncer de 16 mètres dans du béton, de 60 mètres dans un sol de terre avant d’exploser, selon l’armée de l’air américaine. D’après Justin Bronk, il en faudrait probablement au moins deux, larguées consécutivement sur le même point d’impact, pour atteindre et détruire les principales installations de Fordo, proche de Qom, au sud de Téhéran.
[…] Selon le site de suivi des mouvements aériens Air Nav Radar, une trentaine d’avions ravitailleurs ont quitté les Etats Unis, dimanche 15 juin 2025, pour aller se poser notamment sur la base aérienne de Ramstein, dans l’ouest de l’Allemagne, ainsi qu’au Royaume Uni, en Estonie et en Grèce. C’est un signal clair de préparation stratégique, qui montre que les États Unis prennent des dispositions dans l’optique d’une escalade rapide, a déclaré à Reuters Eric Schouten, directeur général de la société de renseignements Dyami Security Intelligence.
C’est le 21 juin 2025 que les États Unis attaqueront directement l’Iran, en ciblant Fordo, Natanz et Ispahan, quatorze bombes GBU 57 sur Fordo et Natanz, selon le général américain Mac Caine. Partis de la base de Whiteman, dans le Missouri, au centre des États Unis, ils y seront revenus 36 heures plus tard, mission accomplie, sans s’être posé une seule fois, grâce aux ravitaillements en vol. Trump affirmera que les sites iraniens d’enrichissement d’uranium avaient été détruits en totalité, mais des photos satellite antérieurs au bombardement révéleront la présence de nombreux camions sur ces sites, et quand l’AIEA – Agence Internationale de l’Énergie Atomique – fera les comptes, les 408 kg d’uranium enrichi à 60 % dont disposait l’Iran auront disparu : ils auront donc très probablement été mis à l’abri… Donc Trump va bien devoir un jour ou l’autre réviser sa copie.
Le Northrop B 2 Spirit, mis en service en avril 1997. Envergure : 52.43 m. longueur 21.03 m. 2.2 milliards $ US l’unité en 1998.
Il reste maintenant à prouver que les Iraniens étaient véritablement à la veille de la réalisation d’une bombe atomique, preuve que personne n’a pu formellement apporter ; donc on est bien en droit d’estimer que les Américains ont répété l’énorme mensonge qui a été le déclencheur de la guerre d’Irak avec ses prétendues armes de destruction massive, que l’Irak ne possédait pas ; pour l’Iran ce seraient les bombes atomiques qui seraient les armes de destruction massives. Donald Trump, veuillez nous fournir des preuves. Sur pression de Trump, un cessez le feu entre Israël et l’Iran entrera en vigueur le 24 juin.
06 2025
Les Hauts Conseils de la Sécurité Sociale (HCAAM, HCFEA et HCFiPS [1] remettent à François Bayrou un rapport de 542 pages, intitulé Pour un redressement durable de la Sécurité sociale, dont nul ne sait s’il sera suivi d’effet ou enterré, pas plus que s’il s’est soucié de faire baisser la quantité de médicaments jetés à la poubelle chaque année en France : il en va de 1.7 milliard € tout de même..
Points clés du rapport :
Financement des dépenses sociales :
Approfondissement de la fiscalisation du budget social via des mécanismes comme la TVA sociale, la CSG, les taxes comportementales ou les taxes sur le patrimoine.
Réexamen des exonérations de cotisations sociales, y compris celles liées aux régimes de protection sociale complémentaire.
Maîtrise des dépenses de santé :
Lutte contre la fraude et amélioration de la pertinence des soins.
Développement de la prévention et optimisation de l’organisation du système de soins.
Maîtrise du recours aux arrêts maladie.
Réflexion sur les prix des biens et services de santé, incluant la rémunération des professionnels de santé.
Examen de l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaire, notamment face à l’augmentation des dépenses liées aux affections de longue durée.
Contexte et enjeux :
Le rapport a été commandé par François Bayrou pour trouver des solutions face au déficit croissant de la Sécurité sociale, prévu à 22,1 milliards d’euros en 2025.
Les recommandations du rapport participent à l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.
Réactions et suites :
Le rapport a suscité des débats, notamment sur les mesures potentiellement clivantes concernant les prix des soins et la rémunération des professionnels de santé.
Des associations de consommateurs ont proposé un système public de prise en charge à 100 % des soins essentiels pour répondre à l’augmentation des cotisations.
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La Sécu, malade, attend des choix politiques dans la santé
Quatre-vingts ans après sa création, la Sécurité sociale se trouve à un moment charnière. Pour rétablir son équilibre, alors que la branche maladie plonge, serait-on prêt à contribuer plus ou à être remboursé moins ? Quoi qu’on en pense, la résolution de l’équation budgétaire suppose de véritables choix politiques sans cesse repoussés pour cause d’instabilité gouvernementale. Sur le haut de la pile des urgences du futur exécutif figure un premier casse-tête à cinq lettres : PLFSS, pour projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026, à adopter avant la fin de l’année. François Bayrou avait évalué à 5 milliards € le montant des économies à réaliser, sur les 10 milliards € d’augmentation de la dépense de santé qu’il anticipait pour 2026.
Mais, selon les acteurs de la santé et les spécialistes du budget, il n’est plus possible d’éviter un véritable débat sur le financement du système de protection sociale. La première donnée de l’équation est connue : l’Assurance-maladie voit ses déficits s’aggraver – 13,8 milliards € en 2024, 16 milliards évalués pour 2025, 19,4 milliards projetés à l’horizon 2029, selon les documents budgétaires.
Comment expliquer de tels montants ? Il y a cet éléphant dans la pièce, reconnu désormais au haut niveau de l’État : la revalorisation des rémunérations des soignants prévue par le plan Ségur de la santé, décidé à l’été 2020, sous le choc de la pandémie de Covid-19, représente plus d’une dizaine de milliards €. En 2019, avant la crise sanitaire, les comptes de l’Assurance-maladie étaient en passe de retrouver l’équilibre.
Seconde donnée : les dépenses progressent, pour plusieurs raisons. Le vieillissement de la population, mais aussi l’augmentation du nombre de malades chroniques : ce sont de 300 000 à 400 000 personnes qui, chaque année, rejoignent le régime de l’affection de longue durée, ouvrant droit à une couverture à 100 %. Quelque 14 millions de malades chroniques étaient concernés en 2023, selon l’Assurance maladie, et ils pourraient être 18 millions à l’horizon 2035 si rien n’est fait. L’Assurance maladie est à un tournant, a estimé son directeur, Thomas Fatôme.
Alors que des mesures structurelles sont réclamées de toutes parts, que proposent les autorités de tutelle ? Des coups de rabot, regrettent les acteurs de terrain comme nombre d’experts, en épinglant un débat escamoté.
Il faut, bien sûr, lutter contre la fraude, améliorer la pertinence, l’efficience… comme on le fait chaque année. Mais tout le monde sait que ces mesures ne peuvent suffire, estime un haut fonctionnaire, sous le sceau de l’anonymat. On multiplie les rustines pour éviter de faire de la politique. Nous sommes à un moment où il y a des choix à faire pour le financement de notre modèle : les citoyens souhaitent-ils payer plus pour leur santé et comment veulent-ils répartir l’effort ? Sinon acceptent-ils d’être moins couverts à l’avenir, et de quelle manière ? Il est dommage que ce débat démocratique ne puisse jamais avoir lieu.
Qui va payer ? La ministre du travail et de la santé Catherine Vautrin, [partie à la Défense le 12 octobre 2025, où elle a été remplacée par Stéphanie Rist. ndlr] n’a eu de cesse de défendre l’une des principales pistes annoncées par le gouvernement démissionnaire, le doublement des franchises médicales – ces sommes restent à la charge des patients sur les boîtes de médicaments notamment -, comme une mesure de responsabilisation. Ses détracteurs n’ont pas manqué de rappeler que ces charges pèsent sur les malades, et que ceux qui prescrivent les remèdes sont les médecins.
Les experts voient traditionnellement trois leviers pour freiner la dépense de santé : faire payer le patient en jouant sur le niveau de remboursement, faire baisser le volume de soins ou s’attaquer au prix du soin. Ils notent aussi que la question des abus apparaît secondaire, par rapport aux moteurs du dérapage financier : le vieillissement, les maladies chroniques et le progrès médical. L’outil du budget de la santé – l’objectif national de dépenses d’assurance maladie, soit l’enveloppe fixée à l’hôpital et à la médecine de ville chaque année, qui s’élève actuellement à quelque 266 milliards € – paraît lui aussi de plus en plus grippé, alors que les appels à une loi de programmation pluriannuelle en santé se multiplient. À peine adopté pour l’année 2025, ce budget a été dépassé quelques mois plus tard, et même corrigé par des mesures d’économies.
Pour Eric Chenut, président de la Mutualité française, nous sommes à la croisée des chemins, il va falloir faire des choix, mais ils doivent être éclairés, débattus, clairs. La fédération nationale de mutuelles lance des États généraux de la santé et de la protection sociale en novembre, pour apporter ses pistes avant l’échéance présidentielle. Il reste la question de l’hôpital : avec un déficit évalué à 3 milliards € en 2024, les établissements publics apparaissent dans une situation inédite. Situation que les responsables hospitaliers expliquent par une non compensation, par les pouvoirs publics, de l’intégralité de l’inflation, et des revalorisations salariales du personnel hospitalier décidées ces dernières années.
Pour Nicolas Revel, directeur de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, il est illusoire de croire qu’on va pouvoir limiter la progression des dépenses de santé en utilisant seulement ces leviers de la réduction des remboursements ou du prix du soin, en serrant les tarifs hospitaliers [versés par l’Assurance maladie aux établissements], ça ne peut être qu’une impasse. C’est le volume des soins sur lequel il faut agir, non pas avec des politiques de rationnement, mais en améliorant la prévention et le suivi des malades chroniques… afin qu’ils consomment, in fine, moins de soins lourds. Des enjeux qui nécessitent une politique sur le temps long.
Camille Stromboni. Service société. Le Monde du 14 octobre 2025
[1] HCAAM : Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie. Instance de réflexion et de propositions qui contribue, depuis 2003, à une meilleure connaissance des enjeux, du fonctionnement et des évolutions envisageables des politiques d’assurance maladie. Il est composé de 66 membres, représentant dans leur diversité et à haut niveau les principaux organismes, institutions, syndicats …
HCFEA : Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge. Installé en décembre 2016, le HCFEA est placé auprès du Premier ministre. Sa Mission : Animer le débat public et apporter aux pouvoirs publics une expertise prospective et transversale sur les questions liées à la famille et à l’enfance, à l’avancée en âge, à l’adaptation de la société au vieillissement et à la bientraitance, dans une approche intergénérationnelle.
HCFiPS : Haut Conseil du financement de la protection sociale. Créé en 2012, le HCFiPS est chargé d’établir un état des lieux du système de financement de la protection … Missionné en juin 2023 par Elisabeth Borne, première ministre, pour travailler sur les liens entre le système de production et le système de protection sociale. Dans ce cadre, il a examiné, au travers de différentes auditions, d’une part la question des allègements de cotisations, d’autre part le sujet des incitations à l’emploi. Ces questions font l’objet de l’un des chapitres du rapport en cours, qui doit être finalisé d’ici la fin de l’année. Une synthèse de ces travaux a été présentée lors de la séance du 3 octobre 2024
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