16 août 2026 au 29 avril 2027. L’IApocalypse, now ? B.R.I.C.S.+: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud et +.16270

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Publié par (l.peltier) le 16 août 2008 En savoir plus

16 08 2026

L’Anglaise Amy Hunt, 24 ans, termine les championnats d’Europe d’athlétisme avec 4 médailles d’or : relais 4 x 100 m mixte, 100 m, 200 m et 4 x 100 m féminin. Du jamais vu, mais il faut tout de même dire qu’elle avait un avantage puisque, native de Birmingham, elle pouvait rentrer chez elle tous les jours… home, sweet home.

Amy Hunt réalise le doublé sur 200m aux Championnats d Europe

Les Britanniques Amy Hunt (à droite) et Dina Asher-Smith en action sur 200 m © Ben Stansall / AFP

Quant à Dina Asher Smith, elle a contribué à trois des 19 médailles remportées par la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord aux championnats d’Europe d’athlétisme 2026 : elle a décroché le bronze au 200 m et a fait partie des équipes britanniques féminine et mixte du relais 4 × 100 m qui ont décroché l’or. Dans l’équipe mixte, Asher-Smith faisait équipe avec Amy Hunt (vainqueure du 100 m), Jeremiah Azu (argent au 100 m) et Zharnel Hughes (argent au 200 m). Ces trois médailles font de Dina Asher-Smith, âgée de 30 ans, l’athlète la plus titrée de l’histoire des Championnats d’Europe d’athlétisme, avec 11 médailles, dont 8 d’or, notamment l’or au 200 m à Amsterdam en 2016, l’or au 100 m, au 200 m et au relais 4 × 100 m à Berlin en 2018, ainsi que l’or au 100 m et au relais 4 × 100 m à Rome en 2024. Avec huit médailles d’or, elle a dépassé Jakob Ingebrigtsen (le coureur de demi-fond norvégien a remporté l’or au 5 000 m lors de l’édition de 2026) et Sandra Elkasevic, qui a décroché 7 médailles d’or aux Championnats d’Europe d’athlétisme ; ainsi que Femke Bol, Marita Koch et Zharnel Hughes, qui ont remporté six médailles d’or.

Le bilan de l’équipe de France se ramène à 11 médailles (3 en argent et 8 en bronze), moins que les 24 à Rome en 2024, mais plus qu’en 2022 et 2016 : cela met la France au 19° rang… pour pavoiser il faudra repasser.

Pays Médailles Or Argent Bronze
1  Italie 22 10 6 6
2 Grande Bretagne 19 9 8 2
3 Allemagne 21 6 10 5
4 Pays Bas 14 5 3 6
5 Norvège 6 4 2
6 Suisse 7 3 3 1
7 Espagne 8 2 2 4
8 Suède 5 2 1 2
9 Irlande 4 2 1 1
10 Finlande 3 2 1
…
19 France 11 3 8

* Système de calcul n°1 : OR = 3 points | ARGENT = 2 points | BRONZE = 1 point

​* Système de calcul n°2 : OR = 10 points | ARGENT = 9 points | BRONZE = 8 points

4ème = 7 pts | …… | 9ème = 2 pts | 10ème = 1 pt

23 08 2026

De très grosses pluies font s’effondrer une décharge aux abords de Conakry, Guinée : 31 morts, 22 blessés.

24 08 2026 16 h 57′

La fin d’après midi s’annonce paisible sur le village de Pomas – 1 000 habitants – , dans l’Aude, au sud de Carcassonne. À 17 h 02′, la tornade – essentiellement une convergence de vents contraires – est disloquée et le village dévasté. Des vents à plus de 200 km/h. Toitures arrachées, façades éventrées, vitres ou portes d’entrée détruites, comme éclatées par des obus. Pas de mort, mais 50 blessés, 300 des 500 maisons touchées…

Le ciel baissait, la couleur changeait et on a vite aperçu comme une sorte de fil qui descendait vers le sol. […]  Très vite, un immense rouleau de nuages s’est formé. Il avançait vers nous avec ce bruit d’insectes, ou de moteur étouffé, à vitesse grand V.

Un habitant.

Vue aérienne des dommages causés par la tornade dans le village de Pomas (Aude), le 25 août 2026.

 26 08 2026

Dans l’Himalaya, sur la face nord du Langtang Lirung – 7 234 m -, à une altitude de  5 150 mètres, le sol sous glaciaire d’une surface d’à peu près 2 km², se détache [1], entrainant avec lui le glacier : et c’est un mélange de roche et de glace qui se brise, qui dévale la pente atteignant 150 km/h à l’approche des premières habitations – on parle de 10 millions m³ au départ qui deviendront 20 au plus gros de la crue, grossie de la terre arrachée aux flancs, des maisons, des ponts  – qui dévaste la vallée de la rivière Lhende, qui en aval prend le nom de Bothe Koshi, puis de Trishuli – détruisant tout sur son passage, détruisant 4 centrales électriques dont celui de Rishi Ganga, emportant routes et ponts. Le poste frontière de Rasuwagadhi – Gyirong est rasé. Un bilan au 15 octobre fait état de 1 455 morts, 5 285 disparus, ce chiffre incluant les côtés népalais et chinois, mais pour ce dernier les chiffres sont à l’évidence erronés. À Devighat, un village en bout de la coulée, la police à 9 h du matin a ordonné à la population de fuit au plus vite : le village ne comptera qu’une dizaine de disparus.

Les autorités ont vidé deux barrages pour empêcher les eaux en furie de gonfler le Gange dans les villes de Rishikesh et Haridwar, et ont interdit aux habitants des deux villes de s’approcher des rives du fleuve sacré.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national Nanda Devi. Ils font l’objet d’études scientifiques, à cause d’inquiétudes grandissantes concernant le changement climatique et la déforestation. Un quart de la glace de l’Himalaya a fondu ces quatre dernières décennies à cause de la hausse des températures.

Dans le cas présent, on est tout de même endroit de se poser la question : d’où vient le réchauffement , car on voir mal un sol glaciaire se réchauffer par la glace qui est sur lui ; donc, on ne peut exclure que le réchauffement vienne de l’intérieur, c’est à dire de la terre et non de l’atmosphère, plus précisément de l’interface sol/glacier que de l’interface glacier/atmosphère. Ce qui expliquerait que les montagnes, au sous sol plus fracturé que les régions à peu près plates, soient plus réchauffées que le reste.

De très nombreux pèlerins hindous, venus chercher la paix et la sérénité lors d’un pèlerinage sur les pentes du mont sacré Kailash, au Tibet, ont probablement péri mercredi lors des crues dévastatrices qui ont noyé la frontière du Népal et de la Chine. Ce pic de 6 638 mètres en forme de pyramide est sacré aux yeux des hindous et des bouddhistes tibétains. Les premiers le considèrent comme la demeure des divinités Shiva et Parvati, les seconds comme le centre de l’univers. Comme son ascension est interdite, les croyants doivent se contenter d’en faire le tour pour l’observer, le long d’un parcours de trois jours de 52 kilomètres, et ont coutume de se baigner dans les eaux glacées du lac Manasarowar.

Des maisons submergées par la boue à la suite d’une crue soudaine survenue à Devighat (Népal), le 27 août 2026.

Devighat, Népal le 27 août 2026

Après la crue dans le district de Nuwakot (Népal), le 26 août 2026.

Nuwakot (Népal), le 26 août 2026.

Après la crue subite, à Trishuli (Népal), le 27 août 2026.

Trishuli (Népal), le 27 août 2026.

Un gigantesque éboulement rocheux serait responsable de cette catastrophe.

De plus en plus d’images satellitaires de la zone nous parviennent et permettent de commencer à comprendre ce qui s’est passé. L’origine du drame est un glissement de terrain de plusieurs millions de m³ de roches, qui a entraîné avec lui un glacier. On voit sur les images une partie du glacier qui s’effondre, mais c’est bien l’éboulement rocheux qui est le point de départ, et non l’effondrement.

Le glacier, situé dans le bassin versant au nord du Langtang Lirung [un sommet du Népal culminant à 7 234 mètres], était posé au dessus de la zone qui s’est déstabilisée. En cela, le scénario est différent de ce qui s’est passé à Blatten, dans les Alpes suisses, en mai 2025. Là, l’éboulement rocheux était tombé sur le glacier. Cela avait provoqué l’effondrement du glacier dans les jours qui avaient suivi. L’avalanche de roches et de glace, d’un volume bien moins important que celle à l’origine de la catastrophe au Népal et au Tibet, n’avait pas formé de laves torrentielles sur de si grandes distances. C’est la grande différence.

Cela décrit ce phénomène de lave très fluide, très liquide, composée d’eau et de débris de roches. Les images montrent un volume gigantesque descendant dans la vallée. C’est un raz de marée qui a voyagé sur des dizaines de kilomètres.

Mais à ce stade, l’une des questions fondamentales c’est de comprendre d’où vient ce volume d’eau. Des estimations, très approximatives, parlent de 50 millions de m³. Même si tout le glacier a fondu, cela ne semble pas correspondre aux volumes que l’on observe. Peut-être que le glissement de terrain a créé des retenues d’eau qui se sont ensuite relâchées d’un coup… Cela reste mystérieux et inexpliqué à ce stade.

Sur ce point, nous ne pouvons que spéculer. Cela peut être un phénomène naturel aléatoire. Il y a aussi la possibilité qu’il soit lié au réchauffement climatique, puisque cela se passe à une altitude où le permafrost [qui désigne un sol gelé en permanence] peut être sujet au dégel. De manière générale, on sait que le réchauffement le dégrade, ce qui peut entraîner des effondrements. On le voit chez nous, dans les Alpes. Mais pour un événement de cette ampleur, qui vient de se produire, nous n’avons aucune certitude. Ces phénomènes sont d’ailleurs souvent provoqués par une combinaison de facteurs.

L’événement a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2, mais, en réalité, c’est le glissement de terrain lui-même qui a produit les ondes sismiques. Son ampleur a été telle qu’il a provoqué cette signature.

Le terrain a été très déstabilisé. Il est possible que des pentes soient encore instables ; peut-être que des lacs sont en train de se former à la suite de dépôts de sédiments ; peut-être qu’il y aura d’autres ruptures de ces lacs ou barrages à court terme… La région reste en état d’alerte.

Les volumes exacts de roches et de glace qui sont partis n’ont pas encore été quantifiés, mais on peut déjà dire qu’il s’agit d’un événement d’une ampleur exceptionnelle, peut-être inédite. Il y avait eu une catastrophe du même type en Inde dans le district de Chamoli, en 2021, un effondrement rocheux ayant entraîné un glacier. Mais les volumes qui s’étaient détachés étaient beaucoup moins importants.

Adrien Gilbert, glaciologue et chercheur à l’Institut des géosciences de l’environnement (CNRS) Le Monde du 29 08 2026

Inde

People walk past damaged houses following deadly flash floods and a mudslide, in Devighat, Nuwakot district, Nepal, September 21, 2026. REUTERS/Navesh Chitrakar TPX IMAGES OF THE DAY

Népal fin août 2026

Meta – ex Facebook – ouvre son porte monnaie pour éviter la condamnation.

Pour The New York Times, il n’y a aucun doute. Cette décision représente une capitulation spectaculairede la part de Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, la multinationale qui possède notamment Facebook et Instagram. Mercredi 26 août, développe le média américain, dans un accord historique conclu avec 47 États, Washington DC, et plusieurs territoires américains, Meta a accepté de payer 17,1 milliards $ [14,7 milliards €] de pénalités pour violation de la législation fédérale sur la protection de la vie privée des mineurs et les lois des États en matière de protection des consommateurs, ont annoncé les États concernés.

Outre ce volet financier, dans l’accord à l’amiable qui vient d’être conclu, la multinationale américaine s’est également engagée à apporter d’importants changements à son fonctionnement, explique de son côté The Wall Street Journal. En effet, Facebook et Instagram vont mettre en place une limite de temps par défaut de deux heures sur leurs applications pour les utilisateurs de moins de 18 ans, note le média économique. De plus, Meta a également annoncé le lancement d’un mode nuit qui bloque les applications entre minuit et 6 heures du matin, ainsi que d’un mode école, qui supprime les push de notifications pendant les horaires scolaires, entre 8 heures et 15 heures.

Subtilité juridique de l’accord trouvé, les 14,7 milliards € ne seront pas complètement versés dans l’immédiat. En effet, 30 % de ce chiffre seront payés seulement dans le cas où les plateformes TikTok et YouTube accepteront de mettre en place des limites similaires et de payer à leur tour les États, qui devraient utiliser cet argent pour financer des initiatives en faveur de la sécurité des jeunes sur Internet.

Des conditions globales qui semblent satisfaire Brian Schwalb, procureur général du district de Columbia. En guise de conclusion, le New York Times relaie ses déclarations empreintes d’enthousiasme. Il s’agit d’une victoire historique en matière de santé publique pour les jeunes de tout le pays. Les dispositifs de sécurité que Meta est tenue de mettre en place vont changer de manière fondamentale et immédiate la façon dont les jeunes utilisent Instagram et Facebook.

Beniamino Morante. Yahoo Actualités 27 08 2026

30 08 2026

Depuis Cap Canaveral, une fusée Falcon Heavy de Space X emporte à 15 million de km de la terre le télescope Nancy Grace Roman (la première femme cadre de la NASA) – 13 mètres de long, miroir principal de 2.4 mètres –  pour détecter des exoplanètes et détailler la structure du cosmos, mesurer les effets de la matière noire, mieux comprendre la relativité et la courbure de l’espace temps. Heureusement que le Congrès a encore quelque pouvoir, sinon la volonté de Donald Trump de couper les financements aurait fait capoter le projet.

4 09 2026

Enfin la justice passe à la vitesse supérieure : une institutrice demande à l’un de ses élèves : s’il te plait calme toi et arrête de rouler des mécaniques. Propos rapporté par le fils à son père qui vient menacer l’institutrice de décapitation, laquelle va rapporter le dit propos au juge qui condamne en comparution immédiate le père à six mois de prison ferme : cela se passe au Fauga, au sud de Toulouse.

5 09 2026

La société allemande Isar Aerospace place une fusée en orbite au départ de la Norvège, au moment où l’Europe cherche à renforcer sa capacité à envoyer des satellites dans l’espace de manière économique et indépendante des États Unis. La fusée Spectrum a décollé peu après 22 heures (heure de Paris) d’Andoya, au nord du cercle polaire arctique. Ce lancement réussi fait suite à plusieurs mois de retards, dus à des problèmes techniques ou de sécurité, avec un vol d’essai en mars 2025, au cours duquel une fusée Spectrum était retombée sur Terre et avait explosé. L’Europe mise sur la concurrence entre Isar et d’autres entreprises pour lancer des satellites à moindre coût, à l’instar de la société SpaceX d’Elon Musk aux États Unis.

6 09 2026

Au sein d’un quartier consacré à l’œcuménisme – plusieurs édifices consacrés à plusieurs religions, le plus grand Mandir – temple hindou – d’Europe est inauguré à Bussy Saint Georges, Seine et Marne, géré par Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan – BAPS -, courant né d’un schisme né au Gujarat, roulant politiquement pour le Bharatiya Janata Party – BJP – parti du premier ministre indien, Narendra Modï.

Le Rashtriya Swayamsevak Sangh, ou RSS – Organisation volontaire nationale, ou encore Organisation patriotique nationale, est un groupe nationaliste hindou d’extrême droite et paramilitaire, fondé en 1925 à Nagpur par un médecin indien, Keshav Baliram Hedgewar. Le recours à l’assassinat de musulmans, de chrétiens ne leur fait pas peur. Narenda Modi, au pouvoir en Inde depuis 2014, en a été secrétaire général en 2001, après y avoir occupé plusieurs postes à responsabilité.

Permis de construire de février 2022. Travail 6 jours/semaine, 12 à 15 h/jour, 680 €/mois versé en Inde, passeport détenu par le BAPS. Pierre Ory, préfet de Seine et Marne, Valérie Pécresse, présidente Région Île de France

« Un accomplissement important » : le plus grand temple hindou d’Europe ...

Bouddha chez lui en Seine-et-Marne - Charente Libre.fr

Mandir

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Et, le lendemain, 7 septembre ces moines obtiendront que le personnel féminin de la Tour Eiffel soit persona non grata pour y tenir une assemblée… ils ont du pouvoir, ces mecs ! Qui donc les soutient, toute honte bue ?

8 09 2026

Coup de tonnerre dans le ciel gris du land Saxe Anhalt en Allemagne : le parti d’extrême droite arrive en tête des élections , avec 44 %  et va donc peut être parvenir à la direction de ce land. Moins (d’ostracisation) de Hitler, plus de Bismarck, se plaisent-ils à dire.

12 08 2026

L’I Apocalypse, now ! That’s the question :

La scène est inhabituelle. Alors que la journaliste de la BBC Victoria Derbyshire interroge à l’antenne le pionnier de l’intelligence artificielle (IA) Geoffrey Hinton, jeudi 10 septembre 2026, elle reste bouche bée, pétrifiée face à ses propos. Pensez-vous qu’il y ait 10 % de chance que l’IA puisse potentiellement tuer tous les humains d’ici à une décennie ? Le lauréat 2024 du prix Nobel de physique lui répond : 10 % de chance ne me semble pas être une estimation déraisonnable. La journaliste se fige. Silence. Wow. Silence. Oh mon Dieu !

Voilà la teneur des discussions qui enfièvrent le monde de l’IA, et bien au-delà, depuis mercredi [9 septembre 2026]. Ce jour-là, Jacob Coxon, un Britannique de 27 ans, annonce publiquement qu’il quitte, par souci éthique, Anthropic, la société d’IA dans laquelle il a travaillé quelques mois après être passé chez OpenAI. Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos vies, écrit-il. Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing. 

Son message provoque une avalanche de réactions (il a été vu plus de 160 millions de fois sur le réseau social X, et a généré plus de 18 000 commentaires), notamment de la part de ses pairs, qui appuient ses propos. Jacob a raison – nous croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains !, déclare Evan Hubinger, un responsable de la sûreté d’Anthropic, estimant à plus de 10 %les risques que cela advienne dans la prochaine décennie. Un autre employé de l’entreprise, Samuel Marks, acquiesce, précisant que cela pourrait arriver dans les prochaines années et que plus les employés ont d’ancienneté, plus ils sont inquiets.

Mais les réactions ne se limitent pas à Anthropic. Le chercheur en intelligence artificielle Alex Turner, qui a quitté Google DeepMind en juin, raconte quant à lui : Beaucoup de chercheurs pensent qu’ils sont en train de construire quelque chose qui pourrait tuer tout le monde sur la planète. C’était littéralement mon boulot de réfléchir à comment éviter ça.

Le sujet interpelle également des dizaines de personnalités politiques américaines, principalement démocrates, qui appellent à réguler le secteur, contre les orientations prises par Donald Trump. Comme le sénateur démocrate du Vermont Bernie Sanders, qui compte proposer une loi pour interdire la superintelligence et mettre en pause le développement de l’IA, ou le républicain Ted Cruz, sénateur du Texas, qui assène : Nous ne pouvons pas faire l’autruche et faire comme si cette technologie n’existait pas. Nous avons besoin de garde fous. 

Si certains qualifient Jacob Coxon de lanceur d’alerte, il faut noter qu’Anthropic, ainsi que les grandes entreprises d’IA, n’ont pas attendu sa prise de parole pour avertir du danger existentiel que pourraient, selon elles, représenter les technologies qu’elles développent. En 2023, OpenAI évoquait par exemple un risque d’extinction humaine, et on ne compte plus les déclarations catastrophistes de son cofondateur Sam Altman.

La même année, des figures centrales du secteur publiaient une déclaration commune : Prévenir le risque d’extinction lié à l’intelligence artificielle devrait être une priorité mondiale, au même titre que d’autres risques à l’échelle de la société comme les pandémies et la guerre nucléaire. Parmi les signataires, les patrons d’OpenAI, d’Anthropic, de Google DeepMind, et d’autres personnalités de premier plan, comme Bill Gates.

Le discours des doomers, le surnom de ces catastrophistes de l’IA, qu’ils soient ou non patrons de la tech, n’a donc rien d’inédit ni de confidentiel. Alors comment expliquer que la démission d’un simple employé d’Anthropic génère une agitation aussi inédite au sujet de l’IApocalypse ?

Tout s’explique par le contexte très particulier dans lequel s’inscrit son coup d’éclat : ces dernières semaines, une série d’annonces concernant l’IA a fait grandir les inquiétudes. Le 21 juillet, OpenAI a révélé que, lors d’une expérimentation censée se tenir dans un environnement confiné, ses IA étaient parvenues à s’en extirper, à pirater la plateforme Hugging Face et à dissimuler certaines traces, afin de réussir le test qui leur était assigné.

Dans la foulée, d’autres entreprises, comme Anthropic et Meta, ont dévoilé l’existence d’incidents du même type – le site spécialisé TechCrunch en a recensé pas moins de 17 entre juillet et août. En réaction, plus de 1 300 employés du secteur ont signé une pétition exigeant une régulation internationale de l’IA.

Et cela n’en finit pas. Au lendemain de l’annonce de la démission de Jacob Coxon, un nouveau communiqué d’Anthropic est venu remettre une pièce dans la machine. Jeudi, l’entreprise a publié un long rapport listant la façon dont son IA Claude a pu être utilisée à des fins malveillantes, dans des domaines comme la cybersécurité, la surveillance, les arnaques ou… les armes biologiques. Anthropic dit avoir bloqué ces initiatives quand elles ont été repérées.

Le piratage de Hugging Face n’a toutefois pas affolé tous les acteurs de l’industrie. Yann Le Cun, un des pères de l’IA moderne et longtemps directeur de la recherche en IA chez Meta, a raillé OpenAI et Anthropic, rappelant qu’il était normal que des IA conçues pour cyberattaquer cyberattaquent, qui plus est dans un environnement informatique qui s’est révélé mal sécurisé : C’est comme dire oh mon Dieu, notre avion s’est écrasé alors que nous avions demandé au pilote automatique de foncer sur le sol à tout prix, après avoir retiré les mécanismes de sécurité de base anticrash. 

Le Français estime depuis longtemps que les craintes des doomers relèvent de la connerie, voire d’une religion apocalyptique. Avant de trouver de toute urgence comment contrôler des systèmes d’IA beaucoup plus intelligents que nous, il faudrait d’abord avoir le début d’une conception d’un système plus intelligent qu’un chat domestique, écrivait-il en 2024 dans un message sur X.

Si Yann Le Cun ne s’est pas exprimé publiquement sur l’émoi généré par les propos de Jacob Coxon, la séquence a fait hausser quelques sourcils. Comme ceux d’un haut cadre du Pentagone, Emil Michael, qui, lors d’une réunion, jeudi, a estimé que tout cela faisait écho à la peur des centres de données, à la peur du changement – toutes ces peurs qui se sont cristallisées dans ce tweet particulièrement bien formulé. Donald Trump lui-même a déclaré jeudi, en réponse à la presse, qu’il ne craignait pas que l’IA conduise à la fin de l’humanité. Ma crainte, c’est qui si on ne gagne pas la course, on se retrouve en très mauvaise posture. Nous avons une bonne avance sur la Chine. Je dirais une avance d’un an, ce qui est considéré comme beaucoup.

Dans un autre genre, Elon Musk, patron de SpaceXAI, a laissé entendre sur son réseau social X que la démission de Jacob Coxon et les réactions qui ont suivi relevaient d’un coup monté, sans développer davantage sa pensée.

L’émoi va-t-il rapidement retomber, comme les fois précédentes ? Ou va-t-il ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de l’IA et du rapport ambivalent que nous entretenons avec elle ? Certains veulent y croire. On ressent la même énergie que ce 11 mars, quand les médias américains sont soudain passés de le Covid est juste une grippe à oh merde, a écrit jeudi sur X Rob Bensinger, chercheur au Machine Intelligence Research Institute, chargé d’identifier et de contrer les risques existentiels de l’IA. Un établissement fondé par Eliezer Yudkowsky, l’un des doomers les plus anciens, célèbres et déterminés. Mercredi, il a tweeté ceci : Bon Coxon Day à tous ceux qui le célébreront un jour. 

Morgane Tual Le Monde du 13 09 2026

Combien vaut une entreprise qui pourrait éradiquer l’humanité ? C’est la question que se pose très sérieusement Wall Street ces jours ci, et ce simple fait montre que le débat croissant sur l’IApocalypse – la fin du monde liée au développement d’une intelligence artificielle (IA) incontrôlable – est aussi et surtout une histoire de gros sous.

Tout a commencé le 9 septembre, avec la démission fracassante de Jacob Coxon, ingénieur depuis trois mois chez Anthropic après un passage chez OpenAI, les deux entreprises en pointe sur le développement de l’IA. Le Britannique de 27 ans a publié un message sur les réseaux sociaux pour accuser les deux compagnies d’hubris : il a révélé que les producteurs de modèles d’IA jugeaient cette technologie capable de détruire l’humanité dans les dix ans à venir.

Loin de le contredire, les responsables d’Anthropic, qui développent Claude, ont renchéri. Un responsable de la sûreté, Evan Hubinger, a estimé que la probabilité d’une telle apocalypse était de plus de 10 %. Dario Amodei, le PDG de l’entreprise, a pris la plume, samedi 12 septembre, pour appeler à un ralentissement et à une régulation, notamment face aux risques d’auto-amélioration récursive – les IA développées par d’autres IA, sans intervention humaine. Son message a été approuvé par les autres leaders du secteur, Sam Altman, le patron d’OpenAI (ChatGPT), Elon Musk, qui dirige SpaceXAi (Grok), et Demis Hassabis, cofondateur de Google DeepMind (Gemini). Sans surprise, Donald Trump a fustigé les forces négatives qui évoquent des scénarios qui n’arriveront pas.

C’est dans ce contexte que Sam Altman a confirmé, le 12 septembre, ce dont tout le monde se doutait : OpenAI n’entrera pas en Bourse en 2026. Il invoque les risques de sécurité pour justifier ce report. Les investisseurs, eux, s’interrogent sur le sort d’une entreprise qui développe le produit le plus innovant du monde sans avoir jamais démontré comment elle entendait le rentabiliser.

La surprise vient plutôt d’Anthropic qui, elle, maintient le calendrier de son entrée en Bourse envers et contre tout. L’entreprise a déposé un dossier en juin auprès des autorités boursières pour agir dans les prochaines semaines. Bloomberg a révélé, le 13 septembre, que la société serait cotée au Nasdaq. Et, selon le Financial Times, les dirigeants ont annoncé à des investisseurs que des bénéfices seraient dégagés ce trimestre, pour la deuxième fois d’affilée, malgré les énormes investissements dans les infrastructures pour fournir la puissance de calcul nécessaire. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires annualisé de 65 milliards $ (56,3 milliards €) en juillet, un montant qui pourrait être doublé en décembre.

Dario Amodei, PDG et cofondateur d’Anthropic, lors du Forum économique de Davos (Suisse), le 20 janvier 2026.

L’entrée en Bourse est annoncée comme la plus importante de l’histoire. L’entreprise vise une levée de fonds de plus de 100 milliards $, devant les 86 milliards de SpaceX en juin, et une valorisation qui pourrait dépasser les 2 000 milliards $.

On attend désormais de savoir ce qu’Anthropic va mettre dans la catégorie facteurs de risques du document qu’elle doit produire. Va-t-elle entrer en Bourse avec fin de l’humanité au rayon des aléas potentiels ? Improbable. Mais les équipes dirigeantes ont l’obligation d’évoquer leurs récentes prises de position, au risque d’être légalement en faute.

Dès lors, les investisseurs s’interrogent sur les motivations de Dario Amodei. Les plus sceptiques, comme David Sacks, qui fut le conseiller de Donald Trump sur l’IA, estiment que les géants du secteur font monter le discours apocalyptique pour favoriser une régulation. Cela gèlerait les positions à leur avantage, en empêchant le développement de modèles ouverts, peut-être moins performants mais aussi beaucoup moins coûteux. Ralentir pour mieux régner, en somme.

Pour d’autres, Dario Amodei serait en plein conflit moral : sincèrement effrayé par le développement technologique, mais inquiet d’être dépassé s’il ralentit, car d’autres concurrents, chinois notamment, n’auront pas les mêmes réserves éthiques que lui. Il reconnaît foncer vers l’abîme, mais préfère être le premier dans cette course.

4 09 2026

Enfin la justice passe à la vitesse supérieure : une institutrice demande à l’un de ses élèves : s’il te plait calme toi et arrête de rouler des mécaniques. Propos rapporté par le fils à son père qui vient menacer l’institutrice de décapitation, laquelle va rapporter le dit propos au juge qui condamne en comparution immédiate le père à six mois de prison ferme : cela s’est passé au Fauga, 30 km au sud de Toulouse, au sein du groupe scolaire Clément Ader.

12 et 13 09 2026

18° sommet des BRICS+ – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, et associés –  à New Delhi.

Les BRICS+ sont un groupe de dix pays qui se réunissent en sommets annuels : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Indonésie et l’Éthiopie, ayant pour but de rivaliser avec le Groupe des sept (G7).

Initialement, le terme BRIC est un acronyme pour désigner quatre pays se regroupant à partir de 2009 : Brésil, Russie, Inde et Chine (en anglais : Brazil, Russia, India, China); le terme BRIC est forgé dès 2001 par Jim O’Neill, un économiste de Goldman Sachs.

En 2010, l’adhésion de l’Afrique du Sud (en anglais : South Africa) donne naissance à l’acronyme BRICS.

En 2024, avec l’ajout de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie et de l’Iran, le groupe devient les BRICS+.

Au début de 2025, l’Indonésie rejoint le groupe.

Les dix pays des BRICS+ représentent en près de la moitié de la population mondiale et 35 % du produit intérieur brut mondial en valeur courante, contre 44 % pour les pays du G7.

Au sein du groupe des BRICS+, la devise utilisée pour les échanges internationaux est le yuan, la monnaie chinoise. Les BRICS+ ont pour projet de créer une monnaie commune à l’alliance ; cette monnaie pourrait occasionner une chute significative du dollar américain, jusque-là la principale monnaie d’échange dans le monde.

L’émergence des BRICS s’inscrit dans le prolongement de la doctrine géopolitique développée à la fin des années 1990 par Ievgueni Primakov, alors ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre de la Fédération de Russie. Bien avant l’invention de l’acronyme financier BRIC par la banque Goldman Sachs en 2001, Primakov théorise la formation d’un bloc eurasiatique réunissant la Russie, l’Inde et la Chine (connu sous le nom d’axe RIC ou Triangle de Primakov) destiné à promouvoir un ordre mondial multipolaire et à contrebalancer l’hégémonie occidentale.

Le basculement stratégique s’accélère en mars 1999 lors des bombardements de l’OTAN sur la Serbie: apprenant en vol le déclenchement des frappes alors qu’il se rend aux États Unis, Primakov ordonne à son avion de faire demi-tour au-dessus de l’Atlantique. Cet événement scelle la rupture diplomatique avec l’Occident et concrétise le rapprochement entre Moscou, Pékin et New Delhi. Prolongée au cours des années 2000 par l’intégration du Brésil puis de l’Afrique du Sud, cette vision constitue le pôle fondateur de l’institutionnalisation des BRICS et de la politique étrangère russe vis-à-vis du Sud global.

Les BRIC sont des pays à forte croissance, dont, au début du XXI° siècle, le poids dans l’économie mondiale augmente. Ce terme est apparu pour la première fois en 2001 dans une note de Jim O’Neill, économiste de la banque d’investissement Goldman Sachs, et a été repris en 2003 dans un rapport publié par deux économistes de la même banque. Ce rapport tendait à montrer que l’économie des pays du groupe BRIC allait rapidement se développer ; le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, la France, le Royaume-Uni et l’Italie). Les arguments soutenant cette étude sont que ces économies ont adopté l’économie de marché, et ont engagé les réformes leur permettant de s’intégrer dans l’économie mondiale, notamment l’éducation, les investissements directs à l’étranger (IDE), la création d’entreprise.

Le groupe des BRIC compte au départ quatre pays faisant partie des dix premières puissances économiques mondiales: Brésil, Russie, Inde et la Chine, future initiatrice de nouvelles routes commerciales. Le premier sommet des quatre pays (BRIC) a lieu le à Iekaterinbourg, en Russie. Le second se tient le à Brasilia, au Brésil. Les deux premières rencontres témoignent d’une institutionnalisation des sommets du BRIC et participent ainsi à la formation d’une nouvelle réalité géopolitique.

Le , le troisième sommet a lieu à Sanya (île de Hainan) en Chine. Il est le premier sommet des BRICS, avec l’adhésion officielle de l’Afrique du Sud, qui fait de facto disparaître le Triangle Brésil – Inde – Afrique du Sud.

Le cinquième sommet des pays BRICS a lieu le à Durban, en Afrique du Sud. À la suite, la Chine lance en son initiative BRI (Belt and Road Initiative), un projet international de nouvelle route de la soie.

En 2015, ont lieu le septième sommet des pays du BRICS à Oufa, en Russie, ainsi que l’inauguration officielle de la Nouvelle Banque de développement (NDB), institution dont le siège doit se situer à Shanghai, conçue comme une alternative à la Banque mondiale, soupçonnée d’être trop entre les mains des Occidentaux.

Le , le sommet annuel se tient à Xiamen, à nouveau en Chine. Les cinq pays des BRICS sont rejoints par la Thaïlande, le Mexique, l’Égypte, la Guinée et le Tadjikistan en tant que pays observateurs, pour discuter d’un plan BRICS Plus (ou BRICS+), prévoyant l’élargissement éventuel du groupe de 2009.

Du 25 au , les dirigeants des BRICS tiennent leur dixième sommet à Johannesburg en Afrique du Sud, dans le but de mettre en place une coopération économique accrue, dans un environnement économique international en pleine mutation. La Turquie y est aussi invitée en tant que présidente de l’Organisation de coopération islamique.

Pour le 11° sommet des BRICS du à Brasilia, le communiqué final annonce : Nous restons attachés au multilatéralisme et à la coopération des États souverains afin de maintenir la paix et la sécurité. Il laisse transparaître la volonté des BRICS de lutter pour un multilatéralisme renforcé et réformé et plus ouvert. Et pour le président brésilien Jair Bolsonaro, la Chine, qui est déjà premier partenaire commercial de Brasilia, fait de plus en plus partie de l’avenir de son pays.

Le , pendant la pandémie de Covid-19, le 12° sommet des BRICS se tient en visioconférence, et de même pour le 13° sommet, le 9 septembre 2021. Dans un contexte de pandémie persistante de Covid-19, la déclaration de New Delhi publiée à l’issue du sommet stipule : Nous regrettons l’inégalité flagrante dans l’accès aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements, en particulier pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. Et encore en visioconférence le 14° sommet le 23 juin 2022. En , l’Éthiopie annonce vouloir intégrer le groupe.

Le 15° sommet des BRICS se tient du 22 au encore à Johannesbourg en Afrique du Sud. Les pays membres s’y accordent sur le principe d’une expansion comprenant six pays pouvant rejoindre le groupe au 1° : l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie, les émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Argentine.

Avec le déclenchement de la guerre d’Iran, plusieurs pays membres des BRICS+, dont l’Inde qui bloque le soutien à l’Iran, se font plus discrets et moins unis envers le régime des mollahs. Le Mexique, la Corée du Sud et la Turquie voudraient, selon le journal Le Monde, entrer dans le groupe. 

Lors de leurs dernières publications, l’OCDE et la Banque mondiale emploient le terme BRIICS pour désigner le bloc des plus grands pays émergents incluant l’Indonésie parmi les membres. L’Indonésie est un pays très peuplé (plus de 250 millions d’habitants) et économiquement fort, affichant un PIB de 878 milliards $ en 2012, en croissance de 6,2%.

À la date du , vingt trois pays ont officiellement soumis leur demande pour rejoindre les BRICS : l’Algérie, l’Argentine, le Bahreïn, le Bangladesh, la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, l’Égypte, le Honduras, l’Indonésie, l’Iran, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigeria, la Palestine, l’Arabie saoudite, la Serbie, le Sénégal, la Thaïlande, les Émirats arabes unis, le Venezuela et le Vietnam. Six d’entre eux sont acceptés comme nouveaux membres lors du sommet d’, mais seuls quatre deviennent effectivement membres en  : l’Égypte, les Émirats arabes unis, Éthiopie et Iran (l’Argentine refuse finalement à la suite de l’élection de Javier Milei et l’acceptation reste en suspens de la part de l’Arabie saoudite).

Le , le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim déclare que son pays souhaite intégrer l’organisation et que la Malaisie est en étroite collaboration avec le Président brésilien et attend la réponse du Gouvernement sud africain pour soumette sa candidature. Le , la Malaisie a officiellement demandé à rejoindre le bloc économique et l’organisation géopolitique des BRICS.

Le , l’Azerbaïdjan dépose une demande officielle d’adhésion au bloc économique des BRICS+, après une rencontre entre le président Ilham Aliyev et le président russe Vladimir Poutine à Bakou.

Le , la Turquie dépose une demande d’adhésion au bloc des BRICS, invoquant le manque de progrès dans son adhésion à l’Union européenne. La candidature n’a pas abouti à l’intégration aux BRICS+. La Turquie se voit attribuer le statut de pays partenaire. La demande d’adhésion de l’Algérie a été rejetée en , à la surprise générale. En , l’Algérie renonce définitivement à son entrée dans les BRICS+, arguant que l’Algérie ne souhaite pas intégrer un groupe où elle n’est pas désirée.

Lors du sommet 2024 à Kazan, la représentation du ministère brésilien des affaires étrangères annonce maintenir son véto concernant l’entrée du Venezuela, décision critiquée par le ministère des affaires étrangères vénézuélien qui dénonce dans un communiqué une agression contre le Venezuela et un geste hostile.

Le , le Nigeria devient le neuvième partenaire des BRICS, et le le Vietnam devient le dixième, après la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, la Thaïlande, l’Ouganda et l’Ouzbékistan.

Lors du sommet de Fortaleza, au Brésil, en , les BRICS ont décidé la création d’une banque de développement basée à Shanghai, la Nouvelle Banque de Développement présidée par la Brésilienne Dilma Rousseff, et d’un fonds de réserve. La NBD est dotée d’un capital de 50 milliards de dollars qui doit être porté à 100 milliards de dollars dans deux ans. Elle peut accorder jusqu’à 350 milliards de prêts pour financer des projets d’infrastructures, de santé, d’éducation, etc., dans les pays concernés et, à terme, dans d’autres émergents. Point notable, elle n’assortit pas ses prêts de conditions contraignantes, comme c’est le cas du FMI.

Le fonds de réserve devrait être doté pour sa part de 100 milliards de dollars destinés à servir en cas de crise de balance des paiements. La Chine, principal contributeur avec 41 milliards de dollars, peut puiser dans ce fonds jusqu’à 2,5 milliards $, l’Inde, le Brésil et la Russie à hauteur de leur contribution, soit 18 milliards $. L’Afrique du Sud peut elle puiser jusqu’au double de sa contribution, soit 10 milliards $. L’Inde semble avoir accepté que le siège de la banque soit en Chine en contrepartie d’une répartition égale des droits de vote entre les États. Elle est donc non seulement dans une position asymétrique du point de vue de ses dimensions et de sa capacité technologique, mais également dans une dynamique pour les monnaies.

En 2010, l’adhésion de l’Afrique du Sud (en anglais : South Africa) donne naissance à l’acronyme BRICS. En 2024, avec l’ajout de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie et de l’Iran, le groupe devient les BRICS+. Au début de 2025, l’Indonésie rejoint le groupe.

Les dix pays des BRICS+ représentent en près de la moitié de la population mondiale et 35 % du produit intérieur brut mondial en valeur courante, contre 44 % pour les pays du G7.

Au sein du groupe des BRICS+, la devise utilisée pour les échanges internationaux est le yuan, la monnaie chinoise. Les BRICS+ ont pour projet de créer une monnaie commune à l’alliance ; cette monnaie pourrait occasionner une chute significative du dollar américain, jusque-là la principale monnaie d’échange dans le monde.

Le basculement stratégique s’accélère en mars 1999 lors des bombardements de l’OTAN sur la Serbie : apprenant en vol le déclenchement des frappes alors qu’il se rend aux États Unis, Primakov ordonne à son avion de faire demi-tour au-dessus de l’Atlantique. Cet événement scelle la rupture diplomatique avec l’Occident et concrétise le rapprochement entre Moscou, Pékin et New Delhi. Prolongée au cours des années 2000 par l’intégration du Brésil puis de l’Afrique du Sud, cette vision constitue le pôle fondateur de l’institutionnalisation des BRICS et de la politique étrangère russe vis-à-vis du Sud global.

Les BRIC sont des pays à forte croissance, dont, au début du XXI° siècle, le poids dans l’économie mondiale augmente. Un rapport de Goldmann Sachs tendait à montrer que l’économie des pays du groupe BRIC allait rapidement se développer ; le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (États-Unis, Allemagne, Japon, France, Royaume-Uni et Italie). Les arguments soutenant cette étude sont que ces économies ont adopté l’économie de marché, et ont engagé les réformes leur permettant de s’intégrer dans l’économie mondiale, notamment l’éducation, les investissements directs à l’étranger (IDE), la création d’entreprise.

À la suite du 5°sommet du 28 mars 2013 à Durban, en Afrique du Sud, la Chine lance en son initiative BRI (Belt and Road Initiative), un projet international de nouvelle route de la soie.

En 2015, ont lieu le septième sommet des pays du BRICS à Oufa, en Russie, ainsi que l’inauguration officielle de la Nouvelle Banque de développement (NDB), institution dont le siège doit se situer à Shanghai, conçue comme une alternative à la Banque mondiale, soupçonnée d’être trop entre les mains des Occidentaux.

Le , le sommet annuel se tient à Xiamen, à nouveau en Chine. Les cinq pays des BRICS sont rejoints par la Thaïlande, le Mexique, l’Égypte, la Guinée et le Tadjikistan en tant que pays observateurs, pour discuter d’un plan BRICS Plus (ou BRICS+), prévoyant l’élargissement éventuel du groupe de 2009.

Du 25 au , les dirigeants des BRICS tiennent leur dixième sommet à Johannesburg en Afrique du Sud, dans le but de mettre en place une coopération économique accrue, dans un environnement économique international en pleine mutation. La Turquie y est aussi invitée en tant que présidente de l’Organisation de coopération islamique. En , l’Éthiopie annonce vouloir intégrer le groupe.

Le 15° sommet des BRICS du 22 au à Johannesburg en Afrique du Sud, s’accorde sur le principe d’une expansion comprenant six pays pouvant rejoindre le groupe au 1° : l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Argentine.

En lors du quinzième sommet, les cinq membres s’entendent sur l’élargissement du groupe à six pays supplémentaires. À partir du 1°, quatre de ces pays rejoignent effectivement les BRICS : l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie et les Émirats arabes unis. En , l’Arabie saoudite, bien qu’ayant été invitée comme nouveau membre, n’a pas encore confirmé son acceptation, et après diverses hésitations et annonces rétractées, elle n’a toujours pas rejoint le groupe au 1° . De son côté, l’Argentine refuse finalement de rejoindre les BRICS après la victoire de Javier Milei à l’élection présidentielle en et se rapproche des États Unis.

Avec le déclenchement de la guerre d’Iran, plusieurs pays membres des BRICS+, dont l’Inde qui bloque le soutien à l’Iran, se font plus discrets et moins unis envers le régime des mollahs. Le Mexique, la Corée du Sud et la Turquie voudraient, selon le journal Le Monde, entrer dans le groupe. 

À la date du , vingt trois pays ont officiellement soumis leur demande pour rejoindre les BRICS : l’Algérie, l’Argentine, le Bahreïn, le Bangladesh, la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, l’Égypte, le Honduras, l’Indonésie, l’Iran, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigeria, la Palestine, l’Arabie saoudite, la Serbie, le Sénégal, la Thaïlande, les Émirats arabes unis, le Venezuela et le Vietnam. Six d’entre eux sont acceptés comme nouveaux membres lors du sommet d’, mais seuls quatre deviennent effectivement membres en  : l’Égypte, les Émirats arabes unis, Éthiopie et Iran (l’Argentine refuse finalement à la suite de l’élection de Javier Milei et l’acceptation reste en suspens de la part de l’Arabie saoudite).

Le , le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim déclare que son pays souhaite intégrer l’organisation et que la Malaisie est en étroite collaboration avec le Président brésilien et attend la réponse du Gouvernement sud-africain pour soumette sa candidature. Le , la Malaisie a officiellement demandé à rejoindre le bloc économique et l’organisation géopolitique des BRICS.

Le , l’Azerbaïdjan dépose une demande officielle d’adhésion au bloc économique des BRICS+, après une rencontre entre le président Ilham Aliyev et le président russe Vladimir Poutine à Bakou.

Le , la Turquie dépose une demande d’adhésion au bloc des BRICS, invoquant le manque de progrès dans son adhésion à l’Union européenne La candidature n’a pas abouti à l’intégration aux BRICS+. La Turquie se voit attribuer le statut de pays partenaire.

Lors du sommet 2024 à Kazan, la représentation du ministère brésilien des affaires étrangères annonce maintenir son véto concernant l’entrée du Venezuela, décision critiquée par le ministère des affaires étrangères vénézuélien qui dénonce dans un communiqué une agression contre le Venezuela et un geste hostile.

Le , le Nigeria devient le neuvième partenaire des BRICS, et le le Vietnam devient le dixième, après la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, la Thaïlande, l’Ouganda et l’Ouzbékistan.

De manière générale, les BRICS plaident pour une refondation des organisations internationales comme le Conseil de Sécurité de l’ONU et les organisations de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale) dans un sens qui reflète mieux l’émergence des nouvelles puissances et le caractère multipolaire du monde au XXI° siècle. L’ensemble des États membres des BRICS ne bénéficie que de 15% des droits de vote à la Banque mondiale, 10% au FMI, alors qu’ils représentent 42% de la population mondiale et 23% de son PNB. La règle statutaire des BRICS est Un État, une voix, conformément aux principes de justice et d’équité du groupe. Toutes les décisions sont prises à l’unanimité.

Les BRICS veulent renforcer leur poids et mieux faire avancer leurs points de vue dans les négociations économiques internationales, notamment au Groupe des vingt, au FMI et à l’OMC. Lors du sommet du en Chine, ils ont insisté sur la nécessité de réformer le Système monétaire international et de réviser la composition des Droits de tirage spéciaux. Leur objectif est de sortir de la dépendance du dollar international car celui ci est considéré comme un instrument puissant d’hégémonie. Pour l’instant, les échanges commerciaux entre les États et avec certains pays partenaires commencent à utiliser les devises locales, tandis que la Chine et la Russie se sont mises d’accord, en , pour régler leurs échanges en renminbi (RMB – Yuan), monnaie officielle chinoise.

Si le China Daily insiste sur l’importance que ces pays peuvent avoir pour bâtir un ordre politique et économique international plus juste et raisonnable, il existe malgré tout des intérêts divergents entre ces pays. C’est ainsi que la Chine refuse de soutenir le Brésil dans sa revendication en vue d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Par ailleurs, la Chine dont le PIB est supérieur à celui des autres pays réunis, a tendance à vouloir montrer sa suprématie. Ses partenaires aimeraient qu’elle s’ouvre plus à leurs produits manufacturés et qu’elle ne se contente pas d’importer des matières premières. De même, ils apprécieraient une hausse du cours du yuan. Concernant les relations entre l’Inde et la Chine, elles sont marquées encore par la défaite indienne de 1962. Pour Yashwant Sinha, ancien ministre indien des finances (1998-2002) et des affaires étrangères (2002-2004) pour que la paix s’installe entre nos deux pays, il faudrait que l’Inde devienne concurrentielle sur le plan économique et militaire et que la Chine devienne une démocratie. Cependant, la règle des BRICS de ne pas laisser les conflits bilatéraux interférer dans la vie du groupe pour ne se focaliser que sur les objectifs permet de préserver un équilibre propice à sa stratégie.

Les cinq premières économies mondiales en 2050, mesurées en PIB nominal (millions de US$), d’après une étude de Goldman Sachs de 2007 : Chine, États Unis, Inde, Brésil et Russie. Il faut noter que depuis cette étude menée en 2007, les estimations pour les pays du BRIC ont été revues à la hausse.

Trois des cinq BRICS font partie des dix premières puissances économiques mondiales quant au PIB (Chine 2°, Inde 7° et Brésil 8° ou 9° selon les classements). La Russie est 11° alors que l’Afrique du Sud, qui est l’une des principales puissances du continent africain avec le Nigeria, est entre le 32° et le 35° rang selon les classements.

La place des pays du BRICS dans l’économie mondiale a fortement progressé durant la première décennie du XXI° siècle, passant de 16 % du PIB mondial en 2001, à 27 % en 2011. Cette année-là, le PIB nominal cumulé des BRICS s’élève à 11 221 milliards $.

En 2014, les BRICS affichent un PIB nominal cumulé de plus de 14 000 milliards, soit pratiquement autant que celui des 28 pays de l’Union européenne réunis (18 874) et proche de celui des États-Unis (17 528). Selon des estimations de 2014, les BRICS seraient à l’origine de plus de 50 % de la croissance économique mondiale au cours des dix années précédentes.

En 2023, le bloc des BRICS contribue à 31,5 % du PIB mondial, dépassant pour la première fois la part du G7 (30,7 % du PIB mondial). Les données fournies par l’institut de recherche britannique Acorn Macro Consulting indiquent que la tendance devrait s’accentuer dans les prochaines années, portée par la croissance importante des économies de la Chine et de l’Inde.

Pour 2050, des projections datant de 2012, estiment que l’avènement des pays en développement aura eu lieu et que certaines nations occidentales actuellement dominantes auront été devancées. Ainsi, le PIB de l’Inde devrait dépasser les 8 000 milliards (soit plus que celui de la France et de l’Allemagne cumulé), installant ainsi le pays au 3° rang des économies les plus riches du monde.

Considérée comme étant l’actuelle seconde puissance mondiale (derrière les États Unis), la Chine est devenue en 2011 la deuxième puissance économique de la planète, détrônant ainsi le Japon et devenant la première puissance du continent asiatique. Avec des échanges commerciaux s’élevant à 4 160 milliards $ en 2013, la Chine a devancé la même année les États Unis en prenant la place de première puissance commerciale au monde. Le commerce extérieur chinois a progressé de 7,6 %, les exportations chinoises ont grimpé à 2 210 milliards $ et les importations ont augmenté de 7,3 %, à 1 950 milliards, selon des chiffres publiés en 2013 par les douanes.

Selon Zheng Yuesheng, le porte-parole des douanes il est presque confirmé que la Chine a détrôné les États Unis pour la première fois en 2013, au premier rang mondial en termes d’échanges commerciaux de biens.

Avec un taux de croissance spectaculaire (le plus important de la dernière décennie) de l’ordre de près de 10 % par an, la Chine est le pays qui a enregistré la plus forte croissance économique de ces dernières années. En 2010, la Chine a atteint le chiffre record de 9,2 % de croissance (à titre de comparaison, la croissance économique en France était de 1,7 % en 2011). En , la Chine devance les États Unis et devient la première puissance économique mondiale en PIB PPA (parité de pouvoir d’achat).

Le Brésil est la troisième économie des BRICS et la principale puissance économique du continent sud américain. La libéralisation de l’économie brésilienne s’est effectuée au rythme de la libéralisation de l’économie mondiale comme en témoignent l’adhésion du Brésil à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le développement rapide des firmes multinationales brésiliennes dans les productions primaires (agriculture, énergie) mais aussi dans les productions industrielles (aéronautique). Cependant, malgré l’explosion des classes moyennes et le recul significatif de la pauvreté (plusieurs millions de Brésiliens pauvres ont rejoint les classes moyennes entre 2000 et 2010), le Brésil est encore marqué par une hausse des inégalités entre les groupes sociaux et entre les régions.

Sur le plan de l’économie, le Brésil a enregistré une progression de 7,5 % en 2010, soit une croissance nettement supérieure à celle des pays développés comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni ou encore les États Unis. Grâce à la politique menée par l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, près de 15 millions d’emplois ont été créés et plus de 30 millions de Brésiliens ont quitté la pauvreté. Avec l’Inde et la Chine, le Brésil est un pays qui a connu le plus important taux de croissance entre 2007 et 2010. En 2011, après un taux de croissance de près de 8 %, le Brésil a détrôné le Royaume Uni pour venir se placer au rang de 6° économie de la °anète. Le géant d’Amérique latine est aujourd’hui la 7° puissance mondiale et possède le 7° PIB du monde, juste devant la Russie.

Le PIB du Brésil a augmenté de manière considérable en l’espace de dix ans. En 2003, le pays possédait un PIB de 497 milliards $ et était très loin des grandes puissances économiques dont le PIB atteignait ou dépassait les 1 000 milliards $. En 2013, le Brésil fait désormais partie de ces grandes puissances puisque son PIB s’élève aujourd’hui à plus de 2 215 milliards $. Après des années d’une croissance annuelle d’environ 5 à 7 %, le taux de croissance s’est ensuite stabilisé (2,6 % en 2013).

Si le Brésil maintient ce cap, son PIB pourrait dépasser celui de la France et atteindre les 2 960 milliards $ en 2050.

L’Inde reste le pays des paradoxes. C’est le pays le moins développé des BRICS, avec une répartition des revenus la moins égalitaire. C’est également celui qui possède la croissance la plus prometteuse : l’Inde a en effet connu une croissance au moins aussi spectaculaire que la Chine. Avec environ 9,7 % en 2006, 9 % en 2007, 6 % en 2010 et jusqu’à 10 % en 2011, l’Inde se positionne à la 3e place des pays du monde ayant connu le plus fort taux de croissance ces dernières années. Sur cette période, aucun autre pays, excepté la Chine, n’a fait mieux que l’Inde. De plus, l’Inde pourrait même devenir la première puissance économique mondiale à l’horizon 2050 selon un rapport des économistes américains Knight Franck et Citi Private.

Dans moins de quarante ans, le PIB indien atteindra alors 85,97 trillions $ en termes de parité de pouvoir d’achat, soit plus que le PIB actuel des États Unis. Tandis que la Chine, dont le PIB s’élèvera à 80,02 trillions $, pourrait dépasser les États Unis dès 2020, l’Inde pourrait lui prendre la première place trente ans plus tard. L’Inde deviendrait ainsi la première puissance mondiale, devant la Chine et les États Unis. Selon cette logique, l’économie américaine se classera alors à la troisième place tandis que le Brésil et la Russie conserveront leur place dans le top 10. Le PIB indien s’est établi en 2010 à 1 430 milliards $, ce qui fait du pays la onzième puissance économique mondiale.

Sa population ne cessera de croître et dépassera celle de la Chine actuelle. C’est un pays dont la majorité de la population est rurale mais qui s’impose dans la mondialisation via les grands centres urbains spécialisés dans les industries et les activités des services destinées à l’exportation.

La question de la Russie en tant que pays émergent a longtemps été source de controverses. La Russie fait en effet partie des pays les plus influents de la planète et est l’un des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Des BRICS, elle est probablement la plus développée au plan de l’alphabétisation : 99,5 %, soit plus que la Chine (95 %), le Brésil (90 %), l’Afrique du Sud (88 %) et l’Inde (77 %).

L’ex URSS a été la seule nation, avec les États Unis, à avoir été élevée au rang de super puissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À la suite de l’éclatement de l’URSS en 1991, la Russie a cependant perdu son rang et, si elle est encore aujourd’hui considérée comme une grande puissance mondiale, elle n’est plus, selon l’avis de la plupart des spécialistes, une superpuissance comme elle a pu l’être par le passé.

Sur le plan économique, la Russie a été frappée par une forte récession économique (-5 % en 2015) dès 2014, aggravée par les sanctions imposées après la crise de Crimée. En 2016, le PIB russe est tombé, avec la chute du rouble, à 1 133 milliards $, soit le 15° rang mondial. Il faut ajouter que l’économie de la Russie est paralysée par une corruption généralisée (égale à celle du Nigeria, selon Transparency International), et l’absence de véritable État de droit. C’est pour ces raisons que pour la plupart des analystes, la présence russe au sein des BRICS serait donc assez artificielle et relèverait plus d’aspects géopolitiques qu’économiques, étant donné que l’économie de la Russie est essentiellement basée sur l’exportation d’hydrocarbures et non sur des produits élaborés (sauf les armes). La Russie a bâti sa puissance économique sur ses réserves de charbon (les deuxièmes plus importantes réserves de charbon de la planète, estimées à 173 milliards de tonnes) d’hydrocarbures ou encore d’uranium. Au total, avec une production de 1,185 milliard de tonnes équivalent pétrole en 2005, la Russie est le troisième producteur mondial d’énergie, derrière la Chine (1,641 milliard de tep) et les États Unis (1,185 milliard de tep).

En réalité, la comparaison avec les autres BRIC n’est pas aussi défavorable à la Russie qu’il n’y paraît. Avec une croissance d’environ 4,3 % en moyenne sur la dernière décennie, la Russie, classée 16° puissance économique mondiale en 2002, s’est hissée à peine dix ans plus tard à la 10° place, juste devant l’Inde. Le marché de la consommation russe a considérablement changé de visage depuis la guerre en Ukraine : Pénurie de main d’œuvre, baisse des importations, économie de guerre. Les classes moyennes et pauvres souffriraient de l’inflation galopante. Ainsi, s’agissant du PIB par habitant (et non de PIB nominal), voici les taux de croissance prévus 2025 des PIB mondiaux selon le FMI.

1 États Unis 2,2 % 26 185 mds $
2 Chine 4,5 % 21 643 mds $
3 Japon 1,1 % 4 365 mds $
4 Allemagne 0,8 % 4 120 mds $
5 Inde 6,5 %
     
9 Russie 1,3 % 2 136 mds $

Pour ce qui est des échanges extérieurs, la Russie s’est hissée en 2011 au rang de 9° puissance exportatrice mondiale devant le Royaume Uni. Cependant, la guerre de Crimée, puis celle déclenchée en Ukraine, ont modifié la donne. Pour exemple, en 2025, Les exportations de céréales russes devraient atteindre 48 à 49 millions de tonnes en 2025, soit une baisse de plus de 23 millions de tonnes (-31 %) par rapport à 2024, a déclaré Arkady Zlochevsky, président de l’Union russe des céréales (RZS), lors d’une conférence de presse.

L’Afrique du Sud abrite cinquante millions d’habitants, a une croissance inférieure ou égale à 3,5 % et un PIB seize fois plus faible que celui de la Chine. De l’avis d’une très large majorité de spécialistes, experts, ou économistes, l’Afrique du Sud apparaît comme étant le pays le moins influent du groupe BRICS. L’Afrique du Sud, que ce soit en termes d’économie, de PIB, de développement ou encore de croissance, demeure en effet loin derrière les quatre géants économiques que sont la Russie, l’Inde, la Chine et le Brésil. Avec un PIB de 384 milliards $, le PIB de l’Afrique du Sud ne représente même pas la moitié de celui de l’Inde (1 842 milliards $), de la Russie (2 000 milliards $), du Brésil (2 253 milliards $) et apparaît comme infime en comparaison de celui de la Chine (8 227 milliards $). Si l’on s’en tient à la taille de son économie (2,5 % du PIB total des BRICS) ou de sa population (52 millions d’habitants), l’Afrique du Sud paraît minuscule face aux autres pays du groupe.

Mais sur le plan régional, l’Afrique du Sud reste leader sur l’ensemble de son continent. Aujourd’hui classée seconde puissance économique (derrière le Nigeria), l’Afrique du Sud était jusqu’en 2013 la première puissance économique en Afrique. Le Nigeria possède en effet un PIB de près de 510 milliards (contre moins de 400 milliards pour l’Afrique du Sud). Malgré ces chiffres, l’Afrique du Sud reste loin devant le Nigeria quant au PIB par habitant, aux infrastructures et à la gouvernance. Si le PIB par tête au Nigeria est désormais de 2 688 $ pour 1 555 $ en 2012, celui de l’Afrique du Sud reste beaucoup plus élevé : 7 508 $. De plus, l’Afrique du Sud jouit d’une stabilité politique bien meilleure que le Nigeria. En matière de développement, l’Afrique du Sud est le pays le plus avancé du continent, doté d’un État de droit, d’une économie diversifiée, d’une société civile sans commune mesure avec l’instabilité du Nigeria.

D’après une analyse du Center for Security Studies (CSS), sur le papier, l’Afrique du Sud dispose de tous les ingrédients pour jouer le rôle d’un chef de file régional en Afrique australe : pouvoir économique, poids politique, puissance militaire et autorité morale. L’exploitation des ressources minières, le développement des services et l’amélioration de la production ont permis à l’Afrique du Sud de faire partie des plus grandes économies du continent africain.

L’Afrique du Sud est une puissance industrielle qui s’est construite sur l’exploitation de ses matières premières, plus précisément, de l’extraction de mines d’or et de diamants. Ainsi, Johannesburg est l’un des centres d’extraction de métaux précieux les plus importants du monde. Le secteur tertiaire produit plus de richesses, et notamment le tourisme de haut de gamme qui est en plein essor dans le pays. Au sein des BRICS, L’Afrique du Sud offre son riche secteur minier, et, surtout, une porte d’entrée sur le continent africain, un marché décrit par un certain nombre de spécialistes comme le prochain Eldorado de la consommation mondiale.

En 2013, lors du 5° Sommet des BRICS à Durban, de nombreuses voix se sont élevées pour remettre en cause le statut économique de l’Afrique du Sud. La question de l’Afrique du Sud en tant que puissance émergente suffisamment importante pour faire partie des BRICS a souvent été posée, un certain nombre de spécialistes s’interrogeant sur le fait de savoir si son inclusion dans ce groupe était réellement le fruit de sa vitalité économique ou plutôt d’un calcul politique des quatre autres membres. En effet, le BRICS est depuis sa création un groupe très fermé puisque plusieurs pays candidats a son entrée n’y ont pas été admis. C’est le cas par exemple du Mexique, de la Corée du Sud ou encore de la Turquie, trois économies a forte croissance ayant un PIB très supérieur à celui de l’Afrique du Sud. Ainsi, avec un PIB de près de 1 170 milliards $US (contre seulement 380 milliards $US pour l’Afrique du Sud), le Mexique, actuellement 13° puissance économique mondiale, s’est vu refuser l’entrée au groupe. Il en est de même pour la Turquie (près de 780 milliards $US de PIB) et la Corée du Sud (plus de 1 000 milliards $US de PIB.).

L’Afrique du Sud se classe au 29° rang économique mondial, derrière l’Autriche, l’Iran ou l’Argentine, ce qui n’en fait pas un géant mondial. Par comparaison, la Chine est la première économie mondiale, le Brésil 7°, et la Russie 8°, devant l’Inde 10°.

Les grands du business sud-africain, la Standard Bank (banque) ou MTN (téléphone mobile), font pâle figure à côté des géants que sont les sociétés Gazprom (Russie), Vale (Brésil), Sinopec (Chine) ou Reliance Industries (Inde).

Pour Jim O’Neill, de Goldman Sachs, l’inventeur du terme, l’entrée de l’Afrique du Sud dans ce club ne peut se comprendre que si on la considère comme le représentant du continent africain. L’avis est partagé par Catherine Grant, ancienne diplomate et chercheuse à l’Institut sud africain pour les affaires internationales (SAIIA), qui estime que: pour être crédible et représenter le Sud sur la scène mondiale, les BRICS avaient besoin d’un membre africain, et le choix de l’Afrique du Sud est très judicieux. En effet, selon elle, les BRICS ne sont plus aujourd’hui une simple alliance économique, mais bel et bien un groupe de puissances dont les ambitions sont devenues politiques, notamment celle de concurrencer les grandes institutions internationales occidentales. Catherine Grant souligne que les BRICS ne sont pas une union économique. Avant, la taille économique comptait, mais maintenant c’est un regroupement politique.

Sur le continent, le pays apparaissait comme le plus apte à dynamiser le commerce et les infrastructures en Afrique. D’après un certain nombre de spécialistes, l’Afrique du Sud a été admise au sein des BRICS en tant que pont entre ces grands pays émergents et le continent africain. Surtout, l’Afrique du Sud représente une porte d’entrée sur le continent africain, un marché identifié comme l’un des prochains Eldorado de la consommation mondiale.

Les quatre grands du BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde) sont en effet particulièrement actifs sur le continent, à tel point que certains, comme Simon Freemantle, analyste à la Standard Bank, comparent cela avec la ruée vers l’Afrique qui a eu lieu à la fin du XIX° siècle. Ainsi, l’Afrique du Sud a-t-elle pris une place considérable pour les BRICS ces dernières années, en premier lieu la Chine: négligeable il y a dix ans, le commerce entre les deux entités a depuis été multiplié par dix.

Considérée comme étant une moyenne puissance à l’échelle mondiale, petite économie en comparaison de ses alliés du BRICS, mais géant africain, l’Afrique du Sud connaît une situation paradoxale. Le pays sud africain doit faire face à plusieurs difficultés : inégalités sociales, chômage structurel élevé (près de 30%), forte criminalité, etc. Il s’agit cependant du pays le plus riche d’Afrique, son PIB représentant 40% de celui du continent, l’Afrique du Sud a rassemblé environ 6,4 milliards $ d’IDE en 2005 (8 fois plus qu’en 2004). L’Afrique du Sud est très riche en ressources naturelles. Elle domine le marché de l’or (30% de la production mondiale) et du diamant. Elle est aussi le 1° producteur de manganèse et de chrome. Le pays dispose également de 60% des réserves de charbon mondiales qui lui permettent de produire 90% de son électricité. Son potentiel touristique constitue également un atout considérable encore peu exploité.

Les échanges entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud ont crû de 75% depuis 2000, pour atteindre 46 milliards € en 2012. Créée en 1887 après la découverte de l’or du Transvaal, la Bourse de Johannesburg est la plus grande place financière du continent, avec une capitalisation de 700 milliards $ en 2006. La puissance économique de l’Afrique du Sud contribue fortement à son leadership en Afrique estime le spécialiste Philippe Gervais-Lambony.

Parmi les 500 premières entreprises africaines, 127 sont sud-africaines ; elles réalisent à elles seules plus de 60 % du chiffre d’affaires de ces 500 entreprises. Le second pays dans ce classement est l’Algérie, loin derrière. Malgré sa place de première puissance économique africaine perdue au profit du Nigéria, la domination de l’Afrique du Sud sur le continent se vérifie dans tous les secteurs : agro industrie, textile, industrie du bois et du papier, travaux publics, production électrique, mines, chimie, téléphonie, transport, assurance, banque.

En outre, l’Afrique regorge de matières premières indispensables au développement des économies émergentes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les géants émergents s’intéressent à l’Afrique du Sud. En effet, l’Afrique du Sud a été invitée par la Chine à rejoindre les BRICS pour une raison claire : l’ouverture sur les marchés africains et l’accès aux matières premières dont les pays du BRICS ont besoin pour maintenir leur croissance. C’est le cas notamment de la Chine, seconde puissance mondiale, qui a besoin de beaucoup de matière première pour soutenir sa croissance grandissante et son développement industriel, ce qui explique pourquoi Pékin a jeté son dévolu sur l’Afrique du Sud en renforçant les liens et les partenariats stratégiques entre les deux pays.

Au-delà du Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine ou l’Afrique du Sud, présentés comme les plus grands pays émergents — même si le cas de ce dernier pays est un peu plus contesté — les pays émergents sont nombreux et certains d’entre eux beaucoup plus prometteurs que d’autres. On en compte sur presque tous les continents, mais principalement sur le continent sud-américain (latino-américain en incluant le Mexique) et le continent asiatique. Parmi ces émergents, quelques-uns sont déjà classés au sein des grandes puissances économiques mondiales. C’est le cas par exemple de la Corée du Sud ou du Mexique, deux économies dont le PIB individuel dépasse les 1 000 milliards $. De ce fait, la Corée du Sud est la 13° puissance économique de la planète, juste devant le Mexique, 14°.

Avec un PIB de 878 milliards, l’Indonésie figure également parmi les plus importants pays émergents et se classe à la 15° place des puissances économiques, devant la Turquie, elle aussi émergente, dont le PIB affiche 789 milliards. Cela représente près du double du PIB de l’Afrique du Sud (380 milliards).

Le groupe d’assurance-crédit Coface a publié une liste de dix pays susceptibles de prendre le relais des grandes économies émergentes du BRICS. Coface a distingué deux groupes: d’un côté les PPICS (Colombie, Indonésie, Pérou, Philippines et Sri Lanka), de l’autre le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Bangladesh et l’Éthiopie. Le premier groupe est particulièrement prometteur puisqu’il rassemble l’une des principales économies d’Amérique du Sud (la Colombie) et l’une des principales d’Asie (Indonésie).

En 2012, un autre groupe, les Next eleven, est présenté comme les onze prochains pays émergents susceptibles d’avoir le même effet que les BRICS. Il s’agissait du Bangladesh, Égypte, Indonésie, Iran, Corée du Sud, Mexique, Nigeria, Pakistan, Philippines, Turquie, Viêt Nam.

Toutefois, il est important de souligner que la comparaison entre certains pays émergents et certains pays développés reste pour le moment limitée. En effet, certains pays émergents sont encore loin derrière les grands pays développés s’agissant du PIB par habitant, de qualité de vie, et dans certains cas, des infrastructures et de la stabilité politique. Si le PIB croît plus rapidement dans les pays émergents, il demeure plus important dans la plupart des pays développés.

Ainsi, bien que le Nigeria présente une croissance très supérieure à celle des États-Unis, le pays africain possède un PIB de 510 milliards, contre près de 15 000 milliards en faveur du mastodonte américain. À l’inverse, les pays émergents les plus performants dépassent déjà un certain nombre de pays développés. Ainsi, au rang des puissances économiques, l’Indonésie, la Corée du Sud ou le Mexique sont tous les trois devant des pays comme les Pays-Bas (776 milliards de PIB), la Suède (525 milliards), la Suisse (632 milliards) ou encore la Pologne, la Norvège, l’Ukraine, etc. De même, la Colombie, dont le PIB avoisine les 370 milliards, surpasse le Portugal (212 milliards), la Grèce (249 milliards) et devrait bientôt dépasser la Belgique (483 milliards).

Certains économistes parlent également des CIVETS (qui se recoupent partiellement avec les Next Eleven), voire des MINT ou des BENIVM pour prendre le relais des BRICS en termes de croissance économique.

Le E7 est un sigle regroupant de manière non officielle sept pays parmi les principales puissances mondiales émergentes. Le E7 n’a pas de statut réel et n’est pas une union entre différents pays, contrairement au G7, au G20, à l’Union européenne ou au groupe BRICS. Il s’agit pour l’instant seulement d’un acronyme utilisé pour regrouper les nations les plus prometteuses de la planète sur le plan économique. Les pays formant le E7 sont : la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie, le Mexique, l’Indonésie et la Turquie.

Selon une étude The World in 2050 publiée en 2011 par la société Price Waterhouse Cooper, la crise financière mondiale a accéléré le transfert du pouvoir économique en faveur des pays émergents. Le rapport, baptisé Le monde en 2050, met en exergue un déplacement de la domination économique mondiale des pays du G7 (États Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada) vers ceux du groupe E7.

Les économies émergentes du E7 dépasseront les économies développées du G7 en 2020 selon la mesure de leur PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) et en 2032 selon la mesure de leur PIB aux taux de change du marché. En prenant comme mesure le PIB à parité de pouvoir d’achat, l’analyse montre que les pays du E7 dépasseront les pays du G7 à l’horizon 2020.

En utilisant comme mesure le PIB aux taux de change du marché (TCM), le rapport montre que l’évolution de l’ordre économique mondial, quoique plus lente, est tout aussi inexorable, l’E7 devant prendre le pas sur le G7 avant 2050 selon les projections.

La Chine devrait également détrôner les États-Unis en 2032 pour devenir la première économie mondiale sur la base du PIB aux taux de change du marché. En revanche, en prenant le PIB à parité de pouvoir d’achat, cette situation qui devait se produire vers 2020 a finalement eu lieu plus tôt que prévu (en 2014). La société Price Waterhouse Cooper remarque qu’en 2000, le PIB cumulé du G7 était le double de celui de l’E7.

En 2011, l’écart a été réduit de près de 30 %. Alors qu’il y a 20 ans, l’apport des pays émergents à la croissance mondiale était très faible, ils tirent aujourd’hui l’économie de la planète. En effet, près de 75 % de la croissance mondiale vient des émergents, dont ceux du E7 et des BRICS.

De l’avis même de l’économiste Jim O’Neill, qui avait imaginé l’acronyme BRIC, celui-ci n’aurait plus aucun sens de nos jours : Si je devais le changer, je ne laisserais plus que le C, a-t-il remarqué en 2013, avant d’ajouter ironiquement : Mais cela ne ferait sans doute pas un excellent acronyme.

Le concept du BRIC s’accommode cependant mal des différences importantes qui existent entre ces quatre pays. […] Des facteurs plus ou moins imprévisibles pourraient intervenir et entraver la croissance rapide de certains de ces pays, notamment les questions d’environnement, de conflits internationaux, de maladie, de terrorisme ou de gestion des ressources énergétiques. Les pays du BRIC ont de très vastes populations en dessous du seuil de pauvreté, situation qui pourrait entraîner un malaise social croissant et grever les finances gouvernementales.

L’acronyme BRICS regroupe donc des pays aux trajectoires et aux situations bien différentes. Ainsi, la crise économique internationale consécutive à l’effondrement des crédits subprimes n’a pas affecté ces économies de la même manière. Ainsi, en 2009 :

  • la Russie a été touchée par la récession ;
  • l’économie chinoise, au contraire, a continué de croître à un rythme annuel supérieur à 8 % ;
  • le Brésil et l’Inde n’ont enregistré qu’un ralentissement de leur croissance.

Considérer les BRICS comme étant des puissances serait oublier certains défauts de leurs modèles économiques. Ainsi, ces pays sont marqués par de fortes inégalités sociales. Il y a peu de transparence en matière économique et financière, notamment en Chine. Des progrès sont à noter en matière d’universités et de recherche, mais il reste encore un écart avec les grandes puissances occidentales. La productivité stagne en Russie et au Brésil ; la Chine se base sur un modèle exportateur vers des pays occidentaux en crise de la dette, et donc potentiellement moins portés sur la consommation.

Logo de l'organisation

Pays BRICS  – Brésil, Russie, Inde, République populaire de Chine, Afrique du Sud + Émirats arabes unis, Égypte, Éthiopie, Iran, Indonésie.   BRICS partenaires – Biélorussie, Bolivie, Cuba, Kazakhstan, Malaisie, Nigéria, Thaïlande, Ouganda, Ouzbékistan, Vietnam. SANS : Algérie et Turquie BRICS candidates – Azerbaïdjan, Bangladesh, Myanmar, Pakistan, Sénégal, Sri Lanka, Syrie et Venezuela. SANS : Algérie et Argentine

17 09 2026

Dominique de Villepin, ancien premier ministre, ancien ministre des Affaires Étrangères,  sur le plateau de LCI : Les finances de la France sont un tonneau des Danaïdes ; ça fuit de partout, et, plutôt que de boucher les fuites, on ajoute constamment du liquide. […] La vérité, c’est que la France est en 1788.

25 09 2026

Le pape Léon XIV est en France urbi et orbi, avec un succès de rock star. Les rapports avec Emmanuel Macron sont au minimum syndical : le pape n’aime pas Macron qui a commis le péché mortel de le tutoyer lors de leur première entrevue. Imaginez vous donc ! Mais ça, c’est que c’est presqu’aussi grave que la main de Michelle Obama dans le dos de la reine Elisabeth en mars 2009 ! Prêches et prières s’enchainent pendant trois jours en se cantonnant dans une incantation qui mène nulle part. Rien de nouveau sous le soleil… condamnation de la procréation assistée, de la mort administrée etc…   on ne sort pas des clous.

Et au dernier moment, à Metz, le pape, jetant la rancune à la rivière, envoie un SMS à Macron : cela me ferait plaisir que vous m’accompagniez jusqu’à la passerelle de l’avion qui va m’emmener à Rome. Macron, qui pensait que c’en était fini avec le pape, annule tous ses rendez-vous de la journée et retourne un SMS au pape : J’arrive. Cela me fait plaisir à moi aussi.

Embrassons nous, Folleville. [2]

En ne s’attardant qu’au seul comportement des 800 000 personnes – pour la plupart non pratiquants, seulement sympathisants, catholiques culturels – venues assister à la messe place de la Concorde – Champs Élysées, on ne peut que rester béat d’étonnement : pas de papiers gras, pas de canettes, aucune bagarre, aucune vitrine brisée, aucun blessé : du jamais vu dans l’histoire de France.

Et moins de 8 jours plus tard, des lycéens qui font part de leur demandes parfaitement raisonnables et légitimes se laissent récupérer et déborder par les nervis de Mélanchon qui tire les ficelles depuis les coulisses et ce sont 338 lycées dégradés, voire brûlés, 45 bloqués,  plus de 6 800 interpellations du 28 septembre au 8 octobre, 167 blessés, surtout chez les forces de l’ordre. Mardi 6 octobre 900 lycées seront encore fermés. Le ministère de la justice rapporte que 86 % des personnes placées en garde à vue sont des mineurs. Parmi les près de 2 300 personnes faisant l’objet de poursuites, un peu plus de la moitié (1 547) ont été déférées. On avancera aussi que cette révolte lycéenne avait été attisée par l’interdiction des portables au lycée, et il est vrai que les temps de sevrage ne sont jamais paisibles… La suppression d’une addiction rend toujours très nerveux…

Le 9 octobre, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annoncera l’arrivée de 3024 professeurs ! Mais d’où sortent ils donc ? Ils n’ont en fait pas été recrutés, ils étaient simplement en stand by, pour reprendre l’expression utilisé dans les entreprises de travaux publics, entre deux chantiers. 3024 enseignants payés à rester chez eux quand tant de besoins restent insatisfaits dans toutes les académies !  [à 1 800 €/mois pour 3024 enseignants pendant un an, ça fait à peu près 65 millions €]. Il pourra dire au ministre de finances : tu vois, je ne te demande même pas de sortir de l’argent, puisque tu les payes déjà ! Bien sur, Édouard Geffray n’est pas responsable de cette gabegie, qui remonte à beaucoup plus loin. Cela a dû commencer sous la IV° République, peut-être seulement sous la V°, mais il est évident qu’il s’agit de plusieurs décennies…. des décennies d’impuissance totale des ministres concernés à réformer cela, à mettre fin à cet inadmissible scandale. Claude Allègre ne se trompait pas qui parlait de dégraisser le mammouth. Mais c’est le mammouth qui est resté et Claude Allègre qui a sauté.

Autant est acceptable le principe d’un corps de réserve pour pallier aux imprévus, autant dans sa concrétisation, la dimension – 4 000 enseignants – est à proprement parler scandaleuse. Ce scandale qui pète à la figure du gouvernement va apporter de l’eau au moulin de tous les partisans de l’amaigrissement de la fonction publique et ce sont les extrêmes qui vont y gagner, à six mois d’une élection présidentielle aux enjeux essentiels pour la survie de la France. Les lâchetés de nos gouvernants auront fait le lit du Rassemblement National et de la France Insoumise

Le ou la vainqueur (e) de la présidentielle d’avril 2027 aura pour tâche prioritaire de faire en sorte que ces deux France se mettent – non pas à s’aimer, à l’impossible nul n’est tenu, mais à se supporter, à se tolérer, alors que pour l’instant, elles se haïssent. L’une, majoritaire, silencieuse et pacifique, l’autre minoritaire et dangereuse, attirant dans sa fascinante lumière casseurs et voyous.

4 09 2026

Jérôme Fourquet se garde bien de dire que c’était mieux avant mais en même temps il affirme qu’il n’y aura pas de retour en arrière : donc, si l’on va au bout de la logique de Jérôme Fourquet, on va dans le mur.

L’Homo occidentalis est la résultante d’un changement anthropologique et psychique. Dans les générations précédentes, l’individu vivait dans une société verticale structurée par un système patriarcal et par de multiples interdits, avec pour conséquences des frustrations que généraient ces interdits. Les patients qui consultaient Freud ou ses successeurs étaient atteints de névroses, souvent liées à leur rapport au père. Jusqu’au début des années 1950, les patients ont présenté à peu près les même symptômes. Des instances, comme l’Église ou le Parti communiste, structuraient alors la société et généraient un sens du collectif.

Aujourd’hui, dans une société ou l’individu s’est autonomisé et affranchi des cadres d’appartenance traditionnels, les impératifs de jouissance, de désinhibition, d’esthétique du corps et d’épanouissement personnel engendrent de nombreuses dépressions. Ainsi, les questions posées à un psy se sont inversées. Autrefois, un adulte cherchait de l’aide car il était écrasé par la figure paternelle. Maintenant ce sont les parents qui viennent demander comment gérer l’éducation de leurs enfants. Beaucoup ne se sentent plus légitimes à exercer une quelconque autorité.

Ils expliquent qu’ils n’ont pas les outils pour le faire. Dans la cellule familiale d’autrefois, on était habitué à obéir – pour le meilleur ou pour le pire. Mais depuis les années 1960, avec la libération des mœurs et le désir d’autonomisation des individus, ce conditionnement s’est perdu. Or, l’Homo occidentalisse construit sur des modèles qu’il a connus enfant. On en est aujourd’hui à la troisième génération de parents qui expriment une vraie difficulté, car ils disent ne pas disposer du mode d’emploi pour poser des limites. L’Homo occidentalis est en partie le produit de cette grande mutation. On est clairement entré dans un nouveau régime psychique.

L’autorité n’est plus reconnue comme légitime. Elle est donc compliquée à faire admettre, car l’Homo occidentalisdemande du respect, respect de ce qu’il est, tel qu’il est. Le slogan de McDo Venez comme vous êtesou celui de l’Oréal parce que vous le valez bien, l’illustrent assez bien. Même dans le monde du travail, l’individu contemporain choyé comme consommateur a parfois du mal à accepter la hiérarchie et les règles qu’impose le bon fonctionnement de l’entreprise.

L’Homo occidentalisest aussi le produit d’une bascule anthropologique : il suffit de constater l’augmentation du nombre de divorces – 33 % des parents d’enfants sont séparés -, la multiplication par deux du nombre de familles monoparentales depuis les années 1990, la chute de la natalité, l’engouement pour le tatouage ou la chirurgie esthétique, et surtout le nombre croissant de crémations, au détriment des inhumations, pour voir que la charpente anthropologique de la société a été profondément ébranlée. Le changement survenu dans les rites funéraires est impressionnant : près de 80 % de crémations en Allemagne, mais tout de même 43 % en France malgré sa tradition catholique contre 1 % en 1980. C’est une évolution spectaculaire, sans doute le signe le plus significatif de la perte d’influence de l’Église, l’une des deux structures qui, avec l’ordre patriarcal, constituait cette charpente. Dans ce domaine, on a franchi un cap.

L’Homo occidentalisveut maîtriser sa destinée de bout en bout, de la vie à la mort. Dans notre livre, on cite l’exemple – évidemment très extrême – d’une jeune femme qui a changé de prénom, puis de nom de famille, et dit : je voulais me donner naissance à moi même, […] je n’appartiens à aucune famille, c’est moi le commencement de moi même. Derrière ce fantasme de l’autoengendrement, il y a le processus – poussé à bout – de l’autonomisation de l’individu, affranchi des cadres traditionnels. Je m’affranchis de mon état civil, de mon corps, – avec la chirurgie, les scarifications ou les tatouages -, de mes origines, etc…

La jeune fille qui déclare : Je ne vois pas pourquoi il faudrait que je transmette quoi que ce soitest un exemple parmi d’autres – no future – qui montre que l’individu occidental contemporain est de moins en moins préoccupé par ce qui peut se passer après lui. Le désir, ou le devoir, d’assurer sa pérennité, n’est plus dominant. C’est un peu après moi le déluge. La primauté du présent et de l’instant l’emporte en effet sur la nécessité de s’attacher au passé ou de préparer l’avenir des générations futures. L’envolée de la dette de la France en est un bon exemple..

Les entreprises ont leur part de responsabilité dans cette affaire, notamment avec la sacralisation du client roi à qui, dès le plus jeune âge, est offert le choix entre d’innombrables produits et marques. L’homme nouveau a aussi été façonné par la société de consommation de l’après guerre.

En géomorphologie, le chaos granitique désigne un paysage dont le sol a été altéré sous l’effet du vent ou des infiltrations mais où subsistent des blocs de granit. Cette métaphore résume assez bien l’état de nos sociétés dominées par un processus continu d’autonomisation des individus. En clair, dans un vaste champ rassemblant les individus vivant dans le nouveau régime psychique et le nouveau référentiel anthropologique, il subsiste des blocs de résistance d’individus qui se réfèrent au modèle de l’ancien monde.

Il n’y aura pas de retour en arrière. On peut espérer que les excès de l’individualisme se modèrent, que les souffrances diminuent, mais l’idéal commun aux Homo Occidentalis est qu’il n’y a plus d’idéal. Ce n’est pas réjouissant mais c’est ainsi.

Pierre  Henri Tavoillot pose la question : Comment gouverner un peuple roi ? Pas facile quand on est confronté à un narcissisme de masse. Ce qu’on a voulu montrer à travers cette enquête, qui révèle une inquiétante progression de la solitude, c’est le coût de cette grande bascule, : coût social, coût en matière de santé mentale, entre autres. Tant qu’on sera dans une logique purement économique, on passera à coté du sujet. Il faut proposer une politique de civilisation, inventer un nouvel idéal collectif, et, avant tout, répondre à la grande solitude des jeunes.

Jérôme Fourquet, Ruben Rabinovitch Homo occidentalis. La Tribune Dimanche du 4 octobre 2026

Drôle de lettre, par Grand Corps Malade 2026, dans l’album Voir la mer.

Il vit depuis 2024 à Montréal, Canada

Ma très chère toi

J′suis l’mec qui t′calcule pas, mais tu t’doutes bien
J’prends souvent des nouvelles de toi, même de loin
T′as l′air d’aller exactement comme quand on vivait ensemble
C′est-à-dire pas très bien, même si tu refuses de l’entendre

On s′est quittés depuis des mois, c’était cent pour cent mon choix
J′te promets, j’regrette pas, j’me sens bien loin de toi
Vu qu′apparemment t′as rien changé de tes manies détestables
T’es constante dans tes défauts et j′trouve ça lamentable
T’as l′air de faire la gueule du dimanche au dimanche
T’étais libre, audacieuse, c′est un gâchis immense

J’me sens bien loin de toi
Vivre sans toi ne m’fait pas peur
J′peux t′expliquer pourquoi
Dans cette lettre de rancœur
J’me sens bien loin de toi
Et j′ai même pas le cœur lourd
J’peux t′expliquer pourquoi
Dans cette drôle de lettre d’amour
Dans cette drôle de lettre d′amour
Dans cette drôle de lettre

Je sais pas ce qui s’est passé pour qu′tu sois si fermée
Beaucoup de gens te trouvent triste et grise et cernée
J′trouve que t’as perdu de ta belle insouciance
Est-ce que t′écoutes des gens qui ont une mauvaise influence ?

J’entends dire ici qu′tu t’embrouilles avec tout l′monde
Que tu tiens des propos d’une cruauté profonde
En te fermant aux autres, tu as fait jaillir tes peurs
Tu t’es fermée à toi-même, tu as perdu ta grandeur

T′as l′air de faire la gueule du dimanche au dimanche
T’étais libre, audacieuse, c′est un gâchis immense

J’me sens bien loin de toi
Vivre sans toi ne m′fait pas peur
J’peux t′expliquer pourquoi
Dans cette lettre de rancœur
J’me sens bien loin de toi
Et j’ai même pas le cœur lourd
J′peux t′expliquer pourquoi
Dans cette drôle de lettre d’amour

Pourtant j′veux encore y croire malgré tout ça
J’ai encore envie d′te voir et envie d’être fier de toi

Après tout c′qu’on a vécu, j’ai vraiment pas qu′des regrets
Tu as fait c′que j’suis devenu et c′est pas un secret
Tu sais bien qu’je t′aime encore, pour moi rien n’est fini
Tu sais bien qu′je vais revenir, c’est toi mon pays
Je t’aime encore, c′est pour ça qu′j’ai tant d′exigence
Je vais revenir, ma très chère toi, ma très chère France

J’me sens bien loin de toi

Vivre sans toi ne m’fait pas peur

J′peux t’expliquer pourquoi
Dans cette lettre de rancœur
J′me sens bien loin de toi
Et j′ai même pas le cœur lourd
J’peux t′expliquer pourquoi
Dans cette drôle de lettre d’amour
Dans cette drôle de lettre d’amour
Dans cette drôle de lettre d′amour

17 10 2026

Et encore un nouveau musée, le Large, sur l’île Seguin – les anciennes friches Renault, quand on nommait Renault Le Saigneur de Billncourt -. L’architecte est catalan : RCR. Il a falloir organiser un concours des plus beaux musées ; peu importe le contenu puisqu’aujourd’hui, c’est le contenant qui importe.

12 2026

ET SI

Épilogue du roman de Philippe Claudel : Wanted Stock 2025, publié bien sûr avant le 28 février 2026, quand les États Unis décapitèrent l’Iran. Donc Philippe Claudel ne pouvait pas alors avoir connaissance de ces événements.

Ayant été désigné pour le prix Nobel de la Paix pour avoir commandité les meurtres de Dimitri Peskov, porte parole du gouvernement russe, tué le 12 juin 2026 pour 0.5 million $, de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, tué le 14 juin 2026 pour 1 million $, et de Vladimir Poutine, président de la Russie, tué le 2 juin 2026 pour un milliard $, par ses gardes du corps qui n’en pouvaient plus de le voir les considérer comme un rouleau de papier hygiénique, Elon Musk atterrit à Oslo pour recevoir son prix, le lendemain, à l’Hôtel de ville d’Oslo.

On attendait des invités du monde entier. Le président Trump s’était fait excuser en raison de sa participation à un tournoi de golf essentiel comme l’avait écrit la Maison Blanche, mais son vice président, J D Vance avait confirmé sa présence, tout comme le roi Charles III d’Angleterre, Volodymyr Zelensky, Ioula Navalnaïa [veuve d’Alexei Navalny], Emmanuel Macron, le président français, le premier ministre britannique, Keir Starmer, la présidente du Conseil italien, Georgia Meloni, Donald Tusk, le Premier ministre polonais, Pedro Sánchez, son homologue espagnol, Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, le roi du Maroc, Javier Milei, président de l’Argentine, et quelques dizaines d’autres dignitaires des cinq continents.

Jamais remise de prix Nobel n’avait connu un public aussi prestigieux, et jamais discours de Nobel n’avait été à ce point attendu, tant on savait que Musk serait capable de prononcer des mots originaux, sans doute disruptifs, propres à peser que les grands équilibres financiers et géopolitiques.

Et tout à coup, patatras, Elon Musk meurt d’un infarctus coronaire massif.

[…] Donald Trump  décida d’un deuil national de cinq jours. Les drapeaux furent mis en berne dans tout le pays. Les obsèques nationales eurent lieu le 22 décembre à Washington. 

Le cercueil végétal d’Elon Musk, placé dans la Tesla Cybertruck qu’il aurait dû emprunter à Oslo, et qui avait été réaménagé pour l’occasion, quitta à quinze heures le Capitole où il avait été exposé pendant un jour et une nuit, recevant les hommages de dizaines de milliers de personnes qui avaient patienté souvent pendant des heures au dehors dans le froid glacial avant de pouvoir pénétrer dans l’édifice.

Salué tout le long du parcours par une foule considérable massée sur les côtés de la chaussée, le convoi funéraire se dirigea lentement vers la cathédrale Saint Matthieu où fut célébré un office en la mémoire de celui qui s’était toujours présenté non comme un pratiquant , mais comme un chrétien culturel. Y assistaient plus de 90 dirigeants et chefs d’État  du monde entier, ce qui n’était jamais arrivé depuis les obsèques de John Fitzgerald Kennedy.

Devant l’assemblé dans laquelle au premier rang se trouvaient quatre anciens présidents des États Unis d’Amérique, Bill Clinton, G W Bush, Barack Obama et Joe Biden, le président Donald Trump prononça l’oraison funèbre dont on retint surtout les dernières envolées, qui plongèrent l’assistance dans l’expectative, tant personne ne fut capable de dire si Donald Trump parlait sérieusement ou s’il exprimait de façon métaphorique un atroce chagrin qu’il avait éprouvé, comme s’il avait dit un peu plus tôt, à l’occasion de la perte incommensurable que lui même, l’Amérique et l’humanité venait de subir.

Vous savez, on dit souvent que personne n’est irremplaçable. On le dit. On le dit souvent. Vous avez dû entendre ce genre de choses. Je ne sais pas d’où vient cette affirmation. Peut être est ce encore un de ces trucs que l’on trouve dans les ouvrages de philosophes européens à la noix, je ne sais pas, je ne lis jamais de livre. Je n’ai pas de temps à perdre, j’ai mieux à faire. Et vous aurez remarqué au passage que chez nous en Amérique, on n’a jamais eu de philosophes, et c’est tant mieux ! Les grandes nations n’ont pas de philosophes, elles ont autre chose à faire, elles ont les mains dans le moteur, elle n’ont pas le temps de rêvasser et de produire du jus de cerveau ! Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

Pour en revenir à cette phrase eh bien, je peux vous le dire, elle est nulle. Nulle ! Elle est débile. Complètement débile ! Car il y a des êtres humains qui sont irremplaçables, oh oui ! Et Elon fait partie de ceux là. Il en fait partie. Personne ne peut et ne pourra remplacer Elon. Personne ! Jamais ! Vous vous rendez compte de ce que nous avons réussi à faire avec Elon en quelques mois ? On a tordu le cours des choses ! On a apprivoisé l’Histoire, cette bête sauvage, ce fauve, pour la rendre docile et qu’elle vienne nous manger dans la main ! On a mis fin à une guerre ! À une guerre ! Ce n’est pas rien, tout cela ! On a fait liquider de grandes crapules et fait en sorte qu’ils arrêtent de nuire à l’humanité et de foutre le bordel ! Et nous avons fait cela non pas avec une armée de trois millions de soldats, mais à deux, à deux seulement ! Moi et Elon ! Moi et Elon ! Deux mecs nourris de burgers et de Coca ! C’est ça l’Amérique ! Ce sont deux types qui montent sur leur canasson, qui rejettent leur chapeau en arrière, qui vérifient leur flingue à la ceinture et qui foncent dans l’inconnu ! Voilà ! Oui, c’est ça notre  grandeur à nous autres Américains ! Tu vas me manquer Elon ! Tu vas nous manquer, terriblement !

Trump s’arrêta quelques secondes. On vit ses lèvres bouger sans qu’aucun son n’en sorte. Il passa le revers de sa main droite devant ses yeux, inspira longuement.

Pardon… l’émotion … On a beau être président, quand on enterre un ami, on est juste un homme avec sa peine. Elon, Elon… je l’aimais… Oui, je t’aimais, Elon, je ne te l’ai peut être pas assez dit…. Je t’aimais… Vous savez, je déteste les homosexuels. Vous le savez, que je les déteste. Ils font des trucs contre nature. Des trucs dégueulasses. Des trucs que je ne parviens même pas à imaginer, à visualiser ! C’est immonde même de penser que des êtres humains puissent faire ce genre de truc ! Abject ! On devrait les punir ! On devrait les soigner ! Les enfermer ! Les rééduquer ! Je dis cela, parce que, moi qui déteste les homosexuels, qui les déteste mais alors plus que tout, eh bien, si moi même j’avais dû être homosexuel, ce qui n’aurait pas pu arriver, je vous assure, mais imaginons, imaginons, eh bien moi, j’aurais choisi de l’être avec Elon. Sur une île, vous savez, le truc de l’île, du bateau qui fait naufrage, des deux seuls survivants et qui finissent par … Bon, vous m’avez compris. Voilà. Voilà, c’est dit.

Dites, est ce qu’on pourrait me donner un Coca ? Normal, pas Light. J’ai soif. Les émotions me donnent soif. Allez me  chercher un Coca, bordel !

Ah, je voulais tout de même ajouter encore une chose, Elon. Oui, une autre chose, très importante, et qui n’a rien à voir avec les homosexuels ni avec le Coca Cola : Elon, ta mort m’a fait réfléchir. Elle a eu au moins pour moi cet avantage. elle m’a fait vraiment réfléchir, à m’en faire mal aux méninges. Et j’ai eu une révélation. Oui, appelons un chat un chat, une révélation, le mot n’est pas trop fort. C’était avant hier : ma balle s’était un peu trop enfoncée dans le sol, la faute au terrain trop gras, aux fortes pluies, et je ne savais pas trop comment la frapper pour qu’elle revienne sur le green. Voyez vous, je l’ai déjà dit souvent mais on ne me croit jamais, je ne suis jamais aussi performant pour avoir des idées claires et prendre des décisions majeures que lorsque je joue au golf. Si tout le monde se mettait au golf, je vous assure que l’humanité s’en porterait mieux. Et une fois encore, cela s’est avéré. Le golf.  Une révélation. Soudain. Et que j’ai tournée et retournée dans mon cerveau.

Aujourd’hui, je peux vous l’annoncer, j’ai signé, juste avant de venir dans cette magnifique cathédrale, un décret. Un décret qui rentre immédiatement en application. Un décret que j’ai baptisé « décret Elon », en souvenir de mon ami. J’ai pensé, mûri le décret Elon pendant mes parcours de golf en ces jours de deuil national, c’était le moins que je pouvais faire pour la mémoire de mon cher ami, et je l’ai signé, ce putain de décret, il n’y pas pas une heure.

Que dit ce décret ? C’est simple. C’est une évidence. C’est d’une force et d’une clarté biblique, vous en conviendrez, et je ne vous pas qui pourrait le contester ou trouver à y redire : le décret dit que moi Donald Trump, quarante septième président des États Unis d’Amérique, j’interdis à la mort de s’en prendre à une liste de personnes dont l’identité sera annoncée dans les jours prochains. Des personnes, vous l’avez compris, qui ne sont pas remplaçables. Des personnes aussi précieuses qu’Elon. Et mon grand regret, mon immense regret, c’est de ne pas avoir imaginé et pris ce décret plus tôt, car Elon, Elon Musk, notre grand Elon Musk serait encore parmi nous, si j’avais eu l’idée de ce décret et s’il était entré en application.

L’objet de ce décret, efficient dès maintenant, est de dire à la Mort : Non, non, bats en retraite, salope ! Tu n’as pas le droit de te saisir de cette personne ! Tu n’as pas le droit de t’en prendre à cette personne ! Cette personne est protégée par le décret Elon! Fais marche arrière, retire toi, va t’occuper d’autres types. Des minables, des inutiles, des merdes, des remplaçables, ça ne manque pas, mais laisse tranquille cette personne sinon les sanctions seront terribles ! 

Vous me connaissez, tous ici, quand je dis quelque chose, ce ne sont pas des mots en l’air ! Si je promets la foudre, c’est que la foudre est dans ma poche. Voilà. Voilà. La Mort est prévenue. Qu’elle se tienne à carreau et fasse attention ! Je n’en dirai pas plus.

Repose en paix, Elon !

Et ce Coca, bordel ! Je vais l’attendre combien de temps ? Il y a deux mille ans un type était capable de marcher sur l’eau, et aujourd’hui, dans sa maison, personne ne peut me trouver un Coca ! ! !

Si on parvient aisément à déceler la folie chez un simple mortel, elle est plus difficile à reconnaître chez un homme d’État [3] , qui plus est président de la première puissance mondiale. D’autant que depuis des années, Donald Trump avait habitué l’opinion à gommer les frontières entre vérité et mensonge, histoire et fiction, affirmation et dénégation, fait et souhait, réduisant le domaine de la raison à un champ circonscrit et minime de la pensée, préférant donner à l’hybris les habits de la décence et s’adresser au penchant pour la passion de son auditoire plutôt qu’à sa capacité de bon sens.

Depuis qu’il était apparu sur la scène internationale le 20 janvier 2017, il avait favorisé et encouragé l’expansion sans borne de la stupidité et de l’arrogance. Avec son aval, ses encouragements, ses décisions, les positions les plus absurdes et les plus rétrogrades sur le plan scientifique avaient été favorisées.

Dès le début de son second mandat, durant lequel d’ailleurs il voulait changer la loi afin qu’il devient son deuxième mandat, il n’avait eu de cesse de museler les penseurs, les intellectuels, les scientifiques de toute nature, en supprimant des lignes budgétaires, des crédits, en fermant des laboratoires, en entravant le travail des chercheurs et des universitaires. Peu ou prou, avec des méthodes en apparence moins violentes mais tout aussi terribles, il s’inscrivait dans la lignée de prédécesseurs de fétide mémoire qu’avaient été les nazis, qui n’avaient eu de cesse de soutenir les brutes au détriment des poètes , des clairvoyants et des philosophes.

Sous Trump I et sous Trump 2, la progression de la bêtise avait été telle que plus de quinze pour cent des étudiants en première année dans les universités les plus prestigieuses du pays étaient persuadés que la terre était plate, que le monde avait été créé il y a six mille ans, et que l’homme et le singe n’avaient radicalement rien en commun. Ce pourcentage dans la population globale montait à des hauteurs indécentes. Le reste du monde n’était pas épargné tant les idées et les attitudes de Trump avaient de quoi séduire les plus crétins et les conforter dans le fait qu’une opinion pouvait équivaloir à un savoir.

[…] La stupidité progressant plus vite que l’intelligence, et l’explosion démographique accentuant le phénomène, il devenait clair que le pourcentage d’idiots était significativement plus important au début du XXI° siècle qu’il ne l’avait été sous l’empereur Auguste.

Philippe Claudel. Wanted Stock 2025

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[1] Roche dont la cohésion pourrait avoir été affaiblie par le séisme de 2015 de magnitude 7.8. Entre 2010 et 2016 le front du glacier a reculé de 300 mètres.

[2] Embrassons-nous, Folleville ! est une comédie-vaudeville d’Eugène Labiche et Auguste Lefranc, représentée pour la première fois à Paris au théâtre du Palais-Royal le . Embrassons-nous, Folleville! est devenu par extension une expression ironique désignant des démonstrations d’amitié ou de joie factices qui permettent d’oublier les différends ou qui occultent les problèmes.

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[3] Il est certes bien difficile de trouver des âneries valant celles de Donald Trump dans notre vieille Europe, mais, à part Hitler chez qui l’hubris était probablement plus puissant que la folie, dans notre France, plusieurs crans en dessous, on peut se remémorer notre impayable Bernard Tapie qui avait proféré un jour qu’il fallait mettre le chômage hors la loi ! c’était en juin 1994 quand il était ministre de la Ville, et encore Olivier Faure avec son Engager la rupture avec la tyrannie du mérite, voilà ce qui nous porte ! le 30 janvier 2023