du 6 mai 2024 à 2030. Xi Jingping à Paris. La Nouvelle Calédonie gagnée à nouveau pas la violence. 2705
Poster un commentaire

Nom: 
Email: 
URL: 
Commentaires: 
Publié par (l.peltier) le 16 août 2008 En savoir plus

6 05 2024

Emmanuel Macron reçoit Xi Jinping, grand maître de la Chine en déroulant le tapis rouge. Qui ne dit mot consent, dit-on. Justement, Raphaël Glucksmann, tête de liste socialiste pour les élections européennes de juin 2024 ne consent pas et donc dit mot… et des meilleurs…

Monsieur le président, je n’invoquerai pas dans cette lettre la morale ou les grands principes, mais la sécurité et la souveraineté. Je ne vous appellerai pas à l’idéalisme, mais au réalisme. Oui, au réalisme. Pas au sens, évidemment, que donnent à ce terme les cyniques qui le confondent avec le renoncement et l’indifférence. Non, le réalisme dont je vous parle connaît la puissance des idéologies et prépare aux grandes ruptures.

Vous recevez, lundi 6 mai, le président chinois, Xi Jinping, pour sa première visite en Europe depuis la pandémie. Vous déroulez le tapis rouge et vous l’invitez même [le 7 mai] sur un lieu cher à votre enfance dans les Pyrénées, un lieu intime censé donner à cette relation que vous rêvez si particulière les habits de l’amitié. Et vous allez comme d’habitude justifier une telle obséquiosité face à un dictateur par la nécessité d’être réaliste.

Mais il n’y a rien de « réaliste » dans votre attitude obséquieuse. Le premier commandement du réalisme est de fonder sa politique sur la réalité. Or, la réalité fondamentale de l’Europe en 2024, c’est la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine. Et cette guerre, Monsieur le président, est appuyée financièrement et diplomatiquement par le président chinois, Xi Jinping. Sans l’aide de la Chine, la Russie n’aurait pas pu faire face aux sanctions occidentales et fournir un tel effort de guerre.

Et l’alliance russo-chinoise n’a rien de conjoncturel. Quand les dirigeants des deux dictatures les plus puissantes du monde célèbrent à Moscou leur « amitié sans limites » au lendemain de l’invasion de l’Ukraine, il ne s’agit pas d’un bluff, mais d’une donnée géopolitique essentielle, fondée sur une hostilité partagée à notre égard, une hostilité bien plus ancrée que vous ne semblez le croire.

Cette alliance n’a qu’un but : réviser l’ordre international et affaiblir nos démocraties. En externe et en interne. A la tête de la commission spéciale sur les ingérences étrangères du Parlement européen, j’ai disséqué les entreprises de déstabilisation de nos systèmes politiques et économiques par la Russie et la Chine. J’ai analysé la coopération entre ces deux dictatures dans les attaques menées contre nos nations, notre espace informationnel ou nos entreprises.

Nous en venons à la deuxième réalité fondamentale de l’Europe en 2024 sur laquelle nous devons fonder notre politique intérieure et extérieure. Nous sommes devenus un continent de consommateurs : consommateurs de sécurité produite aux Etats-Unis, consommateurs d’énergie produite dans le Golfe et consommateurs de biens produits en Chine, en particulier dans les secteurs stratégiques de la transition écologique.

La Chine détient aujourd’hui 60 % des industries zéro carbone, explique le groupe de réflexion Stratégiec Perspectives. Elle contrôle plus de 80 % du polysilicium, élément-clé de l’industrie du photovoltaïque, et 70 % de la fabrication de cellules au lithium pour véhicules électriques, selon le Think Tank allemand Merics. Notre dépendance est immense. Et cette mainmise de la Chine n’est pas le produit de simples logiques de marché.

Elle répond à un plan géopolitique clair que Xi Jinping a annoncé en 2020 sans fausse pudeur : La Chine doit renforcer la dépendance des chaînes de production internationales vis-à-vis de la Chine pour constituer une capacité puissante de réaction et de dissuasion.

Le plan Made in China 2025, lancé en 2015, la politique de double circulation présentée lors du 14ᵉ plan quinquennal, en 2021, ou encore les subventions massives et les ventes à perte sont les composantes essentielles de la stratégie géopolitique et industrielle de Pékin, qui visent à éradiquer nos capacités de production en Europe.

Et, face à ce rouleau compresseur géopolitique et industriel, qu’avez-vous fait, Monsieur le président, ces sept dernières années pour protéger nos producteurs et notre souveraineté ? Rien. Ou si peu, comme le montre la liquidation de l’entreprise française de photovoltaïque Systovi en avril. 

Cette entreprise avait misé sur un secteur d’avenir, elle a malgré tout été écrasée en quelques semaines par une concurrence chinoise reposant sur la réduction en esclavage des Ouïgours dans la production de polysilicium et une stratégie de vente à perte des panneaux solaires en Europe. Les dirigeants de Systovi m’ont dit à quel point la capitulation de la puissance publique devant une concurrence aussi déloyale empêchait tout développement d’une industrie européenne dans les domaines les plus prometteurs et les plus stratégiques. J’ai reçu le même message dans toutes les usines où je suis allé ces derniers mois, de Wallglass, en Belgique, au site des Clavaux, dans les Alpes françaises.

Alors, Monsieur le président, soyons réalistes, jugeons une politique à ses résultats concrets et non à ses intentions morales. Jusqu’ici, qu’avez-vous donc obtenu avec votre stratégie d’accommodement vis-à-vis du Parti communiste chinois ? Qu’avez-vous obtenu avec vos signaux d’amitié perçus à Pékin comme autant de signaux de faiblesse ? Qu’avez-vous obtenu en faisant comme si la Chine ne soutenait pas la Russie, en faisant comme si les ingérences chinoises sur notre sol n’existaient pas ou comme si la Chine ne se livrait pas à des pratiques commerciales hostiles en permanence ?

Qu’avez-vous obtenu en passant sous silence la déportation du peuple ouïgour, en faisant comme si des millions d’êtres humains n’étaient pas parqués dans des camps, stérilisés, torturés, réduits en esclavage ? Qu’avez-vous obtenu en passant sous silence la répression des Tibétains ou des Hongkongais et les menaces militaires sur Taïwan ? Rien. Vous n’avez rien obtenu d’autre que des hommages symboliques flattant votre orgueil. Or, on ne fonde pas une politique réaliste sur des sentiments, bons ou mauvais.

Les leçons de l’échec total de vos cinq années d’offensives de charme envers Vladimir Poutine n’ont apparemment pas été tirées. De Versailles en 2017 au Musée de l’Ermitage en 2018, vous avez voulu nouer une relation personnelle avec le tyran russe et vous avez justifié toutes ces flagorneries par l’évocation, désormais lassante, de cette fameuse realpolitik : nous avons tous vu le résultat calamiteux de cette faillite stratégique.

Flatter un empire autoritaire fondamentalement hostile aux intérêts et aux principes de nos nations ne nous rapporte rien et nous coûte beaucoup. Il n’y a pas de réalisme dans cette position, mais du narcissisme et du court-termisme.

Etre réaliste suppose de reconnaître qu’il y a des conflits trop profonds pour être apaisés par le charme. Il ne s’agit pas de ne plus parler à la Chine ou de ne pas recevoir de dirigeants chinois, mais il s’agit d’être ferme, de ne pas se taire face aux crimes commis là-bas ou aux attaques menées ici, d’assumer les rapports de force. C’est la seule manière de se faire respecter par des adversaires géopolitiques et idéologiques. Et la seule manière, aussi, de construire cette autonomie stratégique européenne dont vous parlez souvent à juste titre. C’est enfin la seule manière de transformer l’Union européenne en puissance écologique et politique globale ayant son mot à dire sur les affaires du monde.

Soyons sérieux : comment voulez-vous que les Lituaniens, par exemple, fassent confiance à la France quand vous décidez seul de flatter le tyran qui leur a déclenché une véritable guerre commerciale et politique ? [Depuis 2022, la Chine impose des sanctions économiques à la Lituanie, en représailles à l’ouverture d’une mission diplomatique taïwanaise dans sa capitale, Vilnius.] Comment voulez-vous bâtir une puissance industrielle européenne sans rompre avec les dépendances méthodiquement construites par le régime chinois et sans passer, donc, par un moment de tension avec le régime qui éradique patiemment nos capacités productives ? 

Au fond, Monsieur le président, la question qui nous est posée en cette année 2024, c’est la vieille, la brûlante question de Hamlet : être ou ne pas être ? Etre ou ne pas être réellement européen ? Si nous décidons d’être réellement européens, alors nous devons défendre l’intérêt général européen et mettre fin au narcissisme présidentiel français qui pousse la plupart des locataires de l’Elysée à embrasser les dictateurs dès lors qu’ils sont puissants. Cette politique isole la France en Europe.

Si nous décidons d’être réellement européens, alors nous devons assumer de défendre nos principes et nos intérêts, notamment à travers un rapport de force avec ce régime communiste chinois qui a les faveurs de nos multinationales avides de marges et de dividendes.

Nous sommes le premier marché du monde. Nous sommes la première puissance commerciale du monde. Arrêtons de nous croire faibles, perdus, déclinants. Il y a plus de force dans nos nations que le souvenir vague d’une grandeur perdue dont on ravive l’illusion par les tapis rouges aussi vains que dégradants que nous déroulons sous les pieds des tyrans. Il y a plus de puissance dans l’Europe que vous ne semblez le penser.

Nous serons véritablement puissants lorsque nous voudrons vraiment l’être. Il ne nous manque aujourd’hui que le courage politique de le vouloir et d’agir en conséquence. Mettons notre marché au service de nos principes et de nos intérêts stratégiques. En bref, soyons des politiques, et pas simplement des marchands ou des esthètes. Et alors, alors seulement, nous serons puissants.

Raphaël Glucksmann, député européen. Le Monde du 8 mai 2024

10 05 2024

Kylian Mbappé dit sa grande souffrance de quitter le PSG  : C’est difficile, difficile… Je pensais pas que ça allait être aussi dur d’annoncer ça, de quitter mon pays, la France, la Ligue 1. Mais je pense que j’avais besoin de ça.

Plus faux cul que ça, tu meurs ! Je pense que j’avais besoin de ça : j’avais besoin d’engranger encore plus de thunes, oui, et rien d’autre. Alors cesse donc bonhomme de parler de souffrance, qui n’aucune place dans cette affaire ; un peu de pudeur, que diable ! quand on s’enferme dans un ghetto de riches, on devient sourd, aveugle mais malheureusement pas muet.

11 05 2024

Face aux torrents de démagogie déversés quotidiennement sur les ondes, on trouve encore des gens pour parler vrai, sans tenir compte du qu’en dira-t-on : il s’agit du concours de l’Eurovision, à Malmö, en Suède :

Ce n’était pas un concours de talent musical, mais un concours de laideur, de vulgarité, de grossièreté, d’exhibitionnisme (sanctionné par la loi mais diffusé à des millions d’enfants et d’ado !!), a posté Ségolène Royal, faisant notamment référence au groupe Finlandais, Windows95man, dont le chanteur est apparu faussement nu à l’antenne (il avait en réalité avec un boxer couleur chair, ndlr).

Il faut espérer que pas un euro d’argent public ou européen ne soit allé à cette farce lugubre, à quelques exceptions près, et que les questions sur l’entreprise de costumes et de mise en scène qui a sévit et sur ceux qui l’ont choisie, puissent être posées, a t-elle ajouté. Les chanteurs et chanteuses eux-mêmes ont-ils eu la liberté de refuser les pitoyables vêtements maltraitants que les organisateurs leur ont fait porter ? Une enquête sérieuse sur les méthodes ainsi qu’un bilan financier détaillé de cette exhibition minable mais manifestement coûteuse s’imposent. La culture, la musique et l’Europe doivent se respecter sinon personne ne les respectera plus.

14 05 2024

Deux surveillants du PREJ – Pôle de Rattachement des Extractions Judiciaires – appartenant à l’administration pénitentiaire sont tués aux alentours de 11 h 10′ au péage d’Incarville sur l’autoroute A 154,dans l’Eure, trois autres blessés, lors de l’attaque du fourgon qui transférait Mohamed Amra, trafiquant de stupéfiants né à Rouen en 1994, du Tribunal de Rouen à la prison d’Evreux. Le fourgon était un simple véhicule de livraison Renault Master, sans blindage, escorté d’un Renault Kangoo. Le personnel n’est pas cagoulé, ne dispose que d’armes légères de 9 mm et de gilets pare-balle légers, certainement pas à même d’arrêter des balles de fusil de guerre. Les attaquants eux, sont munis d’armes de guerre. Leurs deux voitures, une BMW noire et une Audi Blanche seront retrouvées brulées à 40 km au nord du péage.

Il n’existe aucune banque qui accepterait un transfert de fonds dans des véhicules aussi lambda, aussi peu sécurisés, mais pour le transfert d’un détenu dangereux, on accepte cela. Irresponsabilité ! Si l’Administration pénitentiaire n’a pas d’argent pour se payer des véhicules blindés, qu’elle les loue donc  à la Brinks… qui ne doit pas transporter de  l’argent tous les jours ! La mutualisation des moyens serait-elle inenvisageable pour la fonction publique ?

24 05 2024

Glissement  géant de terre en Nouvelle-Guinée, après de fortes et longues pluies. On parle de 2 000 morts ensevelis sous la boue, qui a emporté 200 mètres de la route, condamnant ainsi la zone à une quasi impossibilité d’accès pour les secours.

05 2024

63 ans après l’entrée en vigueur du traité sur l’Antarctique, en 2024, selon des informations non vérifiées, la Russie découvre un fabuleux gisement de pétrole dans la zone anglaise. Que va-t-il arriver : la Russie acceptera-t-elle de laisser dormir pareil trésor ? C’est le meilleur test possible pour prouver la solidité de ce traité… dont la Russie est signataire. C’est au moins un gros pavé dans la marre de ceux qui ne cessent de prédire l’épuisement des ressources fossiles.

Le quotidien suisse Le Temps révèle en mai 2024 une nouvelle qui suscite l’inquiétude non seulement au Royaume-Uni mais aussi au niveau occident. La Russie a identifié d’importantes réserves de pétrole en Antarctique, spécifiquement dans les zones contrôlées par le Royaume-Uni. Les réserves estimées atteindraient environ 511 milliards de barils, une quantité qui surpasse presque dix fois tout ce qui a été extrait de la mer du Nord au cours des cinquante dernières années. Ces informations ont été transmises à Moscou par des navires de recherche russes et discutées la semaine dernière devant le Comité d’audit environnemental du Parlement britannique. Le Telegraph britannique a rapporté que les députés britanniques craignent que ces découvertes ne soient le prélude à l’exploitation de cette région préservée pour son pétrole. La Convention de l’Antarctique de 1959 établit que la région doit être préservée pour des activités pacifiques et exemptes de conflits internationaux. Malgré cela, Newsweek note que la Russie, aux côtés des États-Unis et de la Chine, a renforcé sa présence en Antarctique, établissant cinq stations de recherche depuis 1957. Cette montée en puissance est officiellement justifiée par des objectifs scientifiques, selon les affirmations russes auprès des autorités britanniques. Des experts expriment leur scepticisme quant à la véritable intention de la Russie, pointant du doigt le potentiel minier de la région. Klaus Dodds, expert en géographie politique, met en garde contre l’interprétation possible des activités russes comme préparatoires à une future extraction des ressources. Il insiste sur le fait que toute activité russe devrait être minutieusement examinée pour s’assurer qu’elle respecte les normes internationales.

Tunisie Numérique

Selon The Telegraph, c’est la société Russian Geological Exploration Holding (Rosgeo) qui a fait cette découverte historique à bord de l’Akademik Aleksandr Karpinskiy. À titre de comparaison, les 511 milliards de barils de pétrole dépassent de loin ceux détenus par le Venezuela. Ce pays, qui possède les plus grandes réserves au monde – 303 milliards, est suivi de près par l’Arabie saoudite – 262 milliards-…. L’or noir en question se trouverait principalement dans l’Antarctique britannique, une vaste zone inhabitée d’1,7 million de km2 également revendiquée par le Chili et l’Argentine.

Daily Digest

Un nouveau conflit en vue ?

L’Akademik Aleksandr Karpinskiy.

La Nouvelle-Calédonie est secouée depuis le lundi 13 mai par des émeutes. Elles ont éclaté alors que l’Assemblée nationale examinait une révision constitutionnelle prévoyant une réforme du corps électoral vivement contestée par les indépendantistes de l’île, car augmentant le nombre d’électeurs des loyalistes – autrefois nommés caldoches -.

Ils ont été traités comme des animaux depuis des années, les autorités font montre d’un manque de respect envers la civilisation kanake… C’est un problème qui traverse les siècles, qui est profondément ancré en Nouvelle-Calédonie et dans la population kanake. Il fallait que ça explose un moment donné et malheureusement c’est maintenant.

J’ai passé dix ans avec eux pour pouvoir négocier et faire un film. [L’ordre et la morale, en 2011]

Cette loi fait qu’au fur et à mesure ils ne vont plus du tout avoir de pouvoir électoral, de pouvoir. C’est un danger pour leur communauté. Ils se battent pour quelque chose qui est extrêmement profond, malheureusement ils le font d’une manière extrêmement sauvage. C’est un peu comme les CorsesTous ces peuples qui vivent dans les îles, qui ont été occupés et qui se rendent compte que s’ils arrêtent le combat ils perdront leur identité.

Mathieu Kassovitz sur BFMTV en mai 2024. Il a réalisé un film sur la prise d’otages d’Ouvéa en 1988.

 

La réforme de l’audiovisuel public français, menée au pas de charge, suscite une bronca de la part des intéressés. Maladroitement présentée, elle suscite des critiques qui se révéleront peut-être un jour dénuées de tout fondement. Car, que cache cette hâte dans la volonté d’avancer sinon celle d’en finir avec cette affaire avant les présidentielles de 2027 qui amèneront Marine Le Pen à l’Élysée ? Emmanuel Macron, Rachida Dati le savent, mais ne peuvent évidemment pas le dire et donc la présentation de l’affaire est bancale. Mais le but est de donner des statuts à cette nouvelle entité tels qu’elle devienne intouchable pas le nouveau gouvernement qui devra donc renoncer à toute mise au pas… de l’oie.