~ 2770 à ~ 962. L’Egypte. Les Hittites. Le peuple hébreu. Sombre XII° siècle
Publié par (l.peltier) le 31 mars 2008 En savoir plus

vers ~ 2770                 Imhotep[1], grand prêtre d’Heliopolis, « chancelier du roi de Basse Egypte » premier ministre et génial architecte du roi Djoser, construit la première pyramide à degrés (six) sur le plateau de Saqqarah, proche de la future Memphis, à la naissance du delta, en basse Egypte. Il emploie du calcaire blanc de Tourah ; c’était en fait un tombeau construit tel un escalier monumental vers le dieu Rê, au ciel. Il pratique aussi la médecine, l’astronomie et écrit un recueil d’enseignements moraux : les Instructions. Il sera plus tard adoré comme un dieu issu de Ptah, le dieu de la Terre émergée qu’il façonna sur un tour de potier.

www.saqqara.culture.gouv.fr

Très tôt, les Egyptiens ont accordé plus d’importance à assurer la pérennité de leur vie outre-tombe qu’à l’acquisition de richesses matérielles.

Toutefois, pour exprimer aussi abondamment leur vie, ils ne manquaient pas de ressources : granit rose dans les carrières d’Assouan[2], grès en Haute Egypte, schiste au Ouadi Hammamat (piste en Haute Egypte vers la Mer Rouge) albâtre à Hatnoub, calcaire surtout au nord, et encore : basalte, diorite, serpentine, porphyre, stéatite. Le limon du Nil permettait une fabrication facile de la brique. Et parmi les métaux, de l’or, bien sur (au Sinaï), mais aussi du cuivre et des pierres précieuses : malachite, turquoise, émeraude, améthyste, cornaline, jaspe de Nubie, lapis-lazuli, tribut de l’Asie.

~ 2737                        Shen Nung, empereur de Chine, se repose à l’ombre d’un théier sauvage quand quelques feuilles tombent dans sa boisson préférée : de l’eau bouillie. Après l’avoir bue, il ressent immédiatement les bienfaits de cette infusion :

Le thé éveille les humeurs et les pensées sages. Il rafraîchît le corps et apaise l’esprit. Si vous êtes abattu, le thé vous rendra force.

Le principe de l’infusion, et même de la décoction était né. Après avoir consommé pendant plusieurs années cette boisson, le même empereur inventa la charrue.

La civilisation chinoise, civilisation essentiellement agricole, civilisation des labours, est née du lœss du nord-ouest et des alluvions du nord-est, comme la civilisation égyptienne ou la civilisation babylonienne sont nées du limon du Nil ou du limon mésopotamien.

…/… Une autre divinité est le Comte du Fleuve, c’est à dire du fleuve Jaune. Par ses crues périodiques, par le dépôt de son limon, il faisait la richesse de la glèbe avoisinante comme la crue du Nil faisait la fortune de l’Egypte. Mais le fleuve Jaune restait un bienfaiteur redoutable dont les débordements et, sur son cours inférieur, les divagations, pouvaient à chaque instant causer d’effroyables désastres. Il devait être incessamment surveillé, précautionneusement endigué, assagi par des canaux de dérivation. Une des fonctions essentielles du roi chinois, comme du pharaon égyptien ou du souverain mésopotamien, consistait dans ce métier d’ingénieur hydraulicien, constructeur de canaux d’irrigation, de barrages et de digues. En dépit de ces précautions constantes, on ne pouvait se fier au fleuve. Ville et bourgades évitaient l’immédiate proximité de ses rives. Pour apaiser le Comte du Fleuve, on lui sacrifiait chaque année un certain nombre de jeunes gens et de jeunes filles précipitées dans le flot.

                     René Gousset, Sylvie Renaud-Gatier         L’Extrême Orient 1956

~ 2600                        Les Incas consomment déjà du chocolat. Les Aztèques y viendront aussi, plus tard : il faut croire que c’était alors monnaie courante puisqu’ils se servaient de fèves de cacao pour payer leurs impôts. Et chocolat vient de l’aztèque tchocolatl qui signifie « boisson des dieux. »

~ 2500                        Une civilisation se met en place dans la vallée de l’Indus, autour d’un pouvoir central, relativement urbanisée, développant des réseaux hydrauliques permettant de faire face aux crus et décrus du fleuve. Elle va disparaître assez brutalement, sept cents ans plus tard. sans que l’on sache exactement pourquoi sinon que ce fût soudain : la dernière couche archéologique de Mohenjo-Daro, ville découverte en 1920, sur la rive droite de l’Indus, à l’ouest de Khairpur, montre que les derniers habitants de la ville ont tous connu une mort violente.

vers ~ 2540                 Les pyramides de Kheops, Khephren, Mykerinus, sur le plateau de Gizeh, sont construites sous la IV° dynastie. Kheops est la plus grande : 147 m de haut [ 137, si l’on soustrait le pyramydion détruit] et 230 m de coté. Jusqu’en 1880, elle aura été le plus haut monument du monde, alors détrônée par la cathédrale de Köln [Cologne].

Hérodote voudra prendre pour argent comptant ce que racontait alors le populaire :

Kheops réduisit le peuple à la misère la plus profonde. D’abord il ferma tous les temples et interdit aux Egyptiens de célébrer leurs sacrifices ; ensuite il les fit tous travailler pour lui. Il aurait prostitué sa propre fille pour financer la construction de sa formidable tombe… Khephren imita son prédécesseur en tout.

L’emplacement précis de la chambre du pharaon dans cette pyramide fera l’objet de nombreuses controverses, puisqu’en fait on a dénombré trois chambres funéraires : dès le IX° siècle, les pilleurs de tombe s’en étaient occupés ! et en ce début de XXI° siècle, la controverse dure toujours.

La datation de ces trois pyramides est fréquemment contestée : d’aucuns les prétendent beaucoup plus anciennes, leur positions respectives reprenant avec précision celle du baudrier d’Orion il y a 10 450 ans. D’autre part, l’évidente érosion fluviale qui a attaqué la partie inférieure du Sphinx de Gizeh, ne pourrait avoir été postérieure à ~10 000 ans, car les eaux n’ont alors plus jamais été aussi hautes.

Des inscriptions sur des tombeaux de Saqqarah, datant de la V° dynastie, font mention du foie gras (d’oie). Les Égyptiens avaient observé que les oies et les canards sauvages se gavaient naturellement avant leur migration et c’est ainsi qu’à l’aube du III° millénaire ils découvrirent le foie gras, en gavant les grues du Nil avec des figues, tâche qu’ils confièrent aux Juifs, leurs esclaves. Ces derniers intégreront cette expérience à leur tradition : cette matière grasse remplaçait avantageusement le saindoux,  impropre à la consommation. La figue, nourriture d’origine, qui se dit ficus en latin, est à l’origine du mot foie, l’organe anatomique. Le produit cru, acquit une telle réputation qu’il traversera l’histoire sans jamais tomber dans l’oubli : Rome, le Moyen Age, la cour des rois etc…

~ 2400 à ~ 1700                 Fondation de Tyr, (au Liban d’aujourd’hui), ville phénicienne.

Sous le règne de l’empereur Yao, les Chinois créent le premier Gnomon - cadran solaire - à plan horizontal qui reçoit l’ombre d’un obélisque, déterminant ainsi les heures.

vers ~ 2350                   On voit mentionnée l’existence du vin sur une tablette cunéiforme indiquant qu’on en  importe à Lagash, en Babylonie : le roi Uruinumgina fait construire un cellier dans lequel, depuis la montagne [Arménie et Géorgie], on apportait du vin par grands vases.

~ 2334 à ~ 2279         Sargon, ou Naram-Sîn est le premier unificateur de la Mésopotamie : akkadien du nord de l’actuel Irak, il a du vaincre pour ce faire Lugal Zagesi, sumérien du sud. Il existe une belle stèle en cunéiforme datée de ~ 2240 qui lui est dédiée. La légende de sa naissance ressemble à s’y méprendre à celle de Moïse, quelque mille ans plus tard…

Je suis Sargon , le roi puissant, le roi d’Agadé. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. […] Ma mère me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc, dont elle ferma l’ouverture avec du bitume.[…] Elle me jeta dans le fleuve sans que j’en puisse sortir. Le fleuve me porta ; il m’emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d’eau. Aqqi, le puiseur d’eau, en plongeant son seau, me retira du fleuve. Aqqi, le puiseur d’eau m’adopta comme son fils et […] me mit à son métier de jardiner. Alors que j’étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d’amour pour moi et c’est ainsi que pendant cinquante six ans, j’ai exercé la royauté.

Les deux légendes se ressemblent donc, à ceci près que la plus ancienne se rapproche plus du vraisemblable dans la mesure où l’on trouve aisément du bitume en Mésopotamie, ce qui est loin d’être le cas en Egypte.

Un homme de la tribu de Lévi épousa une fille de sa tribu. La femme fut enceinte et mit au monde un fils ; voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois. Comme elle ne pouvait pas le cacher plus longtemps, elle prit une corbeille de papyrus, elle boucha les fentes avec du goudron et elle y mit son enfant, puis elle déposa la corbeille dans les roseaux sur les bords du Nil. La soeur de l’enfant se tenait à distance pour voir ce qui allait arriver.

Or la fille du Pharaon descendit vers le Nil pour se baigner, pendant que ses servantes faisaient les cent pas sur la rive du Nil. Quand elle aperçut la corbeille au milieu des roseaux, elle envoya sa servante pour la prendre. Ouvrant la corbeille, elle vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait. Elle eut pitié de lui : « C’est un enfant des Hébreux », se dit-elle. La sœur de l’enfant dit à la fille du Pharaon : « Veux-tu que je te cherche une nourrice parmi les femmes des Hébreux ? Elle t’allaitera l’enfant. « Va vite », lui répondit la fille du Pharaon. La jeune fille partit et appela la mère de l’enfant. La fille du Pharaon lui dit : « Emmène cet enfant, allaite-le moi et je te donnerai ton salaire. » La femme prit donc le petit garçon et l’allaita ; quand il eut grandi, elle le mena à la fille du Pharaon. Il devint pour elle comme un fils et elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle : « Je l’ai tiré des eaux ».

                                  La Bible des Communautés Chrétiennes    Exode 2           1994

Un homme de la tribu de Lévi s’en était allé prendre pour femme une fille de même lignée. Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le dissimula durant trois mois. Lorsqu’il fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle se procura pour lui une corbeille de papyrus qu’elle enduisit d’asphalte et de poix. Elle y plaça le petit enfant et la déposa parmi les roseaux proches de la rive du Fleuve. La sœur de l’enfant se posta à distance pour voir ce qu’il lui adviendrait.

Or la fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner, tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante la prendre. Elle l’ouvrit et vit : c’était un enfant qui pleurait. Touchée de compassion pour lui, elle dit : «C ‘est un petit Hébreu ». La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon : « Veux-tu que j’aille te quérir, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui t’allaitera ce petit ? ». « Va » lui répondit la fille de Pharaon. La jeune fille s’en fut donc quérir la mère du petit. La fille de Pharaon lui dit : « Emmène ce petit, et nourris le moi. Je te donnerai moi-même ton salaire » Alors la femme emporta le petit et l’allaita. Lorsqu’il eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle : « Je l’ai tiré des eaux. »

                                               La Bible de Jérusalem          Exode 2           1955

vers ~ 2250                    En Egypte, une révolution - celui qui ne pouvait se faire des sandales est maintenant possesseur de trésors - met fin aux dynasties memphites : la huitième sera la dernière, les suivantes seront d’Héracléopolis, puis de Thèbes. La septième dynastie avait connu septante rois en septante jours.

C’est sans doute un tremblement de terre qui détruit la ville de Troie, en Asie Mineure.

vers ~2200                     Un événement capital pour les civilisations méditerranéennes se passe dans le ciel : le soleil cesse de se lever à l’équinoxe de mars, dans la constellation du Taureau ; l’ère astrologique commencée autour de 4 400 avant J.C. s’achève, faisant place à l’ère du Bélier. Et il est bien possible que les détenteurs du savoir de l’époque - les druides, qui, pour compter, utilisaient des chiffres grecs ! - aient eu conscience de cela : on a retrouvé en 1891 sur la commune danoise de Gundestrup un chaudron cultuel d’argent daté entre le II° siècle avant J.C. et le tout début de notre ère. Les scènes représentées sur les cotés l’identifient comme gaulois. Sur le fond est figuré un grand taureau, entouré d’un lézard, d’un ours et d’un homme tenant une épée et talonné par un chien, et cela pourrait bien être une représentation du ciel, avec les constellations d’Orion et du Petit Chien (l’homme armé suivi par le chien), du Taureau, du Dragon (le lézard) etc… Cette conjonction astrale était visible depuis les latitudes moyennes de l’hémisphère nord autour de 2 200 avant J.C.

A mon sens , le chaudron de Gundestrup figure la date à partir de laquelle les Celtes comptent le temps. L’origine de leur calendrier, en somme.

Paul Verdier

Si l’on sait aussi peu de choses de ce savoir des druides, c’est qu’eux-mêmes s’opposèrent toujours fermement à un enseignement écrit des traditions, condamnant ainsi le gaulois et sa culture.

~ 2100 à ~ 990             Âge du bronze : le point de fusion d’un alliage - dans ce cas, cuivre, étain (environ 20%) et arsenic - est inférieur au point de fusion de ses différents composants (1 000° pour le cuivre): ceci va expliquer le succès des alliages. En outre le bronze est moins cassant et plus résistant que le cuivre pur. L’étain vient principalement des îles Cassitérides, au SO de l’Angleterre. (aujourd’hui îles Scilly). En France, les premières mines de cuivre ont été trouvées à Cabrières, dans l’Hérault. On en connaît aussi près de Salzbourg, dans des galeries souterraines où, pour briser les roches et fracturer les minerais, les hommes faisaient du feu. Découvert beaucoup plus tôt au Moyen Orient et en Europe Centrale - vers ~3000 - , ce grand progrès ne sera transmis à l’occident qu’à partir de ~1800.

vers ~ 2100                 Poids et instruments gradués trouvés sur site prouvent que le système décimal est déjà en usage dans la civilisation de l’Indus.

La mort est aujourd’hui devant moi,
Comme un chemin après la pluie (…),
Comme une éclaircie dans un ciel de nuages,
Comme le désir d’une chose inconnue.

  Dialogue d’un désespéré avec son âme. Egypte

Ne sois pas mauvais. La patience est une vertu.
Fais que ton souvenir dure à cause de l’amour qu’on a pour toi.
Inspire de l’amour à tous.
Une bonne réputation est le meilleur souvenir qu’on puisse laisser de soi.
Le comportement d’un homme intègre est bien plus agréable aux dieux
Que le bœuf du pécheur.

Fais le bien tant que tu es sur terre.
Soulage l’affligé, n’opprime pas la veuve,
N’expulse personne du domaine de son père (…)
Alors cette terre sera bien établie.
Laisse la vengeance à Dieu
Tu sais que le tribunal qui juge le pécheur ne sera pas clément,
A l’heure où il exécutera son devoir envers le misérable…
Ne te fie pas à la longueur de tes ans,
Car le tribunal divin considère toute une vie humaine
Comme seulement une heure.
L’homme persiste, après la mort,
Et ses actions sont placées en tas à coté de lui.
Et l’existence d’au-delà, c’est pour l’éternité…
Celui qui y parvient sans avoir péché se trouvera là comme un dieu,
Allant librement, comme les seigneurs de l’éternité.

Enseignements du roi Akhty à son fils Mérikaré

vers ~ 2000                  On estime la population globale de la terre à cent millions.

“Sus aux jeunes” est une très très vieille chanson :
Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut pas être loin.

Un prêtre égyptien.

Les Grecs possèdent un système d’écriture qui disparaîtra avec les invasions doriennes, vers 1100 av J.C. En la matière, à l’autre bout du monde, les Chinois avaient de l’avance.

Dans le Languedoc, le cordon littoral est en formation, de façon discontinue, sur une ligne qui est le littoral actuel, en s’ancrant sur les îlots rocheux : Agde, Sète, La Clape. A Cambous, dans l’Hérault, sur la commune de Viols le Fort, une communauté s’installe : on construit en dur… la pierre ne manque pas… seuls les toits sont en végétal.

Début d’assèchement du Sahara : les essences soudanaises remplacent progressivement les essences méditerranéennes : pin d’Alep, cyprès, micocoulier, aulne, frêne. Cela se fera assez rapidement, sans que l’on sache précisément pourquoi ; il est tout de même probable que les derniers à l’avoir occupé, les Garamantes, des paléoberbères, probablement ancêtres des Touaregs d’aujourd’hui, qui avaient introduit le char à un, deux ou quatre chevaux, ont du laisser se développer l’élevage au-delà des limites supportables par l’environnement, et, au sein de cet élevage, la chèvre pourrait bien figurer au premier rang. Simultanément, les arbres ont du être abattus au-delà de leur capacité de renouvellement. Il n’est pas impossible que soit né à ce moment là les trafics sahariens.

En Chine paraît le premier livre de matière médicale : le Shen Nung Ben Cao jing - Traité des plantes médicinales de l’empereur Shen Nung - . Shen Nung était l’empereur en ce temps, mais on ne connaît pas l’auteur. Le livre contient la liste de 365 remèdes - par analogie avec les jours de l’année -; il se divisait en trois parties :

  • Drogues inoffensives, toniques, conservant la santé, conférant résistance et longévité
  • Drogues thérapeutiques
  • Drogues vénéneuses, à n’utiliser qu’avec de grandes précautions

Tous ces médicaments étaient d’origine végétale et répartis dans chaque catégorie en herbes, arbres, fruits, graines et légumes. Mais il n’indiquait rien quant au mode d’administration. Plus tard, un supplément fut ajouté à l’ouvrage, avec une liste d’autres remèdes, minéraux et animaux.

vers ~ 1970                    En Egypte, on commence à exprimer le bilan d’une vie avec des accents de ce qu’au XX° siècle on nommera droits de l’homme :

J’ai donné aux indigents et pris soin des orphelins ; j’ai fait arriver celui qui n’était rien, comme celui qui était quelqu’un….

J’ai accompli quatre bonnes actions au-dedans du porche de l’Horizon. J’ai crée les quatre vents pour que chaque homme puisse s’en emplir les poumons, aussi bien que chacun de ses contemporains. C’est là mon premier bienfait. J’ai fait la grande inondation pour que le pauvre ait droit à ses bénéfices aussi bien que le riche. C’est ma seconde action. J’ai fait chaque homme semblable à son compagnon. Jamais je ne leur ai ordonné de faire le mal, mais ce sont leurs cœurs qui ont enfreint mes préceptes. C’est ma troisième action. J’ai fait que leurs cœurs cessent d’oublier l’Occident (la région des dieux et des morts) afin que les offrandes divines soient données par eux aux dieux des nomes.

                                                                                                          Amménémès.

vers ~1930                  Suite à une intrigue politique, Sinuhe, égyptien de haut rang, a dû s’exiler en pays de Canaan. Il se fait vieux, il a laissé un bon souvenir de lui à la cour du pharaon Sésostris I° et ce dernier l’invite à revenir au pays :

Prends tes dispositions pour revenir en Egypte, de façon à revoir la cour où tu as grandi et à baiser la terre entre les deux grandes portes… Pense au jour où l’on t’enterrera et où tu passeras dans l’au-delà. On te munira d’huile et de bandelettes… On t’accompagnera au jour de tes funérailles. Le cercueil sera en or et sa tête en lapis-lazuli et l’on te couchera sur une civière. Des bœufs te tireront ; des chanteurs précéderont ta dépouille et l’on te dansera la danse des nains à l’entrée de ta tombe. On récitera les prières d’offrande et l’on immolera un sacrifice pour toi. Tes colonnes seront bâties en pierre calcaire, parmi celles des enfants royaux. Il ne faut pas que tu meures en pays étranger, que tu sois enterré par des Asiates, ni que l’on t’enveloppe dans une peau de mouton.

vers ~ 1900                  Les pharaons Amménémès III et IV font creuser un lac dans l’oasis du Fayoum, sur la rive gauche du Nil, en amont du début du delta : cette réserve d’eau donnera une meilleure maîtrise pour l’irrigation.

A peu près à la même époque, les pharaons entreprennent le creusement d’un canal qui réunit un bras oriental du Nil au grand lac Amer : 150 km de long, 25 à 30 mètres de large, 3 à 4 mètres de profondeur : il ne servira en fait qu’aux périodes fastes, lorsque les finances permettaient de draguer le sable qui envahissait le canal ; d’autre part, dès le début du premier millénaire, le lac Amer cessa de communiquer avec la golfe de Suez. On le nommera communément le canal des pharaons.

L’Egypte est au sommet de sa civilisation : l’équilibre social, un droit renouvelé, permettent l’établissement d’une société solide ; l’architecture s’est affinée, des ouvrages médicaux élaborés et spécialisés, vétérinaires aussi, sont rédigés… la littérature n’est pas en reste : discussions métaphysiques et morales, merveilleux… Chant du harpiste, Conte du roi Khéops et des magiciens.

Aucun ne revient de là-bas, qui nous dise quel est leur sort,
Qui nous conte ce dont ils ont besoin (…)
Que ton cœur donc s’apaise (…)
Suis ton désir et ta félicité,
Remplis ton destin sur la terre.

Chant d’Antef

Toute manifestation de partialité est en horreur aux dieux. Voici donc mes instructions. Tu devras agir en conséquence. Tu accorderas la même attention à celui que tu connais et à celui que tu ne connais pas, à ton voisin et à celui qui habite loin de toi. Le fonctionnaire qui agira comme cela prospérera dans sa charge… Inspire la crainte, de sorte que tout homme te redoute. Un vrai fonctionnaire est quelqu’un que l’on craint, car ce que l’on doit redouter en lui, c’est l’accomplissement de la justice. Si un homme au contraire n’inspire que la crainte de sa personne, il se met dans son tort aux yeux des gens et l’on ne dit jamais de lui : c’est un homme véritable.

Instructions de Pharaon à son vizir, le magistrat suprême, « la colonne de la Terre entière ».

Jamais on ne vit souverains rester aussi humains et attachants dans le grandiose et le monumental, jamais la douceur et la plénitude du couple ne furent traduits dans la pierre avec autant de vérité.

                                   Flaubert. Correspondance. Lettre à Maxime du Camp 1850.

Quand nous affirmons que les Egyptiens étaient les plus civilisés des peuples d’Orient, nous ne prétendons, ce disant, ni qu’ils étaient supérieurs aux Babyloniens, aux Hébreux ou aux Perses, ni qu’ils surpassaient leurs voisins dans les arts et les techniques. Nous entendons simplement par là qu’ils émergèrent assez brusquement de l’état de pré civilisation et s’adaptèrent avec aisance à un mode de vie harmonieux qui les satisfit pleinement. Ils avaient ce raffinement qu’engendre la confiance en soi et la joie de vivre.

Leur élégance nonchalante n’allait pas sans cette sorte de suffisance qui va souvent de pair avec ce que nous entendons par « civilisé ».

                        John A.Wilson. L’Egypte, vie et mort d’une civilisation. Arthaud 1961.

~ 1792                        Début du règne d’Hammourabi sur le royaume de Babylone, qui couvre presque toute la Mésopotamie[3]. Il va réaliser la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales impériales de Sumer et d’Akkad, qui avaient dominé la Mésopotamie au III° millénaire, et entre celles des princes bédouins amorrites.

Il laisse un code, - recueil de lois inscrites sur une haute stèle de pierre noire, aujourd’hui au Musée du Louvre - : pas moins de 282 articles concernant le travail agricole, le commerce, la famille, les coups et blessures, le vol, l’exercice des diverses professions.

Afin d’empêcher le puissant d’opprimer le faible, afin de rendre justice aux orphelins et aux veuves […] j’ai inscrit sur ma stèle mes précieux mots […]
Si un homme est suffisamment sage pour maintenir l’ordre dans le pays, qu’il prenne garde aux mots que j’ai inscrits sur cette stèle […]
Que le citoyen opprimé se fasse lire à haute voix les inscriptions […].
La stèle illuminera son affaire à ses yeux. Et quand il comprendra ce qu’il peut attendre [des mots de la loi], son cœur sera apaisé.

Epilogue du Code d’Hammourabi.

vers ~ 1760[4]                 Abraham et son peuple quittent Ur, en Mésopotamie : le voyage se termine à Canaan, entre le Jourdain et le littoral méditerranéen.

Dieu a passé alliance avec lui : J’établirai mon alliance entre toi et moi, et ta race après toi, de génération en génération.

Pourquoi Dieu arrive-t-il donc si tard ? Régis Debray répond, en partie : L’homme descend du singe, mais Dieu du signe et les signes ont une histoire longue.

vers ~ 1759                 Hammourabi étend le royaume de Babylone, dont il fait un Etat unifié. La principale conquête est celle de Mari, son ancien allié, sur la rive droite de l’Euphrate, aujourd’hui en Syrie, tout près de la frontière avec l’Irak. Mari, déjà vieille cité marchande dont le roi s’est construit un palais occupant 3 ha., composé de presque 600 pièces, qui s’est donné les moyens de se nourrir en construisant un important réseau de canaux en parallèle du cours de l’Euphrate.

Hammourabi, souverain étonnamment prudent, calculateur au vu de l’impulsivité de la plupart des autres monarques. Il donna ses premières lettres de gloire à l’espionnage, le second plus vieux métier du monde, en envoyant des agents dans les rangs adverses pour mieux les connaître.

Hammourabi, roi de Babylone publie une liste de nourritures où figure le pain et la bière d’orge, élaborées à partir de la même bouillie, plus ou moins épaisse et à fermentation spontanée. De là viendront les premiers levains.

Mais ce sont les Egyptiens qui ont découvert que la meilleure farine panifiable est celle de froment mise à fermenter avec du levain d’orge.

Le pain de froment réunit les quatre éléments indispensables à la vie de l’être humain. La terre où s’enracine, se développe et se nourrit le grain de blé. L’eau, indispensable à la confection de la pâte, puisque sans elle la farine resterait une matière inerte et brute. L’air, pour assurer la fermentation de la pâte, sa transformation et sa vie. Pour finir, le feu, qui fixe et assure la cuisson de la pâte façonnée.

                                                                                              Joël Robuchon

Et que peut-il y avoir d’aussi actuel qu’une recette de cuisine ? à l’exception d’un ou deux mots, on pourrait parfaitement trouver la suivante dans un livre d’aujourd’hui ; rédigée en écriture cunéiforme, elle était servie lors des banquets rituels. 

                                               Tourte aux petits oiseaux

Supprimer cou et pattes ; retirer la fressure et notamment les gésiers ; laver le tout ; après avoir découpé la fressure, le passer rapidement au feu dans un chaudron ; mettre de l’eau et du lait dans une marmite et y ajouter oiseaux et fressure, sel, graisse, « bois aromatiques » et un peu de rue effeuillée ; à ébullition, ajouter oignons, poireau et ail et un peu d’eau froide ; laisser cuire, préparer une pâte de farine, de lait, de saumure parfumée[5] et d’un peu de gras de cuisson ; diviser la pâte gonflée en deux abaisses et les faire cuire ; disposer une des abaisses sur le plat de service et y disposer les viandes aspergées de jus de poireaux et d’ail et accompagnée de petits morceaux de pâte cuite ; recouvrir le tout de l’autre abaisse, qui sert donc de couvercle et envoyer à table.

vers ~1660                  Construction en trois phases du cromlech de 150 monolithes à Stonehenge, au nord-ouest de Salisbury, en Angleterre. C’est sans doute le dernier temple mégalithique construit en Angleterre.

Le fer à cheval est ouvert sur le nord-est, juste dans l’axe du soleil au solstice d’été. Ces gens-là avaient les moyens de leur politique, et, aujourd’hui encore, on ne sait pas très bien comment ils ont opéré, car tout de même, transporter ces incroyables tonnages sur 220 km - les linteaux de pierre bleue de Stonehenge viennent des monts Prescelly, au sud-ouest du pays de Galles - ce n’est pas donné au premier venu. Les énormes blocs monolithes venaient des environs de Malborough, à 32 km. Ils devaient bien maîtriser le travail du bois, car les assemblages des blocs sont à tenons et mortaises.

Des restes humains exhumés dans les années 50, conservés au musée de Salisbury, tout proche, ont fait l’objet d’une datation au radiocarbone - le carbone 14 - en 2008, qui les fait remonter à une période allant de ~ 3030 à ~ 2880, soit bien antérieure à l’édification des mégalithes. Andrew Chamberlain, spécialiste de démographie ancienne suggère que Stonehenge aurait pu être le lieu de sépulture des membres d’une seule famille, peut-être une dynastie, car le nombre des tombes augmente au cours des siècles, avec les multiplication des descendants. De toutes façons, tout le monde s’accorde pour dire aujourd’hui que c’était un cimetière.

~ 1650            Jusqu’à cette date, on connait pratiquement les noms de tous les pharaons en remontant jusque vers ~3000. Vient alors un « trou » de 75 ans, qui correspondrait à l’invasion des Hyksos, peuple d’Asie, montés sur des chars à 2 roues. Ils restèrent à la tête de l’Egypte pendant 75 ans.

C’était un de nos rois appelés Timaios. Cela arriva durant son règne. Je ne sais pas pourquoi Dieu était mécontent de nous. Des hommes d’origine inconnue vinrent subitement des pays de l’est. Ils eurent l’audace d’envahir notre pays qu’ils asservirent par la force, facilement, sans aucune bataille. Et quand ils eurent vaincu notre roi, ils brûlèrent nos villes de façon barbare et détruisirent les temples des dieux. Tous les habitants furent traités avec cruauté ; une partie d’entre eux furent tués par les envahisseurs, d’autres virent leurs enfants et leurs femmes emmenés en esclavage. Finalement, l’un de ces conquérants fut nommé roi. Son nom était Salatis. Il vivait à Memphis et imposa un tribut à la Haute et à la Basse Egypte. Il établit des garnisons dans les villes qui lui semblaient le plus appropriées à ses desseins… et, quand il en eut trouvé une dans la région de Saïs, située à l’est du bras du Nil près de Bubastis, et qui était aussi appelée Avaris, il la démolit et la reconstruisit en la fortifiant au moyen de murs.

Manetho, historien égyptien

vers ~ 1630                 Une éruption volcanique d’une exceptionnelle violence fait disparaître une bonne partie de l’île de Santorin et de sa capitale Théra, engloutissant la plupart des témoignages de l’art minoen, qui s’est développé surtout un peu plus au sud, en Crète : les couches de cendres déposées sur le pourtour du cratère atteindront de 30 à 50 mètres d’épaisseur ! Le raz de marée consécutif - une vague de 50 mètres de haut - aurait détruit ce qui ne l’était pas encore. Volcanisme et tremblements de terre sont très actifs sur cette île : on retrouvera en 1967 des restes d’une ville détruite, sans doute par un tremblement de terre antérieur à cette éruption…

3600 ans plus tard, les courants marins enlèvent encore des pierres ponces aux plages de Santorin, que l’on retrouve plus au nord, à Mykonos par exemple. Bien au sud, des archéologues ont trouvé sur le flanc est du Sinaï des morceaux de lave analogue à celle de Santorin.

~ 1600 à ~ 1500         Joseph, arrière petit fils d’Abraham, vendu par ses frères comme esclave en Egypte, y devient vizir et fait venir son peuple, qui sera plus tard asservi. Les Egyptiens les nommaient Apirous, et les feront travailler à la construction de nombreux monuments.

Des envahisseurs aryens s’installent en Inde : on leur attribue l’ensemble de textes sacrés communément nommés Véda, - le Savoir -, considérés par la tradition orthodoxe indoue comme révélés. Autour de chacun des quatre Veda : Rig-véda, Yajour-véda, Sâma-véda, Atharva-véda, se rattachent des commentaires et des traités spéculatifs, Brâhmana, Aranyaka, et Oupanichad. Ils formeront le cœur du brahmanisme, qui empruntera de nombreux éléments à l’Inde elle-même, hors de l’influence directement indo-européenne.

Tout cela va donner naissance au cours des siècles suivants à une incroyable richesse religieuse, littéraire artistique : dieux et déesses tels Vichnou, Krichna, Çiva, en littérature, le Mahâbhârata, le Râmâyana… et cela va donner aussi naissance aux sectes.

Deux notions connexes vont commander toute la philosophie indienne : la transmigration (samsâra) et la loi de l’acte (karman) Dès lors, la question essentielle devient : comment, à travers ces cycles de réincarnations, parvenir finalement à se libérer ? Cette libération est le but suprême à obtenir, plus important que le plaisir, plus important que l’utilité, plus important que l’ordre et que la loi. Seule la connaissance peut parvenir à atteindre cette libération.

La suprême découverte des Oupanichad, qu’elles ne se lassent pas d’exalter, c’est que la réalité la plus intime à laquelle on puisse parvenir, par une introspection qui est d’ordre mystique, ne se distingue en rien du brahman, dont elle est une manifestation : l’unique réalité ontologique de l’être individuel, c’est l’être universel.

                                                                                  Jean Naudou. L’Inde 1956

Une jeune fille, certainement « de bonne famille », à moins qu’elle n’ait eu elle-même une fonction sacrée, est mise en terre au fond de la grotte du Collier, près de Lastours, au nord de Carcassonne : elle est entourée de perles tubulaires en verre coloré ou en tôle de bronze, de bracelets de bronze en forme de spirale, d’un pendentif d’ambre sur lequel est gravé un œil, autant de témoignages des splendeurs de l’âge du bronze, que l’on retrouvera en fait surtout dans les tombes d’Armorique et du Wessex britannique.

~ 1595                        Mursili I°, roi hittite, prend, pille et brûle Babylone,… qui s’en relèvera avec à sa tête une nouvelle dynastie : les rois cassites.

~  1580                         En Egypte, Sékénenrê, prince de Thèbes se révolte contre les Hyksos et met le siège à Avaris, leur capitale. Le siège dure des années, il y est mortellement blessé mais la victoire revient aux Egyptiens et son fils Ahmose est fêté comme un libérateur. Les nouveaux pharaons retiendront les leçons de cette invasion , et, rompant brutalement avec leur splendide isolement, sortiront de leurs frontières pour les rendre plus sures.

Après plus de deux millénaires d’existence, le géant des bords du Nil quittait l’ombre de ses pyramides et de ses sphinx avec l’intention d’intervenir activement au-delà de ses frontières et de dire son mot dans les affaires du reste du monde. Ainsi, l’Egypte devint peu à peu une puissance mondiale. Jusqu’alors, elle n’avait que mépris pour tous ceux qui ne vivaient pas dans la vallée du Nil, pour les Asiates, les “coureurs de sable”, les éleveurs de bétail, bref, pour tous les peuples qui n’étaient pas dignes de la considération d’un pharaon. Les Egyptiens devinrent plus sociables et, chose inconcevable autrefois, se mirent à communiquer avec d’autres peuples.

Werner Keller    La Bible arrachée aux sables     Presse de la Cité 1962

vers ~ 1500                 Première éruption connue de l’Etna.

Le royaume de Tiahuanaco, sur les rives du lac Titicaca, à cheval sur l’actuel Pérou et Bolivie, est le premier grand empire des Andes. Il vivra à peu près 2 600 ans. Mais il est possible que les débuts remontent à beaucoup plus loin, aux environs de ~ 15 000  : on a retrouvé reproduits sur des poteries des animaux comme le toxodon, un grand mammifère herbivore qui s’est éteint à la fin du pléistocène. Ces gens n’hésitaient pas à travailler des blocs de pierre de 10 tonnes. Ils orientaient leurs bâtiments selon les astres.

Huit cents ans après les Chinois, les Egyptiens se mettent à dresser des gnomons - cadrans solaire à plan horizontal -.

vers ~ 1475                 La reine d’Egypte Hatshépsout ordonne une expédition maritime à but commercial vers la terre de Pount, pays producteur d’encens, probablement l’actuelle Erytrée : cinq vaisseaux chargés de bijoux, d’outils et d’armes destinés à être échangés contre du bétail, des singes, des arbres à encens (genre Boswellia, dont la plus courue Boswelia sacra), de l’ivoire, de la myrrhe (aussi du genre Boswellia dont l’espèce Commiphora myrrha) et des bois précieux.

Le principal producteur d’encens et de myrrhe était la région de l’Hadramaout, dans l’actuel Yemen. On estime que les caravanes de chameau acheminaient chaque année, en 75 jours, 3 000 tonnes d’encens vers la Méditerranée, jusqu’au port de Gaza, où il était embarqué pour Athènes et Rome.

vers ~ 1450                 Les palais de Cnossos, Phaistos, Malia, les principales villes de Crète, disparaissent, sans doute dans un tremblement de terre. Quelques siècles plus tard, Homère parlera de la Crète comme d’une île alors belle, grasse, bien arrosée, aux hommes nombreux à l’infini et aux quatre vingt dix villes. Ce sont les Achéens de Mycènes et Tirynthe qui ont transmis aux Grecs l’héritage de la Crète.

Les glaciers ont fondu, laissant dans les vallées de longues parois lissées par le frottement de la glace, propices à la gravure : les habitants de la Vallée des Merveilles, dans le Mercantour s’en donnent à cœur joie, sur un gneiss et un schiste rose assez tendres pour être gravé et assez durs pour ne pas être érodés par pluie, gel, vent et soleil.   Beaucoup plus au nord, à la frontière de l’actuelle Suède et de la Norvège, près du rivage de la mer du Nord, les ancêtres des Vikings laissent des gravures rupestres sur le site de Bohuslän. www.lefildutemps.free.fr/suède-rupestre/tanum.htm                  

Les Phéniciens, grands commerçants, répandent dans tout le bassin méditerranéen leur alphabet, qui comporte vingt deux signes principaux, venus du premier alphabet connu, - trente et un signes en écriture cunéiforme -, crée au petit royaume d’Ougarit, dans la banlieue de l’actuel Lattaquié, sur la côte syrienne. Les lettres de l’alphabet ont une valeur phonétique, contrairement aux idéogrammes que sont les pictogrammes et les hiéroglyphes.

Le changement de support des signes - passage de la tablette d’argile au parchemin, puis au papyrus - est une des raisons possibles de la création des alphabets : les lettres sont tracées sur le support quand les signes sont imprimés sur l’argile, mais la raison première est la simplification que cela entraîne dans la communication. Il est plus facile de transcrire différentes langues par une seule écriture, et à Ougarit, on entendait alors pas moins de huit langues : le sumérien, l’akkadien, l’ougaritique, le crypto-minoen, le hittite, le hourrite, l’égyptien et le louvite.

C’est probablement en ces temps là qu’est né une unité culturelle méditerranéenne fondée sur la même trinité : le blé, l’olivier et la vigne (Trop d’os, pas assez de viande, disait mi-figue, mi-raisin Pierre Gourou). L’éloignement de ces fondements d’identité arrachera des plaintes jamais démenties au cours des siècles :  

Une des particularités qui frappaient le plus les Anciens, chez les peuples qui vivaient à la périphérie du monde méditerranéen, était l’usage du beurre de vache : les consommateurs d’huile d’olive en éprouvaient une sorte d’étonnement scandalisé. Même un italien, comme Pline, manifeste ce sentiment sans réfléchir qu’après tout l’usage de l’huile d’olive n’était pas tellement vieux en Italie

Maximilien Sorre     Les fondements biologiques de la géographie humaine. 1943

La Flandre, c’est la pays où ne poussent ni lavande, ni thym, ni figues, ni olives, ni melons, ni amandes ; où le persil, l’oignon, la laitue n’ont ni suc, ni goût, où l’on prépare les mets, chose incroyable, avec du beurre de vache au lieu d’huile

                                   Alonso Vasquez, espagnol occupant la Flandre au XVI° siècle

A cause du beurre et du laitage dont on use beaucoup en Flandre et en Allemagne, ces pays abondent de lépreux.

                                   Cardinal d’Aragon, en 1517

Le roi d’Assyrie - l’Irak d’aujourd’hui - Téglat Phalazar I° inaugure une tradition qui va durer beaucoup plus que ce que durent les roses :

Les femmes mariées n’auront pas leur tête découverte. Les prostituées ne seront pas voilées.

~1400 ~ 1370             Le pharaon Aménophis III est le plus éminent représentant de la glorieuse famille des Thoutmosides : c’est l’apogée de l’empire égyptien avec sa brillante et cosmopolite capitale : Thèbes.

La femme jouissait alors du droit de propriété, pouvait acheter, vendre et ester.

On a peint, on a beaucoup écrit : Annales royales, Livres funéraires royaux, Livre des morts, Hymne à Amon-Rê, Papyrus médical Ebers, Mystère de la naissance divine.

La Palestine et la Haute Vallée du Nil jusqu’à la quatrième cataracte ont été conquis, des expéditions lointaines ont été menées : Oponé (Côte des Somalis), Liban et Syrie, Karnak et les tombeaux de la Vallée des Rois construits. Les obélisques prennent la succession des menhirs et dolmens, liens tangibles entre l’univers des hommes et l’univers sacré du soleil.

Le coin, le levier et le plan incliné constituent les seules machines élémentaires utilisées par les Egyptiens dans les travaux monumentaux. Les principes de base des techniques égyptiennes étaient d’abord d’utiliser la main d’œuvre en grand nombre et, dans l’édification des bâtiments, de ne jamais soulever les pierres mais de les faire glisser[6]. Certes, ils connaissaient la roue, mais ne l’utilisaient que pour des travaux de transport de faible poids et de courte distance.

Bruno Jacomy    Une histoire des techniques. Seuil 1990

Personne ne peut affirmer de quand datent les premières constructions de Karnak. En revanche, le plus ancien temple connu, celui consacré à Amon remonte à la XI° dynastie [vers 2100 av J.C.]. Les dieux des pharaons ont été célébrés ici jusqu’à la conquête romaine, soit durant plus de deux mille ans. Le site a ensuite servi de lieu de culte aux chrétiens coptes jusqu’au XI° siècle après J.C. Le site, d’une superficie totale de 150 hectares, est constitué de trois ensembles architecturaux dédiés à différents dieux : Karnak-Nord à Montou, Karnak et Karnak-Sud à Amon-Rê et Mout. Chacun est entouré d’enceintes en brique crue d’où le nom arabe « al-Karnak » : le village fortifié. Les constructions s’orientent dans deux directions perpendiculaires. L’axe principal du temple d’Amon relie le saint des saints au Nil ; il est orienté est-ouest, suivant la course de l’astre solaire. C’est l’axe divin. Le secondaire nord-sud qui suit le cours du Nil conduit au complexe sacré de la déesse Mout. C’est l’axe terrestre ou processionnel.

Dégagé par Auguste Mariette à partir de 1858, Karnak constitue un puzzle géant. Hatshepsout, Thoutmosis III, Akhenaton [Aménophis IV], Ramsès II y ont sans cesse bâti, démonté, détruit, réutilisé des matériaux, usurpé ou fait disparaître les temples de leur prédécesseur… Thoutmosis III fera par exemple enfermer les deux obélisques d’Hatshepsout dans un caisson de grès. Afin d’effacer les traces d’Akhenaton qui avait réduit leur pouvoir, les prêtre d’Amon feront disparaître son temple d’Aton dont les pierres [les « talatates »] décorées seront retrouvées dans des pylônes construits par Horemheb.

Karnak ressemble à un organisme vivant se régénérant en permanence. Tout cela rend difficiles certaines opérations. Les blocs de calcaire de la chapelle Blanche de Sésostris I et ceux en quartzite de la chapelle Rouge d’Hatshepsout ont bien été retrouvés. Mais où étaient-ils à l’origine ? Mystère. Ces édifices ont donc été remontés dans un « musée en plein air » aménagé sur un espace déjà fouillé. Près du temple d’Opet, des milliers de blocs en grès et en calcaire sont stockés sur des banquettes en pierre pour éviter qu’ils ne se dégradent au contact de l’humidité du sol, en attendant de retrouver leur place. Chaque coup de pioche réserve des surprises.  En 2005, c’est une magnifique double statue de Neferhotep I° que l’on découvre enfouie près d’un obélisque d’Hatshepsout. En avril 2007 sont mis au jour des bains d’époque ptolémaïque ainsi qu’une digue construite durant la XXI° dynastie pour protéger le site des crues du Nil. Et des rampes datant de la XXVI° dynastie ont été dégagées sous l’ancienne maison du grand égyptologue Georges Legrain. Un nouveau morceau du puzzle.

Richard Clavaud       Karnak, puzzle architectural.    Le Monde 2 n° 262.  21 02 2009

Dans l’actuel Pérou, à proximité de Huancavelica, 225 km au sud-est de Lima, les hommes extraient le cinabre, un sulfure de mercure qui est un pigment de choix utilisé dans les cultures précolombiennes. C’est aujourd’hui le plus vaste gisement de mercure au monde. Il n’est pas impossible que ce soit cette activité minière qui ait conduit à l’émergence de sociétés hiérarchisées d’Amérique du sud : la culture Chavin, de ~800 à ~ 400, puis la civilisation inca , 1200 - 1532.

~ 1372 ~ 1354                                    Akhenaton, - agréable à Aton - non content d’avoir la plus belle des femmes - Néfertiti - la belle est venue -, voue un culte à Aton, le dieu Soleil et veut remplacer les très nombreux cultes par celui du seul Aton : c’est la révolution armanienne. Le tout aussi nombreux clergé - 81 322 prêtres à Karnak ! - fit de cette tentative un échec, aidé en cela par la raison bien chancelante du souverain sur la fin de son règne.

Il nous reste de fort beaux hymnes solaires : la ressemblance est frappante avec le psaume 104, écrit quelque sept cents ans plus tard :

Hymne à Aton                                            

Quand tu te couches à l’horizon de l’ouest…                     
La terre est plongée dans les ténèbres
Semblable à la mort…
Le lion quitte son antre,   
Les créatures rampantes sortent leur dard.                         
A l’aube, quand tu te lèves à l’horizon…     
Le soleil se lève, ils se retirent…

Tu chasses les ténèbres….                                                    
Les hommes s’éveillent, se lèvent                                 
Dans le monde entier ils se mettent au labeur.
Que tes œuvres sont nombreuses !                     
Elles sont cachées au regard des hommes,                        
Ô seul dieu, qui n’a pas d’égal.                                      
Tu as crée la terre selon ta volonté.

Psaume 104

Tu poses la ténèbre, c’est la nuit
Toutes les bêtes des forêts s’y remuent,
Les lionceaux rugissent après la proie…
L’homme sort pour son ouvrage
faire son travail jusqu’au soir.
Que tes œuvres sont nombreuses, Yahvé !
Toutes, avec sagesse, tu les fis.
La terre est remplie de ta richesse.

et des chants d’amour d’une grande limpidité

Voilà sept jours que je n’ai vu la bien-aimée.
La langueur s’est abattue sur moi.
Mon cœur devient lourd.
J’ai oublié jusqu’à ma vie.
 

Même si les premiers des docteurs viennent à moi,
Mon cœur n’est point apaisé par leurs remèdes…
Ce qui me ranimera, ce sera de me dire : La voici !
C’est son nom seul qui me remettra sur pied…

Ma sœur me fait plus d’effet que tous les remèdes ;
Elle est plus, pour moi, que toutes les prescriptions réunies.
Ma guérison, c’est de la voir entrer ici :
Quand je la regarde, alors je suis à l’aise….
Quand je la baise, elle chasse de moi tous les maux !
Hélas ! depuis sept jours elle m’a quitté.

S’en aller aux champs est délicieux
Pour celui qui est aimé.
La voix de la sarcelle,
Qui à son appât se trouve prise, se plaint.
De ton amour qui me retient
Je ne puis me délivrer.

Papyrus Harris 500

Un des lieux de pouvoir d’Akhénaton se trouvait à El Armana, en moyenne Egypte. Dans les années 1890 ap J.C. des paysans y découvriront quelques 300 tablettes d’argile : chose curieuse, ces documents n’utilisaient ni les hiéroglyphes locaux, ni la langue égyptienne, mais la langue akkadienne, transcrite en caractères cunéiformes : le lieu n’était autre que le bureau des affaires étrangères du pharaon et le courrier n’est pas du courrier départ mais du courrier arrivée, en provenance des petits roitelets du pays de Canaan, dont Abdi-Heba, modeste roi d’Urushalim, qui va devenir Jérusalem.

Abdi Heba, qui règne sur Urushalim, vers 1340 avant notre ère, est avant tout préoccupé de sa sécurité. Il réclame avec insistance la protection de son maître et l’envoi de troupes. Je me trouve comme un navire au milieu de la mer. La main puissante du roi a pris le pays de Nahrima et la pays de Kashi, mais maintenant les Apiru ont pris les villes mêmes du roi. Pas un seul maire [vassal] ne reste au roi ; tous sont perdus. Vois, Turbazu a été tué à la porte de la ville de Silu. Le roi n’a rien fait. Vois, des serviteurs qui s’étaient joints aux Apiru ont frappé Zimreda de Lakisu […] Le roi n’a rien fait. […]

Que le roi pourvoie aux besoins de son pays et qu’il veille à ce que ses archers s’avancent dans son pays, conclut Abdi-Heba en proie à une manifeste terreur sur son avenir proche.

Avec raison : les fameux Apiru sont omniprésents dans les lettres d’El-Amarna. Ces « bandits sociaux », ces maraudeurs un peu mercenaires, semblent fédérer des soulèvements locaux. Ils rançonnent et écument le pays de Canaan, n’hésitant pas à prendre des villes et à tuer des vassaux de pharaons.

[…] S’il n’y a pas d’archers, le pays du roi passera aux Apiru, prévient Abdi-Heba dans une autre lettre.

Quand il ne réclame pas de l’aide contre les Apiru, Abdi-Heba dément, auprès de son suzerain, les calomnies proférées contre lui par d’autres vassaux. Et les met en cause à son tour. Dans une des tablettes, il accuse en particulier le fils d’un certain Labayu, roi de Sichem, d’avoir rallié les insurgés. Une lettre au pharaon signé du même Labayu indique que le roi d’Egypte a bel et bien réagi. En outre, le roi a écrit pour mon fils. Je ne savais pas que mon fils était le compagnon des Apiru. Dès maintenant, je le livre à Addaya [sans doute l’envoyé du pharaon]. Avec un sens certain de l’inflation verbale, Labayu fait amende honorable et conclut : Comment, si le roi m’écrivait : « Plonge un poignard de bronze dans ton cœur et meurs ! », comment n’exécuterais-je pas l’ordre du roi ?

Stéphane Foucart      Le Monde 17 juillet 2010

En 2010, un petit morceau - 2 cm sur 3 - d’une lettre de cette même série, sera trouvé dans le remblai d’une construction plus récente de Jérusalem : il s’agit donc d’un courrier non envoyé, qui sera facilement identifié par le rapprochement fait avec les courriers arrivés à El Armana. Le journal Le Monde du 17 juillet 2010, par addiction au scoop, en fera ses gros titres : la plus vieille lettre de Jérusalem… il en va de la crédibilité du récit biblique etc… quand cette découverte n’est qu’anecdotique et vient simplement nous apprendre qu’il y a déjà bien longtemps, certaines lettres étaient écrites et jamais envoyées, puisque tout ce qu’il y avait à apprendre sur le sujet était contenu dans les tablettes d’El Armana, autrement plus « parlantes » et découvertes plus d’un siècle auparavant.

~ 1286                        Ramsès II a vingt neuf ans. Les Hittites d’Anatolie représentent une menace constante pour l’Egypte : il s’en va les combattre à Qadesh, sur le fleuve Oronte (Nord de Damas). Il va se glorifier de cette bataille, à l’issue en fait très incertaine. Une partie des chars hittites se serait noyée dans un marais. C’est la première bataille dont on ait eu une relation circonstanciée, d’une part dans le bulletin, au style plutôt militaire, mais aussi dans le Poème de Pentaour - du nom du scribe qui prit la dictée de Ramsès - , bel exemple de l’installation de la légende par l’autocélébration :

Alors Sa Majesté partit au galop et pénétra dans la horde des vaincus du Khatti, étant tout seul, aucun autre avec lui. Aussi Sa Majesté se mit à regarder autour de lui et il trouva que 2500 chars l’entouraient, composés des meilleurs guerriers des vaincus du Khatti et des nombreuses contrées étrangères qui étaient avec eux. D’Arzawa, de Masa et Pidasa, étant trois hommes par char, agissant en force, alors qu’il n’y avait aucun officier supérieur avec moi, pas de charriers, pas de soldats de l’armée, pas de porte-boucliers, mon infanterie et ma charrerie s’étant dispersées devant eux et pas un n’étant resté pour les combattre…

Est-ce le rôle d’un père d’ignorer son fils ? Ai-je fauté envers toi ?… Je n’ai en rien désobéi à ce que tu m’as commandé ! Tiendras-tu compte, ô Amon, de ces Asiatiques si vils et si ignorants de Dieu ? Ne t’ai-je pas érigé de nombreux monuments et rempli ton temple de butins ? Construit pour toi ma Maison de Millions d’Années ?… Je t’ai offert tous les pays ensemble pour enrichir tes offrandes… et j’ai fait faire les sacrifices pour toi de dix milliers de têtes de bétail et toutes sortes d’herbes à parfum… J’ai construit pour toi de grands pylônes, et érigé leurs mâts, moi-même, apportant pour toi des obélisques d’Eléphantine ; j’ai même fait le carrier et j’ai conduit pour toi des bateaux sur le Grand Vert[7], pour t’apporter des produits des pays étrangers… Fais le bien pour celui qui s’en remet à toi…

J’ai trouvé Amon plus utile que des milliers de fantassins, que des centaines de milliers de charriers et même que dix milliers de frères et d’enfants unis d’un seul cœur ! Ô Amon, je n’ai pas outrepassé ta volonté. Vois, j’ai prié aux confins des pays étrangers et ma voix a atteint la ville d’Héliopolis du sud. J’ai trouvé Amon quand je l’ai appelé… Il m’appelle derrière moi, comme si nous étions vis-à-vis : « Je suis avec toi, je suis ton père, ma main est avec toi, je suis plus utile que des centaines de milliers d’hommes. Je suis le seigneur de la victoire ! »…

Je trouvais à nouveau que mon cœur était fort, en sentais ma poitrine en joie… J’étais comme Montou. Je tirais sur ma droite et capturais sur ma gauche ! A leurs yeux, j’étais comme Soutekh en action. Je voyais les 2500 chars, au milieu desquels je me trouvais, s’écoulant devant mon attelage. Aucun ne possédait plus de main pour me combattre ; tous leurs bras étaient faibles, ils étaient incapables de tirer… Ils n’avaient pas le cœur de tenir leurs javelots ! Je les fis plonger dans l’eau comme plongent les crocodiles. Je semais la mort dans leur masse, comme je voulais. Quiconque parmi eux tombait ne pouvait plus se relever.

J’ai vaincu des millions de pays étrangers, étant seul avec mon attelage : Victoire-dans-Thèbes et Moult-est-satisfaite, mes grands chevaux. C’est en eux que j’ai trouvé un appui lorsque j’étais seul, combattant de nombreux pays étrangers. Moi-même, je continuerai à leur faire manger leur nourriture, en ma présence, chaque jour, lorsque je serai dans mon palais. C’est eux que j’ai trouvés au milieu de la bataille avec mon écuyer Menna, les échansons de ma maison qui étaient à mes cotés, mes témoins en ce qui concerne le combat…

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J’aime les Hittites, cette civilisation rustique et si clémente qui dort sous trois mille ans d’humus de feuilles de saules anatoliens… J’aime les Hittites parce qu’ils détestaient les chicanes. Tout ce que je connais d’eux n’est qu’une inlassable exhortation au bon sens. S’il fallait vraiment faire la guerre, alors ils la gagnaient, grâce à une charioterie incomparable et une tactique pleine d’astuces de derrière les fagots. Ramsès II a eu tort de leur chercher querelle. Malgré ses bas-reliefs triomphalistes, il s’est bel et bien fait rosser. J’ai revu cette empoignade sur l’Oronte comme si j’y étais : la poussière soulevée par les chars , les tiares, les cris d’agonie, les contingents grecs et philistins engagées contre l’Egypte, les bijoux sonores des putains qui suivaient les deux armées.

Nicolas Bouvier.       Le Poisson Scorpion.    1982

vers ~ 1270                 Selon la Bible, Nb 1, 46, emmené par Moïse, le peuple hébreu sort d’Egypte, pour la Terre Promise, qui parle de six cent trois mille cinq cent cinquante hommes, quand aujourd’hui, on admet qu’il s’agit tout au plus de quelques centaines. Ramsès II affirme que le voyage est sans issue : Le désert s’est refermé sur eux… De fait, la génération partante n’arrivera pas en Terre Promise, et après quarante ans de pérégrinations et moult tribulations, parvenu en vue de la Terre de Canaan, d’Ourousalim - qui va devenir Jérusalem - Moïse mourra avant d’y entrer. Mais l’événement n’eut pas en réalité le retentissement qu’en donne la Bible : on n’en trouve nulle mention dans les écrits égyptiens de l’époque, pourtant fort nombreux. Et il serait bien possible que le statut des Juifs en Egypte se soit apparenté beaucoup plus à celui de travailleur immigré qu’à celui d’esclave, ce qui, quoi qu’on en dise, n’est pas tout à fait la même chose.

 ~ 1207                               Une stèle érigée par le pharaon Merneptah, fils de Ramsès II, fait état d’une grande victoire remportée sur un peuple nommé Israël. C’est l’une des plus anciennes mention d’Israël dans un texte extra biblique, et d’un Israël  “chez lui”, en terre de Canaan, et non en Egypte.

vers ~ 1200                      A 30 km de l’actuel Nancy, dans la vallée de la Seille, l’homme extrait le sel de la saumure prélevée dans des puits ; les quantités de bassins et de fourneaux trouvés par les archéologues permettent de parler de production industrielle, couvrant une centaine d’hectares. L’alimentation de ces fours demande des coupes importantes de bois ; la déforestation entraîne l’érosion. Les fours doivent être refaits fréquemment et ce sont d’énormes quantités de briquetage qui viennent boucher la vallée, qui s’aplanit, s’envase ; la rivière s’enfonce et devient souterraine. Le lieu devient malsain à telle enseigne qu’au XVIII° siècle, dans les cahiers de doléance, les habitants demanderont l’assèchement du marais et l’arrêt des salines qui consomment le rare bois disponible. Leur santé est fragile ; très humides, les maisons ne sont pas chauffées pour cause de pénurie de bois. L’hiver, il n’est pas rare que les enfants meurent dans leur lit.

décembre de ~ 1259   Ramsès II a 46 ans : il conclut avec Hattousil, le souverain hittite du Khatti le premier traité de paix connu, rédigé par les juristes de Hattousil en babylonien sur une tablette d’argent. Ramsès le fera graver en hiéroglyphes (que déchiffrera Champollion) sur les murs de Karnak… quinze ans plus tard, il épousera en grandes pompes la fille de Hattousil.

… quelques extraits de la traduction égyptienne :

Le traité que le grand maître du Khatti, le héros, fils de Moursil, le grand maître du Khatti, le héros, petit fils de Soupillouliouma, le grand maître du Khatti, le héros, fit rédiger sur une tablette d’argent pour Ousermaâtrê Sétepenrê, le grand roi d’Égypte, le héros, fils de Menmaâtrê, le grand roi d’Égypte, le héros :

ce traité de paix et de fraternité honnête, qu’il donne la paix et la fraternité entre nous, grâce à ce traité entre le Khatti et l’Égypte, pour l’éternité !

En ce qui concerne Mouwattali, le grand maître du Khatti, il combattit le grand souverain d’Égypte. Lorsqu’il eut succombé à son destin, Hattousil prit sa place sur le trône de son père…. Aujourd’hui il s’est mis d’accord par un traité pour établir la relation que Rê a faite, entre la terre d’Égypte et la terre du Khatti, pour écarter les hostilités entre eux, à jamais… Que les enfants du grand maître du Khatti demeurent en paix et en fraternité avec les enfants des enfants de Ramsès. Le grand maître du Khatti ne violera jamais la terre d’Égypte pour la piller. Ousermaâtrê Sétepenrê, le grand roi d’Égypte, n’envahira jamais la terre de Khatti pour la piller…

Quant à l’ancien traité en vigueur à l’époque de Soupillouliouma, le grand maître du Khatti, de même que le traité permanent datant de l’époque de Mouwattali, le grand maître du Khatti, mon père, j’y souscris à présent. Vois, Ramsès, le grand roi d’Égypte, maintient la paix qu’il a conclue avec nous à partir de ce jour…

Si un ennemi quel qu’il soit attaque les territoires d’Ousermaâtrê Sétepenrê le grand roi d’Égypte, et que ce dernier envoie son messager au grand maître du Khatti pour lui dire : « Viens à mon secours et marchons contre lui », le grand maître du Khatti viendra à son secours et massacrera l’ennemi.

Si, cependant, le grand maître du Khatti ne veut pas lui-même venir combattre, qu’il envoie ses troupes et ses chars pour battre les ennemis.

  • Extradition de réfugiés puissants

Si un homme important s’enfuit du pays d’Égypte et arrive dans le pays du grand maître du Khatti, ou dans une ville, ou dans une région qui appartiennent aux possessions de Ramsès-aimé-d’Amon, le grand maître du Khatti ne doit pas le recevoir. Il doit faire ce qui est nécessaire pour le livrer à Ousermaâtrê Sétepenrê, le grand roi d’Égypte, son maître.

  • Extradition de simples réfugiés

Si un ou deux hommes sans importance s’enfuient et se réfugient dans le pays de Khatti pour servir un autre maître, il ne faut pas qu’ils puissent rester dans le pays de Khatti ; il faut les ramener à Ramsès-aimé-d’Amon, le grand roi d’Égypte.

  • Amnistie pour les réfugiés

Si un Égyptien, ou encore deux ou trois, s’enfuient d’Égypte et arrivent dans le pays du grand maître du Khatti,…/… dans ce cas, le grand maître du Khatti l’appréhendera et le remettra à Ramsès, grand souverain d’Égypte : il ne lui sera pas reproché son erreur, sa maison ne sera pas détruite, ses femmes et ses enfants auront la vie sauve et il ne sera pas mis à mort. Il ne lui sera infligé aucune blessure, ni aux yeux, ni aux oreilles, ni à la bouche, ni aux jambes. Aucun crime ne lui sera imputé (suit la clause de réciprocité du côté hittite, empruntant exactement les mêmes termes).

  • Dieux des deux pays témoins du traité

En ce qui concerne les paroles du traité que le grand maître du Khatti a échangées avec le grand roi d’Égypte Ramsès-aimé-d’Amon, elles sont inscrites sur cette tablette d’argent. Ces paroles, mille dieux et mille déesses du pays de Khatti, et mille formes divines mâles et femelles les ont entendues et en sont les témoins : le soleil mâle maître du ciel, le soleil féminin de la ville d’Arinna.

Seth du Khatti, Seth de la ville d’Arinna, Seth de la ville de Zippalanda, Seth de la ville de Pittiyarik, Seth de la ville de Hissaspa, Seth de la ville de Saressa, Seth de la ville de Haleb (Alep), Seth de la ville de Luczina, Seth de la ville de Nérik, Seth de la ville de Noushashé, Seth de la ville de Shapina, Astarté de la terre du Khatti

…/… la déesse de Karahna, la déesse du champ de bataille, la déesse de Ninive…/… la reine du ciel, les dieux maîtres du serment, la souveraine des montagnes et des fleuves du pays de Khatti, les dieux du pays de Kizzouwadna, Amon, Rê et Seth, les formes divines mâles et femelles, les montagnes et les fleuves du pays d’Égypte ; le ciel ; la terre ; la grande mer ; les vents ; les nuages ; l’orage.

  • La protection du traité

En ce qui concerne les paroles qui sont gravées sur cette tablette d’argent de la terre de Khatti et de la terre d’Égypte, les mille formes divines de la terre de Khatti et les mille formes divines de la terre d’Égypte détruiront la maison, la terre et les serviteurs de celui qui ne les respecterait pas.

Quant à celui qui respectera ces paroles inscrites sur cette tablette d’argent, Hittite ou Égyptien, et qui en tiendra compte, les mille formes de la terre de Khatti et les mille formes divines de la terre d’Égypte lui assureront prospérité et vie, à sa maison, son pays, ses serviteurs.

Il fit construire entre autres les temples rupestres d’Abou Simbel, en amont de la première cataracte, que la mise en service du barrage d’Assouan, 3 200 ans plus tard, obligera à déménager sur une colline voisine, 300 mètres plus haut, travaux de Titans confiée aux bons soins de l’UNESCO.

www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/thebes/fr/index.html           

~ 1235                            Les Assyriens s’emparent de Babylone et de ses trésors. Trente ans plus tard, ils contiendront non sans mal les tribus barbares, et verront leur royaume réduit à un noyau autour de Ninive et Assour.

vers ~ 1200                 Apogée de la civilisation olmèque au Mexique, sur la rive sud du golfe éponyme. On ne connaît pas le nom de cette civilisation, aussi lui a-t-on donné celui des Indiens qui s’y trouvaient lors de l’arrivée de Christophe Colomb. Olmèque signifie l’homme du pays du caoutchouc. Peuple de sculpteurs qui laissera d’importants vestiges d’une civilisation qui avait grandement développé les canalisations d’eau, qui avait de grands centres urbains et pour divinité principale, le jaguar. Les sites de San Lorenzo, La Venta et Tres Zapotes regroupent 18 statues monumentales.

Ce XII° siècle va voir s’enchaîner les catastrophes sur le Proche Orient : disparition de l’Empire hittite d’Asie Mineure, le Hatti, incendie et destruction des palais mycéniens : les tremblements de terre y eurent sans doute leur part, mais peut-être aussi, un important réchauffement général ne laissant de vie possible que sur les hauteurs exposées aux vents d’ouest et proches de la mer : golfe de Corinthe, Attique, Rhodes, Chypre Thessalie, Epire… Ailleurs, les populations se seraient enfuies, affamées. On ne sait là-dessus rien avec certitude sinon que la nuit va s’installer pour un demi millénaire environ.

Sous la pression des Doriens, dits encore peuples de la mer, dits encore Araméens, les Grecs commencent à émigrer vers les côtes d’Asie mineure. Ces mouvements vont durer environ deux cents ans.

Les Tyriens viennent acheter aux Ibères les métaux de la Bétique - actuelle Andalousie - où ils ont des comptoirs comme Gadir - Cadix aujourd’hui -, Abdère, Malaga.

Dans les parties du Sahara encore suffisamment humides pour permettre un habitat, arrivée du cheval. Jusqu’alors gibier de prédilection des chasseurs, les populations d’Europe centrale se mettent à le domestiquer, pour lui faire tirer araire et char à roues : plus léger et plus intelligent que le bœuf, il va peu à peu le remplacer.

vers ~ 1100                 Les Phéniciens fondent à l’est de l’actuelle Tripoli en Lybie un comptoir qui prendra le nom de Leptis Magna sous les Romains : un futur empereur y naîtra  en 146 après JC : Septime Sévère, et rien ne sera trop beau pour sa ville natale : marbres de Grèce et d’Egypte, etc…

vers ~ 1000                 David, roi des tribus juives, conquiert Jérusalem, jusqu’alors ville des Jébuséens. Il en fera la capitale des douze tribus d’Israël, à mi-chemin des deux tribus du sud et des dix du nord.

Dans ce qui est aujourd’hui le Nouveau Mexique, les Indiens zuñis et hopis, construisent des villages en terrasse, ont des habitats nichés dans les falaises, utilisent des réseaux d’irrigation et des retenues d’eau, connaissent la céramique, la vannerie et se tissent de vêtements en coton.

Aux antipodes, les aborigènes australiens alignent des pierres dressées, -les boras - dans les environs de cavernes aux murs peints : Cook découvrira tout cela en 1770.

Pour fabriquer la céramique, les Chinois parviennent à atteindre des températures de 1200°. Ils inventent les hauts fourneaux.

~ 969 à ~ 962             Le règne de Salomon, dernier Roi du peuple hébreu encore uni, est un âge d’or, portant l’empreinte d’un homme avisé, juste et riche. Le royaume recelait des richesses - les fameuses mines de cuivre, les céréales - et les richesses dont il ne disposait pas, il allait les chercher en Egypte - il épouse une fille de pharaon -, au pays de Tyr, en Ethiopie.

Il passe contrat avec Hiram, le roi phénicien de Tyr pour la construction du Temple de Jérusalem : l’architecte en est Houram Abi, qui va faire travailler pendant 7 ans cent soixante dix mille ouvriers et trois mille officiers.

Le roi Salomon construisit une flotte à Ezion-Guéber, qui est près d’Ailath sur les bords de la mer Rouge, dans le pays d’Edom. Et Hiram envoya sur les vaisseaux, auprès des serviteurs de Salomon, ses propres serviteurs, des matelots connaissant la mer. Ils allèrent à Ophir, et ils prirent quatre cent vingt talents d’or, qu’ils apportèrent au roi Salomon (…) Tous les vases à boire du roi Salomon étaient d’or, et toute la vaisselle de la maison de la forêt du Liban étaient d’or fin. Rien n’était d’argent ; on n’en faisait nul cas du temps de Salomon. Car le roi avait en mer des vaisseaux de Tharsis (Tartessos) avec les vaisseaux de Hiram ; une fois tous les trois ans, les vaisseaux de Tharsis arrivaient, apportant de l’or et de l’argent, de l’ivoire, des singes et des paons.

                                                                                  Livre des Rois, IX, 26-28 ; X, 21-22

Tyr était alors le plus important centre commercial de la Méditerranée :

Tu diras à Tyr, la ville installée au bord de la mer, le courtier des peuples dans des îles sans nombre : Ainsi parle le Seigneur Yahvé.
Tyr, toi qui disais : je suis un navire merveilleux de beauté.
En haute mer s’étendait ton empire,
Tes constructeurs t’ont faite merveilleuse de beauté.
En cyprès de Senir ils ont construit tous tes bordages.
Ils ont pris un cèdre du Liban pour te faire un mât.
Des plus hauts chênes de Bashân ils t’ont fait des rames.
Ils t’ont fait un pont d’ivoire incrusté dans du cèdre des îles de Kittim.
Le lin brodé d’Egypte fut ta voilure pour te servir de pavillon.
La pourpre  et l’écarlate des îles d’Elisha formaient ta cabine.
Les habitants de Sidon et d’Arvad étaient tes rameurs.
Et tes sages, ô Tyr, étaient à bord comme matelots.
Les anciens de Gebal et ses artisans étaient là pour réparer tes avaries.

Tous les navires de la mer et leurs marins étaient chez toi pour faire du commerce. Ceux de Perse et de Lud et de Put servaient dans ton armée, étaient tes gens de guerre. Ils suspendaient chez toi le bouclier et le casque. Ils te donnaient de la splendeur. Les fils d’Arvad et leur armée garnissaient tes murailles tout autour et veillaient sur tes bastions. Ils suspendaient leurs boucliers à tes murailles tout autour et contribuaient à parfaire ta beauté. Tarsis était ton client, profitant de l’abondance de tes richesses. On te donnait de l’argent, du fer, de l’étain et du plomb contre tes marchandises. Yahvan, Tubal et Meshek trafiquaient avec toi. Contre des hommes et des ustensiles de bronze ils échangeaient tes denrées. Ceux de Bet Togarma te pourvoyaient de chevaux, de coursiers et de mulets. Les fils de Dedân trafiquaient avec toi ; des rivages nombreux étaient tes clients ; les défenses d’ivoire et l’ébène te servaient de paiement. Edom était ton client grâce à la multitude de tes produits : il te donnait des escarboucles, de la pourpre, des broderies, du byssus, du corail et des rubis contre tes marchandises. Juda et le pays d’Israël eux-mêmes trafiquaient avec toi : ils t’apportaient en échange du grain de Minnit, de la cire, du miel, de la graisse et du baume. Damas était ton client grâce à l’abondance de tes produits, à la multitude de tes richesses : il te fournissait du vin de Helbôn et de la laine de Çahar. Dan et Yahvân, depuis Uzal, te pourvoyaient de fer forgé, de casse et de roseau, en échange de tes marchandises. Dedân trafiquait avec toi des couvertures de cheval. L’Arabie et tous les princes de Qédar eux-mêmes étaient tes clients : ils payaient en agneaux, béliers et boucs.

Les marchands  de Sheba et de Rama trafiquaient avec toi : ils te pourvoyaient d’aromates de première qualité, de pierres précieuses et d’or contre tes marchandises. Harân, Cadé et Eden, les marchands de Sheba, d’Assur et de Kilmad trafiquaient avec toi. Ils faisaient trafic de riches vêtements, de manteaux de pourpre et de broderie, d’étoffes bigarrées, de solides cordes tressées, sur tes marchés. Les bateaux de Tarsis naviguaient pour ton commerce.

Tu étais donc riche et glorieuse au cœur des mers.

                                                           Ezéchiel , 27               La Bible de Jérusalem. 1956

L’unité ne va pas durer longtemps : en ~ 930, à la mort de Salomon se créent deux royaumes : Roboam, fils et successeur désigné de Salomon doit s’affronter avec Jéroboam. Mais seules les tribus de Juda et de Benjamin se rallient à Roboam, qui crée le royaume de Juda, au sud. Les dix autres tribus se rallient à Jéroboam, fondant le royaume d’Israël, au nord.



[1] Orthographié aussi Imouthès.

[2] Où l’on voit encore aujourd’hui un obélisque inachevé de 42 mètre de long, pesant 1168 tonnes.

[3] Du grec méso : milieu, potamos, fleuve : les deux fleuves que sont le Tigre et l’Euphrate.

[4] Des recherches récentes le situeraient pratiquement mille ans plus tard….

[5] Saumure parfumée ? Il pourrait bien s’agir de l’ancêtre de ce que les Romains nommeront garum ou encore liquamen, condiment à base de saumure dans laquelle on faisait macérer les abats de thon, de maquereau ou d’esturgeon, et encore sardines et anchois entiers… (l’actuel nuoc-mâm ? )

[6] Une nouvelle explication sur la nature des matériaux utilisés arrive en 2006 : les blocs des parties sommitales des pyramides ne seraient pas des pierres naturelles, mais une sorte de béton synthétique : les concentrations de silicium ne se retrouvent pas dans la pierre naturelle, et le mode de cristallisation naturelle ne peut pas expliquer les cristaux figurant dans ces éléments supérieurs.

[7] … la mer, ou bien les grands étangs du sud Soudan

 


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