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~ 900 à ~ 498. La Grèce archaïque. Carthage. Rome. L’Assyrie. Bouddha. Confucius. Lao Tseu
~ 900 à 0 Age du fer, en Europe centrale, dans lequel on distingue le premier âge, ou période de Hallstatt, de ~ 900 à ~ 500, et la période de la Tène, - un village des bords du lac de Neuchâtel -, de ~ 500 à 0. On parle même de civilisation de Halstatt et de civilisation de la Tène. La première s’étend du VIII° au VI° sur la Bohème, une partie de la Hongrie, l’Allemagne du Sud, l’Autriche la Suisse et le quart nord-est de la France : tout ce territoire est quadrillé par un réseau de villes fortifiées qui contrôlent les matières premières importantes : par exemple le sel de Halstatt, de Château Salins, en Franche Comté ainsi que les voies commerciales comme l’axe Seine-Saône qui permet à l’étain de Grande Bretagne d’aller jusqu’en Italie ou en Grèce. De la civilisation de la Tène, on sait beaucoup moins de choses, sinon qu’elle a donné une large diffusion à la métallurgie du fer, et commence à stocker les céréales en construisant des greniers. Cette période représente l’apogée de l’expansion des Celtes sur le continent européen et jusqu’en Asie Mineure. vers ~ 900 Naissance d’Homère, qui donnera une identité à la Grèce. Les poèmes homériques se composent, de deux poèmes, l’Iliade et l’Odyssée, divisé chacun en vingt-quatre chants d’environ six cents à sept cents vers. L’Antiquité les attribuait à un seul poète, nommé Homère, qui les aurait composés et écrits. On le faisait naître à Colophon, à Chio, à Smyrne ou encore à Ios ou à Cymè : il aurait été aveugle et aurait vécu vers le IX° siècle. Ces données, que tous les Anciens n’acceptaient pas, ont été fortement discutées à partir du XVIII° siècle, depuis les travaux de l’abbé d’Aubignac et ensuite de Frédéric Wolf. Il ne s’agit pas ici d’en faire le récit ; bornons-nous à rappeler que l’attribution à un auteur unique a été contestée, que l’œuvre tout entière a été disséquée : il n’est pas un seul vers, croyons-nous, sur lequel n’ait été énoncé quelque doute et qui n’ait été rejeté, « athétisé ». Aujourd’hui, on a certes reconnu des interpolations dans le texte, mais surtout l’archéologie a permis de retrouver des données empruntées à plusieurs civilisations : Homère n’a pas seulement décrit des faits contemporains, du ~ IX° siècle, mais il insère des coutumes ou des descriptions qui se rapportent à des temps révolus ; aussi a-t-on pu retrouver des indications qui se rapportent à la Crète minoenne, à l’époque mycénienne, tandis que d’autres sont beaucoup plus récentes ; certaines même, postérieures à Homère, sont des interpolations du ~ VI° siècle. La difficulté consiste à bien choisir et la prudence exige qu’on ne veuille pas retrouver dans l’œuvre homérique un document historique ou archéologique : elle est d’abord l’œuvre d’un poète auquel ne saurait être refusée une certaine fantaisie. Le problème posé par les poèmes homériques, très vaste, se présente sous plusieurs aspects, philologique et historique en particulier; il n’a pas encore trouvé sa solution - la trouvera-t-il jamais ? - mais plusieurs résultats sont maintenant acquis. Les poèmes ont été précédés d’une antique tradition et ils peuvent être considérés comme un aboutissement beaucoup plus que comme une création originale. Non seulement l’Orient connaissait, et par plusieurs versions soit rédigées soit figurées, le récit de la bataille de Qadesh livrée par Ramsès II en ~ 1293 au roi hittite Mouwattali sur l’Oronte, et c’est le fond du Poème de Pentaour, mais il avait aussi l’Épopée de Gilgamesh, transmise par des copies multiples et dont les plus anciennes remontent au milieu du ~ III° millénaire ; tout récemment les fouilles de Ras-Shamra ont ajouté les aventures de Keret, roi des Sidoniens. L’étude attentive des poèmes homériques a montré que le poète dispose de toutes sortes de légendes, entre lesquelles il choisit, auxquelles il fait allusion sans risquer d’être incompris, parce que l’auditoire les connaissait. Ainsi le poète a sous la main un répertoire de poèmes plus brefs probablement que l’Iliade actuelle, mais à caractère épique (A. Sevetyns). Ces poèmes étaient transmis par récitation ou encore par l’écriture. L’idée de génie - le mot n’est pas trop fort - fut de réunir certains de ces faits autour d’un personnage central et de célébrer l’événement le plus fameux et qui groupa les Achéens : la guerre de Troie (Iliade) dont Achille est le héros. Le second poème raconte, en les groupant autour d’Ulysse (Odysseus) les aventures des Achéens au retour de la guerre, et ce fut l’Odyssée. Pareils récits ont intéressé tous les Grecs, quels qu’ils fussent, et leur fortune a été prodigieuse ; non seulement ils étaient encore récités à l’époque de Solon, mais l’anecdote qui représente Alexandre emportant son Homère comme livre de chevet n’est pas une légende. En dépit des attaques de Platon, Homère resta « l’éducateur de la Grèce » (H. Marrou), le premier des « classiques »: Pourquoi ? Ces poèmes s’adressent vraiment à tous les Grecs ; ils retracent leur histoire, en dépit de certains anachronismes qui ne devaient pas froisser les auditeurs ; ils leur montrent une société comparable à la leur, avec des rois locaux, dont l’autorité, bien que d’origine divine, n’est pas indiscutée si elle ne s’appuie sur la force physique ; l’aristocratie est militaire, elle tient le roi en respect et s’intéresse aux grands coups d’épée, aux combats singuliers : elle vit de l’agriculture et de ses innombrables troupeaux ; ces seigneurs avides de coups et qui, aiment les beaux récits ont dans leur « maison » une autorité absolue, mais, à l’encontre de l’Orient, ils pratiquent déjà la monogamie et ils se préoccupent des successions et des héritages ; autour d’eux, des esclaves qui font partie de la famille, des artisans qui aident à l’économie « autarcique », dirait-on aujourd’hui, tandis que le commerce est entre les mains des Phéniciens. Ces familles indépendantes évoquent ce que fut la Grèce après les invasions doriennes : morcelée à l’excès et professant un particularisme absolu. Or l’aventure de Troie montrait ces Grecs s’unissant pour une expédition commune, les rois et les roitelets acceptant, en cette circonstance unique, d’être aux ordres d’une autorité supra-royale : il faut une expédition militaire pour qu’existe à titre précaire, une royauté grecque, alors qu’il n’y eut jamais que des royautés, des Etats indépendants - même Philippe de Macédoine ne s’est pas attribué le titre de « roi des Hellènes ». Ces poèmes ont ainsi donné aux Grecs le sentiment qu’en dépit de leurs divergences, ils faisaient partie d’un ensemble, qu’ils formaient une civilisation ; qu’au-dessus des Grecs, il y avait la Grèce. Ils ont acquis le sentiment d’une unité nationale spirituelle, qui les opposait aux Barbares, à ceux qui ne comprennent pas la langue grecque, pourtant divisée en dialectes, et qui n’ont pas les mêmes croyances qu’eux. Car on trouve aussi une religion dans les textes homériques. Hérodote exagère et fausse la perspective, pensons-nous, quand il écrit (II, 53) : « Ce sont (Hésiode et Homère) qui ont fixé pour les Grecs une théogonie, qui ont attribué aux dieux leurs qualificatifs, partagé entre eux les honneurs et les compétences, dessiné leurs figures.» En fait, les poèmes homériques ont donné une vulgate. Les dieux, dont ils évoquent la présence, existent déjà sur les plus anciens monuments figurés de la Grèce avec leurs caractères essentiels : ils sont d’abord humains, par opposition aux dieux thériomorphes (à l’aspect animal) des Égyptiens chez qui l’on trouve une déesse-vache, un dieu-chacal, cela à part quelques exceptions dûment enregistrées à l’époque classique. Ils vivent comme les hommes dont ils ont les traits ; ils apprécient la bonne chère et le « nectar » ; ils sont, aussi, agités par, des passions humaines ; non seulement ils prennent part pour ou contre les Achéens ou les Troyens, mais ils interviennent plus directement encore dans la vie humaine, et les aventures de Zeus avec des mortelles trop sensibles aux attentions divines justifient assez les accès de colère d’Héra, son épouse légitime, qui protège les lois du mariage et entend les faire respecter par son volage époux. Ainsi les attitudes des dieux ne sont pas toujours édifiantes et les railleries de Platon se comprennent sans peine. Les dieux avaient été conçus par les hommes à leur propre image, et leur demeure a été située dans l’Olympe. Identifié avec une montagne réelle la plus haute (2.918 m) de l’Hellade, ce qui n’empêche pas que d’autres aient été baptisées du même nom, en Attique, en Bithynie, et l’on observera que le mot n’est pas grec. Ces dieux olympiens sont ensuite hiérarchisés ; ils forment une grande famille sur laquelle règne Zeus, leur père à tous, qui a partagé son pouvoir avec Hadès, auquel il a laissé l’empire des morts, et avec Poséidon qui possède la maîtrise de la mer, tandis qu’il s’est réservé la tâche plus rude peut-être, de gouverner les êtres vivants, et notamment les hommes. Enfin, ces dieux olympiens ne sont pas autochtones, les uns ont pris naissance en Asie, les autres en Crète, et ils ne se sont intronisés en Grèce qu’en s’installant sur des sanctuaires qui faisaient l’objet d’un culte antérieur et différent du leur ; ainsi voit-on Athéna succéder à Delphes à une déesse mycénienne, Apollon usurper à Delphes le culte réservé jadis à Gè, la Terre, ou en Béotie, au Ptoion, déposséder l’humble héros local. Il accole à son nom l’épiclèse - ou surnom - de Ptoos tout de même qu’en Arcadie, Athèna devient Athèna Aléa à Tégée, et l’on pourrait citer d’autres « successions » du même genre, dont la légitimité reste suspecte, encore que divine. Ainsi, comme on l’a très bien dit (Fernand Robert), cette « religion d’Homère résulte d’une synthèse fort compliquée ». Les dieux d’Homère restent du moins tout près des Grecs. Nulle part enfin, dans les poèmes homériques, et pas plus que dans la religion grecque classique, ne se rencontre une norme ni un dogme quelconque, et si Homère passe pour avoir été, comme on dit parfois, la « Bible » des Anciens, on n’oubliera pas que ce texte n’était pas « révélé »! il n’imposait aucune croyance et il n’a jamais été un livre sacré, en dépit de sa popularité, en dépit de l’amour qu’il a toujours suscité, depuis les temps archaïques jusqu’à la fin de l’époque hellénistique. Yves Bequignon La Grèce archaïque et classique.1956 Jusqu’à la fin de l’époque hellénistique, dit Yves Bequignon. Voire ! De nos jours encore, à l’autre bout du monde, en Amérique du sud, la fascination exerce encore : Vers 1990, le ministère colombien de la culture mit en place une organisation de bibliothèques itinérantes chargées d’apporter des livres dans les coins les plus reculés du pays. On a mis au point de grands sacs verts pourvus de vastes poches, dont on peut faire aisément, en les pliant, des colis commodes, afin de transporter des livres à dos d’âne dans la jungle et dans la sierra. Là, les livres sont confiés pendant plusieurs semaines à un instituteur ou à un ancien du village qui devient, de ce fait, le bibliothécaire responsable. On accroche à un poteau ou à un arbre les sacs dépliés, permettant à la population locale de feuilleter les livres pour faire son choix. Quelquefois le bibliothécaire fait lecture à ceux qui n’ont pas appris à lire ; à l’occasion, un membre d’une famille qui a été à l’école lit pour les autres. « De cette façon, expliquait l’un des villageois, nous pouvons savoir ce que nous ne savons pas et le transmettre aux autres. » A la fin de la période prévue, on envoie un nouveau lot pour remplacer le précédent. Les livres sont en majorité des ouvrages techniques, manuels d’agriculture ou instructions pour la filtration de l’eau, collection de patrons pour la couture et guides vétérinaires, mais il y a aussi quelques romans et autres ouvrages littéraires. Selon l’une des bibliothécaires, le compte est toujours juste :« je n’ai connu qu’une occasion où un livre n’a pas été retourné. Nous avions pris, en plus des habituels titres pratiques, une traduction en espagnol de l’Iliade. Quand le moment est venu de l’échanger, les villageois ont refusé de la rendre. Nous avons décidé de leur en faire cadeau, mais nous leur avons demandé pourquoi ils voulaient conserver ce titre-là en particulier. Ils nous ont expliqué que le récit d’Homère reflète exactement leur histoire : il y est question d’une contrée déchirée par la guerre, où des dieux fous et capricieux décident du sort d’être humains qui ne savent jamais très bien pour quoi on se bat ni quand ils seront tués. Alberto Manguel La Bibliothèque, la nuit. Actes Sud, 2006 Des mythologies que nous croyons connaître depuis longtemps - la mythologie grecque par exemple, si fortement inspirée de Sumer […] sont ainsi en réalité restées totalement incomprises. L’Odyssée ne retrace pas autre chose que cet âpre combat mené contre l’antique culture de la Déesse, que le héros patriarcal a du vaincre avant de pouvoir s’imposer. Ulysse est très clairement ce conquérant du patriarcat achéen qui triomphe (tant à travers Circé la magicienne qu’à travers la nymphe Calypso, puis à travers Charybde et Scylla, à travers les Sirènes traîtresses et maléfiques, etc.) de l’antique féminin divin, démonisé pour les besoins de la cause, et qu’il soumet à la loi patriarcale du mâle dominant. Cette loi triomphant à la fin du mythe, avec l’imposition du mariage/soumission à Pénélope, avatar du grand féminin vaincu de l’épouse. Françoise Gange Les Dieux menteurs. La Renaissance du Livre 2001 ~ 883 à ~ 858 Le Roi Assurnazirpal II a redonné toute sa grandeur à l’Assyrie. Il a soumis la haute vallée du Tigre au nord, les Araméens à l’ouest, ayant ainsi accès à la grande mer du pays d’Amurru, dans laquelle il peut accomplir le rite traditionnel : laver ses armes et offrir des sacrifices aux dieux. Il restaure les temples d’Assour, de Ninive, et fonde une nouvelle capitale Kalhou, aujourd’hui Nimroud : il appartient au souverain de concevoir des plans jour et nuit pour ériger un noble sanctuaire, une résidence pour les grands dieux et des palais pour sa royale demeure. L’inauguration de sa capitale donne lieu à un banquet qui régale soixante dix mille invités pendant 10 jours ! ah, le bon roi que voilà ! Nimroud sera capitale jusqu’en ~ 722. vers ~ 814 Fondation de Carthage, - Kart-hadash - colonie de Tyr : c’est bien une ville phénicienne. Restée longtemps relativement modeste, Carthage finit par devenir maître de l’ensemble des îles de Méditerranée occidentale, et de l’actuelle Espagne, repoussant les Ibères vers l’intérieur, les Grecs de la plupart des îles, sauf de la Sicile qu’elle partage avec les Grecs de Syracuse ; les comptoirs phéniciens deviennent carthaginois. ~ 776 Le besoin religieux d’implorer la bienveillance des dieux, de les remercier de l’abondance des récoltes engendrent les Premiers Jeux Olympique en Grèce : ils marquent le début de l’histoire de la Grèce. Olympique parce qu’ils furent célébrés à Olympie, en l’honneur de Zeus, se substituant aux rites sportifs antérieurs en l’honneur de Gaïa, déesse de la Terre. Admirateurs de l’ancienne civilisation égyptienne, les Grecs avaient demandé son parrainage au roi Psammétique II, qui avait déterminé les règles à respecter, dont l’amateurisme désintéressé : et il en fût ainsi dans les premières décennies lors desquelles le vainqueur recevait une simple couronne : de lauriers à Delphes, d’olivier à Olympie, de pin à Corinthe et de céleri à Némée ainsi qu’une amphore de la meilleure huile d’olive. Les joutes étaient aussi poétiques, rhétoriques ou musicales. Ces jeux duraient une semaine tous les quatre ans, et donnaient lieu à une trêve de trois mois au milieu des guerres en cours. Le calendrier se basait sur l’olympiade, les quatre ans qui séparent les Jeux. D’autres Jeux se déroulaient dans les autres cités : à Delphes en l’honneur d’Apollon, à Corinthe en l’honneur de Poséidon, à Némée. Mais, comme rien n’est jamais vraiment simple, les anneaux olympiques ne viennent pas d’Olympie mais de Delphes : sculptés sur la face d’un autel, dans leur circonférence sont inscrits les termes de la trêve sacrée conclue pendant les jeux pythiques. Le mot athlète vient de athlon qui signifie combat, et gymnase de gymnée, qui signifie nu. Les athlètes étaient en effet nus, et de ce fait les femmes en étaient exclues… même en tant que spectatrices, à l’exception de la prêtresse de Demeter, la Terre-mère, dont la présence était hommage à la fertilité. A l’origine une seule compétition de vitesse ; puis elles se multiplièrent, tout d’abord par allongement des distances : 400 m, jusqu’à 5 000 m. En 708, apparurent la lutte et le pentathlon : saut en longueur, javelot, disque, course et lutte ; en 688, la boxe, en 680, les courses de char et en 648, le pancrace, mélange de lutte et de boxe où quasiment tout était permis. Mais l’esprit de compétition, le chauvinisme emmenèrent les cités dans des dépenses de plus en plus grandes pour arracher la victoire, surtout dans les courses de char. Les vainqueurs, outre la couronne de lauriers, se virent attribuer des récompenses beaucoup moins symboliques comme l’assurance d’être nourri jusqu’à la fin de leurs jours. Dès 580, chaque champion recevait 500 drachmes - un mouton valait un drachme - . L’état de bombance où ils vivent commence par exciter les athlètes et par les porter aux désirs amoureux. Il fait naître en eux mille convoitises illicites et les amène à acheter ou vendre leur victoire. Les uns font monnaie de leur gloire pour satisfaire des besoins trop nombreux, les autres paient pour obtenir une victoire facile que leur refuserait leur vie efféminée. Philostrate ~ 753 Selon une légende solidement ancrée dans le Top 50 des légendes, Romulus fonde Rome. Les jumeaux Romulus et Remus échappent miraculeusement à leur exposition par leur oncle sur le Tibre. Recueillis et allaités par une louve dans la grotte de Lupercale, à l’est du mont Palatin, ils regagnent Albe, leur patrie, puis fondent une ville nouvelle. Les auspices vont leur dire quel est l’élu des dieux : sur le Palatin, Romulus aperçoit douze vautours, et sur l’Aventin Remus n’en voit que six. La dispute qui s’ensuit voit la mort de Rémus et Romulus détermine le pourtour de la ville en creusant tout autour du Palatin un sillon avec le soc d’une charrue. vers ~ 750 Début d’une deuxième période d’émigration des grecs ; c’est sans doute le régime foncier qui l’explique : la terre restait indivise et allait à l’aîné. On ne peut guère parler de surpopulation : l’exposition des enfants (c’est à dire leur abandon en place publique) venait jouer le rôle du contrôle des naissances. L’émigration va toucher une bonne partie de l’ensemble des rivages méditerranéens ; tout d’abord vers l’ouest : Naxos, Catane, Syracuse en Sicile, la Calabre, Cyrène, sur la côte libyenne, et enfin et surtout toutes les colonies d’Asie Mineure, Byzance et les côtes de la Mer Noire. Il ne faut pas entendre colonisation dans le sens des colonies du XIX° siècle : les liens politiques avec la terre de départ étaient coupés, et on avait affaire à de nouvelles cités qui jouissaient de leur indépendance politique. Les Etrusques développent une remarquable civilisation en Toscane, et en Ombrie, travaillant à merveille, or, argent, ivoire. Ils font partie de ces peuples dont les origines nous sont encore inconnues ; leur art suppose une grande parenté avec les Grecs, mais bien des éléments les en distingue ; leur langue, dont nous ne possédons que quelques fragments - inscriptions sur des pierres tombales principalement - nous reste mystérieuse. … une race, plus que toutes les autres, attachée aux croyances et cérémonies religieuses, et cela d’autant plus qu’elle excellait dans l’art de les mettre en pratique. Tite Live Ce sont les Etrusques qui introduisirent l’idée de la cité-Etat en Italie centrale et transformèrent une civilisation villageoise en une civilisation urbaine. Nous devons aux Etrusques la diffusion de l’écriture au moyen de l’alphabet qu’ils avaient eux-mêmes emprunté aux Grecs. La dette particulière de Rome envers l’Etrurie est à la base de tous ses succès ; ses emprunts directs comprennent des éléments d’organisation militaire, le cérémonial et les insignes de sa vie publique, maints aspects de son art et de sa religion. La civilisation de Rome est fondée sur des origines italo-étrusques et des Romains aussi célèbres que Mécène, qui comptait parmi ses ancêtres des nobles étrusques, pouvaient s’enorgueillir de voir le passé étrusque de Rome se refléter dans tous les domaines de la vie privée et publique. Donald Strong Civilisations disparues, sous la direction de Marcel Brion 1969 de ~747 à ~656 L’Egypte est dirigée par une dynastie de pharaons noirs : les kouchites de ~ 738 à ~ 727 Le roi d’Assyrie Teglat-Phalasar III détruit les villes principales d’Israël, et déporte une partie - treize mille cinq cent - de sa population. ~722 Osée, dernier souverain du royaume croupion d’Israël, cherche à gagner l’appui de l’Egypte contre l’Assyrie. Salmanasar assiège longuement Samarie et c’est Sargon II qui conclut : Les habitants de Samarie, qui tombèrent d’accord et qui complotèrent avec un roi ennemi parce qu’ils ne voulaient plus supporter le joug de la servitude et verser le tribut à Assur et qui me livrèrent bataille, je les ai combattus avec les pouvoir des grands dieux, mes Seigneurs. Comme butin, j’ai dénombré 27 280 personnes, ensemble avec leurs chars et leurs dieux, dans lesquels ils avaient placé leur confiance. Avec 1200 de leurs chars, j’ai formé un bataillon pour mon armée royale. J’ai déporté les autres au milieu de l’Assyrie. J’ai repeuplé Samarie davantage qu’auparavant. J’y ai installé des populations de pays conquis par mes soins. J’ai nommé un commissaire comme gouverneur pour les administrer. Et je les ai comptés parmi les Assyriens. Sargon II La chute de Samarie va avoir pour conséquence une centralisation de plus en plus marquée du royaume qui garde une certaine autonomie : Juda, où va se développer dans le même temps une attitude de plus en plus intransigeante à l’égard de la pratique et des lois religieuses, et c’est probablement ainsi que naquit la tradition monothéiste de la civilisation judéo-chrétienne. Les cultes des campagnes, où les dieux autres que Yaweh étaient nombreux - Baal, Asherah, Ammon, Moab, Astarté etc … - furent déclarés impies, seul Yaweh devait être honoré. ~ 700 Les navires sont encore fragiles et la mer peut être bien méchante en hiver, inspirant ces conseils de prudence : Lorsque vient l’hiver et que bouillonnent les souffles de tous vents, ne dirige plus de vaisseau sur la mer vineuse [couleur du vin], mais travaille la terre. Tire le vaisseau au rivage, entoure le de tous cotés de pierres… et retire la bonde pour que la pluie de Zeus ne pourrisse rien. Place chez toi en bon ordre tous les agrès, plie soigneusement les ailes de la nef marine, pends le gouvernail au-dessus de la fumée et toi-même attends que revienne la saison navigante. Hésiode Le même Hésiode pouvait aussi connaître quelques aigreurs : Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. vers ~ 700 Dans la vallée d’Ica, près d’Ocucaje, à 400 km au sud-est de Lima, - Pérou -, les Indiens de la civilisation Paracas dessinent sur le flanc d’une colline un condor de 137 m de long et 87 m de large. C’est Eduardo Herran qui l’a redécouvert en 2008. Le condor est alors une divinité que les Incas remplaceront par le soleil. ~ 700 à ~15 : âge du fer (qui est assez souvent du fer de météorites : dans le mot sidérurgie, il y a sidéral ; en grec, fer se dit sideros). Le passage du minerai à un métal utilisable demande un processus de réduction que les Chalybes, dans l’actuelle Arménie, sous domination hittite, semblent avoir été les premiers à maîtriser dans la première moitié du deuxième millénaire… Par rapport au bronze, le fer présente deux avantages majeurs : moins lourd, il convient beaucoup mieux à la fabrication d’outils agricoles - haches, faucilles, herminettes -… et, disponible en gisements plus nombreux, il est moins onéreux. Il s’y substituera donc peu à peu pour tout ce qui concerne les outils, les armes, les instruments domestiques et les éléments de machines ou de construction… L’exploitation des riches gisements de fer d’Espagne, déjà connus au VIII° siècle avant J.-C. n’a pu se faire à grande échelle que sous l’occupation romaine, avec les moyens techniques et administratifs de l’empire. Bruno Jacomy Une histoire des techniques. Seuil 1990 ~ 691 Le roi assyrien Sennachérib fait construire à Jerwan, un aqueduc de 80 km de long, qui enjambe une vallée par un pont à 5 arches, de 270 m de long et 9 m de haut : il approvisionne Ninive en eau. La langue parlée au royaume de Babylone est l’araméen : c’est alors la langue internationale. ~ 663 Assurbanipal, souverain assyrien effectue un raid sur l’Egypte et pille Thèbes : 50 ans plus tard, l’affaire n’était pas oubliée. On peut voir, gravés sur un linteau de son palais : Je capturai beaucoup de soldats vivants. De certains, je coupais les bras ou les mains, d’autres je coupai les oreilles et les extrémités. J’arrachai les yeux de nombreux soldats. Je fis une pile de vivants et une autre de têtes. Je pendis leurs têtes à des arbres autour de la cité. vers ~ 662 Le code légal promulgué par Josias, roi de Juda depuis ~ 639, a de très fortes ressemblances avec le Deutéronome de la Bible : il est donc permis de penser que sa rédaction date de cette époque. On y trouve des accents nouveaux sur le droit de l’individu, qui ose porter plainte contre un autre individu, quand, jusqu’à présent, dans la tradition proche orientale, seule existait la loi du clan pour préserver les droits communaux. Cette plainte a été trouvée en 1960, écrite à l’encre sur un tesson de poterie, dans une forteresse sur la côte méditerranéenne, au sud de Tel Aviv, nommée Mesad Hashavyahu : Puisse monseigneur l’officier entendre la plainte de son serviteur ! Votre serviteur travaille à la moisson. Votre serviteur se trouvait à Hasar-Asam. Il y a quelques jours, votre serviteur a fauché, récolté et engrangé le grain, avant de s’arrêter. Quand votre serviteur eut fini de faucher et d’engranger, il y a quelques jours, Hoshayahu, fils de Shabay, est arrivé et s’est emparé des vêtements de votre serviteur. Quand j’eus fini de faucher, à ce moment-là, il y a quelques jours, il a pris mes habits, à moi, votre serviteur. Tous mes compagnons témoigneront pour moi, tous ceux qui fauchaient avec moi sous le soleil brûlant - ils témoigneront pour moi que je dis la vérité. Je n’ai commis aucune infraction. S’il vous plaît, que l’on me rende mes vêtements ! Si l’officier ne considère pas comme une obligation que le vêtement de votre serviteur lui soit rendu, alors, prenez pitié de lui et retournez son vêtement à votre serviteur. Vous ne pouvez pas rester silencieux quand votre serviteur est privé de son vêtement. 11 02 ~ 660 Jimmu Tenno achève la conquête du Yamato et fonde l’Empire Japonais. Dès lors, les Japonais ne cesseront jamais de croire que Sa Gracieuse Majesté impériale descend de la déesse Amaterasu… et que le peuple japonais est d’essence divine[1]. ~ 646 Assurbanipal met Suse à sac. Mais la conquête faisait alors bon ménage avec la culture et l’homme était grand collectionneur de tablettes en son palais de Ninive : Palais d’Assurbanipal, roi du monde, roi d’Assyrie, qui met sa confiance en Assour et Ninlil, que Nabou et Tashmetou ont doté d’oreilles bien ouvertes et doué d’une perspicacité profonde… La sagesse de Nabou, les signes de l’écriture, tous ceux qui ont été conçus, je les ai écrits sur des tablettes, j’ai arrangé les tablettes en séries, je les ai rassemblées et pour mes royales contemplation et récitation je les ai placées dans mon palais. De sa capitale Ninive, - l’actuelle Mossoul -, il envoyait des représentants dans tout son royaume afin de dénicher les tablettes manquant à sa bibliothèque : Trouvez les et dépêchez les moi. Rien ne devrait les retenir. Et si, à l’avenir, vous découvrez d’autres tablettes non mentionnées ci-dessous, examinez-les et si vous considérez qu’elle représentent un intérêt pour la bibliothèque, saisissez-les et envoyez-les moi. C’est dans sa bibliothèque que l’on trouvera l’Epopée de Gilgamesh[2], 3000 vers sur 12 tablettes, écrite sans doute vers ~1200, en langue akkadienne, antique cousine de l’arabe et de l’hébreu. ~ 624 / ~ 621 Dracon, premier législateur d’Athènes, marie sévérité, rigueur et discernement ; il établit entre autres la distinction entre meurtre et homicide involontaire, ce dernier étant sanctionné par le bannissement et non la peine de mort. vers ~ 605 Néchao II, pharaon, fait restaurer le canal des Pharaons et creuser un nouveau tronçon du lac Amer à la mer libre ; il ne parvint pas à terminer les travaux malgré les cent vingt mille hommes qui y travaillent ; c’est Darius qui s’en chargera, cent ans plus tard. Mais Hérodote fait erreur en attribuant à Néchao la création du canal. Psammétique laissa un fils appelé Nékao, qui lui succéda sur le trône. C’est lui qui le premier mit la main au canal conduisant à la Mer Rouge, une oeuvre complétée par la suite par Darius Premier. Sa longueur en est de 4 jours de navigation et sa largeur est telle que deux trières peuvent voguer de front. Hérodote (484 - 420) Histoire II, paragraphe 158. vers ~ 600 Le même Hérodote raconte que des navigateurs phéniciens, missionnés par Néchao II, auraient fait le tour de l’Afrique, partant de la Mer Rouge pour revenir, trois ans plus tard par le détroit de Gibraltar. Rien n’est jamais venu confirmer les dires d’Hérodote ; mais plaide cependant en faveur de la véracité du récit la position relative du soleil observée sur la remontée de la côte ouest de l’Afrique, puisque lui-même la juge irrecevable, alors qu’elle est de fait conforme à la réalité. : Néchao fit partir sur des vaisseaux des hommes de Phénicie, avec ordre, pour leur retour, de pénétrer en passant les colonnes d’Héraclès (détroit de Gibraltar), dans la mer septentrionale (la Méditerranée), et de revenir par cette voie en Egypte. Ces Phéniciens donc, partis de la mer Rouge, naviguaient sur la mer Australe (l’océan indien) ; quand venait l’automne, ils abordaient et ensemençaient le sol, à l’endroit de la Libye (nom désignant alors l’ensemble de l’Afrique) où ils se trouvaient chaque année au cours de leur navigation, et ils attendaient l’époque de la moisson ; le blé récolté, ils prenaient la mer, si bien que, au bout de deux ans, ils doublèrent la troisième année, les Colonnes d’Héraclès et arrivèrent en Egypte. Et ils racontaient - chose que, quant à moi, je ne crois pas, mais que d’autres peuvent croire - que, pendant qu’ils accomplissaient le périple de la Libye, ils avaient eu le soleil à leur droite (…) Le cap de Bonne Espérance doublé 2000 ans avant Bartholomeo Diaz… il y a de quoi alimenter une conversation pendant moult soirées d’hiver autour d’un bon feu ! En plein cœur de la jungle guatémaltèque se trouve Cival, ville maya avec places, pyramides et mur d’enceinte, sur 2 km² ; elle abritait à peu près dix mille habitants : c’est Francisco Estrada-Belli, archéologue enseignant à l’université Vanderbilt de Nashville, qui l’a découverte en 2001 : jusqu’alors, seule une autre ville du Guatemala était estimée aussi ancienne : El Mirador. Les Phocéens fondent Massalia : Marseille. Ils ne seront pas longs pour se mettre à la culture de la vigne : c’est de cette époque et de cette région que datent les premières cultures à but commercial de la vigne en Gaule. Il créeront rapidement des comptoirs sur le littoral : Nice -Nikaia, dédiée à Nike, déesse de la victoire - , Antibes - Antipolis, la ville située en face de la cité de Nice -, Agde - Agathé, la bonne cité -, Arles - Théliné -. La longue occupation du Nord de la Chine par les Barbares avait favorisé l’expansion chinoise vers le sud, créant une situation toute nouvelle : les terres méridionales, désormais densément peuplées, étaient devenues un pôle d’attraction ignoré par les anciennes dynasties ; de plus, elles s’étaient très vite affirmées indispensables par leur production à la survie du Nord. L’empereur Yang-li fait construire La Rivière des nuages - Yunho - ou encore Le Grand Canal, pour pallier à l’insuffisance de voies navigables d’importance dans le sud, et avoir des axes de communication nord-sud, quand les voies naturelles sont toutes est-ouest. Il s’agissait d’irriguer les cultures et transporter par jonques, barques ou sampans les denrées du sud vers le nord : sel, céréales. De Beijing - l’actuel Pékin - au nord, à Hangzou - aujourd’hui Hang Tcheou - au sud-ouest de Shangaï, il relie cinq fleuves chinois, dont les deux plus grands le Chang Jiang (anciennement Yang Tse Kiang) et le Huang-he, sur 1 800 km de long. Dans le seul Jiangsu, il est coupé de 4 grandes écluses enjambées par des ponts à tablier coulissant permettant le passage de navires de fort tonnage : jusqu’à 800 tonnes de charge ! En Inde, chez les Kchatriya, un clan du Ganges inférieur, naissance de Vardhamâna, qui, par des pratiques de macération, au sein de la secte des Nirgrantha, parvint à conquérir l’omniscience, ce qui lui conféra les titres de Mahâvirâ - le Grand Héros -, ou de Jina, -le Victorieux -. Il est le fondateur du djaïnisme, doctrine du « tout sensible », qui entraîne l’ahimsâ, - l’interdiction de nuire -, qui va devenir, avec une traduction moins précise , la non-violence. Le karman est conçu comme une souillure spirituelle qui encrasse progressivement la conscience. Les macérations jouent à l’égard de ce karman le rôle de détersif. L’aboutissement logique du refus de l’action est l’inaction totale, c’est à dire, le suicide par inanition. ~ 597 Juda - le royaume juif du sud, après une scission à la mort du Roi Salomon en ~ 930 -, tombe sous les coups du roi de Babylone, Nabuchodonosor II : les classes dirigeantes sont déportées à Babylone. Il y eut en fait trois vagues de déportation : trois mille vingt trois personnes en ~ 597, huit cent trente deux en ~ 587 et sept cent quarante cinq en ~ 582 : cela nous est conté dans le Livre de Jérémie, qui devait disposer d’un document administratif fiable. Au sein de ces déportés, pour la plupart prêtres et scribes, les deux grands prophètes Ezéchiel et Daniel. A Babylone, dans le temple de Mardouk, se trouve l’Esagil, la plus grande bibliothèque de Mésopotamie : s’y trouvent rassemblées les tablettes d’argile de la tradition du II° millénaire av.J.C., et des documents de création récente, recouvrant toutes les connaissances d’alors en médecine, astronomie, mathématiques, commentaires d’œuvres littéraires et savantes. etc… Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et pleurions, nous souvenant de Sion ; Psaume 137 Le sanctuaire en ruines, il fallait trouver un substitut praticable aux rites traditionnels devenus impraticables. Le haussement du matériel au symbolique n’est pas issu d’une décision délibérée, mais d’un fait accompli. Il a été imposé par cette brutale soustraction de matière, qu’a été le démantèlement des usuels, suite à l’invasion étrangère. Volens nolens, cet épurement obligeait les exilés et déportés à inventer un autel dématérialisé et délocalisable. La Torah, ce sera le temple sans le Temple : ce qui reste quand on ne veut rien oublier et que tout est par terre. …/… La catastrophe est la mère du monothéisme, et l’alphabet, son père. …/… Le monde sémitique aura fait en somme deux dons fondamentaux à l’humanité : Dieu et l’alphabet. Qui reste, quelle que soit sa langue de traduction, l’aleph-bet, le a et le b de l’abécédaire hébreu. Nous en avons bénéficié, nous latins, via la Phénicie, qui l’a transféré au monde grec vers ~ 1000. Les deux innovations sont liées d’un lien intime et nécessaire. Le fait que les plus anciens écrits bibliques datent d’après l’invention de l’alphabet - ce système de notation qui fait disparaître tous les signes qui ne correspondent pas à des sons élémentaires de la langue parlée - témoigne bien que sans alphabet, … pas de Dieu. Ils ont grandi ensemble. Sans tenir, au début, beaucoup de place. Yahvé fut longtemps un dieu local parmi d’autres, « qui avait du crédit dans les montagnes et point du tout dans les vallées » (Voltaire) et l’écriture, en société mésopotamienne, une activité mercantile parmi d’autres. Il a fallu plus d’un millénaire pour qu’ils gravissent l’un et l’autre les échelons de la hiérarchie… Ce fut un cheminement avec tunnels et résurgences. Ce que Sumer a semé, fleurit mille ans plus tard à Byblos et fructifie ensuite à Hébron. Régis Debray Dieu, un itinéraire. Odile Jacob 2001 ~ 594 Solon est élu archonte d’Athènes : il va mettre en œuvre plusieurs réformes qui en mécontenteront plus d’un, mais, disait-il, quand on fait de grandes choses, il est difficile de plaire à tous. La principale, seisachteia, fût de faire arracher les bornes enfoncées en tout lieu. Ainsi rendait-il libre la terre jadis esclave. Quid de ces bornes ? La terre étant inaliénable, on ne pouvait l’acquérir. La règle avait été tournée par le procédé du contrat pignoratif : le paysan à court d’argent emprunte sur sa propre personne, le seul gage dont il dispose. A l’échéance, si le débiteur ne peut s’acquitter, le créancier exerce sur lui la seule contrainte possible, la contrainte par corps, et, faute de pouvoir l’expulser, il le réduit en esclavage ; mais le créancier préfère souvent mettre la main sur le terrain que sur la personne et cette mainmise se traduit par une borne hypothécaire fichée dans le champ. Au jour de l’échéance, le débiteur s’engageait envers son créancier à cultiver le sol moyennant une rente. Autre réforme, plus parlante à nos sensibilités rodées aux enjeux olympiques : le remplacement de la trop chère nourriture à vie pour les vainqueurs par une allocation de 500 drachmes : donc, dès le VI° siècle avant Jésus-Christ, c’en était déjà bien fini de l’amateurisme. ~ 587 Nabuchodonosor, roi de Babylone, détruit le temple de Jérusalem. vers ~ 563 Naissance de Bouddha, Cakya-Muni, ou encore Siddharta Gautama, sur les contreforts himalayens, près de l’actuelle frontière indo-népalaise, dans les environs de Kapilavastu, au sein d’une famille régnant sur le clan des Çâkya. Marié à 16 ans, père de Rahula, il serait parti 13 ans plus tard mener l’existence d’un religieux errant, ce qui était alors très répandu dans la religion védique. A Bodh-Gaya, dans le Bihar, il médita pendant 49 jours sous un figuier, et, au cours de la dernière aube, atteint l’Eveil parfait ou l’Illumination (Bodhi, d’où le nom de Bouddha). Il se mit ensuite à enseigner dans cette région la sérénité, la méditation et la compassion. Il vécut 80 ans. L’esprit de douceur, d’égalité et de fraternité qui sont les caractères dominants du bouddhisme en firent un adversaire direct du brahmanisme, dur et arrogant. Le point de départ du bouddhisme, c’est le sentiment de la souffrance universelle, amplifié au point de fournir le support d’une phénoménologie : toute vie est souffrance. Comment se soustraire à cette souffrance ? Par l’extinction du désir, cause à la fois de la vie et de la souffrance. …/… Le karman est simplement interprété comme une causalité psychophysiologique : nos actes, nos pensées, nos désirs, nos volitions entraînent des conséquences. Nos actes nous créent… La nouveauté essentielle du bouddhisme est peut-être ailleurs : dans l’importance qui revient à la conduite morale et dans la découverte de la voie moyenne. Avant le Bouddha, le péché essentiel était d’ordre rituel ou métaphysique : avec le bouddhisme, c’est le comportement - en comprenant le comportement affectif et mental -, qui décide seul de notre destinée. Le refus, la phobie dirait-on, de toute métaphysique est poussé à tel point qu’il n’est pas envisagé d’autre divinité que les dieux du polythéisme brahmanique réduits au rôle de figurants falots, soumis d’ailleurs à la transmigration ; que l’existence même de la personnalité individuelle est niée : la négation de l’âtman est l’argument majeur, difficilement compatible d’ailleurs avec la notion d’une libération, par lequel le bouddhisme s’oppose au brahmanisme …/… Vardhamâna, le fondateur du Jaïnisme, fut un réformateur, Çakyamouni fût un créateur… on peut être un saint par la perfection des vertus, un philosophe par la pénétration de la pensée ; on n’est pas un fondateur de religion sans la puissance de rayonnement qui attire les foules. Jean Naudou L’Inde 1956 On peut distinguer aujourd’hui cinq écoles au sein du bouddhisme :
vers ~ 551 Naissance de Confucius et de Lao-Tseu[3] : deux sages qui vont très profondément marquer la Chine, chacun ayant été mis au sommet d’une religion, à l’instar de Bouddha… mais le proverbe chinois finira par écrêter tous les antagonismes : Les trois religions n’en sont qu’une. Confucius, après une vie bien remplie, allant de l’intendance d’un domaine agricole à de hautes responsabilités politiques, reviendra sur sa terre natale en ~ 484, au pays de Lu, dans la province de Shandong. Il laissera à la postérité ses Entretiens. La façade d’une maison n’appartient pas à celui qui la possède mais à celui qui la regarde. Lao Tseu Lao Tseu et, à sa suite, Mo Tseu et Mencius, seront les pères du Taoïsme : A l’origine, les notions du yin et du yang paraissent avoir désigné, la première le versant ombreux, la seconde le versant ensoleillé des montagnes. Dans le système des hexagrammes, l’école des devins a identifié le principe yin à la ligne brisée (- -), le principe yang à la ligne pleine (-). Pour la spéculation ultérieure, telle que nous la voyons se développer dans le livre du Hi ts’eu, le principe yin représente, non seulement le froid et l’humidité, mais aussi la rétraction, l’élément féminin, le principe terrestre ; le principe yang représente non seulement la chaleur, mais aussi l’expansion, le principe mâle, l’élément céleste. Dans le cycle agraire, sous le climat de la Chine du Nord, la période de claustration hivernale et des travaux domestiques exécutés à domicile par les femmes est yin, la belle saison, qui permet aux hommes de se répandre dans les champs pour s’y livrer aux travaux agricoles, est yang. Nous retrouvons d’ailleurs ici la loi des mutations. Au printemps et à l’été, le yin devient yang, à l’automne et à l’hiver le yang redevient yin. Cette alternance éternelle des deux principes, des deux modalités de l’univers, crée le rythme universel, crée et maintient la vie du cosmos. L’éternelle réversibilité des deux modalités périodiquement appelées à se muer chacune en son contraire, le rigoureux déterminisme de leur interdépendance sont assurés par un principe suprême, par une force interne à l’une comme à l’autre, supérieure à l’une comme à l’autre, force que la terminologie chinoise désigne sous le nom de Tao, mot à mot la Voie. Le Tao représente en réalité l’Énergie Universelle se manifestant tour à tour sous les aspects du yin et du yang qui ne sont que ses modalités. Dans la pensée chinoise, définitivement élaborée, de l’école taoïste (~ V°~ IV° siècle) le Tao sera nettement l’Élan Cosmique ou l’Élan Vital, en qui alternent et s’identifient les contraires et qui, dans son rythme souverain, émet, meut et emporte l’homme et l’univers. René Grousset, Sylvie Regnault-Gatier L’Extrême Orient 1956 Les rois de Rome sont étrusques - les Tarquins - pour une cinquantaine d’années : on leur doit sans doute la Cloaca Maxima, et, sur le Capitole, le temple consacré à Jupiter, Junon et Minerve. Les Celtes installés dans l’actuelle Bavière, colonisent les pays du Rhin, et s’installent entre Rhin et Marne : c’est de là qu’ils lanceront leurs expéditions sur la Gaule entière, et encore au-delà, jusqu’à l’ouest de la péninsule ibérique, puis la Grande Bretagne et l’Irlande. Tout un peuple en marche, une cohue, des progressions inorganisées mais qui ont, des siècles durant, mis en question le destin entier de l’Europe et de la Méditerranée. Qui ont affronté l’Europe profonde à l’Europe méditerranéenne, les tribus aux cités, les Barbares aux civilisés, l’économie primitive à la monnaie… Longtemps victorieux, les Celtes ne connaissent ni les villes à plein exercice, ni l’Etat avec ses structurations, ni à fortiori l’empire. Pas de buts politiques longuement poursuivis, pas de conquêtes savamment méditées. L’esprit d’aventure, le goût du butin, parfois aussi, sans doute, le surnombre des bouches à nourrir, les portent hors de chez eux. Ils sont capables de se déchirer entre eux, de s’engager comme mercenaires au service des Grecs de Sicile ou d’Asie Mineure, au service de l’Egypte, au service de Carthage : « Qui veut un courage aveugle et du sang à bon marché, écrit Michelet, achète des Gaulois. » Fernand Braudel L’identité de la France. Arthaud Flammarion 1986 ~ 539 Cyrus le Grand a déposé depuis onze ans Astyage, le souverain de l’empire mède, actuellement l’ouest de l’Iran, unissant ainsi sous sa seule autorité les Mèdes et les Perses. En quelques années, la dynastie achéménide va fonder le premier grand empire qu’ait connu la planète puisqu’il s’étend de la Grèce, - les plateaux de la mer Egée -, à l’Inde, -l ‘Oxus -, couvrant ainsi toute l’Asie occidentale. Au bout d’un mois de victoires foudroyantes, il prend Babylone. Jouant son rôle de libérateur, il rend aux villes de Babylonie, d’Assyrie et d’Elam les statues divines que Nabonide, roi de Babylone, leur avait enlevé. Il renvoie dans leur patrie les déportés, dont les Juifs, [la grande beauté d’Esther aidant bien les choses] auxquels il permet de reconstruire le temple de Jérusalem. Certains d’entre eux préférèrent rester dans la patrie de leur libérateur, fondant ainsi l’importante diaspora d’Iran. Il organise son empire en satrapies, qui présentent en fait une très grande diversité, illustrant son souci de conserver les traditions des royaumes et provinces conquises, mis en œuvre avec beaucoup d’intelligence. Le satrape fait figure de vice-roi, ayant sa cour et sa garde, exerçant l’autorité civile et judiciaire, administre les finances aidé d’un trésorier : chaque province verse un tribut. Mais il ne dispose pas des troupes provinciales, confiées à un général. vers ~ 535 Alliés aux Carthaginois, les Etrusques mettent fin au large d’Alalia, en Corse - aujourd’hui Aléria - à la domination phocéenne en méditerranée occidentale. Les Phocéens avaient crée ce comptoir cinq ans plus tôt. C’est le début de la domination carthaginoise sur la Méditerranée occidentale. ~ 532 Pythagore, fondateur de l’école de Samos, fuit la tyrannie de Polycrate et vient s’installer en Italie, près du détroit de Messine, d’abord à Crotone, puis à Métaponte après la destruction de Sybaris. Depuis une centaine d’années, les Grecs avaient mis au point la décoration de leurs céramiques en peignant des figures noires sur fond rouge. Exekias en fut le maître. Le procédé s’inverse alors et les artistes - Phintias et Euphronios furent les pionniers -, commencent à utiliser des fonds de vernis noir pour peindre des figures rouges : la grande période de ces figures rouges va être assez courte : elle durera jusqu’en ~ 480. Qu’ils soient mayas ou assyriens, les autres artistes antiques (comme les sculpteurs tribaux) travaillent en général dans l’anonymat, pour la gloire de leurs chefs et de leurs dieux (même si l’on connaît le nom de quelques sculpteurs égyptiens, fonctionnaires comme les scribes). Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’artiste se sent supérieur à ses semblables, sans que, dans ses créations, le sentiment religieux ne cesse de se mêler à la magie. Le potier ou le peintre (parfois les deux ! ) signent avec orgueil les belles céramiques sur lesquelles sont représentées les divinités, ces héros chantés par Homère. Jean Paul Barbier Civilisations disparues. Assouline 2000 A la fin du ~ VI° siècle, à la veille du jour où de graves événements vont menacer son indépendance, la Grèce a achevé son évolution politique en instaurant le régime de la cité (avec pour principal artisan Clisthène) Mais ce siècle ne doit pas son importance seulement à la transformation politique dont il a été le témoin. Par ses innovations, il fut l’un des plus brillants de l’histoire grecque. Anacharsis de Thrace inventa l’ancre, la roue du potier et le soufflet de forge ; Glaucos découvrit l’art de souder le fer ; Rhoecos et Théodoros, tous deux de Samos, auraient importé d’Egypte la fonte en creux, si importante pour les statues de bronze ; n’oublions pas l’architecte Eupalinos de Samos et les travaux qu’il exécute pour le tyran Polycrate, pas plus que Mandroclès, le grand ancêtre, trop ignoré, des ingénieurs des ponts, et bien d’autres. Ces progrès considérables ne sont pas dus seulement à la recherche empirique, mais à la réflexion. La pensée grecque a su pourtant s’affranchir de la religion et porter sa réflexion sur la métaphysique et sur la physique (physis = nature). Bien qu’il ne nous reste que des bribes, souvent même le titre seul, des traités qui furent alors rédigés, nous connaissons pourtant les résultats généraux auxquels aboutit « l‘école de Milet », car c’est d’Ionie que vint ce premier effort d’observation. Nous ne connaissons de ces savants que des anecdotes. Le premier et célèbre représentant de Milet, Thalès, avait défini, selon Aristote, le problème de la matière, ramenant la physis à un élément : l’eau. Il sait calculer, par des procédés qui nous échappent, l’éclipse de ~ 585 et, s’il reste célèbre par le théorème qui porte son nom, il est le véritable créateur de la géométrie. Son disciple Anaximandre (~ 610 ? à ~ 545 ?) substitue à l’eau un élément indéterminé. Anaximène considère l’air comme le principe, mais au caractère infini, et il se rapproche des théories de Thalès. Après la chute de Milet, Héraclite d’Ephèse, dans la dernière partie du VI° siècle, aurait vécu en solitaire, orgueilleux et méditatif ; il proclame le premier la doctrine du changement perpétuel et du devenir universel, et il choisit le feu comme principe dans un univers soumis à l’implacable loi du destin. Une autre école, enfin, émigre de Samos où elle s’était formée vers la Grande-Grèce, à Crotone : son chef est Pythagore de Samos. …/… Il est le premier à considérer les nombres non lus du point de vue empirique, mais dans leurs relations entre eux ; il établit le lien entre arithmétique et géométrie et applique ses résultats mathématiques à l’astronomie et à la musique ; il aurait conçu et enseigné la notion de sphéricité ; enfin, il ne sépare pas la spéculation rationnelle de la spéculation morale et son école a le souci de la perfection. Les témoignages de Platon et d’Aristote sont les meilleurs garants du considérable effort d’observation et de réflexion accompli par ces premiers savants. Yves Bequignon La Grèce archaïque et classique. 1956 ~ 520 Le Perse Darius est maître de toute l’Egypte depuis deux ans. Une conjuration l’a mis sur le trône de Cyrus en en chassant Smerdis, qui lui-même avait usurpé son frère Cambyse. Il introduit un système uniforme de poids et de mesures, fait remettre en service le canal de Néchao, crée un port sur l’ouest du delta du Nil, qui deviendra plus tard Alexandrie, et supplantera celui de Naucratis, jusqu’alors au cœur des échanges entre l’Egypte et la Grèce. Les prêtres égyptiens n’apprécient pas : Il n’y avait plus rien qui fut dans sa forme d’autrefois ; le sanctuaire de la déesse Héket ressemblait à un monument dont on n’aurait jamais creusé les fondations. Il n’y avait plus rien, si ce n’est des herbes et des plantes. Darius, Roi des rois, entreprendra aussi la construction de Suse, de Pasargades, puis de Persépolis, que poursuivra Xerxès. Il existe à Persépolis et à Naqch-î-Roustam des inscriptions, comptant le Hidou - c’est à dire d’Inde - comme une satrapie : les Achéménides tiraient de l’Inde de considérables revenus… ils enrôlaient des Indiens dans leurs armées. Et les poutres en cèdre furent apportées d’une montagne dont le nom est Liban. Les gens qui étaient des Assyriens, eux-mêmes les transportèrent jusqu’à Babylone, et, de Babylone, les Cariens et les Ioniens les transportèrent jusqu’à Suse. […] L’argent et l’ébène furent apportés d’Egypte … L’ivoire travaillé ici fut apporté d’Ethiopie et d’Inde et d’Arachosie . Les colonnes de pierre, travaillées ici, furent apportées d’une ville du nom d’Apiratoush, de là-bas en Elam. Par la grâce d’Ahura Mazda, à Suse, beaucoup de travail excellent fut fait. Qu’Ahura Mazda me protège, moi et mon pays. A la fin du VI° siècle, l’empire achéménide s’étend de l’Indus à la mer Egée, et de l’Arménie à la première cataracte du Nil. Zoroastre ou Zarathushtra, prêtre instruit de la religion traditionnelle d’Iran, polythéisme dominé par Ahura Mazda, va le faire évoluer vers un monothéisme dans lequel Ahura Mazda représente le principe du Bien, opposé à l’autre principe divin, celui du mal. Les premiers rudiments de la géographie naissent à Milet, où Anaximandre conçoit notre terre comme un tambour suspendu dans l’espace, évoluant sur un plan de l’écliptique oblique par rapport à l’axe nord-sud de la Terre ; Hécatée, dans son Periodos - Voyage autour du monde - énumère les villes, peuples et sites géographiques connus alors de lui : cela concerne à peu près l’ensemble de la Méditerranée, l’est mieux que l’ouest, et assez bien l’Orient, de la Mer Noire à l’Indus. ~ 506 Grecs et latins s’unissent pour battre les Etrusques à Aricie ; ces derniers quitteront Rome trois ans plus tard, lors d’un soulèvement populaire à la suite du viol de Lucrèce par Tarquin le Superbe. L’Etat va passer aux mains et au pouvoir du peuple romain : il devient la res publica populi romani Quiritium. La libertas romaine va devenir le bien infiniment précieux de la cité et de ses membres, symbole de la République romaine. Il faudra attendre un demi millénaire pour que, sur les ruines des guerres civiles, s’élève un nouveau pouvoir personnel, celui d’un César et d’un Auguste. Raymond Bloch. Rome et l’Italie des origines aux guerres puniques 1956 Les lois pour parvenir à un réel équilibre entre patriciens et plébéiens ne vont pas être édictés en un jour : la bataille pour l’aequa libertas va durer plus de deux siècles. Les patriciens - la classe riche dominante - vont devoir tout de même accepter la création de magistrats spéciaux, chargés de la défense de la plèbe : les tribuns de la plèbe. Magistrats de toutes catégories, Sénat, assemblées du peuple - les comices - se répartissaient les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. L’exécutif était détenu par deux consuls élus, et en leur absence de Rome, par un préteur. Deux principes fondamentaux parent aux dangers de l’arbitraire de l’exécutif : la collégialité et l’annalité : le pouvoir des deux consuls expire au bout d’un an. Seule une situation extérieure très grave autorise un dictateur, mais celui-ci ne reste en fonction que six mois au plus. Magistrats et sénateurs se recrutent parmi les seuls patriciens. Le Sénat va représenter l’élément majeur de la République, commençant par donner aux lois son quitus, puis en en ayant l’initiative, dirigeant la politique extérieure, gardien des traditions, grand maître des finances, donc des expéditions militaires. vers ~ 500 Les Grecs, dont la langue parlée comporte de nombreuses voyelles, empruntent à l’alphabet[4] araméen des signes qui représentent des consonnes que ne possède pas le grec : ces signes deviennent les voyelles grecques A - alpha -, E - epsilon -, O - omicron -, Y - upsilon -. Ils n’innoveront véritablement qu’avec le I - iota -. A Spartes on a déjà le goût du secret : c’est la première fois que l’on utilise un code pour transmettre une information : sur une bande de cuir enroulée en diagonale autour d’un bâton nommé scytale, l’expéditeur écrit son message, puis le déroule et le remet au messager pour transmission au destinataire, lequel peut le lire en enroulant à nouveau la bande de cuir sur une scytale de mêmes dimensions. Des tribus arabes fondent le royaume de Nabatène, qui nous laissera les villes de Petra, entre la mer Morte et le golfe d’Aqaba, et plus au nord, Palmyre. Toutes deux seront riches du commerce caravanier. Bien plus tard, alliée de Rome, la dynastie des Aretas obtiendra le titre de royaume de la Syrie romaine. Annexés en 106, le royaume deviendra la Provincia Arabica. Aryabhata, mathématicien indien, montre dans un recueil en vers qu’il a découvert le zéro. A Vix, près de Châtillon sur Seine, les proches d’une jeune gauloise disposent dans sa tombe un mobilier funéraire particulièrement riche, dont surtout un magnifique cratère de bronze d’1,65 m. de haut, pesant 208 kg ; d’origine grecque, du style de l’archaïsme avancé de l’Aurige de Delphes et du Trésor des Siphniens : une merveille. Vix est sur la route de la Seine, déjà voie commerciale importante. Cet ensemble de la civilisation de Halstatt sera découvert en 1953 par M Joffroy. A Monte Albán, dans le centre du Mexique, proche du territoire occupé auparavant par les Olmèques, les Zapotèques dressent 150 dalles de pierre gravées de figures humaines, probablement des ennemis sacrifiés, et encore d’un calendrier fondé sur de cycles de 52 années. Les principaux dieux sont ceux de la Pluie, de la Végétation, du Maïs et du Feu. Carthage fonde le comptoir de Subratha, à l’ouest de Tripoli dans l’actuelle Lybie : son port naturel lui permet de commercer avec Rome : ivoire, plumes d’autruche et bêtes sauvages pour les jeux du cirque. En ~ 190, Septime Sévère y construira un théâtre avec un mur de scène à trois étages. On y voit aussi deux mausolées puniques, des temples, des statues. Tout cela attendra jusqu’en 1930 pour être sorti de l’oubli. ~ 498 Naissance en Perse de Zarathoustra, réformateur du mazdéisme. La protection du souverain contribuera au succès de ce monothéisme, visant au règne de la justice. 2500 ans plus tard, l’Inde compte encore une minorité parsi - d’origine iranienne - adepte de Zoroastre.
[1] Cela nous sera rapporté par les chroniques des Han, la dynastie chinoise. [2] On trouvera par la suite d’autres traductions de l’Epopée, en hittite, en hourrite et en sumérien. [3] Lao-Tseu aurait voyagé jusqu’en Bactriane, peut-être même en Judée et en Grèce. [4] On appelle écriture consonantique, les langues dont les voyelles ne sont pas notées. Poster un commentaire
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