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8 mai 1945 au 23 janvier 1946. Capitulation allemande. La guerre atomique.
8 05 1945 Capitulation allemande. En Algérie, au sein des défilés célébrant la victoire, des nationalistes se manifestent : c’est un véritable mouvement insurrectionnel qui veut venger les morts du 1° mai : on compte cent deux victimes européennes de ce soulèvement ; la répression est sanglante à Sétif et Guelma : on comptera entre quinze mille et vingt mille morts, quatre mille hommes vont être envoyés en prison. Trois mois plus tard, le général Duval, responsable de la répression, dira aux Français d’Algérie : Je vous ai donné la paix pour dix ans, mais si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable. ********************** Enfin, et nous sommes là au cœur du problème, le refus des réformes constitue une vraie démission. Réflexe de peur autant que d’indignation, il marque seulement un recul devant la réalité. Les Français d’Algérie savent mieux que personne, en effet, que la politique d’assimilation a échoué. D’abord parce qu’elle n’a jamais été entreprise, et ensuite parce que le peuple arabe a gardé sa personnalité qui n’est pas réductible à la nôtre. Ces deux personnalités, liées l’une à l’autre par la force des choses, peuvent choisir de s’associer ou de se détruire. Et le choix de l’Algérie n’est pas entre la démission ou la reconquête, mais entre la mariage de convenance ou la mariage à mort de deux xénophobies Albert Camus. Chroniques algériennes 1939-1958 25 05 1945 Le Canada offre à la France 250 millions d’unités de pénicilline ; la suite sera assurée par Rhône-Poulenc. 29 05 1945 Création de la SNECMA : Société Nationale d’Etude et de Construction de Moteurs d’Aviation. 1 06 1945 Henri Frénay, ministre des prisonniers, des déportés et des réfugiés, accueille Jean Caron, le 1 000 000° rapatrié d’Allemagne. 2 06 1945 A Cusset, dans la banlieue de Vichy, un ancien milicien, Senati, sort de prison pour suivre à l’hôpital un traitement contre la tuberculose. Des villageois l’attendent, le jettent à terre, le battent, le traînent dans la rue, le pendent par les pieds à un lampadaire, l’en détachent, et l’homme tombe, mort, sous les vivats des lyncheurs. La scène a été filmée par un anonyme : la pellicule s’est retrouvée dans les archives Pathé sous la rubrique « Vichy 1944 ». Patrick Rotman reprendra la séquence dans son film Eté 1944, et Daniel Schneidermann le fera passer sur France 5 en 2005 et 2007. Il s’agissait bien de l’année 1945 et non 1944 : ces faits se sont donc passés neuf mois après la Libération ; l’Etat de droit n’était pas encore vraiment installé. 8 06 1945 Robert Desnos meurt du typhus à Théresienstadt : il y était arrivé le 9 mai, à la fin d’une marche de la mort, commencée le 14 avril, à l’évacuation du camp de Floha. Thérésienstadt, en Tchécoslovaquie, à la confluence de l’Elbe et de l’Ohre, était une vieille place forte - l’assassin de l’archiduc François Ferdinand, Gravilo Printsip, y avait été détenu - que les Nazis avaient transformé en « camp modèle » pour tromper l’opinion internationale. A l’approche des soviétiques, les SS avaient quitté le camp dès le 3 mai ; mais Robert Desnos n’avait pu être évacué rapidement et ensuite il était déjà devenu intransportable. Dans la nuit du 3 au 4 juin, Josef Stuna, étudiant en médecine qui gère la baraque n°2 de l’hôpital auxiliaire, voit son nom sur une liste : il a déjà lu des traductions de ses poèmes ; Alena Kalouskova, son assistante, parle presque couramment le français : tous deux vont au chevet du malade : - Connaissez-vous le poète Robert Desnos ? Les deux jeunes Russes recueilleront le dernier sourire du poète reconnu.
Robert Desnos Desnos a donné sa vie pour ce qu’il avait à dire. Et il avait tant à dire. Il a montré que rien ne pouvait le faire taire. Il a été sur la place publique, sans se soucier des reproches que lui adressaient, de leur tour d’ivoire, les poètes intéressées à ce que la poésie ne soit pas ce ferment de révolte, de vie entière, de liberté qui exalte les hommes quand ils veulent rompre les barrières de l’esclavage et de la mort. Allocution prononcée par Paul Eluard à la légation de Tchécoslovaquie le 15 Octobre 1945, à l’occasion du retour en France des cendres de Robert Desnos. 16 07 1945 Explosion de la première bombe atomique (bombe A) dans le désert du Nouveau Mexique à Ground Zéro. L’énergie atomique marque le début d’une ère nouvelle […] elle pourra suppléer la puissance qui nous vient aujourd’hui du charbon, du pétrole et des chutes d’eau. Harry S. Truman 17 07 1945 au 2 08 1945 : Staline, Truman et Churchill dessinent l’après-guerre à Potsdam, réglant les questions d’occupation militaire, désarmement, dénazification, jugement des criminels de guerre, préparation des traités. Ils se montrent favorables aux transferts de population de l’Est de l’Allemagne vers l’Ouest : ce sont entre douze millions et demi et et quinze millions d’Allemands de Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie ou Yougoslavie, vivant là parfois depuis des siècles, qui sont ainsi partis sur les routes : deux millions d’entre eux n’arriveront pas au bout du voyage, victimes du froid, de la fatigue, de la faim, des populations des régions traversées. Le 26 juillet, ultimatum est adressé au Japon pour une capitulation sans conditions. En fait, les Américains avaient depuis longtemps percé le code japonais et ainsi avaient eu connaissance d’un message du gouvernement japonais à son ambassadeur à Moscou lui donnant mission d’entreprendre des démarches pour un armistice avec les alliés, et cela, pratiquement un an plus tôt. L’affaire aurait pu aboutir si les Américains avaient accepté le maintien de l’empereur… mais la puissance du lobby de la bombe en décida autrement. 20 07 1945 Paul Valery meurt. Le général de Gaulle décide de l’honorer par des funérailles nationales ; sa dépouille ira reposer au cimetière de Sète, qui deviendra alors le cimetière marin. Dès lors, la vie du gardien en fût grandement perturbée : ce retraité avait accepté ce poste de tout repos, puisque les familles des défunts se débrouillaient très bien toutes seules pour accéder à la tombe des êtres chers. Et voilà que, assez rapidement débarquèrent qui des Américains du Nord, du Sud, des Russes, des Australiens, des Italiens, Espagnols, Portugais, Allemands et bien d’autres encore, autant de gens qu’il fallait mener jusqu’à la tombe du grand homme. Pour le gardien, une telle augmentation de sa charge de travail ne pouvait durer. Il se mit à dresser son chien, joignant le geste à la parole, en lui répétant autant de fois que nécessaire : emmène ces messieurs dames sur la tombe de Monsieur Valery. Le chien n’était pas sot, et le chemin de l’entrée du cimetière à la tombe de Paul Valéry devint son principal itinéraire ; ainsi le gardien put retrouver ses anciennes habitudes et sa tranquillité. Mais le chien garda jusqu’à la fin de sa mission une dent contre tous ces visiteurs dont aucun ne songea, ne serait-ce qu’une seule fois, à le gratifier d’un bon os : dans un cimetière, c’est tout de même un comble ! 23 07 1945 C’est le premier jour du procès de Pétain. La première chambre de la cour d’appel compte beaucoup plus d’ennemis que d’amis : au Faites entrer l’accusé, on voit paraître Pétain en uniforme de maréchal, médaille militaire, ceinturon de soie, gants blancs. Il lève son képi, salue à la ronde et le public se lève, et les gardes républicains se mettent spontanément au garde à vous ! Le prestige du vieux maréchal avait encore de beaux restes ! 4 08 1945 Le président des Etats-Unis, Harry Truman, annonce le bombardement d’Hiroshima : Nous remercions Dieu de nous avoir donné cette arme et nous prions pour qu’il nous guide dans son usage. 6 08 1945 Le bombardier B-29 Enola Gay, - le nom de jeune fille de la mère du pilote Paul Tibbets - largue de 9 500 m. d’altitude sur Hiroshima, 330 000 habitants, la première bombe atomique à l’uranium enrichi, Little Boy : 3,5 m de long, 0,75 m de ø, 4,5 tonne, dégageant une puissance de 20 kt. Elle explose à 500 m. au-dessus du sol. Dans la nuit du 5 au 6 août, on me demanda de me rendre à Hasaka, un village de la montagne, à 5 kilomètres d’Hiroshima, pour y soigner une petite fille. Je pus l’examiner le 6 août au petit matin. Vers 8 heures, j’étais au chevet de l’enfant et m’apprêtais à lui faire une piqûre quand je vis un point noir dans le ciel. Un avion. Puis ce fût l’apocalypse. Aussitôt la chaleur devint intense. Un souffle extraordinaire me projeta à terre sur une dizaine de mètres. Je vis se former dans le ciel un grand cercle de feu, un nuage rouge, puis un champignon. Au village tout avait été détruit. Malgré des contusions, j’étais vivant. La fillette aussi. Je vis Hiroshima disparaître sous une mer de feu. Après l’explosion, j’ai repris le chemin de la ville et croisé les premières victimes. Ce n’était plus des êtres humains, mais des monstres carbonisés. Leur peau était en lambeaux. Pour gagner l’hôpital, j’ai marché dans la rivière. Des irradiés sautaient dans l’eau. D’autres, souffrant terriblement, tentaient de venir à moi. La ville brûlait, étrangement silencieuse. Il ne restait plus rien de l’hôpital. Six cents personnes s’y trouvaient, personnel et malades. Seuls trois avaient survécu. Shuntaro Hida, médecin. Il avait alors 28 ans. Tout ce qui pouvait brûler brûla. Les immeubles, les maisons, mais aussi les sourcils, la peau des visages et des mains. Beaucoup de ceux qui n’étaient pas morts sur le coup s’assirent à même le sol, vomissant en attendant la mort au milieu d’un champ de ruines. Au total, quelques 70 000 personnes périrent les premiers jours et 70 000 autres dans les mois suivants, victimes de la Black Rain - la pluie radioactive -. Anne-Laure Barret. Journal du Dimanche 31 juillet 2005 8 08 1945 L’URSS déclare la guerre au Japon, exactement trois mois après l’armistice sur le front occidental : l’affaire avait été entendue entre Roosevelt et Staline. 1 500 000 hommes, 5 500chars et 5 000 avions envahissent la Mandchourie. Les unités de guerre bactériologique 731 et 100 basés en Mandchourie sont aussitôt rasées, leur personnel évacué en Corée. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. …/…Si les Japonais capitulent après la destruction d’Hiroshima et par l’effet de l’intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d’une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d’une véritable société internationale, où les grandes puissances n’auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l’intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel Etat. Albert Camus Editorial de Combat du 8 août 1945 La sacro-sainte division entre scientifiques et littéraires est telle que tous ceux qui occupent l’espace public, historiens, politiques, médias, ne savent pas ce qu’est la physique, ne comprennent pas la bombe. Ceux qui parlent ne comprennent pas et ceux qui comprennent ne parlent pas. Le jour où les historiens cesseront d’ignorer la science, Hiroshima et Nagasaki trouveront leur vraie place dans les manuels historiques. Michel Serres Journal du Dimanche du 31 juillet 2005 9 08 1945 Deuxième bombe atomique, Fat Man, au plutonium 239, en fait destinée à la ville de Kokura, - aujourd’hui Kykuchi -, sur l’île Kyushu ; des formations nuageuses en masquent la vue et le bombardier B29 Bock’s car change de cible en partant vers Nagasaki, sur la côte est de la même île ; la ville compte 260 000 habitants. Le commandement américain apprend que s’y trouvent une centaine de prisonniers américains mais ne change rien au plan de vol modifié. Le site accidenté de Nagasaki limite l’effet meurtrier du souffle : la bombe tue 35 000 personnes, en blesse 60 000. La Conférence de Yalta a eu lieu, Roosevelt a été remplacé par Truman, qui se rend mieux compte des volontés expansionnistes de Staline ; il est probable que cette 2° bombe fut destinée à accélérer le plus possible la capitulation japonaise, pour enrayer l’avance soviétique qui n’allait pas manquer de se faire. 14 08 1945 Pétain est condamné à mort par 14 voix contre 13 ; son âge amènera de Gaulle à transformer cette peine en détention à perpétuité : il est d’abord interné à Portalet, dans les Pyrénées, puis à l’île d’Yeu. Capitulation japonaise 16 08 1945 Nommé commandant supérieur des troupes d’Extrême Orient, Leclerc va quitter Paris le surlendemain pour arriver à Saïgon le 5 octobre. 17 08 1945 Soekarno et Hatta proclament la République indonésienne. Le gouvernement japonais capitule. 29 08 1945 Les Alliés, dont des Hollandais avec à leur tête le lieutenant-gouverneur-général Van Mook, débarquent à Java : combats, bombardements, exécutions sommaires pour, finalement, signer un armistice avec les Indonésiens. 2 09 1945 Ho Chi Minh, après l’abdication de Bao Daï, renouvelle la proclamation d’indépendance du Viet Nam, sans savoir que Georges Thierry d’Argenlieu, notre dernier moine soldat - carme déchaux et amiral - nommé par de Gaulle Haut Commissaire de la République en Indochine, est déjà en route. Dans un premier temps, la France accepte cette indépendance au sein de la fédération indochinoise. Le général Douglas MacArthur reçoit la capitulation du Japon à bord de l’USS Missouri ; la France est représentée par le général Leclerc. Nous sommes réunis ici, les représentants des principales nations en guerre, afin de conclure un accord solennel par lequel la paix sera rétablie. Les questions, impliquant des idéaux et des idéologies divergents, ont été déterminées sur les champs de bataille du monde et ne feront pas l’objet de (notre) discussion ou d’un débat. Pas plus qu’il n’est question de nous rencontrer ici, en représentant une majorité des peuples de la terre, dans un esprit de méfiance, méchanceté ou haine. Mais il est plutôt question pour nous, les victorieux et les vaincus, de s’élever vers cette noble dignité qui seule convient aux buts sacrés que nous nous apprêtons à servir, en engageant sans réserve toutes nos nations à une fidèle conformité avec l’accord que nous allons ici formellement adopter. C’est mon espoir le plus sincère, et effectivement l’espoir de toute l’humanité, qu’à partir de cette occasion solennelle un monde meilleur émerge du sang et du carnage du passé - un monde dédié à la dignité de l’homme et la réalisation de son vœu le plus cher de liberté, de tolérance et de justice. …/… Aujourd’hui, les armes se sont tues. Une grande tragédie se termine. Une grande victoire a été remportée… Quand je regarde en arrière le long, tortueux chemin depuis ces tristes jours de Bataan et Corregidor, quand le monde entier vécut dans la peur, quand la démocratie était partout sur la défensive, quand la civilisation moderne se mit à trembler dans la balance, je remercie un Dieu clément qui nous a donné la foi, le courage et l’énergie nous permettant de forger la victoire. Nous avons connu l’amertume de la défaite et l’exaltation du triomphe, et des deux, nous avons appris qu’il n’y avait aucun retour en arrière possible. Nous devons aller de l’avant afin de préserver en paix ce que nous avons gagné à la guerre. Une nouvelle ère s’approche. Même la leçon de la victoire en elle-même apporte une profonde inquiétude, pour notre sécurité future et la survie de la civilisation. Le potentiel destructif de la guerre, au travers des progrès de la découverte scientifique, a en fait atteint un point qui modifie les concepts traditionnels de la guerre. Les hommes ont cherché à atteindre la paix depuis la nuit des temps… Les alliances militaires, la répartition des forces, les unions de nations, ont toutes faillies à leur tour, laissant comme unique solution l’épreuve de la guerre. Nous avons eu notre dernière chance. Si nous ne concevons maintenant un système plus grand et plus équitable, l’Armageddon se trouvera devant notre porte. Le problème est fondamentalement théologique et demande un effort spirituel et l’amélioration du comportement humain qui se synchronisera avec nos avances presque incomparables en science, art, littérature et dans toute la substance et le développement culturel des dernières 2000 années. Cela doit rester dans notre esprit si nous voulons épargner les nôtres. 12 09 1945 Arrivée des troupes françaises en Indochine. 15 09 1945 A l’initiative de Michel Debré, création de l’ENA : Ecole Nationale d’Administration. 27 09 1945 Douglas Mac Arthur, véritable proconsul du Japon reçoit à l’ambassade des Etats-Unis l’empereur Hirohito ; il est en manches de chemise, col ouvert : scandaleux pour les Japonais, véritable humiliation pour Hirohito. Il a délibérément choisi de tout faire pour ne pas impliquer l’empereur dans la responsabilité des nombreuses situations condamnables commises par l’armée japonaise au cours du conflit. La vérité des faits est bien malmenée mais le peuple japonais voit son empereur dieu maintenu à l’écart des contingences du monde et Mac Arthur gardera toute sa popularité. Le commandant suprême avait désigné son secrétaire militaire pour accueillir l’empereur quand il descendrait de sa vieille limousine noire devant l’entrée de l’ambassade. L’empereur était si troublé, si ému, qu’il en tremblait. Le général Fellers le salua militairement et l’empereur lui tendit presque timidement la main. L’officier américain se comporta très cordialement, et tous deux, l’un à coté de l’autre, se dirigèrent vers le cabinet de travail. Cet accueil amical eut un effet manifeste. L’empereur comprit immédiatement qu’il ne subirait aucune avanie. Frazier Hunt The untold story of Douglas Mac Arthur. Rale Londres 1955 4 10 1945 Ordonnance portant création de la Sécurité Sociale, basée sur trois grands principes :
Une retraite à 60 ans donnera droit à 20 % du salaire, à 65 ans, 40 %. 18 10 1945 Création du CEA : Commissariat à l’Energie Atomique. Le directeur, Frédéric Joliot-Curie lance à de Gaulle : Je vous la ferai, mon général, votre bombe. 24 10 1945 Cinquante et un pays fondent l’Organisation des Nations Unies. Soixante ans plus tard, elle comptera cent quatre vingt onze pays. Cinq pays sont membres permanents du Conseil de Sécurité et, à ce titre, peuvent exercer un droit de veto : la Chine, les Etats-Unis, le Royaume Uni, la Russie et la France. 1 11 1945 Suppression de la carte de pain. 13 11 1945 De Gaulle est élu chef du Gouvernement Provisoire de la République Française. 16 11 1945 Création de l’UNESCO : United Nations Educational Scientific and Cultural Organisation. En français, Organisation des Nations-Unis pour l’éducation, la science, et la Culture. 2 12 1945 Nationalisations de la Banque de France, et des quatre plus grandes banques de dépôt de l’époque : Crédit Lyonnais, Société générale, Comptoir National d’escompte, et Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie. Création du CNPF : Conseil National du Patronat Français, père de notre actuel MEDEF. 12 12 1945 Grève des fonctionnaires. 21 12 1945 Création du Commissariat au Plan, ardente obligation pour de Gaulle, dirigé par Jean Monnet, l’un des principaux artisans de la future Europe. 26 12 1945 Création de l’ONG américaine Care, pour aider les pays ravagés par la guerre. 27 12 1945 Vague de terreur en Palestine déclenchée par l’Irgoun, force armée clandestine de l’Agence Juive, (classée à droite) présidée par David Ben Gourion ; la situation est compliquée d’autant que deux forces s’opposent au sein même de la communauté juive : la Haganah, force armée qui souhaite la collaboration avec les Britanniques et l’Irgoun, dirigée par Ménahem Begin, qui deviendra premier ministre. Les Britanniques veulent prendre en compte les intérêts arabes. 12 1945 Des paysans égyptiens découvrent au pied du Gebel Et-Tarif, une montagne proche de Tag Hammadi, sur les bords du Nil, 80 km au nord-ouest de Louxor, une jarre scellée renfermant treize codices - livres - emballés de cuir, écrits en copte et en sahidique : 1200 pages d’écrits philosophiques et religieux du IV° siècle ; on nommera l’ensemble Bibliothèque de Tag Hammadi. Parmi eux, l’Evangile de Thomas fera couler beaucoup d’encre, texte apocryphe selon l’Eglise, c’est à dire non reconnu. 1945 De Gaulle, prenant ombrage des très bonnes relations que la Compagnie Française des Pétroles entretient avec les majors américaines et anglaises, crée une autre société française d’état : la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine, qui va commencer par exploiter le gisement de pétrole de Lacq, vite épuisé, puis son gisement de gaz. La SNPA va fusionner avec la Régie Autonome des Pétroles et le Bureau de Recherche Pétrolière. Ce groupe va devenir ELF ERAP, puis ELF. Bilan de la Guerre : 51, 5 millions de morts : Russie 27 Japon 2,2 Angleterre 0,38 Chine 8 Yougoslavie 1,5 Etats Unis 0,407 Allemagne 5,6 France 0,63 Hollande 0,21 Pologne 5 Italie 0,48 Grèce 0,16 Canada 0,042 La plupart des pays belligérants sont dévastés, à part, bien sûr, le Canada et les Etats Unis ; les pertes américaines en vies humaines représentent à peine 0,3 % de 132 millions d’habitants. La France compte 40 millions d’habitants. 150 000 maisons y ont été rasées, 200 000 endommagées ainsi que 50 000 fermes. Il y a 1,5 million de sinistrés. On estime à 2 000 milliards le coût de la reconstruction : les destructions (des bombardements, non des batailles) sont deux fois plus importantes que celles de la première guerre mondiale. Alain Peyrefitte (Du “Miracle” en économie 1995 Odile Jacob) corrige le degré d’anéantissement économique de l’Allemagne : En réalité, le potentiel industriel allemand est au lendemain de la guerre, immobilisé ; mais il n’est pas anéanti. Les installations textiles sont intactes à 80 % ; l’industrie mécanique, à 85 % ; l’industrie chimique et les installations sidérurgiques sont prêtes à fonctionner à 90 %. Seules les deux super puissances russes et américaines sont sorties de la guerre avec une certaine marge de manœuvre. Les deux empires coloniaux de la France et de l’Angleterre se voient contraints sous les pressions internationales de renoncer petit à petit à leurs possessions. Leur suprématie disparaît avec la fin de la guerre. La France n’aura pris part ni à la conférence de Yalta pas plus qu’à celle de Potsdam. L’influence de la Russie s’étend aussi loin que l’armée rouge s’est avancée : elle annexe la partie est de la Pologne, le nord est de la Prusse orientale ; dans toute l’Europe de l’Est, dans les Balkans et dans la zone d’occupation soviétique de l’Allemagne, des régimes communistes sont mis en place ou bien on prépare le renversement des régimes existants. Les occidentaux se contentent de permettre aux anciens gouvernements démocratiques de se reconstituer à l’occident. L’avenir de l’Allemagne et de Berlin, administrés en commun, ne sera déterminé qu’en 1949, avec la création de la République Fédérale d’Allemagne et de la République Démocratique d’Allemagne (ex Allemagne de l’Est). François Mauriac : J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux. On pourrait même soutenir qu’une interprétation intellectuelle satisfaisante du nazisme est impossible. Nous sommes, en effet, en présence d’un phénomène qui semble dépasser toute analyse rationnelle. Conduit par un chef parlant en termes apocalyptiques de domination, ou plutôt de destruction mondiale, doté d’un régime fondé sur une idéologie parfaitement abjecte prônant la haine raciale, l’un des pays d’Europe les plus avancés culturellement et économiquement s’est préparé à la guerre, a déclenché un conflit mondial qui a fait près de 50 millions de morts, et a perpétré des atrocités - culminant dans le massacre de millions de Juifs - dont la nature et l’ampleur défient l’imagination. Face à Auschwitz, les capacités d’explication de l’historien semblent en vérité dérisoires. Ian Kershaw Détruire un homme est difficile, presque autant que le créer : cela n’a été ni aisé ni rapide, mais vous y êtes arrivés, Allemands. Nous voici dociles, devant vous, vous n’avez plus rien à craindre de nous : ni les actes de révolte, ni les paroles de défi, ni même un regard qui vous juge. Primo Levi, 1919-1987 Si c’est un homme. 1947. Nous ne sommes pas des rescapés, mais des revenants. Jorge Semprun. L’écriture ou la vie. 1994 En revenant parmi les vivants, j’ai dû vivre avec le silence. C’était le seul linceul que j’avais trouvé. Hélie de Saint Marc, déporté. Ceux qui ont subi le colonialisme ne perçoivent pas l’atrocité nazie comme spécifiquement nouvelle, mais plutôt comme une répétition : Aimé Césaire Discours sur le colonialisme.1955 Aux élections législatives destinées à renouveler les assemblées provinciales de l’Inde, la Ligue musulmane de Mohammed Ali Jinnah remporte les neuf dixième des sièges réservés aux musulmans, et le parti de Gandhi et Nehru marque le pas : un pareil succès ne porte pas à la négociation : il expliquera pour une bonne part la partition à venir de l’Inde : Mohammed Ali Jinnah sera le fondateur et premier gouverneur du Pakistan. 13 01 1946 L’Angleterre fixe le quota mensuel d’immigration juive en Palestine à dix mille cinq cents. 18 01 1946 Création d’EDF : Electricité et Gaz de France. 20 01 1946 De Gaulle claque la porte du gouvernement. La traversée du désert sera longue. 23 01 1946 La liste des Compagnons de la Libération est forclose : ils sont 1037. Poster un commentaire
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